James SALTER (Etats-Unis)

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James SALTER (Etats-Unis)

Message  Lacazavent le Ven 17 Sep 2010 - 7:17

Un Bonheur parfait de James Salter
Points / 396 pages





Viri pose les yeux sur sa femme, Nedra. Une mèche de cheveux lui balaie délicatement la nuque, elle s'affaire en cuisine dans sa jolie robe rouge. Leurs deux adorables petites filles dînent devant le feu de cheminée. Sont-ils réellement heureux ? Ils forment un couple envié de tous, elle si belle, lui si élégant. Leur bonheur semble parfait... Mais la perfection est-elle vraiment de ce monde ?




À l'ouverture le tableau peut sembler idyllique, un couple jeune et beau, il est architecte, elle est l'incarnation de la femme et de la mère épanouie, deux enfants, pas deux anges, mais deux adorables fillettes plutôt sages. Nous sommes au États-Unis dans les années 70, le bonheur de ce couple est envié de tous ses amis mais pourtant peu à peu cette perfection va se fissurer, plus on progresse et plus l'harmonie nous semble être de façade. Il y a quelque chose qui cloche dans ce "bonheur parfait". Viri attend toujours plus, il veut la reconnaissance, les honneurs; les envieux disent de Nedra qu'elle est égoïste tout à son petit train train, son confort accaparé par ses enfants.


Quand on oublie le bonheur que l'on a déjà...

Il y a le bonheur que l'on a déjà que l'on oublie ou que l'on ne voit pas, il y a le bonheur idéalisé de nos amis celui qui peut sembler parfait mais qui évidement ne l'est pas. Ce livre commence doucement l'ambiance est paisible, les personnages paraissent heureux, un bonheur de façade puisque bien vite la perfection se dérègle par petites touches d'abord, des oublis, un manque d'attention, Viri qui trompe sa femme, et puis bien vite ses événements isolés prennent une ampleur sans cesse grandissante. L'entreprise de démolition ne fait que commencer, les caractères sont exaltés, les frustrations accumulés au fil des années prennent le dessus, le scénario s'emballe. On assiste impuissant à cette dégradation qui comme l'on peut s' en douter aboutira à l'explosion de cette famille.
On a envie de secouer les personnages de leur dire qu' ils font erreur qu'ils vont tout perdre. On regrette de ne pas avoir la plume et de ne pouvoir influer sur leur décision. C'est un roman bouleversant où l'ambiance suit la dégradation du scénario et de la psychologie des personnages devenant à son tour lourde et pesante, presque triste. C'est un roman où le propos est sublimé par une écriture absolument magnifique.
Un livre que je ne conseillerais pas à ceux qui croient ou veulent croire à l'amour à moins de vouloir dire "Maintenant je suis prévenue cela ne m'arrivera pas ! " et même ainsi on le termine la peine au cœur. Un roman de toute beauté...


5/5


Un livre qui m'a fait penser à l'œuvre d'écrivaines contemporaine Nancy Huston, Alice Ferney, Angela Huth...etc


PS : J'aime beaucoup la couverture, c'est l'une des plus belles des livres que j'ai lu
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Re: James SALTER (Etats-Unis)

Message  zozinette le Ven 17 Sep 2010 - 7:23

Je ne peux que noter
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Re: James SALTER (Etats-Unis)

Message  Shan_Ze le Ven 17 Sep 2010 - 7:42

J'ai déjà vu cet auteur dans les rayons de bibliothèque, ta critique me le fait noter !
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Re: James SALTER (Etats-Unis)

Message  Clochette le Ven 17 Sep 2010 - 11:11

Et la couverture est superbe, en plus coeur
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Re: James SALTER (Etats-Unis)

Message  odilette84 le Ven 17 Sep 2010 - 17:29

je l'ai vu ce soir, la couverture m' a attiré l'œil
je ne connais pas cet auteur

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Re: James SALTER (Etats-Unis)

Message  noemiejardine le Jeu 7 Oct 2010 - 11:44

Merci Lacazavent!
ton post m'avait séduit, viens de refermer "un bonheur parfait"
ai bien aimé.....sauf et c'est mon seul petit bémol:
le bonheur semble réservé aux gens riches et en sus très beaux....un brin agacée au début, me suis vite prise au jeu....
trouvé ce très beau résumé sur
http://www.fluctuat.net/livres/chroniques/bonheur.htm

Paru initialement en 1975 sous le titre Light years, ce célèbre roman de James Salter vient de ressortir dans la très jolie collection de la Petite bibliothèque américaine.

