Laurent SEKSIK (France)

Aller en bas

Laurent SEKSIK (France)

Message  Liza_lou le Mar 24 Aoû 2010 - 19:23

Les derniers jours de Stefan Zweig
(Flammarion, 188 pages)




Sélection ELLE 2011

Le 22 février 1942, Stefan Zweig, désespéré devant l’avancée des troupes nazies en Europe, se suicide et entraîne avec lui dans la mort sa jeune épouse Lotte. Tout autant que son œuvre, prolifique et grandiose, ce geste entre dans l’histoire de cet homme devenu l’un des plus grands écrivains autrichien du XXème siècle. Tentant de démêler le vrai du faux, Laurent Selsik nous délivre ici le récit des six derniers mois de Zweig et de sa femme, partis trouver refuge à Pétropolis en Brésil et dont l’attente et les espoirs sont sans fin.

Un roman intéressant dans ce sens où nous suivons sur six mois Stefan Zweig et sa jeune femme de trente ans de moins que lui, Lotte et qui l’a suivi dans ses multiples périples depuis sa fuite d’Autriche peu avant l’Anschluss. Ce fut à Londres – où l’écrivain rencontra Lotte – puis New York et enfin Ptroplis que l’écrivain juif posa ses valises de déraciné. Car comme de nombreux autres écrivains de sa génération, Zweig voit avec horreur le nazisme faire disparaître toute trace de la civilisation qu’il avait auparavant côtoyée. Et c’est avec nostalgie que cet homme de soixante ans se souvient des fastes d’antan, lorsqu’il se promenait dans les rues éclairées et animées du Vienne alors fastueux et plein d’éclats.

Nostalgique Zweig ? Pas seulement, car le caractère de cet homme a toujours été sujet à pessimisme ; il suffit pour cela de lire ses premières œuvres, où la mort et l’exil sont omniprésents. Mais le monde actuel est encore pire, et l’angoisse, la peur, l’horreur devant les exactions des Nazis entraînent Zweig dans le plus sombre des désespoirs. A quoi bon ? Tout n’est-il pas irrémédiablement perdu ? Pourquoi continuer alors à fuir, à lutter, à résister ? Le salut n’est il pas dans la mort ?

A la fois récit mélangeant réalité et fiction, Les derniers jours de Stefan Zweig nous entraîne sur les traces d’un homme ayant perdu foi dans le genre humain. Lâche Zweig ? Sûrement pas, car il en aura fallu du courage à ce grand écrivain pour oser ainsi défier le pouvoir nazi avec comme dernier message : ma mort m’appartient.

Ma note : 3/5
avatar
Liza_lou

Nombre de messages : 1300
Age : 35
Location : France, à coté de Nantes
Date d'inscription : 07/12/2008

Revenir en haut Aller en bas

Re: Laurent SEKSIK (France)

Message  Aurore le Dim 10 Juil 2011 - 12:47

La légende des fils - Laurent Seksik
(Flammarion, 2011, 192 p.)




Attention, ce livre ne sort que le 24 août. Ce livre est le deuxième égrené dans le cadre de la rentrée littéraire organisée par Libfly et Le furet du Nord. Merci !

Nous sommes dans les années 60 près de Phoenix. John Fitzgerald Kennedy vient d’être élu président. C’est le temps du rêve, des espoirs pour notre personnage principal, Scott.

