William IRISH (Etats-Unis)

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William IRISH (Etats-Unis)

Message  Lacazavent le Mar 4 Nov 2008 - 21:08

De : ElizabethCraig Envoyé : 07/02/2005 11:56

Celui qui a écrit les meilleurs romans noirs ou blêmes. Je vous recopie deux présentations rapides. Je vous ferai une sélection de ses livres les plus réussis. Il mérite vraiment d'être lu. Son écriture est vraiment du noir le plus pur, sans être pour autant oppressante. A mes yeux, c'est un auteur qui a de la classe en plus de savoir manier le suspense comme personne d'autre...


Irish, William (1903-1968), écrivain américain, auteur de nouvelles et de romans noirs.
Né à New York, dans une famille aisée mais désunie, Cornell George Hopley-Woolrich, dit William Irish, passe une partie de son enfance au Mexique. Rentré à New York pour ses études, il écrit Cover Charge (1926) et décide de devenir écrivain sous le nom de Cornell Woolrich. Il signe plusieurs bons romans, dont Manhattan Love Song (1932), Children of The Ritz, dont les droits sont acquis par Hollywood. La Warner Bros lui offre même un contrat de scénariste, mais Irish se détourne du cinéma pour voyager avec sa mère. Ensuite, ne trouvant plus d’éditeur, il écrit des nouvelles policières pour Pulp Magazine, et commence par un court récit angoissant, Death Sits in the Dentist’s Chair.
À partir de 1934, il rédige des nouvelles (il en produira au total plus de trois cents), en recourant à un procédé proche de l’écriture automatique. Il ne revient au roman qu’en 1940, avec La mariée était en noir (The Bride Wore Black), une histoire sérielle de vengeance.
Utilisant tour à tour les pseudonymes de William Irish, de George Hopley, parfois de Cornell Woolrich, il fait du récit à suspense sa spécialité : Retour à Tillary Street (The Black Curtain, 1941), Alibi noir (Black Alibi, 1942), Lady fantôme (Phantom Lady, 1942), l’Ange noir (The Black Angel, 1943), l’Heure blafarde (Deadline at Dawn, 1944), Une peur noire (The Black Path of Fear, 1944), les Yeux de la nuit (Night Has Thousand Eyes, 1945), la Sirène du Mississippi (Waltz into Darkness, 1947), Rendez-vous en noir (Rendez-vous in Black, 1948), J’ai épousé une ombre (I Married A Dead Man, 1948), le Territoire des morts (Savage Bride, 1950) et Concerto pour l’étrangleur (Strangler’s Serenade, 1951), tous ces ouvrages sont baignés d’un onirisme poétique mais cauchemardesque, dont l’étrangeté séduit de nombreux cinéastes.
Une cinquantaine de films seront adaptés de ses textes par Robert Siodmak, John Farrow, William Nigh, Roy William Neill, Maxwell Shane, Ted Tezlaff, Jacques Tourneur, Robin Davis, François Truffaut et Alfred Hitchcock, qui utilise une de ses nouvelles pour Fenêtre sur cour (Rear Window, 1954).
C’est incontestablement dans la nouvelle que William Irish excelle. Son art de la chute, du jeu entre conscient et inconscient, ainsi que son plaisir à élaborer des mécaniques imparables pour tenir son lecteur en haleine n’ont jamais été égalés. Astucieux jusqu’à la perversité, jouant du hasard (une bouteille tombe d’un avion et tue un inconnu) pour échafauder une tragédie sanglante et impitoyable, capable de coups de théâtre à la force cruelle, il est un conteur merveilleux, un ange du bizarre et un manipulateur de sens de tout premier ordre.
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Surnommé l'Edgar Poe du XXe siècle, considéré comme un maître du mystère, William Irish est né le 4 décembre 1903 à New York. Après le divorce de ses parents, il passe une adolescence choyée dans sa famille maternelle. Il termine des études supérieures au Columbia College quand une maladie le cloue au lit. Il écrit alors, en 1925, son premier roman, Cover Charge, qui se vend bien. Il se consacrera désormais à l'écriture. Influencés par Scott Fitzgerald, ses romans signés Cornell Woolrich ont du succès jusqu'en 1932. Commence alors une période noire : on ne veut plus publier ses livres, et Irish meurt de faim. Il continue cependant à écrire, et le besoin l'entraîne vers le marché des pulps (magazines à bon marché), auxquels il fournit à partir de 1934 de très nombreuses nouvelles (il en a écrit plus de 350). En 1940, il commence à écrire une série de romans policiers avec La mariée était en noir (The Bride Wore Black), que suivent très vite Retour à Tillary Street (The Black Curtain, 1941), Alibi noir (Black Alibi, 1942), Lady fantôme (Phantom Lady, 1942). Reclus, alcoolique, diabétique, Irish meurt en 1968, atteint de la gangrène. Sa vie sordide, ses angoisses morales et sa déchéance physique lui ont inspiré des textes désespérés. Dès le titre, l'auteur annonce la couleur. Elle sera « noire » : le mot reviendra souvent, relayé par « peur », « mort », « cauchemar », ou « ténèbres ». On reconnaît là, en commun avec Poe, une attirance pour l'horreur et le morbide. S'il maîtrise parfaitement l'art du suspense, Irish peint la condition humaine avec une angoisse qu'il sait communiquer. Le lecteur suit avec émotion l'évolution de personnages persécutés par le destin. Ainsi dans un de ses romans majeurs, Lady fantôme : pour prouver qu'il n'a pas assassiné son épouse, le « héros » doit retrouver une autre femme avec qui il a passé la soirée du meurtre, mais qui s'est volatilisée et que personne ne connaît. La solitude de l'homme dans la société, tel est le thème récurrent des romans et des nouvelles d'Irish, qu'ils soient des récits de détective classiques ou bien qu'ils jouent sur la terreur psychologique. Et si, pour ces personnages banals mais forcés de vivre un martyre, l'amour tient une grande place, il n'y a pas de rémission possible, car la mort mène le jeu. De la solitude au cauchemar, de la violence à la destruction, voilà la tragique dimension humaine proposée par Irish. C'est la différence flagrante de cette œuvre avec le roman policier classique : dans ce dernier, tout s'éclaire au final et l'aube dissout les monstres ; au contraire, dans les histoires criminelles d'Irish, même si l'on découvre l'assassin, les fantômes demeurent. C'est le monde lui-même qui est un cauchemar, et l'art de cet écrivain est de « nous faire partager l'agonie de ceux qui sont chassés et la terreur de ceux qui sont damnés » (Ellery Queen). Plus de vingt films ont été tirés de l'œuvre de William Irish. Parmi les plus célèbres, on peut citer Fenêtre sur cour de Hitchcock, ainsi que La Sirène du Mississippi et La mariée était en noir, réalisés tous deux par François Truffaut.
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William IRISH - Romans et nouvelles
Omnibus
Ce volume est vraiment extra et je mets un 5/5 à l'ensemble. Je n'ai jamais été déçue par Irish et j'ai lu beaucoup de ses romans et nouvelles. Il a un indéniable savoir-faire, mais ses romans ou nouvelles ne sentent jamais le "fabriqué". Sa filiation est à rechercher du côté des tragiques grecs sans aucun doute.

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Re: William IRISH (Etats-Unis)

Message  Lacazavent le Mar 4 Nov 2008 - 21:08

De : ElizabethCraig Envoyé : 08/02/2005 18:44
William IRISH - Les yeux de la nuit
roman - 5/5

Le héros de l'histoire sauve une jeune fille qui tente, une nuit, de se suicider. Il cherche à comprendre les motifs de son acte. Celle-ci accepte de lui raconter son étrange histoire. Elle est au désespoir car un voyant a annoncé à son père sa mort prochaine : il lui a donné le jour et l'heure de sa mort et la manière dont il doit mourir : dans la gueule d'un lion. Les prévisions de cet homme se sont toujours révélées vraies auparavant et son père a profité de la véracité de ces dernières maintes fois. Il a donc toutes les raisons de le croire. Nous sommes dans le cadre classique d'une tragédie où le Destin (ou le Fatum) a inscrit dans le futur les événements que nul ne peut éviter ou modifier. Pourtant, le héros et la fille du futur mort vont tout tenter pour protéger l'homme, car le protagoniste principal est un homme de raison qui sait bien que rien n'est écrit et que le Destin n'existe pas. Est-ce aussi sûr ? Comment expliquer ce qui paraît inexplicable ?
Ce roman est un chef-d'oeuvre de suspense et d'angoisse. La fin est digne des attentes légitimes du lecteur. Un très grand livre. Une leçon d'écriture et de maîtrise. C'est par ce livre que je suis entrée dans les histoires de M. Irish.



De : grenouille Envoyé : 04/11/2005 16:39
William IRISH - Le ruban bleu

Un petit garçon chétif croise un jour la route d'un gamin costaud, roux, affublé d'un ruban bleu dans les cheveux... Le gamin l'accusant de se moquer de lui, lui propose de se battre... Fils d'un célèbre boxeur, le garçon au ruban bleu veut marcher sur les traces de son père, encouragé par sa plantureuse et attachante maman. C'est le début d'une amitié solide : l'un grimpera sur le ring, épaulé par le second, devenu son manager. Le succès, les femmes, l'argent... Que reste-t-il des premières amours, des premières affections? Que deviendra le ruban bleu?

Mon avis : Le fantastique intervient à la fin, dans le contexte original du sport... Une nouvelle sympathique mais pas transcendante (je ne m'attendais pas du tout à cet environnement là).

Note : 3/5



De : Melisande5505 Envoyé : 06/11/2005 20:37

Cette nouvelle était incluse dans "La grande anthologie du fantastique" que j'ai lue:je partage tout à fait les commentaires de Grenouille.
Je pense que l'intérêt viens d'une opposition entre une description très réaliste d'un univers un peu noir et glauque dans lequel un gosse d'un milieu défavorisé fait son ascencion dans le monde de la boxe, (et c'est vrai que c'est un univers qui évoque plein de souvenirs, en particulier des films en noir et blanc) avec des éléments fantastiques, qui sont d'autant plus forts qu'innatendus dans un monde très terre à terre.



De : Sahkti1 Envoyé : 18/04/2006 20:51
William IRISH - Retour à Tillary Street (The black curtain)

Un jour, après avoir reçu un morceau de toit sur la tête, Pete Townsend se réveille sans le savoir dans la peau de Daniel Nearing. Trois ans de sa mémoire se sont effacés, il ne sait plus qui il est, sa vie ressemble à un vaste champ en friche qu'il s'active à cultiver, jusqu'au jour où il surprend un homme en complet gris qui le suit partout où il va et se révèle menaçant. Townsend fuit, arrive à découvrir cette nouvelle identité et surtout le drame: Danny Nearing est un assassin! Reste à Townsend à cerner la vérité et, surtout, la faire éclater.
Scénario assez classique mais habilement ficelé par William Irish qui s'y entend pour faire durer le suspense. Rencontres fortuites, errances au gré des rues, images souvenirs... tout est là pour que le lecteur puisse se faire une idée approximative et croissante de la vérité, en meêm temps que le héros de l'histoire.
"Retour à Tillary Street" (The Black Curtain en version originale) est un récit agréable et prenant, même si pas vraiment exceptionnel. La fin se devine d'elle-même mais cela n'entrave guère le plaisir de parcourir les pages, car tout réside avant tout dans la récupération de mémoire de Townsend, une tâche délicate et intriguante.
J'ai apprécié ce personnage complètement paumé parmi ses non-souvenirs et puis aussi, surtout, les ambiances de rues que Irish dépeint, avec ces êtres qui zonent en ville, ces prêteurs sur gages ou ces loueurs de chambres miteuses, ce brouhaha d'une ville en pleine effervescence... la qualité de ce polar réside autant dans l'atmosphère que dans l'intrigue.

Ma note: 3/5



De : liza_lou55 Envoyé : 15/10/2006 19:38
William IRISH - La mariée était en noir
(Folio policier, 269 pages)

"Elle tournait comme une toupie, maintenant, tout autour de la pièce, rasant les murs. Il ne la voyait plus que comme une tache vague qui se fondait petit à petit dans les ténèbres.
Il était tombé à ses pieds, une légère écume moussait au coin de ses lèvres.
- ... vous rendre heureuse, râla-t-il.
Une voix, venue de très loin chuchota ironiquement:
- Vous y avez réussi.
Et il n'y eut plus que le silence."

