Louise ERDRICH (Etats-Unis)

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Louise ERDRICH (Etats-Unis)

Message  gallo le Sam 1 Nov 2008 - 21:21

De : Papiillon_vole Envoyé : 08/01/2006 15:54
La chorale des maîtres bouchers de Louise Erdrich
Albin Michel – 2005 – 468 pages.

A la fin de la guerre de 14-18, un jeune allemand, Fidelis Waldvogel, quitte son pays pour tenter sa chance en Amérique. Il débarque à New York avec une valise pleine de couteaux et de saucisses. Car Fidelis est boucher. La vente de ses saucisses lui permet d’acheter un billet de train pour aller dans l’Ouest. C’est ainsi qu’un beau matin il arrive à Argus dans le Dakota du Nord. Grâce à son métier, il va bientôt gagner assez d’argent pour faire venir d’Allemagne sa femme et son fils. Puis il ouvrira sa propre boucherie et créera une chorale, avec tous les hommes du village. Arrivent alors au village un drôle de couple : Delphine et Cyprian.

J’ai rarement lu un auteur capable de décrire avec autant de précision et de délicatesse la vie tout simplement, ce qu’Hésiode avait appelé « Les travaux et les jours ». Ce roman c’est presque la vie ordinaire dans un petit village de l’ouest américain. On y trouve juste des gens qui travaillent et ont choisi leur vie , qui ont le goût de leur métier et des choses bien faites. Des femmes bavardent dans le jardin en épluchant les haricots, un chien devient voleur de viande, une épouse astique tous les matins avec fierté les vitrines de sa boutique, un petit garçon cache sous son oreiller un souvenir se son amoureuse disparue, une jolie jeune femme s’occupe de la morgue, le shérif est amoureux, une vieille femme vend des chiffons, et bien sur il y a des chants… Et il y a des drames aussi : une femme agonise d’un cancer sous les yeux de sa famille, une tante jalouse cache de la morphine, une cave recèle une macabre découverte, une galerie s’effondre… Et puis c’est compliqué, parce que la famille est d’origine allemande alors quand éclate la seconde guerre mondiale, certains des fils combattent avec les allemands, contre les américains et reviennent dans leur pays d’adoption en tant que prisonniers…

Louise Erdrich s’est inspiré de son histoire personnelle pour la bâtir son roman : un grand-père allemand, boucher et chef de chœur qui a émigré en Amérique de la vie. Mais sur cette base elle a écrit une vraie histoire d’immigrants dans l’Ouest. N’y cherchez pas les indiens et les cow-boys, ils n’y sont pas. Mais comme Louise Erdrich a une imagination débordante, à la place elle vous offre un tas d’anecdotes burlesques ou tragiques. Ainsi qu’une belle galerie de personnages : Eva, la femme du boucher, Roy l’ivrogne du village, Camille l’embaumeuse, Un-Pas-Et-Demi, une étrange vagabonde, et bien sûr Delphine, figure centrale du roman, avec ses désirs, ses joies et son dévouement.

Un très beau roman, plein de vie, d’émotions et de sentiments.

Ma note : 4,5 / 5



De : Sahkti1 Envoyé : 13/02/2006 16:46
Louise ERDRICH - Dernier rapport sur les miracles à Little No Horse

A première vue, cela pourrait ressembler à un conte à dormir debout. Le père Damien Modeste, vénérable pasteur centenaire de la paroisse de Little No Horse dans le Dakota du nord, est en réalité une femme, Agnès, une ancienne religieuse qui a épousé un fermier allemand peu sympathique, a exercé le métier de pianiste et qui a échoué, il y a longtemps déjà, dans cette contrée reculée d’Amérique. Le Père Damien envoie à sa hiérarchie un rapport sur certains miracles survenus dans la réserve dont il a charge religieuse.

Rassurez-vous, il ne s’agit pas ici de la trame ou de la fin du récit, mais simplement de son introduction. Louise Erdrich place ses pions, plante le décor et donne d’emblée le ton qui va nous guider tout au long de son histoire abracadabrante.