Scott est un adolescent américain un peu mal dans sa peau. Son père en est la cause puisqu’il n’arrivent pas à se comprendre, chacun évoluant dans sa sphère pleine de doutes et de cicatrices. Quand son père, Jeffrey Hatford, est colérique, violent et grossier, Scott est quant à lui mesuré, silencieux et poli. Scott est un collégien sensible qui souhaite préserver l’harmonie familiale, aussi ne fait-il pas des siennes auprès de son père. C’est que celui-ci est revenu transfiguré de la guerre de Corée de laquelle il a gardé une patte boiteuse et sans doute quelques séquelles psychologiques. Après cette dure épreuve, tout le monde veut l’épargner et l’excuse dans ses nombreux travers. Quand la mère de Scott (Mam) passe son temps à trimer à l’hôpital, à assurer remplacement sur remplacement, le père, lui, traine à la maison. Dehors, les ragots vont bon train et Scott assiste à ce huis-clos impuissant et forcé. Mam a rencontré Jeffrey dans un bus et depuis ils ne se sont plus quittés. De cette union est né Scott, enfant unique incompris de son père. Avec les années, le fossé qui les sépare devient de plus en plus grand. Scott prend le parti de sa mère et épie son père devenu un intrus. Des événements importants jalonnent leur vie à tous les trois (Jeffrey, Mam et Scott) et le ménage a du mal à vivre ensemble : le père devient menaçant et ressasse sans cesse ses souvenirs douloureux de la guerre. Mam est indulgente et supporte son compagnon en mettant justement tout sur le compte de la guerre. Scott ne peut, lui, plus accepter un tel comportement et ne supporte plus quand son père lève la voix contre sa mère. Un jour le fils prend une arme. Peu de temps après, mère et fils décident de fuir le domicile non pas vers un endroit défini mais plutôt vers un ailleurs.

Ce livre a suscité en moi différentes émotions. Au départ je suis partie assez perplexe sur ces terres américaines qui semblaient presque trop petites tellement la relation unissant les trois personnages prenaient toute la place. Puis les événements se sont enchainés et on assiste nous aussi au drame qui se joue. Loin de s’arranger, les cinquante dernières pages, m’ont donné du vague à l’âme. L’écriture prend de l’ampleur avec la fin du roman et on se sent porté par une espèce de mélancolie ambiante. Les paysages de nature apportent une valeur ajoutée à la prose et l’immersion dans le Phoenix des années 60 est plus que réussie.

Pendant tout le livre, on oublie que l'auteur est français car le tour de force est plus que maitrisé. Bravo !

4,5/5

_________________
Ce n'est pas parce que c'est inventé que ça n'existe pas.





avatar
Aurore

Nombre de messages : 2148
Age : 31
Location : Amiens
Date d'inscription : 27/02/2009

http://chezmelopee.wordpress.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Laurent SEKSIK (France)

Message  cookie610 le Lun 5 Mar 2012 - 7:52

Les derniers jours de Stefan Zweig

Note : 3.75/5

Résumé
: Le 22 février 1942, Stefan Zweig et Lotte, sa femme, se suicident. Il souffrait d'une grave dépression suite à l'horreur et la barbarie nazie en Europe. Partis se réfugiés à Pétropolis au Brésil, lui qui est devenu l’un des plus grands écrivains autrichien du XXème siècle, il suit à distance ce qui se passe de l'autre coté de l'Atlantique. L'auteur nous raconte les 6 derniers mois de la vie du couple, avec ces doutes, sa détresse, ses espoirs et angoisses.

Critique : une lecture un peu en demi-teinte : j'ai trouvé que c'était intéressant. On suit le couple sur leurs six derniers mois, on nous raconte leur vie, comment ils fuient l'Autriche annexée, puis Londres et enfin New-York pour se retrouver au Brésil. Mais comme le personnage est très pessimiste, j'ai trouvé que le texte était très lourd. Mais après tout, c'est le thème même du roman : l'horreur et le désespoir de l'écrivain face à la barbarie nazie. Le livre m'a permis de découvrir une nouvelle facette de l'écrivain : une véritable célébrité mondiale, partout reconnu par des fans, en proie au tourment entre le poids de sa célébrité et son désespoir. On découvre aussi ce qu'il pense lui-même de ses propres écrits. Au final, un livre très intéressant mais qui plombe pas mal le moral.
avatar
cookie610

Nombre de messages : 4854
Age : 28
Location : Lyon
Date d'inscription : 28/07/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: Laurent SEKSIK (France)

Message  dodie le Dim 22 Sep 2013 - 14:09

Le cas Eduard Einstein- Flammarion- Août 2013


4ème de couverture: "Mon fils est le seul problème qui demeure sans solution", écrit Albert Einstein en exil. Eduard a vingt ans au début des années 1930 quand sa mère Mileva le conduit à l'asile. Le fils d'Einstein finira ses jours parmi les fous, délaissé de tous, dans le plus total dénuement.
Trois destins s'entrecroisent dans ce roman, sur fond de tragédie du siècle et d'épopée d'un géant. Laurent Seksik dévoile un drame de l'intime où résonnent la douleur d'une mère, les faiblesses des grands hommes et la voix du fils oublié.


