Ueda AKINARI (Japon)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Ueda AKINARI (Japon)

Message  géromino le Mer 17 Oct 2012 - 17:56

Ueda Akinari (1734-1809) est né à Osaka de père inconnu et d'une courtisane qui l'abandonne alors qu'il n'a que quatre ans. Il est recueilli par un riche marchand qui l'adopte et en fait son héritier. En 1761, il reprend le commerce de son père adoptif décédé et en parallèle publie plusieurs histoires humoristiques. Il quitte le monde des affaires et entame des études de médecine. En 1776, il devient médecin et publie dans le même temps ses "Contes de pluie et de lune" - un recueil de neuf contes fantastiques, considéré comme un chef d'oeuvre de la littérature japonaise.

En 1793, Akinari s'installe à Kyotô. La mort de sa femme le laisse désemparé et presque aveugle. Il doit dicter la plupart de ses oeuvres. Il commence sa deuxième oeuvre: les "Contes de pluie et de printemps" qui sera publiée inachevée en 1809; l'année de sa mort.

Il meurt le 6 aout 1809. Dans l'enceinte du temple bouddhique Saifuku-ji, sa stèle porte un de ses nombreux pseudonymes: Ueda Muchô.

_________________
                                                                                                                                                                              

Challenge "Book around the States":  17/50
avatar
géromino

Nombre de messages : 2870
Age : 53
Location : Finistère, FRANCE
Date d'inscription : 07/11/2008

Revenir en haut Aller en bas

Re: Ueda AKINARI (Japon)

Message  géromino le Jeu 18 Oct 2012 - 11:40

"Contes de puie et de lune" éd Le livre de poche 1970, 252 pages (1ere éd française 1956 Gallimard)

C'est un recueil de neuf contes fantastiques (titre original: Ugetsu monogatari). La matière de ses récits, Akinari la puise dans les contes chinois et dans le folklore japonais riche d'histoires surnaturelles, de fantômes, démons, renards, etc... A l'époque où il écrit, il existe de nombreux ouvrages du genre, mais ceux-ci sont souvent maladroits. Akinari va imposer son style et inaugurer un nouveau genre romanesque: le yomibon ou livre de lecture (cf. préface du livre).

Dans ces contes il est donc question d'histoires de fantômes, démons, spectres, d'origine diabolique, mais tout autant de passions amoureuses, d'honneur, d'amitiés etc... qui concernent des personnages bien humains ceux-ci. Parfois, les humains prennent des formes spectrales ou démoniaques, comme dans "L'impure passion d'un serpent", où un démon-serpent se transforme en femme afin de séduire un homme; ou encore dans "Le chaudron de Kibitsu" -le fantôme d'une épouse morte de jalousie revient tuer sa rivale et son mari infidèle-

Autres aspects: "Carpes telles qu'en songe" offre le conte surnaturel et plein de sagesse d'un moine qui se métamorphose en carpe; original et poëtique! "Shiramine" met en présence le moine Saigayo avec le fantôme de l'empereur Sutoku. Assez ardu pour le lecteur occidental car plein de références historiques du XIIe siècle, époque fort troublée au Japon. L'honneur de la parole donnée à un ami dans "Rendez-vous aux chrysanthèmes" : ne pouvant revenir au rendez-vous convenu avec l'homme qui lui a sauvé la vie, un soldat se suicide afin d'apparaître en songe à son ami. Ceux que je viens de décrire m'ont le plus marqué, mais on lit ausi: "La maison des roseaux"; "Buppôsô"; "Le capuchon bleu" et "Controverse sur la misère et la fortune" (un homme riche est réveillé par l'esprit de l'or; s'ensuit un discussion autour de la richesse et le pouvoir de l'argent).

Chaque conte promet de se plonger dans une atmosphère entre rêve et réalité, au milieu de spectres et de démons, certains prenant figure humaine. Il est facile de s'immerger dans ces histoires captivantes (certaines font frissonner!), en tenant compte de deux choses: la traduction aussi fidèle soit-elle ne reflète pas toute la profondeur et la subtilité du texte et même si le traducteur tente de donner des pistes pour une meilleure appréhension de certaines phrases ou tournures, j'ai eu parfois l'impression de passer à côté de l'essence même du chef d'oeuvre. Deuxième chose; les renvois pour explications ou éclaircissements, que l'on consulte en fin de livre, alourdissent la lecture et nuisent à sa fluidité. On pourrait s'en passer, à la rigueur, cela n'enlèverait sans doute rien à la compréhension immédiate du texte, sauf qu'il est toujours tentant d'aller farfouiller le petit détail qui, sinon, va vous occuper l'esprit jusqu'à ce que vous finissiez par succomber à la curiosité! Au lecteur de voir... A noter que chaque conte est assorti d'un commentaire en fin de livre, très explicatif de l'histoire.

Une belle découverte finalement 4/5

_________________
                                                                                                                                                                              

Challenge "Book around the States":  17/50
avatar
géromino

Nombre de messages : 2870
Age : 53
Location : Finistère, FRANCE
Date d'inscription : 07/11/2008

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum