Margaret MITCHELL (États-Unis)

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Margaret MITCHELL (États-Unis)

Message  cookie610 le Ven 12 Fév 2010 - 10:52

Autant en emporte le vent

Note : 5/5 (Gros coup de coeur)

Résumé : A la veille de la guerre de sécession, en Géorgie, Scarlett O'Hara est une jeune fille de la haute société sudiste dont la famille possède une grande plantation de coton appelée Tara. Elle est secrètement amoureuse d'Ashley Wilkes. Mais ce dernier doit se marier avec sa cousine Mélanie Hamilton. Scarlett pour le rendre jaloux, épouse Charles Hamilton, le frère de Mélanie. Elle rencontrera aussi le cynique Rhett Butler. Puis la guerre éclate ...

Critique : j'ai fait un résumé très bref pour ne pas dévoiler l'essentiel du roman. On suit sur une douzaine d'année les aventures de Scarlett, avant, pendant et surtout après la guerre. J'ai bien aimé son caractère, froid, manipulatrice, calculatrice sans scrupules. Mais on peut suivre aussi l'évolution de son personnage surtout à la fin quand elle découvre ses vrais sentiments pour Mélanie et Ashley. Le couple formé avec Rhett reste un couple mythique de la littérature.

Le livre est extrêment bien documenté sur la guerre et ses conséquences pour les sudistes vaincus, l'apparition du Ku Klux Klan, l'affranchissement des populations noires, les manigances politiques, etc...

Il y a aussi une grosse critique sur la bonne société guindée dans toute son hypocrisie : les femmes ne peuvent pas travailler, ne peuvent pas sortir si elles sont enceintes, le veuvage, sur les commérages qui se répandent très rapidement (notamment avec Mme Merriweather). Tous les personnages secondaires sont importants.

Il n'y a aucun temps-mort dans les 1300 pages du roman qui défilent très rapidement. J'étais tellement dans l'histoire que j'ai terminé le roman avec regrets, j'aurais aimé qu'il dure plus longtemps !!!

Un petit bemol quand même : la fin! Sans vouloir la dévoiler, on reste quand meme sur sa faim !
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Re: Margaret MITCHELL (États-Unis)

Message  Bernard le Lun 15 Fév 2010 - 17:19

Autant en emporte le vent (Gone with the wind)

Margaret MITCHELL

Folio - 1936 - 1406 pages

Cookie a fait un excellent résumé du livre;

Mon avis :

Après mûre réflexion, je pense que Mélanie Wilkes est la véritable héroïne de ce livre, pourquoi ? Parce que si l'auteure avait voulu continuer elle avait matière à le faire, Rhett parti, Scarlett retournée à Tara, près de sa soeur et son beau frère, la jeunesse des enfants, Mama, etc. Or le livre se termine une vingtaine de pages après la mort de Mélanie, est-ce à dire que pour Madame Mitchell, l'histoire se tarissait avec ce décès ? Que l'intérêt ne subsistait plus ? Ou qu'elle préparait une suite, qu'elle n'aura pas eu le temps d'écrire ? Je n'en sais rien, je reste cependant persuadé que ce couple mythique au même titre que Roméo et Juliette ou Tristan et Iseult, n'était pas, à ses yeux, aussi mythique que cela ? Le courage du coeur est-il prépondérant par rapport à la force ? Qui sait, mais ne fait-elle pas dire à Rhett, <<oui, vous avez la force (Scarlett), mais elle a le coeur (Mélanie).>>
L'auteure décrit Scarlett comme une beauté, n'ayant pas plus de bon sens, à part les chiffres, qu'un petit pois. Une fille cupide, obnubilée par l'argent et la richesse et peu importaient les moyens pour y parvenir. N'oublions pas que Scarlett ne s'embarrasse pas de préjugés pour arriver à ses fins. Elle vitupère, menace, mais abandonne vite lorsqu'il s'agit de ses intérêts, qu'elle sait préserver à merveille. Scarlett est, peut-être l'ombre qui plane au-dessus du livre, mais elle n'en est pas l'âme.
L'opposition de ce flamboyant personnage qu'est Rhett à ce pale Ashley, le premier conquérant au sourire de requin, le second, idéaliste en faillite, ne pose pas de problème à la romancière, Rhett écrase tout sur son passage, s'accordant le luxe de s'inviter, à la onzième heure, à la guerre, sachant qu'il allait défendre une cause perdue d'avance et ce pour préserver ses arrières, se blanchir l'âme et faire taire les mauvaises langues quand il le faudra et il y parviendra, reconquérant Atlanta à sa guise au moment choisi par lui.
Ashley sait qu'il va défendre une cause perdue, par mimétisme, tout monde le fait, pourquoi pas lui ? Jamais il ne changera un iota de sa ligne de conduite, il est raté, il le sait, il s'en contente et se laisse vivre, s'enfermant dans ses rêves du passé où il paradait dans la blondeur de ses cheveux flottant au vent, lorsqu'il chevauchait. Cet amour platonique avec Scarlett, il l'entretient parce qu'il lui rappelle le bon vieux temps, lorsqu'il était un enfant, qu'il est toujours et qu'il restera, tout comme Scarlett l'est aussi. Que dit Mélanie à Scarlett sur son lit de souffrances et de mort ? : <<promets-moi de veiller sur Ashley, c'est un enfant>>.

Scarlett, aura réussi à redevenir riche, mais sa vie et ses amours, elle les aura, complétement anéantis, à force de blesser continuellement ceux que l'on aime, on finit par les lasser et ils s'éloignent de vous à jamais. C'est propos d'enfant que de penser que d'un mot on peut réparer ce qui est éteint. Rhett : <<on peut réparer un vase cassé, mais on en aperçoit toujours les fissures>>.

Rhett, tiendra ce qu'il a dit, il reviendra, de temps en temps, se laissera t-il prendre dans les filets de Scarlett à nouveau, peut-être, je ne le crois pas, qui sait, cependant. Personnellement, je ne reviendrais pas car, et Rhett le dit bien, avoir à table, en face de soi, quelqu'un qui pense à un autre, faire l'amour à une femme qui pense à un autre, c'est insupportable. Quand l'amour est éteint il l'est à jamais...

J'ai passé, avec ce livre, un très grand moment de lecture, plus encore que j'aurais pu l'imaginer et je remercie Madame Mitchell de son talent, de son style, de ses personnages, de cet amour de la terre rouge, ainsi que de m'avoir donné la possibilité de m'évader et de réfléchir sur cette histoire comme il y a bien longtemps que je ne l'avais fait.

5/5,
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Autant en emporte le vent

Message  zeta le Mar 16 Fév 2010 - 10:00

J'ai lu plusieurs fois ce roman foisonnant et je me suis trouvée emportée, presque malgré moi, dans sa Nème relecture, pour accompagner les rats qui le découvraient.
Je vous livre ce que j'en pense, de mon côté, en spoiler, puisque mes impressions révèlent beaucoup de l'intrigue.


Spoiler:


Non pour moi Mélanie, toute sympathique qu’elle soit, n’est pas l’héroïne de ce Roman. C’est bien Scarlett la plus importante et je pense que M. Mitchell l’a voulu ainsi (en me trompant peut-être ).

Mélanie sert de contraste, elle est tellement parfaite, tellement aveugle à ce qui se trame sous ses yeux, qu’à ma première lecture, je l’ai même trouvée un peu nunuche. C’est facile d’aimer Mélanie, elle est tellement "aimable", et je dois dire, que maintenant avec la sagesse acquise, due à l’âge, je me dis que ce doit être reposant et agréable d’être une Mélanie, une parfaite femme du monde, insensible à la laideur autour de soi, une personne que tout le monde aime et prend en charge.

Oui Scarlett est une peste, une égoïste, sans scrupule et âpre au gain. Mais elle se laisse aller à tous ses mauvais penchants parce que, dès le début, à un âge très tendre, elle est entraînée dans le tourbillon dévastateur de la guerre. Tous les repères, toutes les balises posées pas son éducation sont balayés. Scarlett est une adolescente rebelle et imperméable à toutes les conventions qui ont cours dans son monde. Il faut reconnaître que beaucoup de ces us et coutumes pudibonds et hypocrites sont d’une bêtise à couper le souffle. Scarlett s’est construit un rêve ridicule, celui du prince charmant qu’elle aime et qui l’aimera toute sa vie, et elle a pris Ashley, un jeune homme auréolé de mystère, plus distant et mature que ses petits camarades de jeux habituels, pour ce prince charmant. Elle a 14 ans quand elle commence cette fixation et rien ne l’en fait démordre. Toutes ses actions, toutes ses bêtises elle les fait en s’accrochant à ce mirage d’amour éternel partagé.

Livrée à elle-même, sans la tutelle bienveillante de sa mère, et le confort d’une vie protégée, Scarlett s’aperçoit vite que la douceur et la retenue ne la protègent guère d’événements horribles. Il faut reconnaître que Scarlett est vulgaire et sans classe, la description des amis dont elle s’entoure, à la fin de la guerre, est édifiante. Elle est vraiment choquante quand elle laisse son régisseur traiter sans humanité les forçats qui travaillent dans sa scierie. Mais à part cela, que peut-on lui reprocher de très grave ? Scarlett on le dit dès le début ressemble beaucoup à son père, un homme qui est lui aussi vulgaire, un aventurier qui ne s’embarrassait pas de courtoisie excessive et qui faisait volontiers le coup de feu, mais sans véritable méchanceté.

Scarlett est malheureuse presque tout le long du livre et le malheur, même si on en est soi-même responsable, ne rend pas meilleur.

C’est peut-être pour toutes ces raisons que malgré tout Scarlett ne m’est pas complètement antipathique.

Scarlett est une héroïne qui fait bouger la condition féminine, elle montre une volonté remarquable, c’est ces femmes là qui font évoluer les choses, et, que grâce à elles, les générations suivantes ne sont plus obligées d’obéir à des traditions rétrogrades.

Quant à Rhett, avec exactement les mêmes défauts que Scarlett, il nous parait pourtant beaucoup plus sympathique. Peut-être parce que ces mêmes travers siéent mieux à un homme. Moi, je le trouve quasi parfait (c’est un de mes héros de livre préféré), et pourtant lui aussi c’est une crapule (spéculer sur les denrées alimentaires en temps de guerre ce n’est pas honorable). Son amour indéfectible pour Scarlett est la quintessence du romantisme, mais il est aussi mal placé que celui de Scarlett pour Ashley, finalement.

Mais ensemble je trouve qu’ils font des étincelles, il y a une aura de sensualité absolue dans leurs rapports que Mitchell a exprimé avec beaucoup de pudeur. Peut-être est-ce parce que j’ai découvert ce livre à l’adolescence, mais il m’a laissé toujours une impression d’inachevé, et pour presque tous les personnages (y compris Mélanie et Ashley) de bonheur (in)volontairement gâché qui m’a serré la gorge à sa lecture. Et c’est je crois ce qui fait sa grande force.



Pour la fin ouverte, il me semble que Scarlett ne pourra pas récupérer Rhett (j'ai longtemps cru le contraire).

La mort de sa petite fille anéantit Rhett et on le voit à la fin du livre comme un homme précocément vieilli, ayant des problèmes d'alcool, que plus rien ne retient à la vie.

Cette façon qu'à Scarlett de dire "j'y penserai demain", est une façon d'écarter tout ce qui la dérange, ce qu'elle ne peut résoudre par sa seule opiniâtreté. A chaque fois qu'elle y a eu recourt, c'était sans retour en arrière possible, elle a abandonné définitivement une partie des valeurs qui lui ont été inculquées .... mais j'aimerais bien me tromper.

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Re: Margaret MITCHELL (États-Unis)

Message  Bernard le Mar 16 Fév 2010 - 11:15

Je trouve ton analyse remarquable et infiniment respectable, Zeta. Je ne la partage pas, mais n'est-ce pas la marque des chefs d'oeuvre d'amener des opinions différentes et des débats sur le même livre ?

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Re: Margaret MITCHELL (États-Unis)

Message  Liza_lou le Mar 16 Fév 2010 - 14:21

Superbe analyse Zeta! Bravo!

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Re: Margaret MITCHELL (États-Unis)

Message  zeta le Mar 16 Fév 2010 - 16:19

c'est ce qui est intéressant Bernard, nos différences de perception par rapport aux livres. Pour ma part quand un bouquin m'a bien captivé je pourrais en discuter pendant des heures ..... et discuter avec une personne qui serait exactement de mon avis, aurait moins d'intérêt.
Liza-Lou, j'ai une certaine indulgence pour Scarlett qui est une insatisfaite chronique et qui se leurre avec des idéaux de vie inatteignables, ses procédés sont très discutables mais elle se pourrit tellement la vie elle-même, qu'on peut la plaindre aussi.

J'aurais aimé connaître un peu de la vie et de la personnalité de l'auteure pour savoir ce qu'elle pensait de son propre bouquin.

Et puis au cours de cette dernière lecture, j'ai été souvent heurtée par certains aspects "raciste" de ce roman, des petites phrases xénophobes sont éparpillées dans ses pages, On sent qu'en 1939, la ségrégation est encore très présente et justifiable pour les sudistes.
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Re: Margaret MITCHELL (États-Unis)

Message  Bernard le Mar 16 Fév 2010 - 18:02

Nous reprendrons cette discussion, avec plaisir, Zeta dès que je serai de retour sur le forum.

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Re: Margaret MITCHELL (États-Unis)

Message  zeta le Mar 16 Fév 2010 - 19:03

Et bien pour ne pas polluer les critiques, il faudrait que j'ouvre une discussion spoilante dans mon "chez moi" pour tous ceux et celles qui veulent discuter sur ce roman
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Re: Margaret MITCHELL (États-Unis)

Message  belledenuit le Jeu 18 Fév 2010 - 15:13

Mon avis :
Tout le monde connaît cet ouvrage parce que tout le monde a forcément vu l'adaptation cinématographique qui en a été faite. En tout cas, moi je connaissais la trame de l'histoire par le biais de la télévision et vu que j'avais adoré ce film, j'ai décidé de me plonger dans le livre qui ne fait pas moins de 1222 pages ! Un monstre dans le genre.
Oui mais voilà le monstre se lit vite. Une fois que vous entrez véritablement dans l'histoire (parce qu'il faut quand même dire que j'ai eu du mal à accrocher au départ à cause de descriptions que je trouvais trop longues et inutiles vu que je gardais en mémoire chaque scène du film), il est difficile de le lâcher.
Scarlett est telle que je la voyais dans l'adaptation (profiteuse invétérée, sans scrupule, prête à tout pour parvenir à ses fins...) et Rhett est ... Rhett : un parfait gentleman même s'il profite de certaines situations.
Tout au long de ma lecture, je voyais le film en même temps : le pique-nique aux Douze Chênes, Scarlett entourée de toute une panoplie de prétendants, le début de la guerre, l'accouchement de Mélanie, leur départ vers Tara...
Alors c'est vrai qu'il n'y avait pas de surprise en lisant cet ouvrage puisque je connaissais l'histoire en long, en large et en travers mais il n'empêche que je me suis régalée à dévorer par fraction (parce que j'ai fait des coupures pour profiter au maximum de ces personnages et de leur vie) ce livre qui en vaut largement la peine.
Parce qu'au-delà de l'histoire de Scarlett, de ses questionnements incessants et de son caractère insupportable, c'est aussi l'Histoire des Etats-Unis. L'Histoire dans l'histoire est exceptionnelle et l'écriture de Margaret Mitchell l'est tout autant.
On se plonge dans le Sud du milieu du 19ème siècle et on voit évoluer (ou pas d'ailleurs) les mentalités. On se rend compte de l'attachement des sudistes pour leur terre, leur façon de vivre mais aussi pour leurs esclaves qu'ils ne considéraient pas réellement comme tel puisqu'ils en prenaient soin ! (en tout cas de leurs points de vue).
C'est aussi une façon de se rendre compte que Scarlett est une femme qui n'a qu'une envie : devenir indépendante, réfléchir par elle-même, gagner son propre argent par son propre travail quoi qu'il lui en coûte. C'est une femme moderne dans une époque qui ne l'est pas encore !
Même si j'ai pris mon temps pour lire ce livre, la 5ème partie m'a semblé plus difficile à lire. Je n'avais pas le même entrain pour poursuivre alors que j'ai dévoré à chaque fois en 2 jours de temps les autres parties de l'ouvrage.
En fait, l'attrait du livre était surtout porté par la relation qu'avait Scarlett avec Rhett avant un certain évènement qui arrive en fin de 4ème partie. Arrivée là, et vu que je connaissais la fin, ma lecture a été beaucoup plus difficile.
Même si le personnage de Scarlett évolue jusqu'à la toute fin (remise en cause de ses actions passées), il me tardait de le finir.
La fin, quant à elle, laisse présager une suite qui a d'ailleurs été faite par deux auteurs (Scarlett de Alexandre Ripley et Le clan Rhett Butler de Donald McCaig) mais, dans un premier temps et avant toute chose, je ne peux que vous inciter à découvrir ce présent ouvrage qui est tout simplement superbe.
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Re: Margaret MITCHELL (États-Unis)

Message  Caro le Jeu 25 Fév 2010 - 20:41

Qu'ajouter de plus, que vous n'ayez déjà mis les rats, dans l'ensemble je suis plutôt d'accord avec vous. Scarlett et Rhett sont le contraire de Mélanie et Charles, il y a un grand contraste entre eux. Les caractères de personnages sont bien marqués, comme la voulu certainement l'auteur.