Une femme en noir s'en va porter la mort à des hommes qui, à priori, n'ont aucun lien en commun, ni entre eux, ni avec elle. L'inspecteur Wanger chargé de l'enquête en est pourtant intimement persuadé: tous ces meurtres exécutés de sang froid par une femme mystérieuse et inconnue des victimes ont un point en commun. Changeant d'apparence à chaque fois, elle réussit grâce à divers stratagèmes à s'introduire dans leur milieu et à les assassiner de différentes manières. Les meurtres sont ainsi étalés dans le temps et dans l'espace et chaque chapitre s'applique à en décrire un. L'originalité du récit est ainsi dans la découpe du roman : à chaque chapitre, il y a description de la femme, le meurtre puis l'enquête de Wanger.

C'est un vrai roman noir, dans la plus grande tradition du genre et pourtant ayant un charme et une atmosphère inégalable. Le lecteur est emmené dans une sorte de ronde infernale, brinquebalé dans un roman étrange et captivant . Le personnage principal - la meurtrière - est surtout fascinant. Usant de son charme, elle attire les victimes dans ses filets ainsi que le lecteur qui suit, comme hypnotisé, les manoeuvres de cette femme pour arriver à ses fins. Etrangement, on se prend à ressentir de l'attachement pour elle; on retient son souffle lors des multiples péripéties qui se dressent devant elle à chaque page. Ce n'est qu'à la fin du roman que l'on découvre qui est réellement cette femme et son mobile. Mais le roman n'en est pourtant pas terminé et tout le génie et la maitrise d'Irish dans le récit se retrouve dans le coup de théatre final qui laisse le lecteur abasourdi.

François Truffaud, avec Jeanne Moreau dans le rôle titre, en tiré un film du roman en 1967 qui a obtenu le prix Edgar Poe aux Etats-Unis. Magnifique roman noir, La mariée était en noir ne pourra que passionner les amateurs du genre mais également ceux qui souhaiteraient découvrir l'univers de ce grand romancier américain qu'est William Irish. Il s'agit pour ma part du deuxième roman que je lis de cet auteur après La sirène du Mississippi. Et ce ne sera pas le dernier, loin de là!

Ma note: 4,5/5



De : Philcabzi5 Envoyé : 30/10/2006 13:25
William IRISH - La mariée était en noir
Ed. Christian Bourgois, 1984, 197 pages

Note: 4.5/5

Mon avis : Dans une atmosphère froide et sombre, Willian Irish nous transporte dans un univers mystérieux. Nous savons qui a tué, comment mais nous n'avons aucune idée du pourquoi. Et c'est ce que tente de découvrir l'inspecteur Wagner. Ce livre nous livre une enquête policière racontée "à l'envers". Ce que l'on cherche c'est pourquoi cette magnifique femme a voulu assassiner ces hommes sans lien apparent, et ainsi pouvoir mettre la main dessus. Comme je le disais, ce livre est froid; on n'y parle pas de psychologie et les personnages ne sont pas traités en profondeur. Mais cela en fait un livre avec une ambiance toute particulière, très hitchcockien. La tension monte de pages en pages et l'on ne peut déposer le livre qu'au moment où l'on se fait surprendre par le denouement totalement imprévisible. Et à ce moment là on réalise que nous nous sommes attachés à cette femme si mystérieuse...

Merci Liza_lou pour m'avoir inciter à lire ce polar! C'était un vrai délice...



De : grenouille Envoyé : 06/01/2007 19:50
Que de titres alléchants chez cet auteur!!

William IRISH - Fenêtre sur cours et autres histoires

Un recueil de nouvelles policières à conseiller. Toutes les intrigues sont captivantes et mettent en scène de manière différente, la peur, les passions humaines, le risque, l'influence des sentiments et de l'angoisse sur les actes de chacun...
Une femme paniquée qui attend le retour de son mari qui la bat... un homme qui attend la mort qu'on lui a prédite à une heure précise...un homme immobilisé qui observe les fenêtres de ses voisins et croit comprendre que l'un d'eux a fait disparaieer sa femme... un jeune homme qui accompagne son ami futur marié et qui doute soudain de cet ami quand sa jeune belle soeur est empoisonnée...
Une écriture fine et observatrice, un talent certain pour rendre les scène vivantes.. Pas étonnant que Irish ai été porté à l'écran : ses histoires sont de vrais scénarios. J'ai beaucoup aimé ce recueil, plein de suspens savamment dosé.

