KIM Young Ha (Corée du Sud)

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KIM Young Ha (Corée du Sud)

Message  Mandarine le Lun 19 Avr 2010 - 0:53


Kim Young-Ha



Kim Young Ha est un écrivain sud-coréen né en 1968. Il enseigne dans une université coréenne d’arts et anime une émission radio consacrée aux écrivains coréens. Il a publié quelques essais et nouvelles avant d’écrire son premier roman « la mort à demi mots ». Il est considéré comme un des chefs de file de la littérature coréenne contemporaine. Il a obtenu quelques prix littéraires, dont le prestigieux prix Dong-In pour son deuxième roman « fleur noire ». Son troisième roman, « l’empire des lumières » est paru en 2009 aux éditions Picquier.
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Fleur Noire

Message  Mandarine le Lun 19 Avr 2010 - 1:12



Kim Young Ha


Fleur Noire
Editions Picquier poche, 494 pages


Ce livre raconte l’histoire vraie d’un millier de coréens, forcés de quitter leur pays occupé par les japonais. Des gens provenant de toutes classes sociales, de l’eunuque au petit voleur, du vagabond aux nobles de sang royal, se retrouvent dans le même bateau en direction d’une terre nouvelle, qu’on leur présente comme un eldorado, où ils pourront recommencer leur vie et faire fortune dans le but de revenir un jour sur la terre de leurs ancêtres. Les voilà donc embarqués dans un bateau en direction du Mexique.
Après un voyage dans des conditions pénibles, (surtout lorsqu’on sait que dans la société coréenne de cette époque, les différentes classes sociales ne se fréquentaient pas, et qu’ils se retrouvent là, tous entassés dans la cale d’un bateau!) les voilà vendus dans des haciendas mexicaines pour travailler sur des plantations de sisal. Le travail est pénible et long, et le salaire leur permet à peine de manger à leur faim.
Certains ont perdu tout espoir de rentrer un jour sur la terre de leurs ancêtres, d’autres s’accrochent encore.

Ce que j’ai aimé : Ce livre nous fait suivre une dizaine de personnages, tous différents, tous habités par des rêves, des attentes, des peurs, et chacun gère cette nouvelle vie de paysan exploité comme il le peut. J’ai aimé suivre ces personnages si variés, mais qui vivent la même épreuve, je me demandais ce qui allait leur arriver, comment ils allaient s’en sortir. Des amitiés se développent, une histoire d'"amour" entre deux jeunes gens également.
La division du livre en chapitres assez courts rend la lecture agréable, et cela maintient le « suspens », l’attention et l’intérêt du lecteur.
Aussi, s’agissant d’une histoire vraie, mais sur une partie peu connue de l’Histoire, le livre est parsemé d’explications historiques. Pour certains lecteurs, celles-ci pourraient parfois être rébarbatives. Mais en ce qui me concerne, elles m’ont chaque fois intéressé. J’ai beaucoup appris sur la Corée et le Mexique, et j’en suis très contente.
L’histoire de ce groupe de gens exilés puis exploités m’a vivement intéressé. Cette espèce d’esclavage moderne (courant à cette époque, à Hawaï par exemple) appuyé par des faits historiques mais raconté à travers tous ces personnages m’a beaucoup plu. Comment peut-on traiter des êtres humains comme cela uniquement pour le profit ? Pour donner une idée de leur situation, voici un extrait (p.164) :


« Car les propriétaires asservissaient les paysans débiteurs qu’ils exploitaient sans leur donner la possibilité de s’affranchir. Ils ne les payaient qu’un salaire de misère, salaire qu’ils récupéraient en partie en leur vendant des produits de première nécessité à des prix largement supérieurs à ceux pratiqués sur les marchés de la ville. Quand les paysans se mariaient, ils leur extorquaient encore de grosses sommes d’argent pour officier. Si un paysan avait besoin d’argent pour soigner un malade, enterrer un membre de sa famille ou payer des frais de justice, il devait emprunter à son propriétaire, lui devenant ainsi pratiquement enchaîné par ses dettes. »

Ce que j’ai moins aimé : Eh bien à vrai dire, je n’ai pas grand-chose à reprocher à ce roman. Peut-être un petit bémol pour certaines scènes, un peu « bizarres ». Ni désagréables, ni dérangeantes, mais je me demandais juste ce que cette scène apportait, pourquoi elle était là.



Note : 4/5
Ce n’était pas parfait, mais c’était une belle lecture, que je conseille à tous ceux que le sujet intéresse.


Dernière édition par Mandarine le Sam 24 Avr 2010 - 1:36, édité 1 fois
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Re: KIM Young Ha (Corée du Sud)

Message  Shan_Ze le Ven 23 Avr 2010 - 13:18

Tu vois, tu me demandais pour la littérature coréenne... ! Il me tente bien celui-ci, merci pour ta critique Mandarine !
J'ai une question : à quelle époque ça se passe exactement ? pendant la seconde guerre mondiale ?
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Re: KIM Young Ha (Corée du Sud)

Message  Mandarine le Sam 24 Avr 2010 - 1:28

Ca se passe au tout début du 20ème siècle (ça commence vers 1905 je pense). Contente que le livre te tente! En tout cas, moi il m'a plu.
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Re: KIM Young Ha (Corée du Sud)

Message  Mandarine le Lun 19 Juil 2010 - 7:14



L'empire des lumières


Le résumé
Je mets ici la présentation de l'éditeur, car je la trouve assez bien faite.


Kim Kiyeong, importateur de films étrangers, père de famille sans histoire, voit sa vie basculer à la lecture d'un haïku de Bashô. Les vers du célèbre poète japonais contiennent un message codé qui le replonge dans un lointain passé. Vingt ans plus tôt, Kiyeong quittait clandestinement la Corée du Nord pour infiltrer Séoul ; l'absence de mission a finalement fait de lui un «agent dormant». Son brusque réveil le place au moment du choix : va-t-il obéir à l'ordre de rentrer en Corée du Nord, ce qui peut-être signe aussi son arrêt de mort ? Il a vingt-quatre heures pour se décider, vingt-quatre heures dont chacune forme un chapitre du livre, en un compte à rebours où le temps s'accélère, comme si c'était sa dernière journée à vivre. Tandis qu'il retrouve ses réflexes d'agent secret, filé, épié, surveillé, Kiyeong fait un retour sur son passé, les choix et les hasards qui l'ont amené jusque-là, la fidélité et la trahison à soi-même, à ses idéaux de jeunesse.


Mon avis

Ce roman permet d’avoir une bonne idée de la Corée d’aujourd’hui, encore « hantée » par son passé, et pourtant tellement tournée vers le futur. L’auteur nous offre un regard critique, objectif, sur son pays ; pas seulement le Sud, capitaliste, caractérisé par son évolution très rapide, mais aussi le Nord, communiste, et bien plus pauvre que son voisin. J’ai aimé le fait que l’auteur ne prenne pas parti pour un système, mais présente les deux d’une manière objective, voire indifférente.
La construction est intéressante : le temps de narration est d’une journée, et chaque chapitre représente une heure de celle-ci. Cela intensifie le rythme de l’histoire, et nous tient en haleine : quelle décision va-t-il prendre ? Comment tout cela va-t-il se terminer ? Quelle sera l’issue de cette journée, chargée en émotions pour tous les protagonistes ?
Plus qu’une succession d’actions, il s’agit aussi d’un cheminement intérieur, pour le personnage principal, mais aussi pour les autres. Nous suivons donc leurs réflexions sur leur identité et les choix qui les ont amenés là où ils sont, leurs souvenirs et leurs idéaux de jeunesse, mais aussi sur la société coréenne, etc …
J’ai beaucoup aimé les nombreuses références à d’autres œuvres littéraires, cinématographiques, ou artistique (le tableau de Magritte, notamment).
En revanche, j’ai été dérangée par la présence de nombreuses marques dans le texte, qui tombent comme des cheveux dans la soupe (« une Honda 125 se colle contre la portière », « un baladeur Sony »,…). Après réflexion, je me dis qu’il est possible que ce soit pour souligner l’aspect capitaliste de la société et ainsi marquer un contraste avec la Corée du Nord (?). Ok, peut-être, mais cela m’a quand même un peu agacé.
De manière globale, je pense que j’ai été un peu déçue par ce livre. Je m’attendais à un « livre coup de poing », et je dois dire qu’il ne m’a pas vraiment emportée. J’ai bien aimé, mais sans plus. Mais, je vous rassure, la déception n’est que très très légère ! J’en attendais peut-être trop, voilà tout…
Quoi qu’il en soit, il s’agit là d’un bon roman, intéressant, et le tout sur fond d’espionnage, ce qui est assez prenant !

La note
J’hésite beaucoup entre 3.5 et 4 donc je vais mettre
3.75/5
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Re: KIM Young Ha (Corée du Sud)

Message  zozinette le Lun 19 Juil 2010 - 7:24

J'étais passée à côté de ce post, tes deux critiques me tentent bien Mandarine
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Re: KIM Young Ha (Corée du Sud)

Message  Aurore le Mer 4 Jan 2012 - 21:11

Qu'est devenu l'homme coincé dans l'ascenseur - Kim Young-ha
(Philippe Picquier, 2011, 143 p.)


D'emblée faut avouer qu'avec un titre pareil, ce recueil de nouvelles ne pouvait pas passer inaperçu. Et pour cause puisqu'en quatrième de couverture on nous annonce un humour croisant Buster Keaton et Kafka. Il n'en fallait pas plus pour que je succombe et bien m'en a pris !
C'est dans un style simple mais non moins clair et limpide qu'on suit des personnages confrontés à des absurdités de la vie. Certaines sont drôles, d'autres étonnent et d'autres mettent même les nerfs en pelote (comment réagiriez-vous si personne ne vous écoutait?). Je prenais en exemple l'aveuglement et l'indifférence car c'est le thème d'une des nouvelles : un homme tombe amoureux, passe à l'acte et devient au fur et à mesure transparent non seulement pour les autres mais aussi pour lui. Je ne vous dévoile pas la fin mais ça ne va, bien évidemment, pas aller en s'améliorant. Pour ce qui est de la première nouvelle, elle tient énormément du Kafka en cela qu'un homme qui descend, comme chacun matin, les étages de son immeuble, tombe nez à nez avec un homme souffrant coincé dans l'ascenseur. Promettant de lui porter secours, celui-ci s'empresse de sortir, d'interpeller les gens mais personne ne semble prêter attention à l'urgence de la situation. De plus, les événements abracadabrantesques s'enchainent (les tuiles semblent bien parties pour toutes lui tomber dessus le même jour) et le pauvre homme immobilisé dans sa cage fait figure de danger sous-jacent. Il est latent qu'il y a un malaise, une urgence à ce que tout rentre dans l'ordre et pourtant ce n'est la journée ni du narrateur, ni du malheureux bloqué sans assistance.
C'est la troisième nouvelle qui m'a littéralement scotchée. Une femme écrit à un auteur à succès (le nom de Kim Young-ha renforce la mise en abyme) pour lui conter ses déboires amoureux. Au fil du récit, elle en vient à parler de son mari actuel, un homme étrange et assez insensible aux plaisirs charnels. Et la conclusion, pour elle, est sans appel : et s'il était un vampire? Comme pour s'assurer le soutien d'un être à l'imagination fertile, elle dévoile des pans de vie qui ne pourraient que renforcer l'hypothèse. C'est un régal de lire la lettre de cette femme et on se demanderait presque s'il n'y a pas un peu de vrai dans tout ça. Voici un extrait des propos du mari "vampire" :

Tetris est un cycle sans fin. Il faut compléter une ligne pour la détruire et il faut la détruire pour pouvoir en compléter une autre. Le but dans Tetris, c'est le vide. C'est ça qui me plaît . Je déteste le jeu des Trois Royaumes ou celui de SimCity qui simulent la vie. (p.61)

C'est tout à fait jubilatoire que de lire un tel recueil ! Je l'ai d'ailleurs dévoré car j'ai trouvé les nouvelles savoureuses, diversifiées tout en étant particulièrement addictives. J'en aurais bien lu quelques unes de plus car la plume de Kim Young-ha fait son effet : on ne peut que tout lire d'affilée sans autre arrêt que son propre souffle. L'auteur est très connu en Corée du Sud et rencontre un vif succès. Quant à moi, il ne fait pas de doute que je relirai un autre de ses livres.
Rien de tel pour se mettre en jambe pour la nouvelle année !

4/5

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Re: KIM Young Ha (Corée du Sud)

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