MACHIDA Kô (Japon)

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MACHIDA Kô (Japon)

Message  Aurore le Mer 30 Mai 2012 - 15:51

Kō Machida (町田 康, Machida Kō), né en 1962, est un écrivain japonais.



Ancien chanteur de rock punk (il a été le chanteur du groupe Machida Kō and the Glory et s'est d'abord fait connaître sous le nom de Machida Machizo), il est l'un des artistes japonais les plus influent de la jeune génération. Il a reçu pour son livre Charivari (きれぎれ, kiregire[color=#00e]), le plus prestigieux prix littéraire japonais, le Prix Akutagawa.
Il a joué dans le film H Story (une variation autour de Hiroshima mon amour) de Nobohiro Suwa, au côté de Béatrice Dalle.

Source
: Wikipédia


Dernière édition par Aurore le Jeu 31 Mai 2012 - 10:48, édité 1 fois

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Re: MACHIDA Kô (Japon)

Message  Aurore le Jeu 31 Mai 2012 - 10:42

Charivari - Machida Kô
(Ed. Philippe Picquier, 2004, 124 p.)




Ce livre porte à merveille son titre puisqu'il est tout bonnement un charivari de pensées et d'errances. C'est bien l'impression qu'il m'en reste, quelques jours après en avoir fini la lecture. Ce n'est d'ailleurs pas un signe de fouillis intellectuel puisque le jeune héros semble se complaire dans sa vie de désordre et de débauche. Le narrateur déambule la plupart du temps dans Tokyo, un brin désabusé, avec une vie assez assommante, en se laissant porter, en fréquentant les boîtes de nuit et en évitant consciencieusement sa femme.

J'ai d'ailleurs particulièrement aimé la description de celle-ci :

La Satoe que j'avais connue au pub était, disons, du genre maigrichon, et voilà qu'en trois mois, depuis qu'avait débuté notre vie commune, elle avait doublé de volume. J'emploie le mot "volume" pour signifier non qu'elle s'était bêtement empâtée, mais qu'elle s'était dilatée, et cela de façon tout à fait insolite : son visage avait pris l'apparence d'un ballon de caoutchouc, s'était bouffi au point que le nez et les yeux semblaient enfoncés dans la chair, ses traits étaient méconnaissables, plus le moindre relief de son ancienne beauté, je dirais même plus : ce nez et ces yeux occultés par la chair faisaient d'elle un horrible monceau de chair. (p. 50)

Je dois bien avouer que cette description dénuée d'amour et, au contraire, faisant l'apanage d'une beauté en déperdition, m'a bien fait rire. Si en trois mois la malheureuse épouse s'attire déjà de telles foudres de son conjoint, qu'en sera-t-il après plusieurs années de mariage? Mais le narrateur est tellement goujat, tellement sûr de lui et de sa supériorité qu'on a l'indulgence de croire que Satoe est en fait une jeune femme bien plus agréable qu'il ne nous le donne à penser.

L'auteur mélange avec brio les styles d'écriture, pouvant passer du dialecte local à une langue bien plus soutenue. Et bizarrement cela tient la route dans cet entremêlement de non-sens, de futilités et de contraintes bien réelles. Ces cent et quelques pages se focalisent en un monologue, où rien n'est épargné, sur l'aspect mouvant de la vie d'un jeune anti-héros avec lequel on aurait toutes kes difficultés à évoluer, en temps normal.

Un livre étonnant qui, grâce à certains passages pleins de piquant, m'a fait tantôt sourire, tantôt rouspéter de le voir si imbu de lui-même, si hardi au reproche. Mais dans le fond, cet homme-là on préfère largement l'accompagner en fiction quitte à le voir complètement passer à côté de la vie, la vraie.

4/5

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