Percival EVERETT (Etats-Unis)

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Percival EVERETT (Etats-Unis)

Message  gallo le Dim 2 Nov 2008 - 10:35

De : Flo7717 (Message d'origine) Envoyé : 22/11/2004 16:55
Percival EVERETT - Effacement
Actes Sud / 366 pages

4ème de couv’ : Thelonius Monk Ellison, romancier noir américain meurtri dans son ego tant le succès n'a cessé de le fuir avec la plus admirable constance, et qui ne parvient pas à se satisfaire de sa brillante carrière universitaire, se voit un jour reprocher de ne pas écrire dans un style "assez black". Révolté par le succès phénoménal d'un roman consacré à la rude réalité des ghettos et dépourvu à ses yeux de la moindre qualité, il en écrit, sous pseudonyme, une parodie incisive qu'il incite son agent à soumettre à un éditeur, par défi. Le succès est aussi fracassant qu'immédiat. Mais ce jeu schizophrène reste sans effets sur la vie du "vrai" Monk dès lors qu'il s'agit d'affronter l'éprouvante série de tragédies personnelles et de crises familiales en tout genre qui viennent alors crucifier son improbable existence d'artiste... Politiquement des plus incorrects dans son approche de la question de l'identité raciale, ce vertigineux roman, où l'autodérision et l'ironie côtoient sans cesse le lyrisme, est pétri d'une jubilatoire érudition, d'une redoutable connaissance du milieu littéraire - universitaire et médiatique. Et d'une intime fréquentation des passions de l'âme...

Mon avis : Je ne me relève pas de cette lecture qui m’a plu de la première à la dernière page. C’est typiquement le genre de roman qui rend tous les autres fades, conventionnels, sans âme, tant sur le fond que sur la forme. Le sujet pourrait être terriblement ennuyeux, voire réservé à des intellos capables de comprendre les citations latines qui émaillent le roman. Il n’en est rien ! Certes, c’est un roman brillant où l’auteur fait montre d’érudition dans une construction en patchwork des plus réussies (vraiment chapeau ! En plus du roman initial, l’auteur a inclus le pastiche écrit par le héros ainsi que des " notes " d’idées de roman, des dialogues factices entre personnages connus, etc). Pourtant, c’est aussi une histoire bourrée d’humour (dérision, cynisme) qui m’a fait jubiler au point que cela me rendait dingue de devoir abandonner ma lecture pour répondre aux nécessités du quotidien. Mais l’auteur a également réussi à donner une tonalité émotionnelle en nous impliquant dans les états d’âme du héros, dont la vie personnelle n’est pas une partie de plaisir. Ce que j’ai le plus aimé dans ce livre, c’est la critique du milieu littéraire et médiatique qui élève parfois au rang d’œuvres inoubliables d’immondes daubes… La seule critique que je pourrais émettre concerne la caricature que me semble faire l’auteur en comparant finalement des œuvres obscures (le héros n’a certes pas de succès avec ses bouquins mais étant donné les sujets traités, cela peut se comprendre…) et des bouquins opportunistes. Entre les deux, il y a, tout de même, un choix d’œuvres de qualité.

Finalement, une expérience de lecture inclassable et inoubliable !

5/5

De : cuné Envoyé : 04/12/2004 17:23
Percival EVERETT - Effacement
Actes Sud 366 p. Traduit de l'américain par Anne-Laure Tissut

Premier roman de Percival Everett traduit en français, effacement est une oeuvre puissante, et pleine.

Thélonius Monk Ellison n'est pas, et n'a jamais été comme les autres. Il est noir, mais pour lui ça n'est vraiment qu'une couleur de peau, rien d'autre. Il est romancier, mais ses écrits sont exigeants avec leurs lecteurs, d'un tel niveau qu'il ne peut rencontrer l'adhésion de ses pairs. Il est donc professeur pour vivre, mais n'a aucun sens de la pédagogie. Il aime sa famille, mais n'a aucune idée de comment le lui signifier, ou simplement l'intégrer à sa vie.

Un jour, par rancoeur il décide d'écrire un pastiche de roman "black" à succès, d'un jet continu, une succession de clichés bourrée de gros mots. Ce livre fait l'unanimité dès avant sa parution, et Monk ne parvient pas à refuser l'argent qui en découle.

Cela entraîne chez lui de profonds questionnements, couplés à une vie privée compliquée.

Comment vivre sur une imposture, pour une "oeuvre" qu'on exècre, sans pouvoir réellement tout planter là ?...

Très bon roman, très facile à lire et bourré d'humour. Une forme d'humour très fine, de l'ironie à froid qui effectivement est hilarante. Entrecoupé de dialogues imaginaires entre grands de ce monde, de bouts de rien ça et là... C'est un régal, vraiment.

A découvrir ! (merci Flo ! )

4,5 / 5

PERCIVAL EVERETT
Auteur et universitaire américain, Né à Fort Gordon (Georgie) en 1956

Percival Everett a passé toute sa jeunesse en Caroline du Sud. Diplômé de l'Université de Miami et de Brown, en philosophie, il est tour à tour musicien de jazz, professeur, ouvrier dans un ranch. Son premier livre, 'Suder' (1983), lui permet d'obtenir le D.H. Lawrence fellowship de l'Université du Nouveau Mexique. Il publie ensuite 'For Her Dark Skin', 'Zulus', 'The Weather and The Women Treat Me Fair', 'Cutting Lisa', 'Walk Me to the Distance', 'The One That Got Away', 'Watershed'... Enseignant au Bennington College, à l'Université du Wyoming et de Californie, et enfin en Californie du Sud, Everett vit à Los Angeles avec sa femme Francesca. Auteur prolifique et apprécié par la critique américaine, Everett est souvent comparé, quant à sa technique romanesque, à Toni Cade Bambara.


De : Sahkti1 Envoyé : 02/06/2006 08:18
Percival EVERETT, Désert américain
Actes sud, 2006, ISBN 2742758828

Au bout de quelques pages, je savourais déjà la lecture. Des traits d'humour grinçants, un bel esprit de répartie et puis surtout ce surréalisme inhérent à toute histoire de suicidaire qui se fait couper la tête sur le chemin de sa mort, ressucite pendant son enterrement et sème l'effroi parmi la population, parce qu'il semble bien vivant, comme vous et moi, mais reste glacé et ne ressent aucune douleur physique.
Quelques belles répliques, une porte ouverte à toutes sortes de délires, j'ai poursuivi avec attente (trop) et fébrilité. Dommage que le reste de ma lecture ne fut pas aussi agréable que son commencement, même si je reconnais volontiers avoir passé un bon moment.
Percival Everett explore les sentiments que peut ressentir un homme mort-vivant, devenu soudain plus sage et plus mûr, amoureux à nouveau de sa famille alors que celle-ci ne sait plus trop que faire de lui. Une intrusion dans la tête de Ted Larue qui vaut son lot de désillusions mais aussi de petits bonheurs.
Je regrette cependant que le récit ne décolle pas vraiment. On a une histoire de secte dépravée qui enlève des gosses pour toucher les rançons, de base secrète du gouvernement servant à clôner Jésus-Christ, de restaurateur qui ne sert que les amis et de détective privé tellement blasé que plus rien ne l'étonne. Beaucoup de folie potentielle donc, peut-être un peu trop, ce qui fait que très vite ce road-movie ressemble à une farce que Percival Everett maîtrise sur le bout des doigts, un peu trop, ça reste conformiste et prévisible. Du coup, le livre me paraît plus léger, presque trop. Ce manque de profondeur fait qu'il laissera dans mon esprit un souvenir agréable mais pas impérissable.
Je déplore aussi qu'à l'humour du récit succède une fin téléphonée et quelque peu facile, qui semble arranger tout le monde et ressemble avant tout à une pirouette pour pouvoir terminer... pas forcément en beauté.
A découvrir cependant, parce que c'est drôle et l'écriture de Percival Everett est agréable à lire, mais question scénario, peut mieux faire.

