Maria Judite de CARVALHO (Portugal)

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Maria Judite de CARVALHO (Portugal)

Message  Aurore le Dim 10 Juil 2011 - 12:12

Maria Judite de Carvalho fut la femme de l'écrivain portugais Urbano Tavares Rodrigues.



Elle tint durant plusieurs années des chroniques dans des journaux portugais. Son œuvre, commencée en 1959 avec le bref récit Tous ces gens, Mariana..., compte parmi les plus étranges et les plus intéressantes du XXe siècle en Europe. Ses romans et nouvelles se caractérisent par une liberté de ton, particulièrement ironique, et une apparente légèreté sous laquelle se profilent de nombreuses questions existentielles d'importance.

Source : Quatrième de couverture de Ces mots que l'on retient.

Ces mots que l'on retient - Maria Judite de Carvalho
(La différence, 2011, 95 p.)





Graça revient dans la demeure familiale après un départ qu'on imagine précipité. Elle a surpris sa belle-mère en train d'embrasser son cousin, Vasco. Témoin de cette scène, Graça fulmine, rumine et décide de tout révéler à son père. C'est la mise à la porte de la belle-mère et son père, d'ordinaire heureux et compréhensif, ne lui pardonne pas d'avoir rapporté un si lourd secret. Toute la famille est brisée et Graça, dévoilée aux yeux de tous comme la mauvaise langue, est obligée de fuir.C'est donc dans ce retour aux sources, une plongée dans la vie de l'époque lorsqu'elle-même, petite fille, était amoureuse du cousin Vasco. Si la scène du baiser surpris est aussi douloureuse, c'est bien que Graça espérait avoir son cousin pour elle toute seule. Le mal est fait, la vérité a éclaté et personne n'a été épargné. Graça a maintenant la quarantaine passée, elle est seule et vit toujours au présent cette mésaventure de son enfance. Tous les objets sont marqués du sceau de la tromperie et de la trahison. Et curieusement, cette belle-mère, qui a été désavouée, cherche à la revoir. Comment se fait-il que tant d'années après, l'histoire soit encore si vivante? On suit le personnage d'une Graça tourmentée. Entre l'enfance et l'âge adulte, les petits maux restent les mêmes, les personnages restent inchangés et le père est le grand absent de la situation, comme toujours effacé derrière ses "femmes".

Car ce récit est avant tout une histoire de souffrance résolument féminine. Les années, loin d'avoir effacé les souvenirs, ont ravivé douleur et jalousie. Comment les choses se seraient-elles passées si Graça s'était tue? La famille aurait-elle implosé, en dépit de son silence?


Le titre, Les mots que l'on retient, est une ultime attache au passé dont Graça ne peut se défaire. Pour vivre, elle doit faire avec, et ses mots, tels des boulets, elle doit les trimballer car c'est elle qui les a formulés.


4,5/5

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