Dubravka UGRESIC (Croatie / Pays-Bas)

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Dubravka UGRESIC (Croatie / Pays-Bas)

Message  Ysla le Mer 19 Jan 2011 - 16:03

Dubravka Ugrešić est née en 1949 à Kutina (Croatie) C'est une universitaire et écrivaine de langue croate. Elle quitte la Croatie en 1993, et vit actuellement aux Pays-Bas. Elle est l'auteure de romans, de nouvelles et d'essais.



Bibliographie en français :

  • Il n’y a personne pour vous repondre (trans. Janine Matillon). Paris: Albin Michel 2010.
  • Le ministère de la douleur (trans. Janine Matillon). Paris: Albin Michel, 2008.
  • Ceci n’est pas un livre (trans. Mireille Robin). Paris: Fayard 2005.
  • Le musée des redditions sans condition (trans. Mireille Robin). Paris: Fayard 2004.
  • Dans la gueule de la vie (trans. Mireille Robin). Paris: Plon 1997.
  • L' offensive du roman-fleuve (trans. Mireille Robin). Paris: Plon 1993.

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Re: Dubravka UGRESIC (Croatie / Pays-Bas)

Message  Ysla le Mer 19 Jan 2011 - 16:21

LE MINISTERE DE LA DOULEUR
Albin Michel, 2008, 325p (édition originale en 2004)

Résumé : Tania Lucic a quitté la Croatie pour l'Allemagne, puis pour Amsterdam où on lui propose un poste temporaire de professeur de serbo-croate à l'université. Dans sa classe se trouvent surtout des exilés d'ex-Yougoslavie, tout comme elle, qui suivent ce cours pour des raisons de commodité. Les considérant comme "convalescents", Tania se lance avec eux dans une façon unique d'enseigner : il s'agit de compiler ensemble des souvenirs attachés à la vie quotidienne à l'époque de la Yougoslavie. Cela semble plaire aux étudiants, qui par ailleurs vont souvent au café avec leur professeur. Parallèlement, Tania rencontre des difficultés à reprendre elle-aussi une vie "normale" en tant qu'exilée et ne sait pas où se situer...

Mon avis : C'est un très bon roman sur l'exil et spécifiquement l'exil par rapport à un pays qui n'existe plus. Il y est aussi question d'une langue qui elle non plus n'existe plus comme telle et qu'on ne sait plus comment nommer, à tel point qu'elle perd son sens pour Tania. La question des souvenirs, de la mémoire de ce qui n'est plus et ne sera jamais plus, est très présente aussi. Faut-il entretenir ou effacer ces souvenirs ? Que penser de la "yougonostalgie" ? Le roman alterne l'histoire de Tania et de ses étudiants avec des réflexions amenées par les situations et les personnages, récit et essai se mêlent adroitement, même si quelques passages peuvent sembler opaques.
Le roman permet d'appréhender ce que peuvent vivre les exilés, les personnes touchées par la guerre, et lance la réflexion suivante : "L'exil, c'est la défaite, le retour, c'est la mort." Cynique sans doute, mais pas dénué d'un fond de vérité et, en tout cas, à méditer.

D'une façon générale, je conseillerais plutôt cette lecture aux lecteurs qui s'intéressent aux sujets de l'exil et de la guerre ou à l'ex-Yougoslavie en particulier car il y a beaucoup de références culturelles. Un système de notes permet de comprendre la plupart d'entre elles, d'ailleurs.
A savoir aussi : le livre comporte quelques phrases ou expressions en anglais non traduites.

Ma note : 4/5
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