La réserve Ojibwé de Little No Horse, c’est le petit bijou de Louise Erdrich, d’origine indienne et allemande (on retrouve souvent des traces autobiographiques dans son travail). Elle y a placé une partie de son âme et beaucoup d’émotion pour nous parler du destin de ce Père Damien et de ses fidèles serviteurs, chacun devant combattre le mal et son appétit sexuel. Les Obijwé sont à l’honneur dans le roman de Erdrich, plusieurs générations d’indiens nous sont contées avec beaucoup de talent et de tendresse ; les antagonismes entre croyances locales et religion catholique missionnaire sont énoncés avec beaucoup de lucidité mais aussi d’humour, les coutumes locales racontées permettent de tordre le cou à certains clichés et un hommage est rendu à ces populations décimées et massacrées dans les décennies qui ont précédé l’époque du roman.

Revenons donc à nos miracles. Après l’envoi de son rapport, le Père Damien/Agnès reçoit la visite d’un représentant du Pape, envoyé sur place pour enquêter et faire le point avec le Père Damien, tout de même en place depuis près de quatre-vingt ans. Un bail ! Et le point de départ d’un récit hallucinant, drôle, mouvementé, dans lequel on se perd entre rire et stupéfaction. C’est qu’il s’en est passé des choses pendant le sacerdoce de Agnès ! Les habitants seraient plutôt du genre bons vivants et les plaisirs de la chair sont loin de leur être étrangers. De conversations savoureuses en anecdotes tordantes, c’est l’histoire d’une paroisse qui nous est offerte, avec son lot de petites histoires, de drames et de colères, de moments de vie et de plaisir.

Avec un coup de chapeau pour Louise Erdrich : à aucun moment les populations ne seront ridicules ou tournées en dérision, bien au contraire. A travers ces moments légers et drôles, on ressent constamment une douleur plus profonde, un malaise lié à la souffrance humaine et aux persécutions dont furent victimes tout un peuple toutes ethnies confondues. Erdrich a des origines indiennes. Plutôt qu’un portrait anthropologique ou sociologique, elle a choisi de rendre hommage aux siens à travers l’humour et la tendresse, à travers l’histoire d’une communauté attachante et de son prêtre, personnage ambigu et solide comme un roc, qui les défendra jusqu’au bout contre les spéculateurs de toutes sortes.

Ce qui pourrait peut-être être l’occasion d’un léger regret : il arrive par moments que Louise Erdrich se perde trop dans ses pensées, qu’elle écrive avant tout pour elle, laissant le lecteur au bord du chemin. Si le début du roman est emballant (elle y narre la biographie de ce père/religieuse, sa vie avant son arrivée dans le Dakota, les multiples péripéties qui ont marqué sa route…), le reste tourne un peu au ralenti, on y ressent les émotions de l’auteur tout en restant étranger à ce qui se passe, le rythme est moins soutenu, la respiration reprend ses aises, comme une pause bienvenue mais qui dure trop longtemps à mon goût.

Ma note: 3,5/5



De : lalyre7032 (Message d'origine) Envoyé : 2007-08-08 11:06
La chorale des maîtres bouchers - Louise Erdrich
Poche 568 P.

Le personnage central de ce roman est un allemand Fidelis Waldvogel,rentré chez lui après avoir combattu dans les tranchées,va annoncer la mort de son ami à la fiancée de celui-çi,elle se nomme Eva,ils décident de faire leur vie ensemble.Il est boucher et va tenter sa chance en Amérique,avec comme seul richesse une valise remplie de saucisses et de couteaux,il s'installe à Argus dans le Dakota et ouvre une boucherie,grâce à son savoir-faire et son honnêteté il fait sa place dans cette bourgade,il fait venir sa femme et son petit garçon Franck.Eva aimante et courageuse va l'aider à faire prospèrer le commerce,d'autres enfants vont agrandir la famille,Fidelius qui a une voix de ténor fonde une chorale,mais leur vie va changer lorsque Delphine et Cyprian,artistes de cirque arrivent dans le bourg. Delphine y retrouve son père Roy,qu'elle a quitté il y a quelques années,cet homme toujours en état d'ivresse vit dans la saleté,grâce à Delphine il va reprendre un semblant de dignité.
Eva et Delphine deviennent amies,travaillent ensemble,mais Eva tombe gravement malade et c'est encore Delphine qui la soigne jusqu'à la fin.D'autres personnages accompagnent ceux déja cités et donnent une autre dimension au roman.Mais la famille bien que immigrée garde ses traditions,certains des enfants resteront allemands à cause de certaines circonstances,les autres vivant toujours avec leur père s'engagent dans l'armée américaine 1940-45.
Je ne peux en dire plus de ce livre que j'ai beaucoup aimé ,ce n'est pas un roman rose car c'est l'épopée d'une famille entre 1918-1950.Dans ce livre il y a un mèlange d'individus aux origines diffèrentes,des personnalités intèressantes,chacune avec leur culture.Heureusement la musique permettra à Fidelis de traverser ses périodes de tristesse et de déceptions car il est heureux quand il chante.Certains thèmes comme l'amour,la solidarité,l'amour filial mais aussi l'antagonisme entre les frères. Un livre que je recommande. 4,5/5
Lalyre