Un bonheur parfait s’ouvre sur un tableau idyllique, la vie paisible, confortable et élégante d’un jeune couple américain dans les années 70.

Lui, Viri, est architecte. Beau, athlétique et sympathique, il se fait confectionner des chemise sur mesure par un tailleur qu’il recommande à ses amis.

Elle, Nedra, est une femme grande et belle, emprunte de la dignité des jeunes mamans, inaccessibles aux autres hommes et dotées du charme que confère la maternité.

Tous deux vivent dans une maison cossue, à l’écart de la ville, près de New York. Ils s’aiment, pensent être heureux et brûlent une énergie folle à animer leur vie familiale.

Les enfants, deux petites filles en avance pour leur âge, vivent un conte de fées peuplé des récits légendaires inventés par leur père, de compagnons multiples (un chien, des chats, des poules, un âne) et des mille petites choses qui font regretter l’enfance (les préparatifs du repas de Noël, entre autres).

Pourtant, quelque chose cloche dans cette harmonie de façade qu’envient les amis de la famille.

Les mauvaises langues disent de Nedra qu’elle se tient en dehors du monde, égoïste et cynique, juste préoccupée par son confort et celui de ses petits.

Viri, lui, attend davantage de la vie. Il veut construire une œuvre qui le fasse entrer dans la postérité, un monument pour lequel on louerait son génie, au-delà de ses seules compétences architecturales.

Comblés mais insatisfaits, doués pour la vie mais animés de pulsions morbides, ils vivent en équilibre sur un fil, comme des funambules suspendus au dessus d’un gouffre, concentrés sur leur traversée pour donner le change aux badauds qui les observent.


"Leur vie est mystérieuse. Pareille à une forêt. De loin, elle semble posséder une unité, on peut l’embrasser du regard, la décrire, mais, de près, elle commence à se diviser en fragments d’ombre et de lumière, sa densité vous aveugle. A l’intérieur, il n’y a pas de forme, juste une prodigieuse quantité de détails disséminés : sons exotiques, flaques de soleil, feuillage, arbres tombés, petits animaux qui s’enfuient au craquement d’un rameau, insectes, silence, fleurs.
Et toute cette texture solidaire, entremêlée, est une illusion. En réalité, il existe deux sortes de vies, selon la formule de Viri : celle que les gens croient que vous menez, et l’autre. Et c’est l’autre qui pose des problèmes, et que nous désirons ardemment voir".



Petit à petit, James Salter s’ingénie à démonter l’aimable équilibre existentiel qu’il a lui-même construit depuis la scène d’exposition initiale.

Un dérèglement subtil s’introduit dans l’élégance feutré de l’âtre visité, au point de remettre en cause la vie elle-même et les conceptions que les personnages peuvent en avoir.

Tout commence lorsque Viri se met à tromper sa femme. Il pourrait ne s’agir que d’une banale aventure petit-bourgeois, sans autre conséquence que de faire naître un tabou dans cet univers lisse et propre.

Il n’en est rien. Les frustrations des uns et des autres provoquent un emballement du scénario et des comportements individuels.

Médusé, transporté de surprises en désillusions, le lecteur assiste à la dégradation progressive des trames psychologiques, sociales et culturelles qui forment la structure de ce bonheur parfait, trop parfait pour être vrai.


"Il n’existe pas de vie complète, seulement des fragments. Nous sommes nés pour ne rien avoir, pour que tout file entre nos doigts. Pourtant, cette fuite, ce flux de rencontres, ces luttes, ces rêves ... il faut être une créature non pensante, comme la tortue. Etre résolu, aveugle. Car, tout ce que nous entreprenons, et même ce que nous ne faisons pas, nous empêche d’agir à l’opposé. Les actes détruisent leurs alternatives, c’est cela, le paradoxe. De sorte que la vie est une question de choix – chacun est définitif et sans grandes conséquences, comme le geste de jeter des galets dans la mer. Nous avons eu des enfants, pensa-t-il ; nous ne pourrons jamais être un couple sans enfants. Nous avons été modérés, nous ne saurons jamais ce que c’est que de brûler la chandelle par les deux bouts".

4/5
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Re: James SALTER (Etats-Unis)

Message  Réaliste-romantique le Ven 10 Fév 2017 - 1:14

Pour la gloire

Récit de la vie d’une escadrille d’avions de chasse américains pendant la guerre de Corée. Ils patrouillent quotidiennement mais tombent rarement sur des Migs ennemis. Ces derniers peuvent aussi voler à plus haute altitude que leurs avions, donc les combats sont peu fréquents. Abattre un ennemi est toutefois la gloire, les as (5 abattus) sont très rares : les missiles n’ont pas encore été inventés, les combats entre avions à réaction sont à la mitrailleuse et les avions transportent pour environ 11 secondes de munitions. Même si le hasard entre en jeu, certains traits de personnalité peuvent aussi influencer le succès de pilotes. Ceux qui ne voient pas de combat sont donc dénigrés. Certains ont beaucoup du succès, mais c’est parfois au détriment de la sécurité de leurs compagnons.
 
Ce livre est très militaire, mais il dépeint aussi les relations d’amitié et de tensions entre ces hommes qui vivent ensemble, jusqu’à cent missions. L’écriture est sans fioriture, mais elle se marie bien à cette communauté d’hommes aux émotions retenues. J’ai toutefois eu l’impression que le récit était un peu prévisible. Peut-être que, écrit dans les années 1950, il en a beaucoup inspiré. Au final, une lecture intéressante, mais il faut aimer les récits militaires.

3,5/5

RR

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Re: James SALTER (Etats-Unis)

Message  Réaliste-romantique le Jeu 7 Sep 2017 - 1:08

Et rien d'autre

Le narrateur réussi à survivre à la Deuxième guerre mondiale dans le Pacifique. Il tente sa chance sur la côte est et réussi à travailler dans le monde de l’édition. Il rencontre une jeune femme, la courtise et la marie, mais leur mariage ne durera pas. Le livre raconte ensuite une bonne partie de sa vie, et celle de son entourage, avec de grandes ellipses.

Le livre renferme des passages intéressants, certains personnages intrigants, le monde des lettres, la société américaine, mais il m’a semblé manquer d’un fil conducteur qui unirait le tout et maintiendrait l’intérêt. De nombreux chapitres se concentrent sur des personnages qui disparaissent ensuite. Et il n’arrive rien de bien intéressant au personnage. J’étais content d’arriver au bout du livre, je me suis dépêché vers la fin. Et rien d'autre.

3/5

RR

À bien y penser, je crois que ce livre pourrait quand même plaire à ceux qui sont fascinés par l'Amérique, comment les gens vivaient pendant les décennies qui ont suivi la guerre. Mais le Canada et les Etats-Unis ont beaucoup de similitudes, cet aspect est moins attirant.

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Re: James SALTER (Etats-Unis)

Message  petitemartine le Jeu 7 Sep 2017 - 19:16

Merci pour la critique RR. Elle m'a permis non pas d'avoir envie de lire ce livre en particulier mais de lire Salter que je n'ai jamais lu  Very Happy 
D'ailleurs je viens à l'instant de commander un bonheur parfait , je pense que cela devrait me plaire !
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Re: James SALTER (Etats-Unis)

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