Philippe ALEXANDRE et Béatrice de L'AULNOÎT (France)

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Philippe ALEXANDRE et Béatrice de L'AULNOÎT (France)

Message  Prospéryne le Sam 24 Sep 2011 - 14:34

Victoria 1819-1903 La dernière reine Philippe Alexandre et Béatrix de l'Aulnoît Fayard 422 pages

Résumé:
Biographie écrite à l'occasion du centième anniversaire de la célèbre
souveraine anglaise qui a marqué le XIXe siècle de son empreinte et de
son nom.

Critique:
La reine Victoria. Un monument en vérité. En ce sens, cette biographie
déboulonne pas mal de mythes! Alors que le siècle qui porte son nom en
est un de triomphe et d'arrogance de l'empire britannique, la femme à
sa tête était tout sauf confiante en elle-même et en ses capacités à
diriger! Surprotégée durant son enfance par sa mère et le contrôleur de
celle-ci, Sir John Conroy, celle que l'on appelait plus Alexandrina que
Victoria à l'époque est montée sur le trône à peine majeure et tout
juste éduquée. Bon, elle savait lire et écrire, mais que
connaissait-elle de la politique, du pouvoir et de ses intrigues, de la
vie? Pour ainsi dire rien, et ça volontairement, car qui est plus
facile à contrôler que la personne ignorante? La descente de sa Tour
d'Ivoire a été adoucie par la présence de Lord Melbourne, son premier
Premier Ministre. Et par la suite, le Prince Albert de Saxe-Cobourg
sera son pygmalion, mais un pygmalion qui prendra bien garde d'étouffer
ses tendances naturelles. Car la reine qui a donné son nom au siècle le
plus puritain qui soit était une jeune fille aimant danser jusqu'à
l'aube et qui raffolait des bals et des fêtes! Rien à voir avec les
robes boutonnées jusqu'au collet et aux chemises de nuit à trou! C'est
sous l'influence d'Albert, lui-même traumatisé durant son enfance par un
père débauché, ce qui l'a privé très jeune de sa propre mère, que
Victoria devient victorienne, bonne épouse et mère de famille, soumise
en un mot, sa nature étouffée. Bon il faut avouer que la jeune femme
avait du caractère et des penchants très hanovriens (la famille de son
père) à l'excès, surtout dans la colère, mais ceci excuse-t'il cela? On
ne peut traiter son mari de tous les noms, car il semble clair qu'il a
agit au mieux de ce qu'il croyait et connaissait et leur mariage a
semble-t'il été heureux, mais le fait est que la Victoria sévère que
l'on a connu est bien plus le fruit d'Albert que d'elle-même. D'abord
dominée par sa mère et Sir John Conroy, puis par son mari, elle se
retrouve seule et désemparée à l'aube de la quarantaine, sans personne
pour la guider. Elle mettra des années à se faire confiance à
elle-même. Cette biographie, excellente au demeurant, me fait l'effet
d'une biographie plutôt pop. Comme dans populaire. On ne replace pas
énormément les événements expliqués dans leur contexte historique et on
met beaucoup l'accent sur les relations de la reine avec différents
individus, ses premiers ministres entre autre, mais sans être très axé
sur la politique. J'ai trouvé qu'on la traitait un peu comme un
traiterait une pop star. Cela dit, le portrait de ce qu'elle était
comme personne est excellent. Et c'est la force de cette biographie.
C'est près de la soixantaine que Victoria se fera assez confiance pour
élaborer sa propre politique et vraiment diriger son pays, si peu cela
soit-il. C'est donc une Victoria très éloignée de l'image que l'on peut
s'en faire qui est racontée ici. Une personne que j'ai beaucoup aimé
découvrir.

Ma note: 4.25/5

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