Scarlett est une femme moderne qui pense un peu trop à l'argent et très peu à ses enfants ou peut-être pas de la bonne façon

Mélanie est tout en douceur, en compréhension, c'est une maman un peu pour tout les gens qui l'entoure.

Je pense que Rhett donne une image qui n'est pas la sienne, pour moi c'est quelqu'un de sensible qui se cache derrière un masque dur, cela n'empêche pas qu'il ne pense qu'a l'argent comme Scarlett.

Charles a peur de se lancer vers l'avenir, je pense qu'il a peur de décevoir et qu'il se croit toujours redevable de quelque chose, donc il n'est pas heureux.

Le livre est facile à lire et rapide, j'ai vraiment beaucoup aimer, je me suis attaché aux personnages qui m'ont presque pleurer par moment. J'ai appris plein de choses sur la vie dans les états sudistes et sur la guerre. C'est très interressant, comme je l'ai déjà dit je ne lirai pas de suite, car je préfère imaginer se qui pourrait arriver, par contre je regarderai le film avec plaisir !!

C'est un gros coup de coeur, vraiment je le conseille

Ma note :
5/5
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Re: Margaret MITCHELL (États-Unis)

Message  belledenuit le Ven 26 Fév 2010 - 12:27

Caroeden1 a écrit:Charles a peur de se lancer vers l'avenir, je pense qu'il a peur de décevoir et qu'il se croit toujours redevable de quelque chose, donc il n'est pas heureux.
A mon avis tu veux parler d'Ashley et non de Charles (le frère de Mélanie) qui est décédé au début.
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Re: Margaret MITCHELL (États-Unis)

Message  Caro le Mer 3 Mar 2010 - 9:55

Tu as raison Belledenuit, je me suis trompée, oups !!!
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Re: Margaret MITCHELL (États-Unis)

Message  Bernard le Mer 3 Mar 2010 - 11:34

Je lis avec intérêt vos avis, en partage certains, d'autres pas, ainsi Caro, la cupidité de Scarlett me semble différente de celle de Rhett, certes celle-ci s'est battue pour revenir à l'opulence qu'elle connaissait, mais, en fait, elle n'a connu que cela. Tandis que Rhett s'est fait seul, ce qui est méritoire. Il montre, de plus, une grande intuition dans l'analyse des caractères de ceux qu'il côtoie.
Je ne lirai pas les suites, mais j'imagine bien le retour à Tara de Scarlett et la vie de ceux qui y sont et y vivent, durement, mais tranquilles sans elle.

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Re: Margaret MITCHELL (États-Unis)

Message  Nathalire le Ven 5 Mar 2010 - 17:46

Autant en emporte le vent 5/5 Oui un chef d'oeuvre en effet

Bravo à tous et merci pour ces superbes analyses, Bernard et Zeta, vous êtes épatants! C'est un plaisir de prolonger cette lecture avec autant de bonnes idées.

Je ne m'étends pas sur le résumé d'un roman aussi connu que le loup blanc. Je vais juste donner mon avis sur deux trois points.

Le cas de Mélanie: C'est vrai Bernard que tes arguments sont pertinants, je n'y aurais pas pensé. Avec le film et l'image qu'on a de cette histoire, on met forcément Rhett et Scarlett au premier plan et c'est vrai que ces deux là sont mythiques. En même temps avec l'avancement de l'histoire, j'ai pris conscience que Mélanie n'était pas juste niaise mais au contraire très ouverte et attentive aux autres. Elle écoute et sais trouver les mots, elle est plus éveillée que les autres pour l' époque et probablement que dans ce sens elle a plus de valeur. Que peut-on lui reprocher? Je l'aime beaucoup car elle a su prendre la vie comme elle est et la vivre à fond, et sans se laisser influencer par les autres, c'est le complément à Scarlett qui fonce et veut toujours plus et surtout ce qu'elle ne peut avoir (ça c'est la bonne méthode pour gâcher sa vie).

Cette histoire semble plus complexe qu'elle n'en a l'air...

Les personnages sont impliqués dans différentes histoires, des relations complexes entre eux se nouent... comme par exemple ce lien qui se crée entre Rhett et Mélanie sur la fin. C'est un jeu de mirroirs entre Mélanie/Scarlett et Ashley/Rhett, ils sont complémentaires mais les paires ne s'accordent pas bien, quel gâchis!

En plus l'époque et les bouleversements politiques ne laissent pas une grande liberté de penser aux protagonistes.
Au passage je mentionne que j'ai beaucoup apprécié la description de ces événements méconnus, nottament les relations entre les blancs et les nègres et l'évolution des tendances racistes qui prennent tout de même une grande place dans le récit alors qu'on résume trop souvent cette histoire à l'histoire d'amour Rhett/Scarlett.

C'est une époque que je n'envie pas, quelle misère pour les femmes. Et dans ce cadre, je trouve aussi que Scarlett est admirable. Elle représente autre chose que la belle sotte. Elle est si courageuse, je l'admire. Mais elle ignore tout des relations humaines, quel dommage. C'est l'autre face de Mélanie, comme Rhett est l'autre face d'Ashley.
Avec ces 4 personnages, M.Mitchell complète presque la palette de caractère idéale à un bon roman.

Je vous le conseille vivement aller courage se ne sont que 3 petits tomes en poche
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Re: Margaret MITCHELL (États-Unis)

Message  Bernard le Ven 5 Mar 2010 - 18:34

Bravo pour tes commentaires, Nathalire et d'accord avec la force et le courage de Scarlett, uniquement dus à son égo et sa cupidité. Mais quelle destructrice, elle ferait renier ses chatons à une chatte, celle-là. Même Mama la quitte !
Bien sûr que ce roman n'est pas simple, au contraire et je pense que Mitchell se venge, de quoi, je l'ignore, car dans le sud, en 1935, rien n'avait, vraiment changé pour les femmes.

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Re: Margaret MITCHELL (États-Unis)

Message  rose le Dim 7 Mar 2010 - 22:17

Bravo pour vos critiques qui mettent le doigt sur divers aspects des personnages très intéressants.

J’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce roman, dont j’avais – je l’avoue – une image négative et niaise, mais tout le monde peut se tromper !

Autant en emporte le vent ne figure pas dans les programmes de littérature américaine universitaires et pourtant, je trouve qu’on pourrait lui faire une place tout aussi grande que celle que l’on fait à Harriet Beecher Stowe pour la Case de l’Oncle Tom (excellent ouvrage d’ailleurs). Le contexte historique est en arrière-plan mais nous assistons tout de même aux moments forts de la guerre civile américaine, aux manifestations clandestines du Ku Klux Klan. La trame romanesque est construite sur de nombreuses oppositions :le nord et le sud, les blancs et les noirs, les riches et les pauvres, Scarlett et Mélanie, Rhett et Ashley….mais toute la beauté du récit réside dans l’espoir, si ce n’est de la victoire du changement. Les Sudistes vont lutter pour retrouver se qu’ils ont perdus. Certains se contenteront de retrouver un toit et une vie décente, bien qu’éloignée de leur vie dorées de leurs souvenirs, d’autres, comme Scarlett, en veulent plus, mais à quel prix ?

Bernard, je ne m’étais pas poser la question, tant Scarlett prend de la place, mais Mélanie bien qu’en retrait n’est pas moins un personnage central. Elle est tout de même celle qui "détient" celui que Scarlett aime. Elle est cette mère pleine d’amour et de tendresse face à une Scarlett qui vit sa maternité comme une prison, ne lui permettant pas de sortir et d’exister dans le monde. Mélanie sera celle qui apportera peut-être les vraies solutions : brutale avec la mort du Yankee à Tara, conciliatrice lorsqu’elle accepte l’argent de Rhett pour qu’Ashley puisse acheter le moulin, amicale lorsqu’elle soutiendra Scarlett envers et contre tous (surtout toutes !) et finalement maternelle, envers Rhett qui venant de perdre sa fille en perd la raison. Oui si ce récit à un cœur, une âme elle se nomme bel et bien Mélanie. Mélanie, l’amie et l’épouse qui sait mais qui se tait, suivant toutes les convenances de son rang.

Scarlett n’est pas à mes yeux la femme moderne qui ouvre les portes aux femmes, nous sommes en 1865…la condition de la femme restera inchangée pendant encore trop longtemps. Le vrai pas en avant à cette époque c’est l’affranchissement des esclaves…A 16 ans, les récits de la guerre –encore lointaine pour elle – l’insupportent. Elle n’a qu’un objectif, plaire et être la plus belle pour tous les jeunes hommes de la région. Alors que l’homme qu’elle désire Ashley annonce ses fiançailles avec Mélanie Wilkes, la guerre est déclarée. Tout l’univers feutré et privilégié de Scarlett va s’effondrer. En effet, elle prendra les rennes de Tara, va devoir travailler aux côtés des ses esclaves. Mais ses objectifs restent tout de même inavouables dans ce contexte : être riche à nouveau et rester proche d'Ashley. Pour cela, elle en oubliera son rôle de mère et de veuve. Elle se mariera avec un homme, promis à sa speur, parce qu’il a un commerce. Toutes ses décisions sont intéressées, elle utilise les gens, pactise avec l’ennemi en place à Atlanta, prend des risques pour se rendre à ses entrepôts. Son égoïsme et son manque de bon sens coûteront la vie à son deuxième époux. Elle semble n’avoir pas de sentiments réels, si ce n’est pour Ashley, mais Ashley est-il vraiment celui qu’elle aimerait avoir à ses côtés ? On pourrait passer des heures à discourir, Scarlett est un personne haut en couleurs, mais détestable et très peu cultivée en plus !

Rhett, l’odieux, le gentleman, le business man est le personnage le plus déconcertant, mais sans lui Scarlett n’existe pas dans ce récit. Il apparaît au fil des chapitres pour souligner la personnalité de Scarlett. Cet homme, qui aime les femmes aime se confronter à une tête de linotte entêtée telle de Scarlett. Il sait qu’il peut tout obtenir d’elle en lui faisant miroiter de l’argent. Il m’a touché quand il a perdu sa fille chérie. Scarlett ne lui a pas donné une once d’amour alors que Bonnie Blue lui était très dévouée. Même les autres enfants de Scarlett, ont pu profiter d’un peu d’attention et de sentiment de la part de Rhett.



Je ne lirais pas la suite de ce roman. Je ne pense pas que Rhett doive se retourner et revenir auprès de Scarlett. Cette dernière m’a fait de la peine se trouvant seule, abandonnée de tous..mais finalement n’est-ce pas la conséquences attendues de tous ses actes ?



Je pourrais en discuter pendant des heures….Ce roman est un coup de cœur . Et j’avoue qu’une fois la dernière page tournée, je me suis sentie bien seule sans Rhett, Mélanie et même Scarlett

Ma note 5/5

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Re: Margaret MITCHELL (États-Unis)

Message  Bernard le Lun 8 Mar 2010 - 11:43

J'ai lu et aimé ta critique Rose. Je reste persuadé et j'enfonce ce clou que c'est la mort de Mélanie qui finit le livre, sans quoi, M. Mitchell aurait pu écrire encore 100.000 pages avec les enfants, les petits enfants, leurs enfants etc, de Scarlett.

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Re: Margaret MITCHELL (États-Unis)

Message  rose le Lun 8 Mar 2010 - 13:41

Bernard, oui je pense que l'on donne (ou qu'elle prend) trop de place à la belle (mais vide) Scarlett...Mélanie est en effet le personnage aimant, sensé et posé de ce récit. Je ne connais pas du tout le suite de ce roman nommé Scarlett. Mais il est facile de faire une suite....En tout cas, moi je préfère m'arrêter là. Les suites écrites par d'autres ne me tentent vraiment pas. Seule M. Mitchell savait vraiment où elle voulait mener ses personnages et comme tu le dis, elle aurait pu encore écrire 2 ou 3 romans style: Scarlett, dernier combat, Wade ou Rhett le retour hihihihihi. Là j'extrapole....

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Kafka sur le rivage,Haruki Murakami
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Re: Margaret MITCHELL (États-Unis)

Message  Houppelande le Lun 8 Mar 2010 - 14:47

Alors voilà, je viens moi aussi de terminer ce roman si foisonnant et j'ajoute moi aussi mon opinion et ma lecture de cette histoire.

Scarlett, que dire qui n'a pas encore été dit? Je crois qu'elle est vraiment le personnage central de ce roman, même si d'autres comme Rhett et Mélanie sont d'une importance capitale. Oui, Scarlett est une chipie, une petite fille gâtée et une égoïste. Mais je dois dire que j'admire sa force de caractère, sa façon de ne pas se laisser abattre. Il ne faut pas oublier qu'elle a pris de nombreuses responsabilités sur son dos et qu'elle a, malgré toute sa réticence, mis la main à la pâte lorsque c'était nécessaire à Tara. Je ne pouvais pas m'empêcher d'avoir de la sympathie pour elle, peut-être que je me retrouve dans certains de ses traits de caractère (les meilleurs seulement bien sûr ).
Quant à Mélanie, oui elle est gentille, bonne, généreuse etc, mais je crois que dans la "vraie" vie, je l'aurais trouvé plutôt ennuyante. Je ne crois pas que j'aurais particulièrement apprécié la compagnie de Scarlett non plus (avec des amis comme ça pas besoin d'ennemis ) mais quand même, elle aurait été un peu plus intéressante.

Je trouve bien intéressant les commentaires de Zeta sur le racisme qu'on retrouve dans le récit. Je me suis posé certaines questions sur le contexte historique. Il est évident que Margaret Mitchell a fait un travail de recherche énorme et qu'elle a bien pris le temps de nous décrire le contexte politique de cette époque, ce qui s'avère primordial dans ce récit. Mais je me suis demandé à quel point elle était empregné de la société de son époque (et qui ne l'ait pas, évidemment). À l'époque de Margaret Mitchell, la ségrégation était encore en vigueur aux États-Unis, et les mentalités n'avaient pas tant évolué au niveau de comment on considérait les noirs par rapport aux blancs. Est-ce que cela a influencé l'écriture de Margaret Mitchell?
Le portrait qu'elle dresse du KKK m'a un peu bouleversé, moi qui croyait que c'était une bande de connards racistes, ils semblent qu'à tout le moins au départ ils aient agit en quelque sorte par légitime défense. Oui, toutes ces informations me troublent, et me donnent envie de faire un peu de recherche là-dessus.

Je conseille cette lecture à tous, c'est vraiment très riche comme récit et comme écriture.
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Re: Margaret MITCHELL (États-Unis)

Message  Chantal le Lun 8 Mar 2010 - 16:01

AUTANT EN EMPORTE LE VENT : Margaret Mitchell
Editions Gallimard - 735 pages.


Je vais tout de même donner un court avis sur ce roman, vu que je n'ai pas encore les idées très claires.

Je ne vais pas "décortiquer" les différents personnages, beaucoup l'ont fait. Mais j'ai admiré (tout de même) le personnage de Scarlett toujours très rebelle et combative par rapport à une Mélanie faible et geignarde. (tout au moins dans lune bonne partie du livre)

Je voudrais dire que ce qui m'a le plus plu dans ce livre, c'est au contraire de certains, tout le côté historique, ainsi que les façons de vivre et de penser du milieu sudiste.

L'histoire d'amour en elle-même, avec les rencontres (toujours très prévisibles et régulières) et les rapports "je te plais - tu ne me plais pas, je te veux-je ne te veux pas ou plus....etc....entre Rhett et Scarlett, au début, me faisaient sourire, puis finalement me faisait soupirer (
) de déplaisir.

J'ai également trouvé que l'auteur défendait bien trop certaines valeurs sudistes : notamment l'esclavage et le Ku Klux Khlan, et en ai ressenti un certain malaise, vu la période où ce livre a été écrit.

En fait, j'ai beaucoup aimé jusqu'à la période de la fin de la guerre. Ensuite, l'intérêt était beaucoup moindre.

Je note tout de même ce livre 4/5, car j'estime que cette auteure a un grand talent d'écriture et qu'elle a dû faire un sacré travail de recherche avant de commencer à l'écrire.

Assez succinct mais je pense avoir dit ici le gros de mes ressentis.
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Re: Margaret MITCHELL (États-Unis)

Message  Shan_Ze le Lun 22 Mar 2010 - 12:56

Autant en emporte le vent de Margaret Mitchell
(Quarto Gallimard, 1175 pages)


Attention, critique spoilante !

Je ne ferai pas de résumé, il a déjà très bien fait, et il n'est pas utile d'en dire trop, c'est mieux de découvrir par soi-même.

Quand on me parlait d'Autant en emporte le vent, je pensais à la grande histoire d'amour entre Scarlett O'Hara et Rhett Butler, je n'avais jamais vu le film. Je n'avais que des images de Scarlett et Rhett ensemble. Le livre m'a surprise. C'est l'histoire de plusieurs amours : l'amour de Scarlett pour Ashley Wilkes, pour Tara, de l'amour de Mélanie pour Ashley, pour les enfants...

L'auteur décrit très bien Scarlett dans sa façon de penser, sa force de caractère, son irritabilité, son absence de remords, son amour pour Ashley. Au fur et à mesure de ma progression, j'ai détesté le comportement de Scarlett, sa façon de haïr Mélanie, de donner des ordres aux autres, ses "méthodes" pour obtenir ce qu'elle veut, son aveuglement avec son amour pour Ashley...

Avec ce roman, j'ai aussi découvert la condition des femmes des États-Unis de l'époque. Elles n'avaient pas le droit de sortir quand elles étaient enceintes, pas le droit d'être trop "intelligentes", pas le droit de travailler. Là où je suis admirative de Scarlett, c'est qu'elle fait fi de l'opinion des autres, quand elle a envie de travailler pour gagner sa vie, elle ne s'en prive pas.

Mais elle décrit aussi très bien les autres personnages : Rhett Butler, avec ses réparties piquantes vers Scarlett, Tante Pitty avec ses affolements ou ses évanouissements, Mélanie avec sa façon de ne pas voir le mal chez les autres... A travers la vie de Scarlett, on découvre aussi les différents évènements de la guerre de Sécession, l'après-guerre difficile avec la reconstruction, la naissance du Ku Klux Klan, l'abolition de l'esclavage....

Margaret Mitchell ayant écrit ce livre en 1936, le racisme était encore très présent, surtout dans le sud des États-Unis. Certains scènes sont assez écœurantes à lire (pour moi) : comme la description de Prissy, une jeune esclave au service de Scarlett. Elle est décrite de façon très caricaturale par l'auteur. Ou que le fait que l'abolition de l'esclavage a donné aux anciens esclaves l'occasion de paresser ou d'être violents...

Un roman qui laisse vraiment beaucoup d'impressions et qui m'a permis d'apprendre beaucoup de choses en suivant ces personnages. J'ai beaucoup aimé cette histoire et cette Histoire. Même si certaines scènes m'ont choqué ou certaines descriptions m'ont moins passionné, c'est vraiment un grand livre. Je suis vraiment contente de l'avoir lu. La fin est très forte et justifie complètement le titre.


Dans la vie et l'œuvre de Margaret Mitchell, à la fin de l'ouvrage, on apprend beaucoup de choses (notamment, l'apparition de Martin Luther King, encore un garçon, lors de la première du film (venu avec son père le pasteur qui avait d'abord refusé parce que les acteurs noirs du film n'avaient pas été invités...)). On apprend les premiers titres de ce livre : d'abord, En route vers Tara puis Demain est un autre jour. Mais finalement, c'est Gone with the wind, tiré d'un vers du poème Cyrana d'Ernest Downson.

La traduction de ce titre n'a pas été chose aisée non plus, une discussion avec l'éditeur français a donné lieu à de nombreuses propositions pour les différents titres du livre en français : Le vent a passé, Quand le vent souffle, Après la tempête, Le souffle du vent, En plein vent, Prise dans le vent...

4.5/5
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Re: Margaret MITCHELL (États-Unis)

Message  Shan_Ze le Lun 22 Mar 2010 - 13:22

Je ne sais pas vous connaissez ce site sur le film Autant en emporte le vent, il y a pas mal d'éléments intéressants...

Pour en savoir plus : Site sur le film Autant en emporte le vent
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Re: Margaret MITCHELL (États-Unis)

Message  Bernard le Lun 22 Mar 2010 - 18:07

Je lis religieusement toutes les critiques et les points de vue, c'est l'intérêt d'une lecture commune et on trouve, par-ci, par-là des petites choses, ainsi Shan_Ze, tu annonces 1175 pages et je te crois, le mien en 3 parties, faisait 1400 et quelques. Avais-tu un grand format ? 300 pages de différence c'est énorme, non ?
La preuve que c'est un grand livre vient du fait des avis partagés et bons ou mauvais, il ne laisse personne indifférent.

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Re: Margaret MITCHELL (États-Unis)

Message  Shan_Ze le Mar 23 Mar 2010 - 8:32

Bernard a écrit:Je lis religieusement toutes les critiques et les points de vue, c'est l'intérêt d'une lecture commune et on trouve, par-ci, par-là des petites choses, ainsi Shan_Ze, tu annonces 1175 pages et je te crois, le mien en 3 parties, faisait 1400 et quelques. Avais-tu un grand format ? 300 pages de différence c'est énorme, non ?
La preuve que c'est un grand livre vient du fait des avis partagés et bons ou mauvais, il ne laisse personne indifférent.

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Tu avais sans doute une version poche ; les poches ont un peu plus de pages que la version grand format pour le même livre.
J'avais un grand format, avec des photos du films, mais il faisait 1175 pages (si je compte la partie Vie et œuvre de l'auteur, 1222 pages).

Exactement, Bernard !
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Re: Margaret MITCHELL (États-Unis)

Message  Aurore le Mar 23 Mar 2010 - 23:49

Autant en emporte le vent (vol. 1)
(Gallimard, 2009, 476 p.)

Autant en emporte le vent (vol. 2)
(Gallimard, 1993, 478 p.)

Autant en emporte le vent (vol. 3)
(Gallimard, 1995, 453 p.)



Nous sommes en Géorgie, dans le sud des États-Unis peu avant la guerre de Sécession et c’est dans un roman-fleuve que débute une étrange saga. Étrange dans le sens où ce n’est pas une histoire de lutte ou de combat armé qui sont relatés ici. On apprendra d’ailleurs que Scarlett, le personnage emblématique qui donne vie à toute cette fiction, est complètement indifférente à ce qui se passe au front.


C’est donc principalement l’histoire d’un parcours de femme que l’on peut qualifier de hors du commun qui prend toute sa lumière ici. Cette femme c’est donc Scarlett, personne obstinément indépendante et volontaire. D’entrée nous savons avoir affaire à une femme de poigne qui n’a qu’une envie : se faire aimer. Craignant sa
mère, elle fait tout pour paraître une femme de la bonne société, pleine de bonnes manières. Mais elle semble avoir hérité de nombreux traits de son père, homme irlandais assez rustre et bourru. Scarlett est une femme qui n’a confiance en personne si ce n’est en elle-même, elle rêve de liberté, de s’émanciper de ses attributions d’épouse (alors que l’époque veut qu’il faille être meilleure compagne et meilleure mère plutôt que tout autre rôle).

Scarlett est en ce sens un être à part : elle vit pour elle égoïstement et pour le plaisir de se savoir objet de convoitise et d’admiration. Ses deux sœurs Suellen et Carreen, bien que plus jeunes semblent avoir davantage de raison et d’adaptabilité aux bonnes mœurs. Elles cherchent à prendre mari et à fonder une maison. Pour Scarlett la priorité est de se réaliser professionnellement, notamment en gagnant son propre argent. Mais l’histoire prend naissance avant la guerre, alors que les jeunes gens du comté enchaînent les pique-niques et autres réjouissances mondaines. Mais c’est véritablement la terrible guerre qui brise l’insouciance du petit cercle amical pour qui le destin aurait été d’évoluer entre loisirs et responsabilités familières. Les hommes partent et s’engagent tandis que les femmes restent à l’arrière pour s’occuper des maisons, des plantations, des esclaves…

Dans ce portrait d’une Amérique tourmentée avec des conflits qui agitent nord et sud on prend partie pour les
pauvres propriétaires terriens, dépossédés de leurs terres et de leurs biens. C’est la force de caractère de Scarlett, toujours debout malgré les épreuves, ne craignant ni Yankees ni rumeurs, qui nous la fait prendre en affection. Quels que soient tous les reproches que nous pourrions adresser à Scarlett, son pouvoir d’exécution est notable car unique chez une femme de son rang. Notre héroïne est néanmoins cupide, vénale et entêtée… il n’en reste pas moins que c’est elle qui mène le roman, elle qui déploie force et témérité pour protéger la terre de ses pères, Tara dont les fondations menacent d’être mis à sac.

Aurais-je oublié de vous parler de Rhett Butler ? Car lorsqu’on évoque Scarlett, le nom de Rhett n’est jamais loin. Homme à l’arrogance accoutumée dans le voisinage, pris en grippe par ses camarades qui le jugent lâche (il sera l’un des derniers à s’engager), Rhett est avant tout un personnage constant et passionné. Devant la froideur et le mépris de Scarlett, nous nous félicitons de trouver un Rhett cinglant et grossier, n’épargnant aucune épreuve à notre malheureuse héroïne. Je persiste à croire que notre homme est un être loyal, celui sur qui l’on pourrait uniquement dire que les apparences s’avèrent trompeuses.

Que le couple ami et fardeau (Ashley et Melanie) parait insipide face à deux grands caractères, deux forces
de la nature ! Le contraste m’a paru d’autant plus saisissant qu’Ashley et Melanie, constamment sous la protection de Scarlett, cultivent un air ahuri et une sorte de découragement face au destin qui nous les rend agaçants et pleins de mollesse. On en vient à préférer la rudesse du couple phare à l'aspect gentiment guimauve de ce couple lisse et sans histoire.
___________________________________________________________

Pfiou, ça fait un beau morceau pour parler de ce livre qui me collait à la peau depuis près d’un mois sans que
je puisse m’en débarrasser par les mots. Car lorsqu’on achève la saga on est juste éreinté, las comme si nous venions nous aussi de vivre une période de turpitude historique et/ou sentimentale. La porte de sortie, la délivrance pour moi ça a été de laisser ce livre arriver à maturation dans mon esprit, de le digérer. Je pense que j’aurais été moins indulgente envers Scarlett si j’avais tenté de juger son parcours avant aujourd’hui.

Bien plus que le contexte historique qui m’a garanti de grandes scènes que je me figurais à merveille : l’émergence du racisme, les luttes de pouvoir… j’ai apprécié d’assister à ce spectacle d’un conflit loin du front mais si près des cœurs. En prenant cette illustration de cas isolé et voué à première vue à l'échec, on est pris à partie, encore plus surpris de constater les répercussions de la guerre, encore mieux sensibilisé aux ravages de la bêtise humaine.

Qu’il a été bon de voir Scarlett trouver mille et un subterfuges pour protéger les héritages de sa famille.
Voilà un personnage de femme forte qui m’a inspiré car on sent qu’un seul être a eu une prise sur de nombreux destins. Même si elle ne se conforme pas aux règles, même si elle prend plaisir à provoquer ses détracteurs, Scarlett a tellement de cordes à son arc qu'elle ne peut être que pardonnée pour toute son audace et sa fraicheur.

Un livre que je lâche comme une bouée à la mer, un livre à laisser flotter en surface, voilà ce qu’est ce roman-fleuve : un déferlement d’émotions, une succession d’éléments perturbateurs et un dénouement à couper le souffle (qui je le comprends a fait couler beaucoup d'encre). Que celui-ci qui ose à présent me dire qu’il ne lira pas ce « roman pour bonnes femmes » se lève et témoigne !

4,8/5

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