Ma note: 3/5

De : zeta-b Envoyé : 17/07/2006 12:13
Percival EVERETT - Effacement

Je suis passée à côté, tout simplement. Je lis vos critiques de l'Effacement", je vois que vous êtes très enthousiastes. Moi je n'ai rien ressenti. Et pourtant le sujet énoncé dans la 4e de couv. me plaisait beaucoup. Le style d'écriture : de courts paragraphes entrecoupés de digressions diverses sur la pêche à la mouche et la menuiserie, de dialogues imaginaires, certainement lourds de sens, m'ont déroutés, A chaque fois que je commençais à m'intéresser à son histoire, Monk coupait le récit de sa vie pour ces parenthèses, dont je n'ai pas vraiment saisi l'utilité. Je le relirai dans quelque temps, cela m'énerve de n'y avoir pas trouvé ce que vous y avez trouvé.


De : Ysla Envoyé : 26/06/2007 22:00
Blessés (Wounded) - Percival EVERETT
Actes Sud, année de parution : 2005 / pour la traduction : 2007

Ca se passe dans l'Ouest américain, de nos jours. John Hunt vit avec son oncle Gus dans un ranch isolé, à 1 heure de la ville. Il élève et dresse des chevaux. Il a perdu sa femme six ans auparavant.
Au cours de ce récit, il se passe beaucoup d'événements autour de John : un crime homophobe, des vaches tuées sauvagement, le retour de l'amour dans sa vie, la maladie de son oncle, l'adoption d'une bébé coyote blessé, ... et curieusement, tout se met en lien et crée l'ambiance particulière de ce chouette roman !
J'ai vraiment lu avec plaisir, les dialogues sont souvent amusants (dérision), les personnages sympathiques. J'ai noté quelques petites maladresses chronologiques ou contextuelles mais cela ne m'a pas gênée dans ma lecture.

Pour les amateurs de littérature américaine et de grands espaces !
Note : 4/5

Ysla
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Re: Percival EVERETT (Etats-Unis)

Message  Shan_Ze le Mer 6 Mai 2009 - 9:57

Glyphe de Percival Everett



Un glyphe, c’est un caractère (comme dans hiéroglyphe). Comme tout ceux que Ralph écrit pour se faire comprendre. Ralph est le fils de un an de Douglas et Eva Townsend, des intellectuels. Il a une intelligence exceptionnelle, ce qui attire quelques personnes malveillantes qui pensent mettre son don à profit. Ralph a un point de vu lucide sur ce qui l’entoure mais aucun moyen de se défendre...
Un peu dur de comprendre toutes les pensées de ce bébé, ses réflexions sont parfois assez complexes ! Celles-ci mises à part, le récit donne une image très cynique de la société, philosophes et psychiatres sont tournés en ridicule. J’aime bien l’humour d’Everett même si dans ce roman, il est un peu compliqué !

Note : 3.5/5
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Montée aux enfers

Message  Chiwi le Jeu 7 Mar 2013 - 20:30


Edition : Actes Sud
Année : 2012
263 pages
Note : 1/5

L'histoire : Odgen Walker, adjoint au shérif dans un trou paumé du Nouveau - Mexique, est chargé d'enquêter sur la mort d'une vieille femme. Le problème c'est qu'il n'y a aucun indice pour donner l'ombre d'une piste.

Ce que j'en pense : Au début cela se présentait bien : un policier noir dans un bled où il est la seule personne de couleur, devant faire face à l'hostilité de la part des autochtones mais qui fait preuve d'un certain cynisme pour passer sur ce racisme.

Au bout de cent pages, on se rend compte que l'enquête est finie (pour ne pas dire bâclée) et que l'on passe à une autre. La deuxième concerne la disparition d'une jeune femme, Walker se retrouve au contact de prostituées ayant volé de l'argent à un dealer. Enquête qui finit
violemment et brusquement. La troisième enquête semble partir dans du grand n'importe quoi. On se retrouve avec un dénouement tiré par les cheveux. Everett ne semble pas connaître son personnage, il le fait vivre d'une certaine façon pendant deux enquêtes et pour la troisième il est complètement à l'opposé.

Je ne sais pas quoi penser du "talent" d'Everett. Écrire 250 pages et être capable de pondre que des intrigues très légères. A la rigueur les trois enquêtes peuvent être vues comme une sorte de travail préparatoire. Walker au cours de ses enquêtes voit la triste réalité du
monde. En effet il la voit mais cela n'apporte pas grand chose au récit, en tout cas pas beaucoup d'émotion.
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Re: Percival EVERETT (Etats-Unis)

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