Note : 4/5.



De : odilette84 Envoyé : 18/09/2007 22:06
William IRISH - Manhattan love Song

Comme d’habitude, ne lisez pas la quatrième de couverture ! Vous risqueriez de vous méprendre sur une partie de l’histoire

Wade et Bernice se croisent dans New York et c’est le coup de foudre. C’est un amour passionné, celui pour lequel on est prêt à tout. Commence alors une descente aux enfers chacun étant lié par ailleurs.
C’est un pur roman noir tel que je les aime. New-York, les années 30, la nuit, la pègre, l’alcool. Quand plus rien en compte et que l’on est prêt à tout quitter pour vivre son amour. Que rien ne va comme on le voudrait et que le désespoir s’en mêle.
« Les histoires d’amour finissent mal en général » c’est bien ce qu’on dit non ?
Irish a un style agréable, plein d’ironie avec une bonne dose d’humour malgré la noirceur du propos.
Je vais relire dans la foulée, « la mariée était en noir »

Ma note : 3,5/5



De : cmia11 Envoyé : 01/01/2008 14:02
William IRISH - La mariée était en noir (The bride wore black)

Résumé: Durant la petite fête organisée pour célébrer ses fiançailles, Kenneth Bliss chute du dix-septième étage et s'écrase sur le pavé new-yorkais. Tous les participants s'interrogent pour savoir ce qu'a pu devenir la jeune blonde vêtue de noir qui bavardait avec la victime peu avant le drame. Le plus acharné à la retrouver reste l'inspecteur Wanger qui la soupçonne d'avoir poussé Kenneth. Mais les mois passent et la femme mystérieuse demeure introuvable. Jusqu'au jour où Wanger flaire de nouveau sa piste lorsqu'on retrouve un certain Mitchell, pensionné de l'armée, empoisonné au cyanure dans sa chambre. Le témoignage de la maîtresse de la victime semble corroborer ses soupçons, même si elle déclare avoir croisé une grande rousse qui avait un accent étranger. Pourtant, l'inspecteur n'est pas au bout de sa quête et il faudra encore que deux meurtres soient commis pour lui permettre d'entrevoir enfin une parcelle de vérité dans cette affaire.

Avis: Au début, les affaires semblent séparées jusqu'à ce que Corey entre en scène. Le rythme est soutenu et j'ai espéré que Mrs Moran arrive à temps pour sauver son mari. J'ai bien aimé la manière dont l'auteur nous force à penser que Freddy Cameron est la femme en question alors que c'est la secrétaire. Je trouve assez cruel que la femme qui a voulu venger son mari se rende compte qu'elle a laissé partir son véritable meurtrier. J'ai l'habitude des romans policiers du genre Agatha Christie (mon auteur préféré d'ailleurs) et c'était la première fois que j'expérimentais le roman noir. Je ne suis absolument pas déçu!

Note: 3,5/5



De : joubjoub Envoyé : 02/10/2008 14:22
William IRISH - L'heure blafarde

Titre original : Deadline at Dawn

Résumé : Une chance sur mille d’en réchapper. Quatre heures pour se libérer. ELLE n’a pas le courage de partir sans lui. LUI ne peut quitter New York tant qu’il n’a pas retrouvé l’auteur d’un crime dont toutes les circonstances concourent à le charger. Les jeux semblent faits. La nécessité absolue de gagner l’aube de vitesse, s’ils veulent continuer à vivre, lance les deux jeunes gens dans une série d’aventures à vous glacer le sang...

Né en 1903, William Irish décide en 1932 de se lancer dans la nouvelle "noire" et les fameux magazines pulps lui prennent sa production. Il écrit, à partir de 1940, des romans où la violence, au lieu d'éclater au grand jour, reste intérieure, latente, dans un monde aux frontières du fantastique et du cauchemar. Malade, alcoolique, confiné dans sa chambre, la gangrène aura raison de lui en 1968. (Source : Folio)

Ce qui frappe d’abord dans L’heure blafarde, c’est la rigueur métronomique de la construction dramatique du roman : unité de temps (l’action se déploie pendant une seule nuit et les personnages ne cessent de courir contre la montre), scission géométrique d’une intrigue qui suit parallèlement les trajets de la jeune femme et de l’homme, sécheresse du récit qui ne s’embarrasse d’aucun détail superflu.

L'auteur décrit une virée cauchemardesque et haletante. Il réussit à créer une véritable atmosphère de roman noir. Plein de suspense, le rythme ne s'essouffle pas, on est tenu en haleine jusqu'au dernier chapitre.

L’heure blafarde est aussi un bel instantané qui révèle l’envers du "rêve américain" : la ville a avalé ces deux jeunes gens et leurs illusions. Irish rend très bien ce climat oppressant, cette sensation que New York est un monstre tentaculaire qui broie les individus.

Un excellent polar.

Note : 5/5

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Re: William IRISH (Etats-Unis)

Message  Liza_lou le Mer 29 Juin 2011 - 20:34

J'ai épousé une ombre
(Folio Policier, 256 pages)


A dix-sept ans, Helen est abandonnée par l'homme qui l'a faite enceinte. Fuyant alors New York en train, elle fait la connaissance d'un jeune couple, les Hazzard, dont la femme Patricia attend elle aussi un enfant. Les deux jeunes femmes sympathisent rapidement et, lors d'une discussion entre elles, Patricia confie à Helen son alliance. Brusquement, le train déraille et lorsqu'Helen se réveille à l'hopital, elle comprend rapidement qu'on la prend, du fait de l'alliance qu'elle porte, pour Patricia Hazzard, morte avec son époux dans l'accident...

Un grand roman noir par l'un des plus grands maîtres du genre : J'ai épousé une ombre est un récit au suspense haletant, avec une héroïne attachante et d'une vulnérabilité extrême. Seule au monde, abandonnée de tous, Helen, par le biais d'une méprise, se retrouve propulsée au sein de la famille Hazzard, une des plus riches de Caulfield. Mais plus que la fortune, c'est l'amour d'un foyer et d'une famille, choses qu'elle n'a jamais connus, qui émerveillent Helen devenue alors Patricia. Le bonheur s'avère à portée de main pour la jeune femme qui oublie peu à peu son passé. Mais peut-on réellement échapper à celui-ci? Prendre la place d'une autre n'est-il pas synonyme de risque? Et lorsqu'Helen tombe amoureuse, l'équilibre précaire qu'elle a réussi à construire ne menace t'il pas de s'écrouler?

Un excellent roman policier avec une seconde partie absolument haletante. Willima Irish arrive à faire grimper lentement la tension entre les différents personnages. Car malgré sa prudence, Helen, ou plutôt Patricia, fait quelques erreurs au sein de sa nouvelle famille et prend peur de leur révéler son imposture. Mais l'horreur arrive réellement lorsque les premières lettres anonymes arrivent, menaçant la jeune femme et son bonheur fragile. Qui et pourquoi?

Publié en 1948, J'ai épousé une ombre fait parti de ces romans intemporelles dans son intrigue et sa construction. L'originalité du récit réside dans le fait qu'Irish se place au niveau de Patricia, qui raconte elle-même la lente progression de sa peur et de ses tourments. Le lecteur se retrouve ainsi propulsé dans les pensées oppressées de Patricia, jeune femme abusée très jeune par l'existence et c'est avec une grande empathie que l'on suit son histoire jusqu'au dénouement, qui faisant écho à l'introduction, met en lumière ce dernier.

Un pur roman noir et pourtant, bien différent des autres dans l'angoisse et le suspense qu'il propage. Une réussite complète, autant dire qu'on n'est jamais déçu en lisant un roman de William Irish!

Ma note : 4/5
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Re: William IRISH (Etats-Unis)

Message  Cyrielle le Jeu 30 Juin 2011 - 7:02

Tu m'as convaincu Liza Lou je note ce livre Very Happy
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Re:William IRISH

Message  kalainka le Ven 20 Jan 2012 - 22:23



"LADY FANTÔME" ( Christian Bourgois 260 pages )

( Presses Pocket )

RESUME

Scott Henderson vient de se disputer avec son épouse qui ne veut pas entendre parler de divorce.Excédé,il aborde une jeune femme rencontrée dans un bar et l'invite au restaurant puis au théâtre.