De : Lyreek14 Envoyé : 31/08/2008 11:05
Louise Erdrich - La chorale des maitres bouchers
Albin Michel - 480 pages

Fidelis est maitre boucher en Allemagne. De retour de la guerre, il décide d'immigrer en Amérique et s'installe à Argus, petite ville du Dakota du Nord. D'abord employé dans une boucherie, il réussit à ouvrir sa propre affaire et peut donc faire venir sa femme Eva et leur petit garçon Franz.

Un roman très agréable à lire où on suit l'histoire de cette famille ainsi que celle des habitants d'Argus. Contrairement à ce qu'on pourrait penser au début, ce n'est pas tant le personnage de Fidelis qui est au centre du roman, mais c'est surtout autour du personnage de Delphine, une jeune femme équilibriste dans un cirque qui revient vivre à Argus pour veiller sur son père alcoolique, que gravite toute l'histoire. Et l'histoire, c'est tout simplement l'histoire de la vie, avec ses joies, ses peines, ses doutes et ses espérances. Mais attention, c'est loin d'etre banal. Certains personnages sont hauts en couleur et les anecdotes ne manquent pas d'originalité.
Bref, une belle chronique familiale et un bon moment de lecture.

4/5



De : Shan_Ze Envoyé : 13/09/2008 17:15
La chorale des maîtres bouchers de Louise Erdrich

Quand Fidelis Waldvogel revient chez lui, en Allemagne à la fin de la seconde Guerre Mondiale, il annonce à la fiancée de son meilleur ami que celui-ci est mort au front. Quelques années plus tard, on le retrouve avec sa famille à Argus, petite ville des Etats-Unis ; ils rencontrent Delphine et Cyprian. Leurs destins seront liés par les prochains événements.
Dans La chorale des maîtres bouchers, on découvre surtout Delphine, jeune femme secrète qui côtoie les Waldvogel. De belles descriptions de scènes de vie simples, des amitiés, des amours, des pertes… Par moments, j’étais prise par les sentiments des personnages et d’autres, où j’étais surprise par les années très vite… ou pas assez. Un livre à lire !

Note : 4/5
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Re: Louise ERDRICH (Etats-Unis)

Message  gallo le Dim 2 Nov 2008 - 13:39

De : cuné Envoyé : 30/05/2004 20:59
Louise Erdrich - Dernier rapport sur les miracles à Little No Horse
Albin Michel 534 p. Traduit de l'Américain par Isabelle Reinharez

Le Père Damien est arrivé à Little No Horse dans le Dakota du Nord en 1912. Depuis cette date, il n'a cessé d'envoyer des rapports au Vatican relatant ses tentatives d'attirer les Indiens vers la religion catholique. Les papes successifs sont restés muets à ses demandes, suppliques, appels à l'aide. Soudain, en 1996, arrive un envoyé du Vatican. Il va avoir droit à un récit des plus étranges, à plusieurs voix...

Tout ça commençait merveilleusement bien avec Agnès Dewitt en personnage principal. Superbement extravagante, je me délectais à l'avance de ses aventures... Mais à mon grand regret j'ai décroché assez vite. J'ai bataillé pour le finir malgré tout, car l'écriture de Louise Erdrich nous offre de succulents récits ça et là. Je ne pourrais pas vraiment dire ce qui a manqué pour me donner le frisson du plaisir de lire... un peu de cohérence pour lier le tout ?... Un choix de trame donnant trop de place aux errements de la pensée?... En fait je pense une façon de décrire les personnages trop abstraite pour moi.
Malgré tout à découvrir, car très original.

3/5

Ps : Louise Erdrich, écrivaine du montana encore
http://ecrivainsmontana.free.fr/index.html



De: nat
Omakayas - Louise Erdrich
(L'École des loisirs, 2002, 203 pages)

Merveilleux roman, très "prenant". Dès la première page, j'ai accroché. Qu'il soit classé dans la littérature jeunesse, d'accord mais pas exclusivement. Cet ouvrage nous livre de grandes leçons de vie. De plus, il nous fait découvrir des modes de pensée et donc de vie différents des nôtres. J'ai adoré.

Note : 4.5/5
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Dernier rapport sur les miracles à Little No Horse - Livre de poche - 4,5/5

Message  zeta le Jeu 9 Juil 2009 - 11:39

Ah voilà au milieu de lectures decevantes un roman qui m'a bien emporté :

Un très vieux prêtre, le père Damien, vit dans la réserve indienne de Little no Horse. Depuis très longtemps il écrit au pape des rapports, des confessions, le récit d'événements étranges. Le vatican, après des décennies de silence, lui envoie un émissaire.
Et nous allons remonter dans le passé de ce prêtre jusqu'au moment où il n'est encore qu'une belle jeune femme Agnes de Witt, à qui la vie réserve bien des surprises.

C''est enlevé et pittoresque, l'écriture est parfois un peu confuse, les événements s'enchainent en dépit de leurs chronologie ..... mais quel personnage merveilleux que ce père Damien-Agnes, cachant à tous son secret pour accomplir avec dévouement son sacerdoce au milieu des indiens. Elle les aime, les écoute, les respecte. Elle vivra avec eux longtemps et elle pourra nous régaler des récits assez fantasques de leurs exploits.
On rit, on s'émeut, il y a quelques passages moins intéressants que d'autres .... mais c'est surprenant et plein d'humanité.
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Re: Louise ERDRICH (Etats-Unis)

Message  belledenuit le Mer 19 Aoû 2009 - 12:00

Mon avis sur "Dernier rapport sur les miracles à Little No Horse" :

Premier livre de l'auteur que je découvre par le biais du Prix des Lecteurs. Intéressant mais si j'ai accroché dès le départ, il n'en demeure pas moins que j'avais du mal à suivre certaines histoires (le livre est composé de quatre parties).
La première est très intéressante puisqu'il s'agit de mettre en place ce que sera la vie d'une jeune femme, Agnès, devenue Soeur Cécilia, et qui connaîtra bien des aventures... Là, je n'en dis pas plus si vous souhaiter vous plonger dans cet ouvrage.
Si j'ai aimé le personnage du prêtre (qui a un secret très particulier), je décrochais notamment lorsque l'auteur utilisait des termes indiens ou même des citations dans sa langue d'origine. Aucune traduction n'a été faite et je trouve cela dommage.
Ca donne un côté mystérieux, voire même mystique certes, mais j'aime bien savoir quand même ce que l'on dit et de quoi l'on parle.
L'histoire des Indiens est intéressante surtout lorsque l'on comprend ce que l'auteur dit.
Du coup, il me semblait râter beaucoup de détails sans compter sur le manque de chronologie dans l'ouvrage. Je m'emmêlais les pinceaux.
Alors oui j'ose dire que j'ai survolé certains passages vers la fin du livre, je me suis demandée si je n'allais pas m'arrêter à mi-chemin mais malgré tout je ne peux pas vous dire de ne pas tenter cette lecture.
Ai-je été envoûtée malgré moi par cet ouvrage ? Allez savoir !
Il s'y cache des choses magnifiques, d'autres beaucoup plus noires mais une chose est certaine c'est comme un chemin de croix que l'on doit faire pour se sentir en bon terme avec soi-même.
Beaucoup de réflexions vont naître en tant qu'être, en tant qu'Homme Blanc, en tant que croyant (ou non).

Ma note : 3/5
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La chorale des maîtres bouchers - Le livre de poche - 4,5/5

Message  zeta le Mar 6 Oct 2009 - 13:20

Fidelis Waldvogel rentre de la première guerre mondiale qui a décimé tant de jeunes vies, fauchées prématurément, dont celle de son meilleur ami. Fidelis s’est chargé d’annoncer la mort de celui-ci à sa jeune fiancée, enceinte, qui attendait le retour de ce camarade de combats. Fidélis épousera très vite la jeune femme, Eva, pour donner un père à un enfant et parce qu’il s’en est épris dès qu’il l’a rencontrée.

Puis le jeune homme, boucher de son état part aux Etats-Unis pour s’installer dans ce pays et y recommencer son existence. Eva, et le petit garçon l’y rejoindront. Dans la ville d’Argus, il ouvriront un commerce et fonderont leur famille. Parallèlement une jeune fille Delphine, originaire elle aussi d’Argus et son compagnon, ami plus qu’amant, vont revenir dans cette bourgade du Dakota du Nord. Le destin des quatre personnages va se rejoindre, sera intimement lié au cours des décennies de transition entre deux guerres mondiales. Le roman s'achèvant dans les années cinquante.

Louise Erdrich a un talent fou pour nous décrire les individus qui composent ses histoires, elle nous les dépeint avec beaucoup d’humanité et de vérité. Chaque pensée, sentiment ou action qu’ils formulent ressentent accomplissent sont analysées, nous les rendant proches, familiers. On peut parfois s’étonner que Fidélis, Cyprian, Roy, Clarisse, "un pas et demi" ou Mathilde se comportent à leur façon. Parce que les héros de Louise Erdrich ont beaucoup d’originalité et, il nous faut les approcher pages après pages pour comprendre ce qui les a façonnés tels qu’ils sont. Au milieu de cette société rurale d’Argus, entourés de personnages secondaires aussi singuliers, leur existence se déroule dans une apparente simplicité démentie par les complexités des cœurs. L’auteure écrit de très belles lignes sur l’amour, le désir, la responsabilité. Elle s’attache particulièrement à nous dépeindre de très belles amitiés féminines. Amitiés indéfectibles et sincères dont on parle trop rarement. C’est beau et touchant, étonnant aussi, c’est une plongée dans l’âme humaine et c’est ce qui en fait toute sa valeur.

Il m’a semblé parfois qu’il y avait quelques maladresses de traductions car le style limpide de Louise Erdrich laisse parfois la place à des phrases mal construites, obscures (mais c’est assez rare).
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La chorale des maîtres bouchers

Message  doriane99 le Lun 9 Nov 2009 - 20:21

4,5/5

De 1918 à 1954, la saga de la famille Waldvogel. Fidelis, jeune homme dans l'Allemagne battue part tenter sa chance en Amérique, armé de ses couteaux de boucher, il veut repartir sur de nouvelles bases.

Revivre après avoir été mort à soi-même était dangereux. Il y avait beaucoup trop à ressentir,

Son destin croisera celui de Delphine. Le roman retrace leur vie quotidienne tout au long de ces années dans un petit village du Dakota.

Une histoire assez banale mais servie par une très belle plume. J'ai dévoré ce roman, les personnages sont admirablement décrits, les situations tantôt cocasses ou banales rythment l'histoire et nous font partager les moments forts de la vie des protagonistes. Une femme à l'agonie, un alcoolique qui cache des cadavres dans son placard, un équilibriste aux moeurs "dépravés", chacun a ses petits secrets et participe à l'édification d'une histoire passionnante qui fait vibrer le lecteur.

J'ai été un peu étonnée du peu de place qu'occupe cette "chorale" annoncée en titre, mais ça n'enlève rien à la qualité du livre.

Une belle réussite.
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Re: Louise ERDRICH (Etats-Unis)

Message  zozinette le Lun 8 Mar 2010 - 8:54

LA CHORALE DES MAITRES BOUCHERS - LOUISE ERDRICH


Le résumé a été déjà fait plus haut.


Mon avis

Je n'ai pas grand chose à rajouter aux commentaires précédents.
J'ai été tout de suite séduite par tous ces personnages, leur rythme de vie, un rythme doux malgré l'âpreté de la vie à cette époque, est tellement bien rendu par Louise Erdrich.
Les personnages sont tout simplement magnifiques. Fidélis, boucher travailleur et silencieux; Eva, le pendant de Fidélis; Delphine, les enfants. Ils ont pris forme devant mes yeux avec beaucoup de force.


Ma note

5/5
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Ce qui a dévoré nos coeurs - livre de poche- 4/5

Message  zeta le Lun 20 Sep 2010 - 13:34

Louise Erdrich a beaucoup de talent pour pénétrer les cœurs. Ses personnages ne sont jamais créés à l’emporte-pièce, il y a de la complexité des coins d’ombre et de lumière, une dualité intrigante, tout ceci étant sans doute lié à son métissage et à ses racines amérindiennes.

On sent d’ailleurs l’importance qu’elles ont pour elle, puisque tous ses livres que j’ai lus, parlent de ce peuple.

Dans « ce qui a dévoré nos cœurs », on découvre une fille et sa mère, d’origine Ojibwé, qui vivent et travaillent ensemble. Leur métier est de liquider les possessions liées aux successions. Dans une maison du New Hampshire, Faye, la fille, trouve et subtilise un élément d’une collection d’objets indiens : un tambour rituel du 19e siècle. Faye pense que ce tambour a été volé par le défunt. Elle veut le rendre à celui qui en était le légitime propriétaire. Outre une partie de l’histoire passée de la famille de Faye, et le récit de son présent avec son voisinage, On apprendra comment le tambour magique a été façonné, par qui et pourquoi. Ce sont presque des légendes que nous content Louise Erdrich, elles s’inscrivent parfaitement dans l’histoire d’une nation de ses rites et ses coutumes, de plus, elles ont une modernité et une originalité qui nous les rendent captivantes.
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Re: Louise ERDRICH (Etats-Unis)

Message  Liza_lou le Dim 14 Nov 2010 - 13:14

La chorale des maîtres bouchers
(Albin Michel, 480 pages)

Au lendemain de la première guerre mondiale, Fidélis Waldvogel part en Amérique tenter sa chance, muni seulement de ses couteaux de bouchers et d'une valise remplie de saucisses qu'il vend au fur et à mesure de sa progression dans l'Ouest jusqu'à atterrir finalement à Argus, petite bourgade du Dakota du Nord. Rapidement, sa femme Eva et son fils le rejoignent et ensemble ils ouvrent une boucherie où leurs saucisses à la recette inégalable font leurs succès. Commence alors une douce et simple existence pour cette famille qui s'intègre facilement à la communauté de la ville jusqu'au au jour où Delphine, saltimbanque, revient avec son "mari" Cyprien dans sa ville natale...

Que l'on ne s'y trompe pas, La chorale des maîtres bouchers fait parti de ses romans que l'on n'oublie pas une fois la dernière ligne lue. C'est que Louise Erdrich sait particulièrement nous rendre attachante cette petite ville perdue qu'est Argus, loin des soubresauts qui agitent le monde et les existences. Avec des mots et des phrases simples, Erdrich nous laisse entendre des passages absolument magnifiques où se chantent l'amitié entre les hommes, l'entraide, la solidarité et la joie simple d'exister. Les personnages, sans être complexes, sont absolument complets dans leurs descriptions aussi bien du cœur que de leur âme et c'est avec ravissement que l'on suit les péripéties de tous sur une trentaine d'années. Les passages tristes et dramatiques font échos à d'autres cocasses ou drolatiques; l'auteur n'hésite cependant pas à faire passer ses messages sur l'horreur de la guerre, le racisme et la xénophobie inutile et destructrice, la pauvreté et les ravages de l'alcoolisme.

Comment oublier des personnages comme Fidélis, à la belle voie de stentor et aux mains brutales et pourtant extraordinaires en maniement de ses couteaux? Surtout, l'auteur fait la part belle aux personnages féminins, qu'il s'agisse des principaux - Delphine, évidemment, au destin chaotique mais au déterminisme évident- aux secondaires comme Mathilde ou "Un pas et demi". Et on ne peut que ressortir touchés de l'amitié indéfectible qui lie Eva à Delphine, amitié qui transfigure et illumine le roman du début à la fin.

C'est beau, c'est admirable, en un mot, un roman époustouflant de réalisme et de véracité sur l'existence humaine.

Ma note : 4,5/5
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La malédiction des colombes - Albin Michel - 4,5/5

Message  zeta le Ven 19 Nov 2010 - 15:53

Ce roman commence par un massacre. D’une façon juste explicite, sans aucune horreur superflue (et cela marque d'autant plus), l’auteure nous fait le récit d’un crime abominable qui décime une famille. Ce premier chapitre très succinct, introduit l’histoire de nombreuses personnes qui ont toutes, de près ou de loin, un rapport avec ces meurtres et leurs conséquences.

Situé en 1911, cet événement dramatique n’aura de cesse de perdurer dans la mémoire de ceux qui en ont été les acteurs, les témoins, les juges et les bourreaux, et de leurs descendants. Jamais élucidé, il a pourtant fait d’autres victimes que la famille assassinée : les jeunes gens qui se sont trouvés au mauvais endroit au mauvais moment, dont l’origine et la couleur de peau les ont désignés comme coupables idéaux.

Louise Erdrich a découpé son roman en plusieurs parties, chacune étant racontée par un descendant des premiers protagonistes du drame initial, nous ramenant également à plusieurs reprises dans ce passé.

Chaque partie a une coloration différente, et c’est grâce au grand talent que démontre toujours cette auteure, que nous défaisons peu à peu l’écheveau complexe des sentiments, constitué par de nombreux fils entremêlés : les relations inter-raciales blancs-indiens, le fardeau du passé qui continue à peser sur les individus, l’injustice, la pauvreté, la religion, les rancunes, les croyances et les peurs. Tout ce qui peut nous empêcher de goûter à sa juste valeur la saveur de notre bref passage sur terre. En même temps Louise Erdrich sait décrire comme personne la richesse du sentiment amoureux, la joie qu’éveille la musique, et la rédemption des fautes, réelles ou imaginaires, qui sauve du désespoir. En ajoutant à nombreuses reprises des touches d'humour qui allègent l'ensemble


J’ai beaucoup aimé ce roman, il m’a fallu un bon moment pour me retrouver dans les nombreux personnages historiques ou actuels qu’il met en scène, malgré la généalogie des personnages placée en fin du roman. Et puis soudain, au court d’un chapitre, on tire un des fils de l’écheveau et tout se met soudain en place, l’histoire se dévide, devient évidente, enfin éclairée par une lumière qui révèle le bon et le laid. Quand Erdrich consacre une partie à Marn Wolde, son style se fait allégorique et mystérieux, quand elle fait parler le juge Antone Bazil Coutts tout est plus limpide et simple. J’aurais envie de relire bientôt ce livre en ayant une connaissance globale de l’intrigue, pour mieux encore en percevoir toutes les subtilités. En fait, je crois qu’un roman de Louise Erdrich ça se mérite, il faut creuser un peu et ne pas se laisser décourager par l’enchevêtrement du début.
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Re: Louise ERDRICH (Etats-Unis)

Message  odilette84 le Sam 20 Nov 2010 - 16:26

décidément il faut absolument que je découvre cette auteure !!

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Re: Louise ERDRICH (Etats-Unis)

Message  Lacazavent le Jeu 11 Oct 2012 - 10:54

Le jeu des ombres de Louise Erdrich
Albin Michel, Septembre 2012 / 272 pages





Présentation de l'éditeur :
Rythmé à la manière d’un thriller sombre et tragique, le Jeu des ombres est un huis-clos hypnotique, sans doute le livre le plus personnel de Louise Erdrich. Portrait d’un mariage et d’une famille sur le point de voler en éclat, d’un homme et d’une femme en proie à la violence d’un face-à-face, c’est aussi une réflexion sur les cicatrices qu’une histoire collective douloureuse peut laisser sur les individus.

Gil est un peintre reconnu qui doit son succès à Irene, sa femme, un écrivain qui a longtemps été son modèle. Quand elle découvre que son mari lit son journal intime, Irene décide d’en rédiger un autre, qu’elle met cette fois-ci en lieu sûr. Elle y livrera sa vérité, se servant du premier comme d’une arme pour manipuler son unique lecteur. Une guerre psychologique commence, qui va révéler le côté obscur de chacun des personnages. En faisant alterner les journaux d’Irene et un récit à la troisième personne, Louise Erdrich témoigne, une fois de plus, d’une prodigieuse maîtrise narrative.





Un roman qui s'annonçait très prometteur avec une idée de départ qui avait tout pour me plaire.
Contrairement à ce qu' annonce la quatrième de couverture ce n'est ni « rythmé à la manière d' un thriller sombre » (tragique d'accord) ni un « huis-clos hypnotique ».
Quand à l' idée de départ, d' une femme qui s' apercevant que son mari lit son journal intime décide d' en écrire un second tout en continuant à rédiger le premier pour manipuler son conjoint, elle est intéressante mais vite mis de côté par l' auteur. C'est véritablement dommage car j'ai eu la sensation que l' histoire échappait peu à peu aux lecteurs. On suit alors difficilement l'évolution de cette famille.
Je veux bien que l' on décide qu' il faille un ressort romanesque dans un livre mais soit l'auteur l' utilise vraiment d' un bout à l'autre soit il est inutile, apporte peu et n'a pas sa place.
De plus, je trouve que la situation de départ du couple n'est pas assez bien exprimé on les croit parfaitement heureux du moins en façade. Aussi j'ai été très surprise par la méchanceté, la dureté et la violence qu' ils révèlent brusquement entre eux.
J'ai eu des difficultés à me positionner en tant que lecteur dans cette lecture et j'ai eu souvent l' impression d' être en train d'espionner la vie d' une famille dont les parents se déchirent. Une histoire de couple ressemblant à un mauvais film où l' on ne comprends pas toutes les réactions et dans laquelle on ne trouve pas sa place.




