Jonathan AYCLIFFE (Angleterre)

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Jonathan AYCLIFFE (Angleterre)

Message  belledenuit le Mer 2 Mai 2012 - 16:58

La chambre de Naomi

Editions J'ai Lu (2001) - 222 pages

Présentation de l'éditeur :
À la veille de noël., le professeur Charles Hillenbrand avait emmené Naomi, cinq ans, faire les magasins à Londres... Et la petite fille a disparu. Après de nombreuses heures d'angoisse, l'enfant est retrouvée dans une allée sombre, sans vie. Le fait divers fascine au point que Lewis, un photographe cherche à rapporter des clichés pour le journal à scandales qui l’emploie. Mais les photos révèlent plus que ce qu'il escomptait... Qui sont ces deux petites filles qui apparaissent régulièrement au côté de Charles et de sa femme Laura ? Pourquoi sont-elles parfois accompagnées de Naomi ? Et surtout, qui est cet homme en noir dont la présence inquiétante les domine tous sur certaines images ?

Mon avis :

J'avais entendu parler de cet ouvrage l'année dernière et à chaque fois l'impression que le lecteur en donnait était très bonne. C'est du fantastique où il y ait question de fantômes. Même si je ne suis pas vraiment friande de spectre, j'avoue que de temps en temps j'aime me faire peur (un petit peu !). Du coup, après ma tentative de lecture infructueuse avec le tome 3 du Vicomte de Bragelonne (que j'ai mis en pause pour l'instant sans savoir d'ailleurs si je le reprendrai), je me suis dit que lire "La chambre de Naomi" me ferait peut-être du bien. Et j'ai eu du flair parce que non seulement je me suis régalée mais j'ai eu des tas de frissons que je ne regrette absolument pas. Au contraire, j'en redemande.

1) L'histoire :

Elle va nous être racontée par Charles Hillenbrand, le père de Naomi. Agé de la cinquantaine au moment où il narre cette histoire, les faits, eux, sont survenus vingt ans avant, alors qu'il était âge de 30 ans, sa femme, Laura, 26 et sa fille, Naomi, 4 ans.

Tout s'est déjà déroulé quand l'ouvrage commence. Il nous explique alors qu'ils étaient heureux tous les trois, habitaient une maison à Cambridge où lui était maître assistant à l'université de Pembroke et sa femme, mère au foyer, ayant préféré mettre sa carrière de côté pour élever leur fille.

Alors que Charles et Naomi partent un après-midi faire les magasins, la veille de Noël, la petite est séparée de son père dans un magasin et se volatilise. Pendant qu'il met tout en oeuvre pour la retrouver, elle s'éloigne avec un inconnu et ne sera retrouvée que le lendemain, morte dans une petite ruelle.

Nous cheminerons alors dans une descente aux enfers pour ce couple si uni tant la disparition de leur enfant va les basculer dans des affres inimaginables.

Si je savais que je trouverai des fantômes dans cet ouvrage, j'étais loin d'imaginer que j'en aurai la chair de poule, surtout en lisant le soir, alors que les enfants étaient couchés et mon mari parti à une soirée cartes avec un voisin. J'étais ravie d'avoir du calme mais lorsque vous vous imaginez tout ce qu'il se passe dans ce bouquin, je peux vous assurer que vous finissez par devenir totalement paranoïaque. Je me suis fait peur toute seule et par la suite je me suis dit que je ne le lirai que pendant mes journées.

Cela dit, la découverte de ces fantômes puis l'enquête que va mener Charles, accompagné de Lewis, un jeune photographe venu lui présenter des photos pour le moins singulières, poussent indéniablement le lecteur à poursuivre et à tourner les pages quoi qu'il puisse ressentir.

Jonathan Aycliffe, jusqu'au bout, joue avec nous et si l'on croit que tout cela va s'arrêter à un moment donné, nous sommes très loin de la vérité.

En bref, l'histoire est excellente, très bien menée et n'a aucun temps mort. Indubitablement, nous écoutons Charles nous dire ce qu'il en est et nous nous attendons à un coup fatal à un moment ou à un autre. J'ai vraiment adoré.

