Abel POSSE (Argentine)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Abel POSSE (Argentine)

Message  veilleur le Jeu 11 Fév - 10:13

Sur Abel Posse, voir son site : http://www.clubcultura.com/clubliteratura/clubescritores/posse/home.htm
... et les polémiques : http://barrio-de-tango.blogspot.com/2009/12/remaniement-gouvernemental-et-polemique.html
--------------------


Abel Posse >> Cabeza de Vaca le conquistador aux pieds nus >> Celui qui a été conquis
Actes Sud, Avril 2008

Présentation en quatrième de couverture :

La conquistador sans conquête de Charles Quint vit sa dernière années dans une modeste demeure sévillane. Sous couvert de lui faire vérifier des cartes du Nouveau Monde, une bibliothécaire charmeuse sollicite le vieillard sentimental, lui offrant du papier filigrané à ses armes. C'est qu'elle espère le récit des années escamotées dans ses "naufrages".

Et le chimérique gouverneur du rio de la Plata de libérer sa mémoire pour des révélations qui bien souvent mettent à mal l'histoire officielle de la Conquête. C'est ce manuscrit imaginaire qui nous est rendu.

L'infatigable voyageur qui a parcouru, pieds nus, 8000 kilomètres, lutté contre l'inceste et la polygamie, aboli l'esclavage, avoue l'inavouable osmose avec la culture indigène. Nature matricielle, magie, fusion avec le cosmos, plaisir des sens, contre barbarie espagnole, fièvre de l'or, croix inquisitrice et épée tolédane. Par amour, il a jeté un pont entre deux terres aux antipodes l'une de l'autre et qui ne devaient simplement pas se rencontrer. Son nom restera dans l'histoire. A-t-il à lui seul, comme le pensait Henry Miller, racheté tous les crimes des conquistadors ? Une seule évidence : l'hidalgo andalou, né riche et heureux, est mort pauvre et seul, mais probablement amoureux.

----------

C'est une tentation permanente que de refaire l'Histoire à son goût et de projeter dans le passé des désirs du présent. Cette uchronie est une maladie persistante des écrivains. Elle est la peste joyeuse de la littérature depuis le début du roman et le grand Dumas lui-même ne dédaignait pas de violer cette Histoire mais à condition de lui faire de beaux enfants. Abel Posse l'argentin, diplomate et politique contesté dans son pays, n'échappe pas à cette vision crachotante du passé où il voue aux gémonies toute la Conquête de l'Amérique. Lui et les autres ne voit que massacres, domination, extermination, conversions forcées, etc. Au diable que Cortes ait une plaque honorifique récente dans les locaux de l'Université de Salamanque, au diable le fait qu'il n'aurait rien pu faire si les alliés indiens ne lui étaient pas venus en aide pour abattre la tyrannie Aztèque, au diable aussi le fait que la plupart des conquêtes ont eut lieu dans un pays déserté car abattu par les maladies, réelles celle-là, apportées à leur insu par les colons. Non, l'homme blanc, espagnol, catholique, royal est infâme, cupide, sanglant, vampirisant, et il martyrise le pauvre indien revêtu de toutes les vertus. On pensait cette idéologie du bon sauvage dépassée depuis longtemps mais elle rejaillit indéfiniment sous la plume des écrivains qui pensent que l'herbe est plus verte de l'autre côté de la civilisation européenne.

Les excès ont eut lieu, c'est indéniable, et il est impardonnable qu'il l'aient été sous la bannière de la Croix. Si on ne refait pas le passé, rien ne sert de le noircir pour s'affranchir d'un présent encore plus douloureux. Mais le livre d'Abel Posse est-il médiocre comme pourraient le laisser penser ces quelques lignes ? Bien sûr que non. Il est même très bien. L'auteur et le traducteur ont du style. C'est un plaisir de le lire dans une langue souple, ronde, moderne, avec des phrases courtes et bien construites, incisives. C'est aussi un franc plaisir de suivre les pas de ce conquistador qui relate des événements présents en se replongeant dans un passé tumultueux. Sa visite chez les indiens de Floride est un réel récit d'aventure qui montre une conception très différente du monde. C'est passionnant et le livre se lit d'une traite. Du point de vue littéraire et narratif, c'est une réussite. Mais sur le fond, je pense qu'il y a excès de noirceur.

Veilleur
avatar
veilleur

Nombre de messages : 312
Age : 52
Location : Boulogne-Billancourt, France
Date d'inscription : 30/10/2009

http://www.amazon.fr/gp/pdp/profile/A210O5KYER1I4I

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum