Dashiell HAMMETT (Etats-Unis)

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Dashiell HAMMETT (Etats-Unis)

Message  gallo le Jeu 6 Nov 2008 - 10:07

De: René MORIN (Message d'origine) Envoyé : 22/03/2005 16:05
Dashiell HAMMETT : 1894-1961: La clé de verre

Isaac ASIMOV, Edgar R. BURROUGHS, William S. BURROUGHS, James M. CAIN, Truman CAPOTE, CHANDLER, Philippe K. DICK, DOS PASSOS, FANTE, FAULKNER, FITZGERALD, HAMMETT, HEMINGWAY, HIGGINGS CLARK, William HJORSTBERG, Henry JAMES, Jack KEROUAC, Stephen KING, Norman MAILER, MATHESON, Horace McCOY, Henry MILLER, Philip ROTH, Robert SILVERBERG, STEINBECK, Tom WOLFE, Richard WRIGHT, etc.
Ils sont tous les dignes successeurs d’Edgar POE et contribuent au rayonnement et à la diversité
de la culture américaine.

Dashiell HAMMETT est l’un des pionniers du roman noir. Il est l’un de ceux qui ont fait naître ce nouveau genre. On lui doit « La moisson rouge », « Le faucon de Malte », etc.

« La clé de verre » a pour fond le pouvoir. Paul Madvig, un homme qui possède la moitié d’une ville soutient la réélection du sénateur Henry…
Le fils de ce dernier meurt en pleine campagne électorale. Ned Beaumont, un ami de Madvig enquête.
L’affaire s’annonce mal car tout semble incriminer le trop puissant Madvig.

Si dans les romans de Dashiell HAMMETT, les héros principaux ne sont pas parfaits, c’est peut-être tout simplement parce que les personnages de notre auteur sont des gens que nous pourrions croiser tous les jours.
Et puis, dans certains romans, cette vulgarisation du héros, aide à brouiller les pistes
pour le lecteur qui cherche à dénouer l’intrigue.
« La clé de verre » est une histoire passionnante, même si les plus perspicaces ne seront pas surpris du dénouement de cette même intrigue.
Les dialogues sont riches et c’est un des points forts du style de Dashiell HAMMETT car les répliques ne souffrent pas de mot inutile. Elles suffisent à exprimer la gravité d’une situation et n’égarent pas le lecteur. Ce qui est possible dans un autre genre, ne l’est pas forcément dans le roman noir.
L’intrigue en elle-même, a su trouver un univers aussi ténébreux que la puissance et la politique pour captiver le lecteur. Et même si les doutes planent rapidement sur le coupable, son comportement avec ses amis est suffisamment ambigu pour qu’on puisse douter de sa culpabilité, quel que soit le suspect que le lecteur aura choisi.
Autre caractéristique du roman noir tel que le conçoit Dashiell HAMMET, la présence féminine. Dans « La clé de verre », ce sera la fille du sénateur.
Comme toutes les héroïnes de l’auteur, elle ne sera ni une rêveuse romantique, ni un assassin sans foi ni loi.

Un livre pour s’initier au roman noir, ou pour les amateurs du genre.