Mon avis:  Voilà un récit entre roman et biographie qui nous dévoile une partie bien sombre de l'histoire de Einstein.
 
Nous y découvrons Eduard: le fils d'Einstein était un garçon très intelligent qui se destinait à être médecin, très cultivé, avant qu'une terrible maladie, la schizophrénie bien mal connue à l'époque et surtout pour laquelle aucun traitement n'existait, ne s'empare de son esprit. Entre crises de délire et période de rémission, nous suivons la descente aux enfers de cet homme qui se sentit toute sa vie abandonné par son propre père.

Mileva est la première épouse d'Albert Einstein. Scientifique émérite comme son mari, elle sacrifia sa carrière pour que son mari puisse devenir l'homme que l'on connaît. Abandonné par lui en 1914, elle éleva seule ses deux fils et fut toujours présente aux côtés d'Eduard, se dévouant corps et âme. On découvre là une femme hors du commun, d'un courage et d'une abnégation sans borne.

Laurent Seksik alterne les chapitres, donnant la parole alternativement à Eduard, à Mileva et enfin à Albert Einstein.
 J'ai découvert grâce à ce récit que toute sa vie fut la fuite en avant d'un homme: juif et donc menacé par le nazisme, il fuit l'Europe pour l'Amérique en 1933. Il ne fut jamais vraiment accepté par les américains qui le soupçonnait de communisme, d'être un espion de la Russie. 
A la fin de la guerre on lui reprocha l'invention de la bombe nucléaire alors qu'il n'avait pas eu le droit de travailler sur ce projet......
Malgré son immense intelligence, Albert Einstein était un être faible, que l'auteur nous dépeint comme égoïste et sans beaucoup d'instinct paternel.
Lui qui connaît personnellement nombre de médecins et scientifiques n' a jamais rien fait pour Eduard. Il l'abandonna complètement. Laurent Seksik essaie de trouver la raison d'un tel agissement: pour lui, Einstein avait peur de ce fils malade. Lui le grand scientifique ne pouvait qu'admettre son impuissance face à sa maladie......

Ce récit poignant  est passionnant de bout en bout. L'auteur nous dévoile les aspects cachés d'un homme qui tout en étant un génie n'en était pas moins qu'un homme......
Ma note 5/5
avatar
dodie

Nombre de messages : 4828
Age : 55
Location : France
Date d'inscription : 11/04/2009

http://dodiecuisine.over-blog.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Laurent SEKSIK (France)

Message  majeanne le Sam 5 Oct 2013 - 12:01

Merci pour cette belle présentation Dodie d'un livre qui m'intéresse beaucoup.

Je suis toujours remuée par ces "grands" hommes qui "n'assurent" pas avec leurs proches. ça me touche beaucoup et ta critique me donne très envie de le lire Smile
avatar
majeanne

Nombre de messages : 276
Age : 58
Location : le Grand Sud
Date d'inscription : 02/11/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: Laurent SEKSIK (France)

Message  Chantal le Ven 25 Oct 2013 - 15:51



LA LEGENDE DES FILS

J'ai lu - 248  pages.


Résumé : voir critique d'Aurore...


Bon, eh bien, je n'ai pas beaucoup aimé... Je n'ai jamais été surprise par l'histoire et c'est cela que je reproche le plus à ce livre, tout était plus ou moins prévisible. De plus je n'ai pas non plus apprécié plus que ça l'écriture que j'ai trouvé banale, et moi par contre, j'ai bien senti que l'auteur n'était pas américain. Quand un critique du Point, sur le 4è de couverture,  compare l'auteur à Faulkner ou Fante .... Shocked....il y a loin!
En fait, je suis restée "froide", sans émotion, et quand un livre ne m'apporte pas d'émotion,....,je l'ai fini en diagonale.


2,5/5

ps : va falloir que je trouve un meilleur livre pour l'Arizona (challenge usa)...
avatar
Chantal

Nombre de messages : 2385
Location : France
Date d'inscription : 22/12/2008

Revenir en haut Aller en bas

Re: Laurent SEKSIK (France)

Message  dodie le Dim 3 Jan 2016 - 13:57

L'exercice de la médecine


Léna Kotev, jeune femme juive, est cancérologue à Paris de nos jours. Pour elle la médecine est avant tout une histoire de famille puisqu'elle descend d'une longue lignée de médecins. Ainsi nous rencontrons son arrière grand-père Pavel, médecin de campagne en Russie au tout début du XXème siècle,  son grand-père Mendel médecin à Berlin puis Nice, sa tante Natalia sous la dictature de Staline.
Les destins de ces personnages sont étroitement liés aux différentes persécutions subies par les juifs au cours de l'histoire: les pogroms en Russie tsariste, les déportations et exterminations de l'Allemagne nazie et de la France occupée, la lutte anti-juive de la Russie stalinienne.
Les chapitres relatant la vie actuelle de Léna alternent avec ceux racontant la vie de ses ancêtres, ce qui rend le récit très facile à lire.
Laurent Seksik nous offre là un roman poignant sur la transmission d'une passion mais aussi le lourd fardeau des drames familiaux. Malgré les thèmes abordés relativement lourds, ce livre offre une belle leçon d'espoir et de foi en l'avenir.
Une très belle lecture mêlant l'Histoire et une émouvante histoire familiale.
Ma note 5/5
avatar
dodie

Nombre de messages : 4828
Age : 55
Location : France
Date d'inscription : 11/04/2009

http://dodiecuisine.over-blog.com

Revenir en haut Aller en bas

Re: Laurent SEKSIK (France)

Message  lalyre le Jeu 6 Sep 2018 - 11:45

Seksik Laurent

Un fils obéissant

Editions Flammarion août 2018

ISBN 978 2 0814 1303 0

248 pages

Quatrième de couverture
Un homme se rend sur la tombe de son père un an après sa disparition pour y tenir un discours devant une assemblée de proches... Le neuvième roman de Laurent Seksik, le premier où il ose le je, embrasse une vie d'amour filial. Ce voyage entre présent et passé entremêle l'épopée prodigieuse d'un grand- oncle dans le siècle, le parcours initiatique du garçon obéissant qui réalisa le rêve de son père d'avoir un fils écrivain et le tragique de la perte de l'être cher. D'une rare puissance émotionnelle, Un fils obéissant déploie toute la splendeur et les vicissitudes des liens familiaux, qu'ils nous entravent ou nous transcendent.


Mon avis
Dans ce roman, l’auteur évoque sa relation avec son père, il y a aussi l’histoire de l’oncle Victor qui fut un grand ami de ce dernier, cette histoire est racontée par son père à Laurent lors de son hospitalisation pendant son enfance et bien sûr, le livre de son père écrit en italique et prenant une grande partie du livre, cependant que Laurent nous décrit ses premiers pas en médecine mais aussi sur sa vocation d’écrivain. Que dire d’autre, sinon que ce roman écrit avec une certaine délicatesse, nous fait ressentir les très forts liens filiaux, cela souvent avec tendresse et parfois un peu de drôleries, il faut pourtant ajouter que beaucoup d’émotions transparaissent dans ce roman qui pourrait être une biographie. Un très bel hommage rendu à un père disparu…..4/5
avatar
lalyre

Nombre de messages : 4491
Age : 86
Location : Belgique
Date d'inscription : 01/03/2009

Revenir en haut Aller en bas

Re: Laurent SEKSIK (France)

Message  Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum