Lucien MALSON (France)

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Lucien MALSON (France)

Message  kalainka le Dim 25 Nov 2012 - 22:14



"LES ENFANTS SAUVAGES"

Editions 10/18 250 Pages



Lucien Malson auteur de l'ouvrage "Les enfants sauvages" expose la totalité des cas connus de ceux que l'on appelle "enfants sauvages". Ces jeunes êtres que le sort a condamnés à vivre seuls ou au contacte d'animaux et longuement privés d'éducation.

L'auteur recense une cinquantaine de cas du XIV au XX eme siècle : L'enfant-loup de la Hesse, l'enfant-ours de Lituanie, la Fille de Sogny, Victor l'enfant sauvage de l'Aveyron, Gaspard Hauser de Nuremberg, de nombreux enfants en Inde dont Amala et Kamala les enfants-louves...

"...de tous les êtres vivants, l'homme est à sa naissance le plus incapable, condition de ses progrés ultérieurs." Louis Malson ajoute : "Les enfants privés trop tôt de tout commerce social _ces enfants qu'on appelle "sauvages" demeurent démunis dans leur solitude au point d'apparaître comme des bêtes dérisoires...la vérité est que le comportement, chez l'homme, ne doit pas à l'hérédité spécifique ce qu'il lui doit chez l'animal..."

La locomotion quadrupédique et l'absence de langage sont les deux caractéristiques dominantes de la plupart de ces enfants. S'il est vrai que l'on remarque des exceptions, il reste que presque tous n'ont jamais vraiment disposé de la parole en dépit des efforts pédagogiques déployés. En revanche, nombreux furent ceux qui parvinrent progressivement à devenir bipèdes. On pourrait multiplier à leur sujet les particularités comme leur insensibilité thermique (certains vivaient nus en plein hiver ), leur perceptions olfactives remarquables ( la quasi totalité des sauvages-forestiers humaient toutes choses à la manière des canidés ), leur absence de pudeur ( ils arrachaient les vêtements dont on les couvrait ), pudeur qui s'inversa au fur et à mesure de leur "éducation" jusqu'à devenir timide et d'une chasteté farouche.

Deux textes remarquables font suite à l'analyse de Lucien Malson : les études de Jean Itard sur le "Sauvage de l'Aveyron"

Victor, l'enfant sauvage de l'Aveyron, fut capturé en 1799. Transféré pendant plusieurs mois d'hospice en orphelinat, la curiosité passagère des parisiens le conduisit devant plusieurs sommités avant d'être enfin confié au docteur Itard à l'Institution nationale des Sourds et Muets de Paris.

Victor avait environ 11 ans lors de sa capture. On pense qu'il fut abandonné vers l'âge de 4 ou 5 ans. De nombreuses cicatrices couvraient son corps; morsures d'animaux,écorchures dues à des chutes ou à des coupures plus ou moins profondes et larges. La plus significative de ses cicatrices se situait autour du cou. Tout laisse à penser qu'il fut égorgé et laissé pour mort dans les bois. Mais l'enfant survécu à l'horrible blessure.

On crut d'abord qu'il était sourd: un coup de pistolet tiré alors qu'il avait le dos tourné le laissait indifférent. Puis on s'aperçut que le bruit d'une noix que l'on casse le faisait se retourner. Son discernement n'était dirigé que par son estomac. Dépourvu de parole, incapable d'attention, de mémoire, de jugement: il lui était impossible d'ouvrir une porte ou de monter sur une chaise pour atteindre les aliments qu'on élevait hors de portée. Son odorat était si peu cultivé qu'il recevait avec la même indifférence l'odeur des parfums et l'exhalaison fétides des ordures dont sa couche était pleine. Il saisissait dans sa main les tisons brûlants de l'âtre sans en paraître affecté, ne se reconnaissait pas dans un miroir, était indifférent aux signes d'affections, aux sucreries et aux douceurs.

Par contre il posséda toujours un goût passionné pour la nature. Il s'enfuit plusieurs fois mais fut toujours repris. A cet oiseau captif il manquait la liberté. Si le vent se levait, si un rayon de soleil perçait, si l'orage grondait, si la pluie ou la neige s'abattaient, il était saisi d'une joie convulsive qui le faisait se balancer d'avant en arrière prêt à prendre son envol pour s'élancer, là-bas, dans la profondeur des forêts. Dans son monde à lui qui, un jour, l'avait recueillit, sauvé et protégé.

Le premier texte est intitulé : " Mémoire sur les premiers développements de Victor de l'Aveyron" 1801. Jean Marc Gaspard Itard y relate le travail acharné qu'il entreprit pour tanter d'éduquer son "monstrueux" éléve.

Le deuxième texte : "Rapport sur les nouveaux développements de Victor de l'Aveyron" 1806 fournit des renseignements sur les progrés constatés chez l'enfant.

Hélas, Victor ne parviendra jamais à véritablement communiquer et s'éteindra à 40 ans chez Madame Guérin qui s'occupa de lui depuis les premiers jours de son arrivée à l'Institution des Sourds et Muets.

François Truffaut s'inspira de l'histoire de Victor pour son film " L'enfant sauvage"

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