James HILTON (Royaume-Uni)

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James HILTON (Royaume-Uni)

Message  veilleur le Mer 21 Juil 2010 - 12:51

Sur l'auteur : http://www.jameshiltonsociety.co.uk/

Horizon perdu (1933)
Réédition 2006 chez "Terres de brume"

Présentation de l'éditeur en quatrième de couverture :

Shangri-La ! Cité mythique pour des millions de lecteurs depuis la parution, en 1933, d'horizon perdu, elle est devenue synonyme de paradis et d'éternelle jeunesse.

Shangri-La, inspiré par la tradition bouddhiste de Shambhala, est une lamaserie nichée dans une vallée inconnue des montagnes tibétaines. Trois hommes et une femme vont s'y retrouver contre leur gré. Recueillis à Shangri-La après un étrange accident d'avion, ils apprendront que la vallée est quasiment coupée du monde extérieure et qu'il leur faudra peut-être attendre plusieurs mois avant de pouvoir regagner la "civilisation". Mais sont-ils vraiment arrivés à Shangri-La par hasard ? La vallée recèle des mystères qui pourraient bien convaincre certains d'entre eux d'y rester leur vie entière...

Livre culte, constamment réédité depuis sa publication et popularisé par le film mythique qu'en tira Frank Capra en 1937 avec Ronald Colman dans le rôle principal, Horizon perdu est ici présenté dans une traduction entièrement révisée. Ce roman d'aventures empreint de mysticisme est aussi un texte prophétique, annonciateur de la Seconde Guerre mondiale.

Quant à l'auteur, le britannique James Hilton (1900-1954), il eut le bonheur de connaître un autre succès mondial - aussi littéraire que cinématographique - avec la comédie sentimentale "Good bye Mr Chips" (1934)

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Ce livre laisse une impression étrange car il rappelle inconsciemment le récit de l'arche de Noé, vieil espoir des hommes pris dans un temps de déluge. Noé, sur l'ordre du Seigneur, ramassa dans son arche chacune des espèces mâle et femelle, pour les mettre à l'abri et permette que la vie continue. On ne sait trop rien des conditions de vie dans une telle arche mais il est plaisant à voir que la survie de l'humanité dépend d'un petit noyau fidèle à des principes supérieurs. C'est aussi comme cela que l'on peut voir la lamasserie de Shangri-La, sorte de refuge au milieu des affres du monde, isolée dans une montagne forteresse, vouée à faire perdurer un mode de vie placé sous le signe de la modération et de l'apaisement des passions humaines.

Ecrit en 1933 par l'américain James Hilton, ce livre porte les stigmates de la Grande Guerre de 1914-1918 à laquelle Conway fait parfois référence, à la crise de 1929 qui perturba l'Amérique, et annonce les troubles graves qui vont agiter l'Europe. Rien d'étonnant donc que ce récit ait été lu en son époque comme le rêve inaccessible à atteindre. Contrairement à celle de Noé, l'arche de Shangri-La ouvre "modérément" ses portes et on fait connaissance avec un mode de fonctionnement qui tient de la plus belle tradition des utopies. Il ne peut en être autrement de ces micro-sociétés qui fonctionnent en autarcie avec un régime semi-directif fondé par des "éclaireurs de conscience". Pour autant, si dans le roman de Hilton, trois personnes sur quatre restent ou reviennent à Shangri-La, on ne peut s'empêcher de pencher que cette micro-société tient parce qu'elle est coupée du monde. L'ouverture à d'autres modes de fonctionnement la ferait mourir. Shangri-Là veut se maintenir à l'écart de toute contamination du monde extérieur. Nous arrivons à la limite de l'utopie; Dans le roman de Hilton, le Grand Lama est un prêtre français qui a découvert le secret de la longue jeunesse mais son enseignement par la claustration volontaire et la préservation est à l'encontre du message évangélique qui veut que le chrétien soit comme le sel du monde. On m'objectera que le Père Perrault, Grand Lama, n'est plus guère chrétien. Soit, mais sa philosophie de vie en est imprégnée. L'atmosphère monacale de Shangri-La est d'autant plus renforcée que la paix et la jeunesse que ce monastère semble apporter (pas à tous) induit une contrainte majeure : ne jamais sortir de la vallée où il est implanté, sous peine de mort par vieillissement prématuré pour ceux qui en feront l'expérience après de longues années de présence.

Le roman de Hilton se place clairement dans le registre des utopies. Bien construit et intelligemment mené, le récit laisse une impression de nostalgie au lecteur, et le sentiment d'un éternel regret. Shangri-La est comme les Cités d'Or ou l'Atlantide : un idéal à "presque" conquérir.

A noter que Frank Capra a tiré un beau film de cette histoire.

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