De : René MORIN Envoyé : 22/03/2005 16:10

Dashiell HAMMETT - Le faucon de Malte

Le faucon de Malte est un oiseau légendaire. Ayant appartenu aux Moines Hospitaliers, il sera offert plus tard à Charles Quint, mais il sera pris par le pirate Khaïr ed-Din (Barberousse, le pirate algérien). Des gens comme Villiers de l’Isle-Adam, Sir Francis Verney, Victor-Amédée, etc. se sont intéressés à lui…
Le faucon de Malte est donc une légende, mais une légende qui tue…
Le détective Sam Spade, se met à sa recherche. C’est un homme sans scrupules que laissera froid, la mort de son collègue Miles Archer.
Comme dans tout bon roman noir, il y a une femme. Elle s’appelle Brigid O’Saughnessy et tentera de récupérer l’oiseau à son compte par le biais de ce même Sam Spade. Mais avant, il faudra trouver sa piste…
Nous n’irons pas rompre un suspense haletant, mais il nous faut nous attarder sur le style de Dashiell HAMMETT. C’est une écriture alerte et des dialogues qui ne subissent aucun mot superflu. Ces phrases si claires offrent donc au lecteur la possibilité d’entrer et de participer aux intrigues.
Et c’est, sans doute, ce style propre à Dashiell HAMMET qui lui a permis de devenir une référence du roman noir.
Mais était-il condamné à n’écrire que du roman noir ? Certainement pas. « Le faucon de Malte » est une œuvre presque exotique, et la légende qui plane au dessus de cet oiseau de malheur, pourrait en faire un chef d’œuvre du fantastique.
Dashiell HAMMET n’a-t-il pas osé tenter ces genres ? A-t-il simplement préféré le roman noir ? Toujours est-il que dans le genre, c’est un maître reconnu mondialement.

Nous ne saurions résister à la tentation de citer un court extrait pour illustrer ce style limpide :
« Spade acheta un numéro du Call, se mit à l’abri du vent dans le hall de l’immeuble et parcourut rapidement les gros titres des trois premières pages. Puis il feuilleta le journal. Rien ne parut attirer son attention jusqu’à la page 35 : prévisions météorologiques, arrivées et départs de bateaux, divorces, naissances, mariages et décès… »
(Traduit par Henri ROBILLOT)

Le lecteur appréciera la concentration de détails. Et qui plus est, même isolés du texte, ces quelques mots nous donnent une idée de l’enquête de Spade.

En résumé, « Le faucon de Malte », n’est pas un chef d’œuvre du roman noir, c’est un chef d’œuvre de la littérature. Avec Truman CAPOTE, Horace McCOY et bien sûr, Dashiell HAMMET, le lecteur profane pourra s’initier à un genre qu’il croit détester.



De : Mousseliine Envoyé : 23/09/2006 00:31
Dashiell HAMMETT - La clé de verre
(Gallimard/Folio Policier, 1998)


Ned Beaumont est le meilleur ami de Paul Madvig, un homme très influent de la ville (la ville n'est pas nommée ni le temps ce qui ne dérange en rien, ça pourrait se passer n'importe où aux Etats-Unis et à n'importe quelle époque) qui aide le sénateur Henry à se faire réélire. Paul Madvig espère épouser Janet Henry. Taylor Henry, le fils du sénateur, est retrouvé assassiné. Tout accuse Paul Madvig. Ned Beaumont est probablement le seul de la ville qui ne croit pas en la culpabilité de Paul Madvig et il tente de retrouver le coupable à sa façon... A noter que Ned Beaumont n'est pas un policier, c'est un homme qui semble se balader ici et là, il joue au poker, aux courses...

Voilà un roman policier comme je les aime, c'est très différent de ce qu'on retrouve dans les polars d'aujourd'hui dans le sens qu'on ne voit pas le schéma suivi par tant d'auteurs. Le style est très personnel.

Dashiell Hammett campe le milieu et ses personnages avec précision, pas de détails inutiles. En fait on voudrait peut-être davantage de détails sur les personnages car leurs personnalités sont tout à fait captivantes. L'intrigue n'est pas simpliste, loin de là, c'est un roman construit intelligemment, un étudiant en littérature pourrait l'analyser sur plusieurs pages. Ou on peut se contenter comme moi de le lire avec beaucoup de plaisir sans trop se poser de questions et se laisser conduire par le suspense mais sans pour autant ignorer le génie de l'oeuvre.

Il faut découvrir absolument Dashiell Hammett, le père du "hard-boiled".

Note : 4.75/5


De : liza_lou55 Envoyé : 17/12/2006 13:07
Dashiell HAMMETT - La clé de verre
(Folio policier, 283 pages)

Fondateur de la Hard boiled school – littéralement « école des durs à cuire », Dashiell Hammett est aujourd'hui considéré comme un des maîtres et précurseurs du roman noir américain. Ces héros sont ainsi des bandits, des récidivistes, des hommes de la pègre ; les femmes se classent elles en deux catégories bien distinctes : les vertueuses et les prostituées. Hammett nous entraîne dans les bas fonds de la société où corruption, détournement des lois, trahison et meurtre sont monnaie courante. Chandler disait d’ailleurs en parlant de lui : « Hammett a sorti le crime de son vase vénitien et l’a flanqué dans le ruisseau. »

Le héros de La clé de verre, Ned Beaumont, est un joueur ce qui nous est d'ailleurs affirmé dès les premières pages du récit. Coup de bluff, décisions prises suivant les règles du hasard façon roulette russe : Beaumont se désintéresse au départ de savoir qui a bien pu avoir assassiné Taylor Henry. Ce qui semble alors plus l’intéresser est de récupérer son argent auprès du bookmaker récalcitrant en usant de chantage. Ce ne sera que lorsque les évènements se précipiteront que Beaumont se mettra alors à la recherche du coupable.

Difficile de savoir ce que Beaumont a dans la tête. Hammett reste volontairement distant face aux agissements du héros. Il nous expose ainsi mécaniquement les actions successives de Beaumont sans que le lecteur puisse deviner si cela était prémédité ou non. Beaumont prend la recherche de la vérité comme un bon coup de poker à faire, en usant de bluff et de décisions prises par moment, semble t-il, totalement au hasard. On ne sait alors si Beaumont avait réellement prémédité toutes ses actions comme le coup du chapeau lors de son départ pour New York par exemple.

Pas d’énigme parfaite ou bien exposée dans La clé de verre donc. On est bien loin ici des enquêtes à énigmes classiques. Frôlant à chaque fois la ligne jaune, Hammett joue avec son héros afin de faire peur au lecteur. Les personnages, s’il ne sont peut-être pas parmi les plus recommandables de la ville, ont une certaine morale en eux : Beaumont préfère être battu à mort par les hommes de Shad plutôt que de trahir Madvig ; Mattews se suscide pour ne plus voir le dégoût dans les yeux de sa femme. A la fin du roman, Beaumont s’enfuit d’ailleurs de la ville, comme pour échapper aux contradictions qui s’imposent à lui. Janet Henry, la fille du sénateur, fuit elle aussi face au dégoût qui la submerge.

S’il y a un mythe dans le roman noir américain, c’est bien de Dashiell Hammett qu’il s’agit. Si La clé de verre est un très bon récit, j’avoue avoir cependant préféré des romans noirs d’autres auteurs comme Cain, McCoy, Thompson ou Irish. Ce qui n’enlève rien au plaisir certain que j’ai ressenti pendant ma lecture.

Ma note : 4/5


De : Mousseliine Envoyé : 27/05/2008 14:08
Dashiell HAMMETT - Le faucon de Malte
(Gallimard/Folio Policier, 1999, 232 pages)


Une jeune femme va voir le détective privé Sam Spade pour lui confier une affaire de soeur disparue. Mais il se révèle bien vite que la jeune femme ne raconte pas la vérité, dès le lendemain on retrouve deux cadavres reliés à l'affaire... En fait, l'intrigue se joue autour d'une sculture qui remonte aux temps des Croisades.

Une écriture taillée au couteau, qui va droit au but, les dialogues sont percutants, le vocabulaire est imagé. Un roman qui rend bien l'ambiance de l'époque : chapeau, par-dessus, cigarette, cigare, whisky, ganster, durs à cuire et puis c'est San Francisco avec sa brume.

Il y a un bon suspense, plus on avance plus on est captivé par l'histoire de cette statuette, mais c'est surtout les personnages qui m'ont énormément plu, leurs attitudes et leurs caractères. Les descriptions sont réalistes et très classiques. D'abord Sam Spade, pas vraiment un héros, un coeur tendre caché sous une carapace de dur, macho sur les bords. Effie Perine la fidèle et dévouée secrétaire, Brigid O'Shaugnessy jeune femme fatale pas si candide qu'elle en à l'air, Polhaus et Dundy deux policiers qui harcèlent Spade mais celui-ci les roule aisément, Iva Archer la veuve de l'ex-associé de Spade (l'un des deux cadavres) probablement ex-maîtresse de Spade, elle ne lui lâche pas les baskets, puis Wilmer Cook un blanc-bec pas trop dégourdi qui file notre détective, Gutman obèse dégouttant... et encore quelques autres.

Bien sûr depuis Dashiell Hammett bien des auteurs ont amélioré le genre, les histoires policières maintenant sont davantage fournies - on a qu'à penser à Michael Connelly ou James Ellroy, mais parce que c'est le premier, pour les raisons énumérées ci-haut surtout et parce qu'il est impossible de retrouver aujourd'hui l'atmosphère et la sobriété d'un roman tel que "Le faucon de Malte", j'ai beaucoup beaucoup aimé.

Note : 4,5/5
(Mousseline)
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Re: Dashiell HAMMETT (Etats-Unis)

Message  Liza_lou le Mar 15 Juin 2010 - 15:00

Le faucon de Malte
(Folio Policier, 232 pages)

A San Francisco, le détective privé Sam Spade n'est pas content du tout et pour cause : son adjoint s'est fait descendre en pleine rue tandis qu'il effectuait une filature pour le compte d'une mystérieuse cliente. Même si Sam n'appréciait pas vraiment Miles Archer, il va sans dire qu'il ne peut laisser ce crime impuni... Et lorsque l'enquête se complique, Sam réalise que ce n'est plus un meurtrier qu'il recherche mais aussi et surtout une statuette de grand prix que beaucoup semblent vouloir s'approprier...

Voici donc ce roman que beaucoup considère comme un des plus grands classiques de la littérature policière. Que le lecteur ici ne recherche pas une intrigue complexe ou trop fouillée car Le faucon de Malte, avant tout, c'est une ambiance, celle des USA des années 30 avec ses gangsters en complets. L'impression qui se dégage dans tout le roman est celle d'un film en noir & blanc des années 40/50, avec le beau Humphrey Bogard et son imper... Quant aux femmes, Hammett les présente comme des créatures fatales et belles comme sur du papier glacé, mais gare aux mauvaises surprises...

Il y a du rythme, du suspense, du rebondissement : pour avoir lu du même auteur La clé de verre, je dois avouer que j'ai préféré Le faucon de Malte où j'ai trouvé que l'intrigue tenait mieux la route. Le scénario ne souffre pas d'incohérence, mais ce sont surtout les personnages qui font le roman à l'instar de la belle Miss Wonderly alias Brigid O'Shaugnessy qui tente de mener en bateau notre héros. Sam Spade surtout est emblématique en ce sens que tout le charme de ce personnage suinte à travers le papier et on imagine sans peine ce privé au charme indéniable et opiniâtre.

Le faucon de Malte, c'est donc une intrigue classique mais plaisante à lire et qui permet de se replonger dans l'atmosphère
où l'on imagine sans peine le café, les bouteilles de gin, les cigarettes et les femmes en fourreau.

Ma note : 4/5
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Re: Dashiell HAMMETT (Etats-Unis)

Message  Lacazavent le Mar 15 Juin 2010 - 16:44

houlala, j'ai du lire ce livre quand j'avais 12 ou 13 ans peut-être. Tu ne me rajeunis pas mais tu me rappelles de très bon souvenir !!!
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Re: Dashiell HAMMETT (Etats-Unis)

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