Ninni HOLMQVIST (Suède)

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Ninni HOLMQVIST (Suède)

Message  Aurore le Lun 19 Déc 2011 - 14:54

Ninni Holmqvist est née en 1958 en Suède où elle vit et écrit.



Elle a publié deux recueils de nouvelles inédites en France. L'Unité est son premier roman (il a été sur la liste 2009 des meilleurs romans de l'année du Wall Street Journal).

L'Unité - Ninni Holmqvist
(Editions SW Télémaque, 2011, 270 p.)




Vous avez cinquante ans (soixante pour les hommes), vous n'avez ni conjoint, ni enfants... Bienvenue à l'Unité !
Dorrit vient ainsi d'arriver à l'Unité après une vie paisible auprès de son chien Jock. Elle a pourtant connu les tourments d'une vie amoureuse et sexuelle bien remplie, en compagnie de Nils, un homme marié. Mais à l'heure où il n'est plus possible d'être mère, les individus tels que Dorrit sont considérés comme des superflus. Les autres, ceux qui ont une vie de famille et des enfants constituent la très enviée caste des nécessaires. Une fois entré dans l'Unité, sorte de refuge sécurisé où sont envoyés les superflus, il n'y a pas de possibilité d'en sortir. Et y être intégré comporte des avantages comme d'avoir à disposition un appartement confortable, des loisirs variés, de la nourriture à volonté. Les célibataires s'y retrouvent entre eux et peuvent donc passer du bon temps sans se soucier d'éventuels problèmes matériels.
Le seul inconvénient notable c'est que ce séjour est soumis à une clause non négociable : tout arrivant est susceptible de faire l'objet d'un "don" au profit des nécessaires de l'extérieur. Ainsi, les organes peuvent êtres prélevés chez les superflus pour favoriser les nécessaires. Tant qu'il s'agit d'un rein, cela reste admissible. Mais que penser du "don final" qui plane comme une menace chez tous les résidents? Comment vivre en sachant que cœur, cerveau ou poumons peuvent êtres transférés à tout moment à quelqu'un de plus "utile" à la société?

J'ai trouvé ce livre palpitant dans le sens où la science-fiction marquait une frontière infime avec la réalité. En effet, les humains restent semblables dans l'Unité, ils sont juste soumis à des tests et traités comme des cobayes. Seul apparait ce paradis empoisonné qu'est l'Unité où tous vont, passés la limite d'âge, mais dont personne ne revient. La dictature de la famille impose cette politique d'exil des célibataires et on prend peur de la résignation des résidents, à la merci de leurs bourreaux. Les nécessaires savent-ils d'où viennent les organes qui les sauvent?
C'est dans cette froideur méticuleuse, dans cette opacité du système, que j'ai trouvé la fascination et le plaisir de la lecture. Plus on découvre le petit monde de l'Unité, plus on se dit qu'une rébellion doit fomenter.
Dorrit est un personnage central qui déjoue quelque part les usages mis en place. C'est une battante qui s'accroche à la vie, qui ne renonce pas et qui a toujours le secret espoir d'un ailleurs où le temps ne serait pas compté. Et que dire du chapitre final? J'en ai été bouleversée... rien que ça ! Et ce n'était pourtant pas gagné car je m'engageais sur le terrain de la SF à reculons !

4,5/5

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Re: Ninni HOLMQVIST (Suède)

Message  Philcabzi le Lun 19 Déc 2011 - 15:37

C'est terriblement tentant ce bouquin là Aurore. Je note immédiatement dans ma LAL!

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Re: Ninni HOLMQVIST (Suède)

Message  Lyreek le Dim 16 Fév 2014 - 17:18



L'unité - Ninni Holmqvist
Le livre de Poche - 336 pages

Résumé

A 50 ans, Dorrit est célibataire et sans enfant. C’est ce qu’on appelle une "superflue". Elle doit donc rejoindre l’unité, une résidence tout confort où elle va vivre désormais aux frais de la société. Logée, nourrie, blanchie et libre de choisir ses loisirs mais sous la surveillance constante des caméras installées dans tous les recoins.
Car si l’unité chouchoute si bien ses pensionnaires, c’est qu’elle les destine à servir de cobaye à ses nombreuses études médicales et à faire don de leurs organes à ceux qu’elle juge utile à la société : les "nécessaires".

Mon avis

Un roman très prenant et qui fait froid dans le dos. Dans cette société que nous décrit l’auteur, les êtres humains n’ont le droit de vivre que s’ils sont utiles, comprenez "rentables". Les hommes et les femmes n’ont plus qu’une valeur économique et tout ceux qui n’ont pas contribué au système en faisant des enfants sont condamnés à devenir des rats de laboratoire et des réserves d’organes.

On suit Dorrit dans cet univers, une femme qui aurait bien voulu avoir des enfants mais dont le compagnon avait déjà une famille qu’il ne voulait pas abandonner. Lorsqu’on est venu la chercher pour la conduire à l’unité, Dorrit a du laisser tout son passé derrière elle, ses amis, sa maison et son chien. Désormais, elle ne s’appartient plus.

J’ai été révoltée de voir la manière dont sont traités ces êtres humains, qui pourtant ne se rebellent pas et se résignent à leur sort. C’est très émouvant de voir que , malgré leur situation, les pensionnaires sont solidaires et tentent de garder leur part d’humanité en se soutenant et en créant de vraies relations d’amitié. On en vient presque à oublier pourquoi ils sont réunis mais bien sur, leur temps à tous est compté et la cruelle réalité va vite les rattraper.

L’unité est un livre fort, parce que totalement crédible. A aucun moment, je n’ai pensé lire de la science-fiction, c’est un univers totalement réaliste et c’est ça qui fait peur. D’autant plus que l’auteur laisse planer le mystère sur les origines de cette société, laissant le lecteur se poser une multitude de questions : Comment en est-t-on arrivé là ? Est-ce que les superflus ont accepté de bonne grâce leur condition ? Y a-t-il eu des révoltes ? Les nécessaires acceptent-ils sans scrupule ni culpabilité les dons d’organes des superflus ? Qu’en est-il des pays voisins ?

Et bien sûr, on ne peut ne lire l’histoire de Dorrit sans s’interroger sur l’avenir de nos sociétés capitalistes. Certes on en est encore loin de l’unité, mais à trop placer l’argent au centre du monde, on en vient à oublier le plus important, ce qui n’a pas et ne devrait jamais avoir de prix : la vie.

4.5/5

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Re: Ninni HOLMQVIST (Suède)

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