Steven MILLHAUSER (Etats-Unis)

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Steven MILLHAUSER (Etats-Unis)

Message  Aurore le Mer 15 Fév 2012 - 11:42

Steven Millhauser (né en 1943) est un romancier et nouvelliste américain. Il a remporté le Prix Pulitzer en 1997 avec Martin Dressler ou Le roman d’un rêveur américain.

Il a grandi dans le Connecticut à l'est de New York et fit ses études à l'Université Columbia et à l'Université Brown où il commença un doctorat.
Il publie La vie trop brève d'Edwin Mulhouse en 1972, un roman sur un écrivain précoce dont la vie se termine à 11 ans, et remporte le prix Médicis étranger en 1975. La critique l'acclame et il publie en 1977 son second roman, Portrait d'un romantique.
Il publie en 1986 son premier recueil de nouvelles La Galerie des jeux, où l'enfance est un thème récurrent. Ses histoires traitent souvent des thèmes de fantasy mi-merveilleux, mi-fantastique à la manière de Franz Kafka, Thomas Mann, Vladimir Nabokov, Edgar Poe ou encore Italo Calvino.
Son écriture est à la frontière entre rêve et réalité, entre l'enfance et le monde adulte, le monde de l'imagination s'opposant à la banalité.
Il publie également Le Royaume de Morphée en 1986.
Millhauser continue d'écrire et publie :


- Le Musée Barnum, 1990, dont l'une des nouvelles, Eisenheim l'illusionniste, servira d'inspiration à Neil Burger pour son film L'illusionniste, sorti en 2006 avec Edward Norton
- Petits royaumes, 1993
- The Knife-Thrower and Other Stories, tout récemment traduit

Le succès inattendu de Martin Dressler ou le Roman d’un rêveur américain attire l'attention sur Steven Millhauser. Il publie des novellas, Nuit enchantée en 1999 et Le Roi dans l'arbre en 2003. Une collection de nouvelles, appelée Dangerous Laughter : Thirteen Stories a été publié en 2008.
Son œuvre a été traduite en français par Marc Chénetier, Françoise Cartano et Didier Coste. Steven Milhhauser vit aujourd'hui à Saratoga Springs (New York) et enseigne au Skidmore College.

Une adaptation cinématographique d'une de ses nouvelles (Sisterhood of Night) est actuellement en production.


Biographie tirée de Wikipédia

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Re: Steven MILLHAUSER (Etats-Unis)

Message  Aurore le Mer 15 Fév 2012 - 22:18

Le lanceur de couteaux - Steven Millhauser
(Albin Michel, 2012, 304 p.)






Quelle riche idée qu'a eu Albin Michel de traduire les douze nouvelles présentes dans ce recueil épatant ! Car Steven Millhauser a une plume vraiment superbe, ciselée et tranchante qui colle à brûle-pourpoint au nom de l'ensemble. J'ai découvert ici des historiettes où le fantastique n'est jamais bien loin d'une réalité qui se délite dans des nimbes quasi parallèles. Mon attention a été particulièrement captée par la première nouvelle : Le lanceur de couteaux où un public hypnotisé assiste à un numéro de magie hors du commun : les couteaux traversent la pièce et se plantent formidablement, à fleur de peau, une sorte de grâce émanant du lanceur chevronné. Le spectacle vire à la fascination malsaine puisque les proies volontaires saignent parfois, le sourire aux lèvres, hébétées et comme envoutées. Que se passe-t-il? Le faste et les paillettes ne cachent-ils pas un véritable cauchemar?
J'ai aussi beaucoup aimé la deuxième nouvelle où un jeune homme se rend au domicile d'un ami d'enfance l'ayant convié à son mariage prochain. Il est certain qu'il est préférable de faire connaissance avec l'heureuse élue avant les réjouissances.
Sauf qu'arrivé à destination, il s'avère que le fiancé compte s'unir à... une grenouille. Essaie-t-on de berner notre narrateur? Celui-ci feint l'indifférence ou du moins ne montre pas qu'il est complètement perplexe par la situation.
Intérieurement il se questionne, le prend-on pour un sot? Son ami veut-il le mettre à l'épreuve? En s'impliquant dans ce jeu de dupes, il pense être à la hauteur de son compagnon qui pourrait d'un instant à l'autre révéler la supercherie. C'est au premier qui craquera en somme. Sauf que... Wink

Je me dois de vous parler d'une autre nouvelle qui m'a particulièrement captivée. Paradise Park, c'est son nom et pourtant le parc qu'elle décrit est loin d'être exempt de tout défaut. Son propriétaire, Danziker, a de nombreuses idées d'attractions toutes plus folles les unes que les autres. Pour donner libre cours à son imagination, il aménage un second parc en sous-sol où les manèges seront toujours plus impressionnants et les univers toujours plus développés, peuplés de créatures fantastiques et de recoins intrigants. Peu à peu les parcs se multiplient, sur différents niveaux, et les recettes ne font pourtant pas un bond phénoménal, bien au contraire. C'est que certains endroits sont plutôt malfamés car des petites frappes y ont fait leurs quartiers.
J'ai aimé dans cette nouvelle le début, où le parc paraît rayonnant et où son directeur, plein d'ambition, met du cœur à l'ouvrage. Puis la dégringolade de réputation, malgré les inventions toujours plus imprévisibles, m'a quelque part été un peu jubilatoire. On imagine le tenancier s'enfoncer dans son projet de parc ahurissant car il voit les choses en trop grand. Son entreprise souterraine est ce qui a l'air de lui tenir le plus à cœur même si c'est ce qui rencontre le moins de public (il creuse son trou, et c'est le cas de le dire !). La fin est quant à elle remarquable puisqu'elle est comme un bouquet final grandiloquent. Le feu d'artifice, on se le figure parfaitement à la lecture des dernières lignes où le parc est illuminé d'une aura particulière.

En conclusion, même si je n'ai évoqué que trois nouvelles, toutes sont délicieusement oniriques, fantastiques et bien écrites. Il y en a pour tous les goûts : des sorties nocturnes mystérieuses, un mari vengeur, des tapis volants, des automates, un vol en ballon... Le mélange hétéroclite nous entraine dans de nombreuses directions et nous suivons ce conteur de talent qu'est Steven Millhauser avec un enthousiasme grandissant.
Il est dur de dresser une critique d'un patchwork de nouvelles, quoi qu'il en soit c'est une véritable réussite qui séduira de nombreux lecteurs adeptes de rêves et d'évasion.
Merci !



4,25/5

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