De retour chez lui il est arrêté par la police;son épouse a été retrouvée étranglée avec une de ses cravate.Scott Henderson pense avoir un alibi en béton en la personne de l'inconnue,car à l'heure de la mort il se trouvait avec elle.Hélas,le cauchemar commence lorsque tous les témoins interrogés affirment qu'il était seul.

Ne pouvant retrouver celle qui l'innocenterait,il est condamné à la peine de mort.Désormais il ne peut plus compter que sur l'aide d'un ami et de celle qu'il aime pour lui éviter la chaise électrique en retrouvant Lady Fantôme.

MON AVIS

Vous n'êtes pas au bout de vos surprises.Irish nous mene par le bout du nez.Sa mise en scène est spectaculaire.On marche,jusqu'au coup de théâtre final.Surprenant.

Comme souvent chez William Irish,les personnages sont à double face.Il existe une fêlure,une peur de vivre.Un peu comme si le sol se dérobait sous leurs pieds.Alors,certes,l'explication finale est un peu tarabiscotée mais tout se tient et tout s'explique.

Du roman,en 1944,Robert Siodmak en tourne un film "Phantom Lady", en français "Les mains qui tuent" avec Ella Raines,Franchot Tone et Alan Curtis.L'atmosphère du film rappelle l'expressionnisme allemand avec la présentation d'un New-York angoissant et fantomatique où les claquements de talons sur les trottoirs,le ronflement des rames de métro,le staccato des batteries sont omniprésents.

4/5
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Re: William IRISH (Etats-Unis)

Message  DM29 le Mer 8 Fév 2012 - 8:26

WILLIAM IRISH - J'ai vu rouge



Résumé : Qu'elle est belle ! Du satin, blanc comme la neige fraîchement tombée.
Un voile de tulle, léger comme un brouillard. Un bouquet de fleurs
d'oranger, un diadème de perles... Qui pourra deviner que cette radieuse
et sereine jeune fille qui s'avance vers l'autel va vivre auprès de
celui qu'elle a choisi des jours de cauchemar, où l'amour fera bientôt
place au doute, à l'angoisse, à l'horreur ?

Mon avis :
Un excellent policier !!! J'ai découvert Irish grâce au forum, et je ne regrette pas de vous avoir écouté.
L'histoire se déroule en 1915, on suit Preston Marshall quelques temps avant son mariage avec Marjorie, une jeune femme de la haute société new yorkaise. Quelques semaines avant le mariage , Preston a une aventure sans lendemain avec Leona , une femme rencontrée dans un bar, sauf que cette dernière profite du prochain mariage de Preston pour le faire chanter et le harceler. Et une heure avant son mariage, Preston commet l'irréparable ...

Quel suspense ! Et j'ai trouvé les personnages tous plus justes les uns que les autres. On a du mal à détester Preston, malgré ses actes, et son comportement qui va empirer tout au long du roman, mais sa paranoïa est telle que l'on a du mal à résister et on se met à douter nous aussi, de son entourage. On prend Marjorie en pitié, car rappelons l'époque : 1915, les femmes n'ont pas vraiment la même liberté que nous aujourd'hui, et sont plus au moins obligé de suivre leurs maris pour les apparences. Un très bon policier pense t-on quand on arrive aux dernières lignes, mais c'est sans compter l'épilogue ... , où là on se rend compte que l'auteur nous a eu !! Pour ma part j'ai été scotchée, donc si vous voulez le lire, ne LISEZ PAS l'épilogue avant, avis à ceux qui lisent toujours la dernière ligne du livre avant de le commencer !!

5/5

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Re: William IRISH (Etats-Unis)

Message  DM29 le Sam 25 Fév 2012 - 23:27

La mariée était en noir

Résumé : Quatre meurtres sont commis de façons différentes, dans des endroits et à des périodes différentes. Aucun lien apparemment entre ces quatres affaires, si ce n'est une mystérieuse jeune femme. Le récit d'une vengeance.

Mon avis : Un très bon livre policier, que j'ai commencé tout à l"heure et que je n'ai pas pu lâché avant d' avoir le mot de la fin. Très prenant, on cherche tout au long du livre, le mobile de la femme, et on attend la révélation de la fin avec impatience. Je ne m'attendais pas au coup de théâtre final, qui nous fait plus de mal que de bien, parce que mine de rien, on s'est attaché à cette femme.

note : 4,5/5

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Re: William IRISH (Etats-Unis)

Message  cookie610 le Dim 26 Fév 2012 - 9:12

Ça fait un moment qu'il me tente celui-ci. J'avais adoré le film de Truffaut. Je te le conseille si tu ne l'as pas vu, DM29.
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Re: William IRISH (Etats-Unis)

Message  belledenuit le Dim 26 Fév 2012 - 10:27

Je ne connais pas du tout l'auteur mais vu les avis ça me donne très envie de le découvrir Smile
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Re:William IRISH (Etats-Unis)

Message  kalainka le Dim 26 Fév 2012 - 12:00



"IRISH WALTZ" 10/18 (Grands Détectives) 275 Pages



RESUME

William Irish a écrit plus de 350 nouvelles.La série "Grands Détectives" de 10/18 en a rassemblé certaines en plusieurs volumes : "Black Irish", "Irish Blues", "Irish Hotel"...Ici sous le titre "Irish Waltz" la collection nous présente sept nouvelles.



-"La nuit où je mourus" Mourir pour toucher l'assurance, rien de plus simple.Oui mais voilà, c'est compter sans le petit grain de sable... 3.75/5

-"Invitation à la valse" Elle danse avec son cavalier.Est-il l'innocent ou l'assassin ? Réponse à la fin de la valse.Un petit chef-d'oeuvre en 10 pages et une valse. 4/5

-"Fleurs de l'Au-delà" Malgré le policier chargé de veiller sur elle, elle sait qu'elle va mourir. 2.5/5

-"Je ne voudrais pas être dans tes souliers" Une nuit, excédé par le miaulement des chats sous sa fenêtre, il leurs a balancé ses souliers.Moralité : ne jettez pas vos chaussures par la fenêtre vous pourriez être accusé de meurtre. 4/5

-"Mannequin" Que feriez-vous si vous étiez suivi quotidiennement par un inconnu dans la rue ? 4/5

-"La fille d'Endicott" Les preuves sont accablantes, irréfutables, oui mais c'est compter sans le génie d'Irish...4.5/5

-"Le désir de tuer" Un chef-d'oeuvre de noirceur dans cette nouvelle où un homme veut tuer la femme qui l'a trompé:"Une arme peut-elle effacer le passé ? Non, mais elle peut effacer le futur." 4.75/5



AVIS

Irish nous raconte des histoires surprenantes dans lesquelles les retournements de situations nous déconcertent.Comme le dit la quatriéme de couverture : "L'oeuvre de William Irish pourrait servir d'illustration au fameux titre de Cioran: De l'inconvénient d'être né.Rien ne s'arrange jamais vraiment, tout peut recommencer demain.La seule vérité c'est la solitude absolue des êtres, que l'on a rarement décrite avec autant de puissance." D.F.Recatala
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Re: William IRISH (Etats-Unis)

Message  Mousseline le Dim 26 Fév 2012 - 18:42

Inspirant... merci! Quand je commande des polars j'oublie à chaque fois que je veux lire cet auteur.

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Re: William IRISH (Etats-Unis)

Message  cookie610 le Mar 22 Aoû 2017 - 18:15

La mariée était en noir
 
Note : 3.75/5
 
Le résumé a déjà été fait plusieurs fois ci-dessus.  
 
Critique : J’ai vraiment adoré ce livre. Je l’ai lu en quelque jours seulement, totalement happée par l’histoire. J’avais déjà vu le film de Truffaud avec Jeanne Moreau donc je connaissais les grandes lignes de l’histoire même s’il y a quelques divergences avec le livre. J’ai beaucoup aimé la forme du récit. Chaque chapitre est consacré à un homme et il est toujours découpé entre la prise de connaissance, le meurtre et l’enquête de la police. C’est un bijou de roman noir, dans la plus grande tradition du genre. Malgré tout, et comme je connaissais les motivations de la femme, je me suis prise d’affection pour le personnage de la femme. On comprend à la toute fin dans un twist magnifique le pourquoi du comment et c’est là qu’apparait toute la maitrise de l’auteur.
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Re: William IRISH (Etats-Unis)

Message  Chantal le Mer 23 Aoû 2017 - 9:38

Un livre que j'aimerais beaucoup lire. Merci pour le rappel.
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Re: William IRISH (Etats-Unis)

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