Agata TUSZYNSKA ( Pologne )

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Agata TUSZYNSKA ( Pologne )

Message  lalyre le Lun 25 Avr 2011 - 16:48

Une histoire familiale de la peur
Agata Tuszynska
Points mars 2011
558 pages

4ème de couverture
Quand on apprend à 19 ans que sa mère est juive, qu'elle a vécu dans le ghetto de Varsovie et perdu une partie de ses proches durant la guerre, un choix s'impose : nier le passé depuis longtemps occulté ou convoquer la mémoire. Agata Tuszynska a choisi de lever le voile. De l'ancien ghetto au camp de Woldenberg, elle défie la peur et parcourt la Pologne pour reconstituer l'effroyable passé familial.
Résumé et avis
Cela va être difficile de parler de ce livre ou l’auteur commence par raconter l’histoire du couple de ses parents, l’auteur nous dit aussi que ce livre est en elle depuis que à l’âge de dix-neuf ans, elle a appris par sa mère qu’elle était juive. Elle retrace l’histoire de ses ancêtres, surtout du côté de sa famille maternelle, à tout prix elle veut savoir et c’est grâce à son cheminement à travers la Pologne, car cette famille juive est ancrée dans ce pays depuis des générations. L’auteur traque tous les infimes détails qui pourraient l’aider à comprendre, elle arrache des confidences qui sortent du bout des lèvres, c’est très difficile de faire parler les quelques anciens qu’elle rencontre car pour eux c’est mettre à jour un tabou. Il y a des questions sans réponses, des doutes, des archives à découvrir, il lui reste quelques parents vivants, ce qui l’a aidée à compléter le tableau de famille, d’anciennes photos retrouvées dont l’auteur s’étonne qu’elles soient toujours restées visibles au long de toutes ces décennies. Elle nous parle de ses parents avec beaucoup de tendresse, surtout sa maman à qui elle parvient à arracher des bribes de son enfance avec sa mère pendant la guerre ,se cachant, déménageant souvent. L’auteure a travaillé pendant quatre ans sur ce livre, ce qui lui a permis d'écrire sur ses proches, ceux qui furent dans le ghetto, derrière les murs, ceux des photographies, ceux des cimetières, cela l’obligeait à répondre elle-même à la question fondamentale des frontières qu’il ne faut pas franchir. Qu’est-ce qui constitue une trahison et quand ? Au nom de quoi est-il permis de faire souffrir ? Comme elle l’écrit si bien.... les réponses à ces questions sont généralement contradictoires et il lui été parfois pénible de s’y résigner.... Mais elle sait maintenant pourquoi sa maman avait peur de son enfance et de son histoire qu’elle a seulement compris en grandissant....J’ai vraiment aimé ce livre que je pourrais qualifier de biographie et d’histoire. Un livre qui nous fait découvrir l’histoire des juifs de Pologne sous un jour inconnu et insoupçonné, que je recommande vivement......5/5
Nationalité : Pologne


Biographie :

Romancière, poète, biographe, universitaire, journaliste et femme de théâtre, Agata Tuszynska est l'une des personnalités les plus en vue de la jeune littérature polonaise.

Après ses études à l'École supérieure d'art dramatique de Varsovie, sa ville natale, elle soutient une thèse à l'Académie des sciences puis se lance dans le journalisme. Ses reportages lui ont valu nombre de récompenses, dont le prestigieux prix du PEN Club polonais, et la notoriété auprès du public et de la critique, qui voit en elle la digne héritière de la littérature documentaire dont son maître Ryszard Kapuscinski est le plus célèbre représentant.

Elle a publié Disciple de Schulz (2001), puis Singer, paysages de la mémoire (2002). Son premier livre chez Grasset, Une histoire familiale de la peur (2006), " un livre capital " selon Paul Auster, fut accueilli par une critique enthousiaste.


avatar
lalyre

Nombre de messages : 4234
Age : 85
Location : Belgique
Date d'inscription : 01/03/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: Agata TUSZYNSKA ( Pologne )

Message  lalyre le Mar 24 Mai 2011 - 11:40

Wiera Gran, l’accusée
Agata Tuszynska
Grasset janvier 2011
394 pages

4ème de couverture
Wiera Gran était la chanteuse étoile du ghetto de Varsovie. cette "Marlène Dietrich née Grynberg", d'une beauté stupéfiante, à la voix chaude, se produit au cœur du Broadway juif d'avril 1941 au printemps 1942, où elle parvient à fuir, laissant derrière elle les siens. Son accompagnateur, Wladislas Szpilman, le "pianiste" du célèbre film de Roman Polanski, passera à la postérité. Elle, non. Pourquoi ? Quelle fut sa faute ? A quel prix peut-on survivre ? Comment savoir ce qui s'est vraiment passé entre les murs du ghetto ? Wiera Gran sera accusée après la guerre d'avoir collaboré avec les nazis, d'avoir chanté devant eux, d'avoir incarné une "Mata-Hari" glamour, une sorte d'agent double. Folle de chagrin, persuadée qu'on la persécutait, juive errante, exilée chantant dans les cabarets de Caracas ou de Tel-Aviv, comme au Carnegie Hall à New York, elle finit sa vie, seule, dans un petit appartement parisien, reine d'un royaume, des ombres et des secrets de la guerre. Elle meurt le 19 novembre 2007.
A la fois détective et historienne, biographe empathique et enquêtrice d'une mémoire défaillante, Agata Tuszynska ressuscite dans ce livre poignant et fiévreux, traversée du siècle, le destin brisé comme l'honneur perdu de Wiera Gran.
Mon avis
Lorsque l’auteure choisit d’écrire ce document , elle a beaucoup voyagé pour faire son enquête sur la vie de l’artiste, elle a recueilli des témoignages de rescapés et de l’héroïne puisqu’elle l’a côtoyée pendant plusieurs années, les dernières de sa vie. La chanteuse vivait dans un appartement avec les rideaux tirés, ne sortant plus, obsédée par son imagination, se croyant toujours en danger. L’auteure nous dit que lors de ces rencontres avec Wiera, elle a eu constamment le sentiment d’avancer à travers la matière bourbeuse de sa mémoire, vacillante et changeante. plusieurs fois elle ne savait si elle était en présence de la vérité ou de l’une des nouvelles incarnations de Wiera. L’auteure nous dit encore, qu’à Varsovie, elle a rencontré une ancienne amie de la chanteuse, elle l’a connue très longtemps, elle se fréquentèrent dans leur jeunesse et encore quelques années après la guerre, c’est un témoignage important du chemin qu’elles ont emprunté ensemble. Il y avait aussi les participants à l’insurrection du ghetto de Varsovie et ses gens qui furent enfermés dans ces murs se souvenaient de Wiera Gran, mais beaucoup n’avaient pas l’envie d’en parler....Partout ou les recherches de l’auteure l’ont amenée, des témoignages plus ou moins bienveillants, plus ou moins compréhensifs, révélateurs, plein d’enthousiasme, d’admiration ou d’irritation et d’embarras...Wiera était tout autant aimée que détestée, mais ne laissait jamais personne indiffèrent, cette jeune femme avait une véritable soif d’art et c’est sans doute cela qui l’a conduite à cette fin de vie que j’ai trouvée triste. Alors sur la question de savoir si elle fut coupable ou pas, on reste sans réponse, ce qui est certain, c’est qu’elle est morte de lassitude et de découragement. Comme ce livre que j’ai lu avec un véritable intérêt, m’a encore beaucoup appris, il sera pour moi un gros coup de coeur.....Un véritable document que je recommande......5/5
avatar
lalyre

Nombre de messages : 4234
Age : 85
Location : Belgique
Date d'inscription : 01/03/2009

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum