Francis de MIOMANDRE (France) [pseudonyme]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Francis de MIOMANDRE (France) [pseudonyme]

Message  Aurore le Dim 12 Aoû 2012 - 18:37

Francis de Miomandre est le pseudonyme de l'écrivain français François Félicien Durand. Il est né en 1880 et est mort en 1959.



Romancier, poète, essayiste et chroniqueur, il est l'auteur d'une oeuvre abondante. On lui doit aussi de nombreuses traductions de l'espagnol (Unamuno, Calderon, Cervantes, Asturias, Cabrera).

Bibliographie :

- André Gide et l'inquiétude philosophique (1902)
- Les hôtes inattendus, scènes de la vie réelle (1904)
- Olympe et ses amis (1906)
- Écrit sur de l'eau (1908)
- Aventures merveilleuses d'Yvan Danubsko, prince valaque (1909)
- Gazelle , mémoires d'une tortue (1910)
- L'ingénu (1911)
- Digression peacockienne (1911)
- Au bon soleil (1911)
- D'amour et d'eau fraîche... (1913)
- L'aventure de Thérèse Beauchamps (1913)
- L'autre théâtre... (1913)
- Méditation sur la femme de France (1916)
- Histoire de Pierre Pons, pantin de feutre... (1917)
- La cabane d'amour, ou le Retour de l'oncle Arsène (1919)
- Le mariage de Geneviève (1920)
- Ces petits messieurs (1921)
- L'amour sous les oliviers (1921)
- Le jeu de l'amour et de la danse (1922)
- L'enfant prodigue et son père (1924)
- Ce monde de rosée (1924)
- La Bonbonnière d'or (1925)
- Éloge de la laideur (1925)
- Contes des cloches de cristal (1925)
- L'ombre et l'amour : journal d'un homme timide (1925)
- Le dictateur (1926)
- L''amour de Mademoiselle Duverrier (1926)
- La mode (1927)
- Après les ballets russes, les ballets espagnols (1927)
- Bestiaire (1927)
- Grasse (1928)
- Le casino (1928)
- La naufragée (1928)
- Les Baladins d'amour (1928)
- Onésime (1928)
- Baroque (1928)
- Le jeune homme des palaces (1929)
- Jeux de glaces (1930)
- Ames russes 1910 (1931)
- Les égarements de Blandine (1932)
- Dancings (1932)
- Otarie : arabesque amoureuse et marine (1933)
- Danse (1935)
- Le cabinet chinois (1936)
- La jeune fille au jardin (1936)
- Direction Etoile (1937)
- Le greluchon sentimental (1938)
- L'invasion du paradis (1938)
- Mon caméléon (1938)
- Le fil d'Ariane (1941)
- Fugues (1943)
- Humoresques (1943)
- Les Jardins de Marguilène (1943)
- La conférence (1946)
- L'âne de Buridan (1946)
- L'oeuf de Colomb (1954)
- Aorasie (1957)
- Caprices (1960)

Je me suis arrêtée en route mais cet homme-là a énormément écrit !

Sources : biographie issue de Wikipédia et bibliographie piochée sur le catalogue de la BnF.





_________________
Ce n'est pas parce que c'est inventé que ça n'existe pas.





avatar
Aurore

Nombre de messages : 2137
Age : 30
Location : Amiens
Date d'inscription : 27/02/2009

http://shereads.canalblog.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Francis de MIOMANDRE (France) [pseudonyme]

Message  Aurore le Dim 12 Aoû 2012 - 20:05


Mon caméléon - Francis de Miomandre
(L'esprit des péninsules, 1998, 218 p.)



Francis de Miomandre livre dans ce petit récit son expérience personnelle de passionné et d'observateur averti de son caméléon, le dénommé Séti. Grand amateur des bêtes (il a d'ailleurs écrit de nombreux récits mettant en scène les animaux), il eut deux caméléons étant petit mais ceux-ci ont survécu peu de temps en France. Un jour qu'il se promène à Aix-en-Provence, il découvre un étonnant caméléon en passant devant la fenêtre d'un particulier. Complètement absorbé par cette vision, il revient à maintes reprises et parvient à approcher le propriétaire qui finalement le lui confie. C'est suite à ça que vient le lent apprivoisement car cet animal, à l'époque (on est en 1926), est encore fort peu connu dans ses us et coutumes. Plus l'écrivain décrit l'animal, ses agissements, son alimentation, ses couleurs, plus on comprend l'attachement qui unie homme et reptile. C'est écrit avec beaucoup de sensibilité, de justesse et avec un grand respect de l'autre, lui ce petit étranger sur pattes.

J'ai dit qu'en son état habituel, il était vert, d'un beau vert précieux de minéral. Mais quand rien ne le troublait, quand, absolument rassuré, il se laissait aller au simple bonheur de vivre : soit après un excellent déjeuner, soit quand il s'apprêtait à s'endormir dans le creux de notre main, alors nous assistions à un spectacle vraiment merveilleux : il changeait de couleur pour rien, pour le plaisir. On voyait passer sur toute la surface de ses flancs, comme des reflets légers venus de je ne sais quel couchant invisible, des tonalités absolument indescriptibles, qui changeaient sous nos yeux, certes avec lenteur mais cependant de façon insaisissable. C'est de lui, vraiment de lui, du jeu mystérieux de ses couches d'iridocytes que venaient ces nuées, ces nuances ; elles affleuraient à la surface grenue de son petit corps ; elles le vêtaient d'une robe bariolée, ravissante. (p. 53)

N'y a-t-il pas là une splendide description de l'animal? J'ai été éblouie par tant de poésie car le livre est non seulement une fidèle chronique animalière mais aussi une déclaration d'amour infinie à ce petit compagnon de vie qui parvient à surprendre de jour en jour son maître. Car si Francis de Miomandre est intarissable sur son caméléon, celui-ci le lui rend bien.
Je suis, quant à moi, peu touchée par les animaux en tout genre, mais ai grandement apprécié cette expérience de vie où Séti fait figure de fils prodigue, indispensable à la famille. Et il en a subi des épreuves avec son père très curieux et toujours avide d'en découvrir davantage. Ainsi de la nourriture (toujours plus variée pour assouvir un appétit parfois moindre), de la boisson (car ça boit un caméléon !) ou encore de la nage comme le montre le passage qui suit.

J'avais lu, je ne sais où, que les caméléons peuvent nager. Je voulus vérifier si le fait était exact. Il est exact. Mais je vous supplie, lecteur, de ne jamais renouveler cette expérience. Une fois suffit. Séti, introduit (oh ! combien délicatement !) dans l'eau du lac, manifesta aussitôt un déplaisir, que dis-je, une peur intense. Mais il tint bon. Il se gonfla à bloc, pour mieux flotter et faisant force de rames avec ses petites pattes, entreprit de rallier au plus vite le rivage. [...]
Aucun animal n'est aussi émotif que le caméléon. Un rien le bouleverse, et je vis bien non seulement que ce bain forcé n'était pas de son goût, mais encore, qu'il lui avait donné une angoisse terrible. (p. 124)

Je tiens à préciser que ce livre n'est pas nécessairement à destination des fanatiques des reptiles. C'est véritablement une chronique sensible et sensée sur la vie à deux (trois avec la "mère", compagne de l'écrivain), sur l'apprivoisement quotidien, tout cela ponctué d'anecdotes, d'éblouissants passages et de conseils pour les heureux propriétaires potentiels. Ne vous privez pas d'un tel plaisir !

Je crois que je peux remercier le chroniqueur Michel Crépu qui a conseillé la lecture de cet ouvrage dans un bilan littéraire de l'année 2012, dans l'émission La grande table, sur France Culture. Sans lui, je n'aurais jamais mis la main sur ce livre !

4,5/5

_________________
Ce n'est pas parce que c'est inventé que ça n'existe pas.





avatar
Aurore

Nombre de messages : 2137
Age : 30
Location : Amiens
Date d'inscription : 27/02/2009

http://shereads.canalblog.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Francis de MIOMANDRE (France) [pseudonyme]

Message  Franillon le Lun 13 Aoû 2012 - 13:35

Intéressant ce livre, Aurore ! Les caméléons sont des bestioles très intéressantes et très originales, comme d'ailleurs leurs cousins lézards, geckos et margouillats. J'ai passé des heures à observer certains de leurs représentants occupés à la chasse aux insectes, que ce soit les petits lézards gris au ventre coloré orange très fréquents en Floride qui se régalent gentiment de moustiques, ou les gros margouillats qui courent au plafond en Casamance et n'hésitent pas à faire la sieste sur l'oreiller (pas toujours évident de les déloger). Mais le caméléon est le plus étonnant, pas seulement pour ses variations de couleurs, mais pour sa façon de se déplacer en avançant une patte, puis la reculant avant même qu'elle ait touché terre et recommençant dix fois avant de foncer devant lui. En plus, il s'apprivoise facilement. Je me rappelle d'un de ces gentils animaux qu'un de mes copains à l'armée avait trouvé dans un coin de la cour de la caserne et qui était devenu très familier. Il faudra donc que je me procure ce livre afin de voir ce que cet auteur a vécu avec son caméléon.
avatar
Franillon

Nombre de messages : 1652
Age : 83
Location : MONTMARTIN-SUR-MER (Manche)
Date d'inscription : 09/03/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: Francis de MIOMANDRE (France) [pseudonyme]

Message  Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum