Jean ANGLADE (France)

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Jean ANGLADE (France)

Message  Mousseline le Dim 26 Oct 2008 - 4:41

De : gallomaniac (Message d'origine) Envoyé : 2006-11-24 06:47

"Les Ventres Jaunes"
de Jean ANGLADE (1979)
Relecture de ce titre dans l'éditon Omnibus, "Les Gens d'Auvergne" (1992) recueil de 7 livres de ce auteur. 1370 pg dont 200 pg pour Les Ventres Jaunes.

"Les Ventres Jaunes" est la chronique romancé de la ville de Thiers (Auvergne) des années 1883-1911. Thiers possédait autour de 1880 une série de 400 ateliers de coutellerie qui donnaient du travail à quelques 12000 ouvriers, adultes et enfants, qui travaillaient à longueur de journée et parfois de la nuit dans un bruit infernal. "Le Creux de l'Enfer", maintenant centre d'expositions du Thiers moderne, était une des usines dans ce "Val d'Enfer", gorges de la Durolle, qui en cascadant de la montagne passait d'atelier en atelier, les uns au-dessous des autres, et qui livrait la force motrice et l'eau froide pour le trempage et pour l'émoulage. Tout en bas l'eau faisait encore tourner des papeteries, où on faisait dès 1870 les billets de la Banque de France. Une bonne route et le chemin de fer venaient d'être construit vers 1870.
De page en page, les personnes sont racontés dans leur simplicité de vivre et l'habileté de leur artisanat: forgerons, polisseurs, marqueurs, assembleurs, estampeurs, ciseliers, scieurs de manches. Et surtout les émouleurs, qui travaillent couchés au ventre au bord de l'eau jaunie par la fine poussière, qui leur colle au corps entier. Et cela été comme hiver avec pour chauffage un chien dressé de se coucher sur les mollets de l'homme. Dehors les femmes travaillent en lessiveuse, les petits enfant jouent encordés pour qu'ils ne se perdent pas dans un trou de pente. Des adultes jouent aussi, et perdent. Peu d'enfants d'ouvriers vont à l'école; les trois petits Pitelet, Jacques, Émile et Vincent, sont du nombre: ils seront le fil rouge de ce chronique romancé. Ils ont bien gagné leur surnoms: l'Artiste, (emouleur et sculpteur de bois), le Fin, (instituteur, puis inspecteur d'école) et le Gros (papetier, puis riche marchand). A travers leur concitoyens, Anglade décrit des petites et grandes affaires de la vie: accidents et maladies de travail, petits traits de souffrance et d'amour, l'enseignement laïque, la légalisation des syndicats, l'arrivée de l'électricité, le développement industriel, les premiers touristes, premiers vélos, premiers autos, premières Fêtes du Travail, première mojorité de socialistes, grêves et d'autres primeurs historiques.

Jean Anglade est bien placé pour traiter le sujet. Né en 1915 à St.Rémy-sur-Durolle aux hauteurs au-dessus de Thiers, tôt devenu orphelin, il a été instituteur à Clermont-Ferrand et St.Gervais-d'Auvergne, il prolongue ses études le soir, devient professeur d'Italien à Tunis, à Gap et à Clermont-Ferrand et entre-temps il écrit quelques 80 livres. Il est actuellement retourné vivre à St.Rémy. Il n'appartient pas à l'école de Brives des régionalistes limousins, il ne se considère pas auteur passeïste, mais romancier cosmopolite et chroniqueur de l'Auvergne. Ça se lit comme un roman, dans la deuxième moitié ça tourne plus au documentaire par une accumulation de faits. "Les ventres jaunes" se lit presque comme un roman, dans la deuxième moitié ça tourne plus au documentaire par une accumulation de faits. Ma note après relecture 3,5/5.

Le monde des couteliers est aussi le sujet de "La Ville Noire" (1860) de George SAND, lien Georges SAND




De : gallomaniac Envoyé : 2006-12-08 13:40

Un ajout sur Jean Anglade pour Audry: Jean Anglade a écrit beaucoup, de bonnes et de moins bonnes choses. Souvent, ses livres ont un caractère de chronique romancé: moitié roman, moitíe document. Cela cause parfois des longeurs. En plus, ses caractères sont assez "masculins" dans leurs sentiments.
La moitié de ses livres traite sur l'Auvergne et c'est sa meilleure part. "Les Gens d'Auvergne" est un receuil de 7 titres et contient: "Une pomme oublié" et sa suite "Le Tilleuil du soir" (dernière survivante dans un village mort, les 2 titres qui ont probablement eu le plus de succes, une femme est la figure principale). "Le tour du doigt" sur des élèves enseignants revenant de la guerre 14-18; une trilogie sur les couteliers de Thiers: "Les ventres jaunes", "La bonne rosée" et "Les permissions de mai" en enfin "Les Bons Dieux" sur les collectivités agricoles. Chaque titre est vendu aussi séparément.
Il a écrit beaucoup plus; j'ai aimé "Le voleur de coloquintes" sur le temps de sa jeunesse, et "La fille aux orages" situé dans le temps moderne.
Je ne connais pas "Le Saintier", probablement de date recente.
En resumé: Jean Anglade a construit une grande oeuvre sans avoir écrit des chefs-d'oeuvres; il y a des diffférences de qualité, parfois même à l'intérieur d'un livre. Mais il parle bien de l'Auvergne.
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Jean Anglade

Message  Garanemsa le Jeu 11 Nov 2010 - 12:44

LE VOLEUR DE COLOQUINTES

Jean ANGLADE



Un livre agréable à lire surtout si l’on aime des histoires de la France profonde.

L’Auvergne ; l’auteur peint sa province.

Sang de chou est le surnom de son héros car chez lui, dans la ferme paternelle, l’argent fait souvent défaut, par contre, le potager fournit des patates et des choux.

Tout au long du livre, il nous décrit sa vie avant la guerre de 40, les paysans d’Auvergne avec leurs bons et leurs mauvais côté.

Puis leur départ vers la ville de Thiers et la misère encore plus profonde qu’à la ferme.

Et enfin, son départ pour le front et son emprisonnement en Allemagne.

Cela se lit comme un journal, comme une vie de tous les jours.

C’est à la fois drôle et attendrissant, pittoresque aussi.

Je lui mettrais un 4/5
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Re: Jean ANGLADE (France)

Message  Réaliste-romantique le Dim 13 Avr 2014 - 23:06

Une pomme oubliée
2013

Dans les années 60-70, Peyroux, un hameau d’Auvergne, se vide de ses habitants. Lorsqu’un des deux derniers habitant décède, Mathilde se retrouve seule à veiller sur le village. Elle a la visite occasionnelle de voisins qui arrêtent chez elle lorsqu’ils vont au bourg d’à côté, ainsi que de certains « héritiers » qui reviennent dans leur village natale le dimanche, en famille, mais son quotidien est composé de solitude. Elle a bien un fils encore vivant, mais elle n’est même plus certaine dans quelle ville il habite.
 
Gentil portrait d’un hameau où la rude vie paysanne ne parvient pas à compenser l’attrait de la ville, l’exode rural a durement touché cette région. Mathilde a aussi souffert des deux guerres mondiales : elle a perdu son mari lors de la première et son fils, en quelque sorte, lors de la deuxième. Ce livre peint de jolis ou intéressants portraits, mais l’intrigue n’en est pas vraiment une, le livre ne semble pas mener à un but précis (comme s’il s’éteignait simplement, comme le village). Et la fin, que je ne raconterai pas, ne semble pas faire partie du bon livre, et elle m’a dérangée, car ce qui se produit est présenté comme non grave.
 
3/5

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Re: Jean ANGLADE (France)

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