2) Les personnages :

Il y en a 2 essentiellement même si Laura, la femme de Charles et mère de Naomi, joue un petit rôle ici. Malgré tout, je m'attarderai surtout sur Charles et Lewis. Je me tairai aussi sur un personnage à part entière mais dont je ne veux rien dévoiler ici sous peine de totalement spolier l'ouvrage. Pour le découvrir, il faudra que vous lisiez ce livre.

* Charles Hillenbrand : il a donc 30 ans lorsqu'il perd sa fille, 50 ans quand il nous raconte l'histoire. 20 ans à vivre dans cette maison. 20 ans à ne pas arriver à s'en défaire. 20 ans à penser à la perte de sa fille. Il est totalement perdu au début, lorsqu'il perd son enfant; il se sent fautif parce qu'après tout sa fille était sous sa responsabilité au moment de sa disparition; il n'a rien vu venir.
Petit à petit, il s'enfonce dans une détresse que même un voyage avec son épouse ne relèvera pas. Les apparitions dans la maison ne l'arrangent pas. Bien au contraire. Mais grâce à l'aide précieuse de Lewis, il finit par prendre sur lui et par mener cette enquête qui va lui faire ouvrir les yeux, découvrir l'univers dans lequel il vit, l'influence que cela à sur lui et son épouse.
J'ai beaucoup aimé ce personnage parce qu'on le sent désorienté et en même temps prêt à tout pour résoudre ces problèmes. Avec le temps, je me l'imaginais tel un zombi, vivant ou survivant par pur réflexe. C'est un homme brisé, totalement, qui m'a fait beaucoup peine mais qui m'a aussi fait peur...

* Daffyd Lewis : il est photographe au Daily Mirror et sera l'élément déclencheur de l'enquête que Charles mènera. En temps normal, c'est un jeune homme prêt à tout pour faire la une des journaux mais quand il se penche sur l'histoire de cette famille, il souhaite avant tout les aider à sortir de cette maison qui ne les a que trop absorbés de son flux malsain. Il orientera Charles là où il faudra pour trouver les bonnes réponses aux bonnes questions.
Lorsqu'il entre dans l'histoire, je me dis que c'est une bouffée d'oxygène qui arrive pour apporter à la narration un retour au calme, au réel. Son but est de savoir qui fait quoi et surtout pourquoi pour apporter par la suite, LA solution finale. Celle qui va permettre aux Hillenbrand de faire leur deuil tranquillement.
Lewis est prêt à tout lui aussi, mais peut-être pas dans le même sens que Charles. Ils ne voient pas la chose de la même manière car après tout ce n'est pas Lewis qui a perdu sa fille...

3) Le style :

J'ai tout simplement adoré la façon dont Jonathan Aycliffe a raconté cette histoire de fantôme. Je m'y suis crue totalement. Tout était réel pour moi; j'ai bien perçu tous les personnages; j'ai ressenti toutes leurs émotions (haine, pouvoir, envie, tristesse, pitié...)

On passe par une quantité non négligeable de stress, d'angoisse, de chair de poule tant les descriptions sont vivantes. C'était comme si j'étais moi aussi dans cette maison de Cambridge et que j'entendais et voyais tout ce qu'il s'y passait.

Heureusement pour moi que ce n'était que de la fiction (même si je suis totalement lucide que les maisons hantées cela existe), sinon je crois bien que j'aurai fini par faire un infarctus.

En bref, une écriture simple mais prenante qui fait correctement son travail puisque le lecteur, à aucun moment, ne peut ou n'envisage d'arrêter sa lecture.

Je le recommande vivement à tout lecteur qui a envie de découvrir la plume de Jonathan Aycliffe tout en découvrant une histoire à ne pas lire le soir.
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Re: Jonathan AYCLIFFE (Angleterre)

Message  Ladybug le Mer 2 Mai 2012 - 18:58

Tu piques ma curiosité...

Je n'ai fait que survoler ta critique de peur d'être spoilée mais ce livre me tente bien. Je n'en ai jamais entendu parler. Je le note. merci

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Re: Jonathan AYCLIFFE (Angleterre)

Message  Shan_Ze le Mer 2 Mai 2012 - 20:02

Je note aussi ! Ca peut tout à fait me plaire... Merci Belledenuit.
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Re: Jonathan AYCLIFFE (Angleterre)

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