Helene COOPER (Liberia/États-Unis)

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Helene COOPER (Liberia/États-Unis)

Message  Lacazavent le Mar 1 Nov 2011 - 15:44

La maison de Sugar Beach d' Helene Cooper
Édition Zoé / 365 pages




Helene Cooper a grandi et vécu sa première adolescence dans le très privilégié milieu des Congos, ces descendants d’esclaves affranchis d’Amérique venus créer le Liberia au XIXe siècle en Afrique. Le 12 avril 1980, grand ciel bleu, elle se réveille dans sa maison de 22 pièces, se prépare à sa leçon de ballet et à faire la demoiselle d’honneur l’après-midi. Mais non, c’est le coup d’Etat, sa société est renversée. Un mois plus tard elle fuit aux États-Unis avec sa mère et sa sœur, laissant derrière elle Eunice, sœur adoptée et meilleure amie, d’une tout autre caste.



Aujourd'hui journaliste, correspondante de la Maison Blanche, au NewYork Times Hélène Cooper nous retrace dans La maison de Sugar Beach son enfance, sa fuite aux États-Unis lors des troubles qui se succèdent au coup d'État de 1980, son désir de devenir journaliste, la redécouverte de son pays.
C'est un témoignage extrêmement marquant, poignant malgré un style inégal dans son écriture. Au fil de cette autobiographie, on va en apprendre beaucoup sur la vie d' Helene Cooper, mais aussi et surtout on découvre sous une facette plus humaine à défaut de pouvoir dire moins violente un pays le Liberia dont on ne connait que les échos de ses heures les plus sombres. Elle prend prétexte de nous raconter son enfance privilégié d' enfant « Congos » pour nous expliquer l'histoire de son pays, le style journalistique ressort dans ses passages. Elle nous raconte les tractations, les « petites » et grandes injustices qui ont dès les premières années de l'histoire du Libéria divisé les communautés jetant les graines des futurs coups d' États.
Derrière la grande histoire, il y a celle de sa famille de ses sœurs, d'Eunice sa sœur d'adoption qui restera au Libéria alors que toute la famille Cooper se réfugie aux États-Unis. Il faut du temps au lecteur pour se plonger dans cette autobiographie, on est gênée au début par le trait de l'écriture enfantine qui est un peu trop marqué, presque exagéré dans les pages consacré à son enfance libérienne, un défaut qui heureusement estompe dès qu' elle nous raconte son arrivée aux États-Unis. Dès lors, on a le plus grand mal à le reposer.


4,5/5 ( )




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Re: Helene COOPER (Liberia/États-Unis)

Message  Awara le Mar 1 Nov 2011 - 20:51

Je pense que je vais me mettre en quête de ce livre. Tu me donnes envie de le lire!

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Re: Helene COOPER (Liberia/États-Unis)

Message  Mousseline le Mer 2 Nov 2011 - 4:22

Vraiment inspirant, merci!

Y'a un livre de Russell Banks qui se passe au Liberia que j'ai d'ailleurs beaucoup aimé.

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Re: Helene COOPER (Liberia/États-Unis)

Message  Awara le Mar 10 Jan 2012 - 23:59

LA MAISON DE SUGAR BEACH
Réminiscences d’une enfance en Afrique
Helene Cooper
Traduit de l’anglais par Mathilde Fontanet
Editions ZOE – Ecrits d’ailleurs, 367 pp.

Ce livre est très attachant et intéressant. J’ai au départ été par gênée des maladresses d’écriture même si je comprends que le traducteur ait eu à cœur de rendre la langue métissée afro-américaine de l’auteur quand elle s’exprime dans cette langue spécifique des « congos » du Libéria, mais cela rend la lecture un peu chaotique. Je ne sais pas ce qui ressort quand on se plonge dans le livre en langue originale. .

Ce qui donne du prix à ce livre, c’est que c’est un témoignage historique qui relate l’histoire du Libéria à travers la vie d’une famille. Elle est épicée d’anecdotes personnelles cocasses racontées avec humour par Helene Cooper. Cette dernière est descendante des esclaves libérés arrivés en 1820 pour fonder le Libéria avec le premier bateau affrété par une société philanthropique de colonisation. De ce fait elle appartient à une aristocratie liée aux Etats-Unis qui tient tous les rouages de ce pays, reléguant les ethnies autochtones dans une situation de pauvreté et de grande précarité. Ces colons ont apporté en Afrique un modèle de gouvernement à l’américaine, s’arrogeant le pouvoir politique économique et militaire, ce qui a brisé les structures traditionnelles locales.

Enfant, Helene Cooper grandit dans un cocon et trouve cette situation normale. Le coup d’état de 1980 de Samuel Doe l’oblige à fuir et retourner aux Etats-Unis. Plus tard elle devient journaliste, reporter au World street journal. Elle mène alors des enquêtes et se trouve choquée par les discriminations raciales entre les blancs et les noirs. Progressivement elle réalise que c’est une même discrimination qui régnait au Libéria entre les « congos » descendants des esclaves afro-américains et les populations autochtones considérées comme des citoyens de seconde zone. Cette situation injuste a mené à la révolte des tribus implantées avant l’arrivée des colons et a conduit le pays vers une guerre civile sanglante et désastreuse. Correspondante de guerre, notamment en Irak, Helene Cooper reste hantée par son pays et trouve absurde de mourir dans une guerre autre que celle du Libéria. Elle décide d’y retourner après vingt-trois ans d’absence pour retrouver Eunice, sa sœur adoptive dont elle est sans nouvelle. Consciente de sa douloureuse double identité Américano-libérienne, elle rend hommage au courage de ceux qui ont eu le courage de rester, de résister à l’horreur, ne se sont pas laissés dévorer par la haine, en particulier à Eunice.

Grâce à ce livre j’ai découvert un aspect humain de l’histoire du Libéria . J’ai vu cette guerre à travers des vies d’hommes et de femmes. Des noms, comme celui de Charles Taylor, se sont incarnés alors que ce n’était que des gros titres de journaux. Un beau livre.
Merci Lacazavent de m’avoir fait découvrir ce livre.





Note : 4,5/5

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Re: Helene COOPER (Liberia/États-Unis)

Message  dodie le Jeu 9 Fév 2012 - 17:39

La maison de Sugar Beach

Je ne reviendrai pas sur le thème de ce livre déjà très bien présenté par Lacazavent et Awara.
A travers l'histoire de Helene Cooper j'ai découvert mais vraiment découvert l'histoire du Libéria: je ne savais absolument rien de la naissance de cet état et à la lecture de son histoire je comprends mieux les luttes "tribales" qui ont bouleversé, détruit ce pays.
L'auteur nous le raconte simplement en expliquant l'histoire de sa famille: la grande histoire se mêle à la petite.
Pour ma part je n'ai pas été gênée par le côté un peu "enfantin" de l'écriture du début du roman: l'auteur se revoyait petite fille alors et s'exprime comme elle l'aurait fait à l'époque.
Ce n'était certes pas le thème du livre mais je trouve qu'elle passe un peu trop rapidement sur ses expériences en tant que journaliste: j'aurais voulu en savoir plus mais peut-être cela fera-t-il un jour l'objet d'un autre ouvrage?
Merci Lacazavent: ce fut une lecture très intéressante!
Ma note 4/5
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Re: Helene COOPER (Liberia/États-Unis)

Message  anna44 le Ven 10 Fév 2012 - 8:40

Je le note également, il m'a l'air très intéressant Smile

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Re: Helene COOPER (Liberia/États-Unis)

Message  Lyreek le Dim 30 Mar 2014 - 15:33



La maison de Sugar Beach - Hélène Cooper
Le livre de poche - 432 pages

La maison de Sugar Beach est un récit autobiographique de l’enfance de l’auteure. Jusqu’à ses 14 ans et le coup d’état qui a forcé sa famille à quitter le pays, elle a grandi au Libéria, un pays d’Afrique de l’Ouest, qui à la fin du XIXème siècle a été colonisé par les anciens esclaves noirs affranchis des Etats-Unis, malheureusement bien souvent au mépris des populations autochtones.

Très beau témoignage qui m’a permis de découvrir un pays dont j’ignorais tout.
L’auteur, une descendante des premiers colons, a grandi dans le milieu privilégié des Congos, la classe dirigeante, propriétaire des terres.
Insouciante des injustices et de la misère dans laquelle vivent les indigènes, la vie quotidienne d’Hélène est celle d’une petite fille aisée, entourée de domestiques dans une belle et grande maison.
Avec le recul, Hélène Cooper nous montre les inégalités entre les Congos et les autochtones, inégalités qui, inévitablement, ont amené la révolte et la guerre civile.
A mille lieux de ces préoccupations, Hélène partage ses années d’enfance avec une petite fille indigène, Eunice, recueillie par sa mère, qui sera laissée au pays après le coup d’état et la fuite de la famille d’Hélène aux Etats-Unis.
Une fois émigrée, Hélène va petit à petit s’éloigner de son pays d’origine, jusqu’à ce se sentir pleinement américaine et choisir d’abandonner son passeport libérien. Toutefois, elle n’oublie pas ses racines. Elle évoque très bien la difficulté de concilier ses deux identités : la part libérienne et la part américaine. Ce n’est qu’un vingtaine d’ années après le coup d’état qu’elle trouvera le courage de retournera au Liberia, de revoir Eunice et d’écrire son histoire, une histoire émouvante qui permet de mieux comprendre la situation au Liberia.

Une belle lecture!

4/5

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