3,5/5

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Re: Louise ERDRICH (Etats-Unis)

Message  Lacazavent le Mer 17 Oct 2012 - 9:58

La décapotable rouge de Louise Erdrich
Albin Michel/ 350 pages





Recueil de nouvelles agréable à lire, dans lequel on retrouve la pâte de Louise Erdrich à la fois dans son écriture et dans les thèmes qu' elle développe. Quel dommage qu' un grand nombres de ses histoires figurent déjà sous des formes plus ou moins proche dans ses romans ! Et même si ce n'est pas le cas pour toutes ses nouvelles, on perd l' attrait de la nouveauté pour lire un florilège des meilleurs moments inspirés de ses romans.


3,5/5

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Re: Louise ERDRICH (Etats-Unis)

Message  clarize le Ven 9 Nov 2012 - 17:16

Dernier rapport sur les miracles à Little No Horse de Louise Erdrich

Cela me paraissait bien alléchant l'histoire de ce vieux prêtre vivant dans une réserve et passant son temps à écrire au pape, mais voilà je suis bien déçue le récit est confus, voir redondant . Ce qu'elle fait bien ressortir est la difficulté de ses origines Allemande et Ojibwé.

2,5/5

Par Contre j'ai lu La chorale des maîtres bouchers et j'ai aimé
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Re: Louise ERDRICH (Etats-Unis)

Message  Réaliste-romantique le Lun 17 Mar 2014 - 20:43

La chorale de maîtres bouchers

Des années vingt à cinquante, la vie d’un immigrant allemand aux États-Unis. Boucher, vétéran de la Première guerre mondiale, il débarque à New York avec ses couteaux, une valise de saucisses et le secret des recettes de son père. Il prend le train jusqu’au Dakota du Nord, parce que c’est le billet le plus cher qu’il peut se permettre. Il crée son entreprise, réussira à faire venir sa femme et fondera une famille. La ville est composée d’immigrants et d’enfants d’immigrants, les États-Unis y sont vraiment une terre d’accueil, même si la terre et le climat n’y sont pas très  accueillants. Et à l’approche des années quarante, ces immigrants qui chantent encore en allemand dans leur chorale devront faire des choix difficiles à l’approche de la guerre. Est-ce que leurs fils vont aller combattre leurs cousins?
 
J’ai vraiment un sentiment ambigüe face à cette lecture. Je me suis ennuyé pendant de grands pans et j’aurais abandonné la lecture si ce n’était du challenge des états. D’un autre côté, certains chapitres m’ont captivé et, des semaines plus tard, certaines scènes sont encore fortement imprimées dans mon esprit. La note moyenne est vraiment une moyenne entre les chapitres à 3 et ceux à 4. Je crois que le problème est dans la longueur du livre : je n’étais pas assez intéressé par les personnages ou leur vie pour m’y intéresser pendant près de 500 pages. Mais l’auteure sait comment rendre certains événements palpitants, donc je suis certain que d’autres lecteurs tomberont complètement sous le charme de cette fresque et seront emballés par leur lecture.   
 
3,5/5

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Re: Louise ERDRICH (Etats-Unis)

Message  Shan_Ze le Mer 25 Juin 2014 - 22:19

Le jeu des ombres de Louise Erdrich 

Quand Irene se rend compte que Gil, son mari, lit son journal intime, elle va tenir un deuxième journal. L’un servira à consigner ses véritables pensées intimes alors que l’autre n’est qu’un moyen de manipuler son mari.
J’avais beaucoup aimé La chorale des maitres bouchers ainsi que ses livres pour enfants (Omakayas et Le jeu du silence) alors j’ai commencé Le jeu des ombres avec une petite excitation. J’ai peut-être loupé le début ou  peut-être avais-je trop d’attentes, mais j’ai eu du mal à me repérer dans le temps, à différencier les deux journaux ou les journaux des dialogues. Je pensais qu’il y a une alternance entre les deux carnets pour faire monter la tension entre vérité et mensonges. La haine que se vouent les deux époux prend peu à peu de l’ampleur… ça m’a dérangé de sentir autant d’animosités. 
Le jeu des ombres, c’est ce jeu qu’ils jouaient en famille où pour gagner il fallait sauter sur les ombres des autres membres de la famille. Mais le jeu des ombres entre Gil et Irene est moins joyeux, plus insidieux, chacun essaie de cacher son ombre, sa véritable personnalité à l’autre pour arriver à ses fins. Une relation conjugale assez sombre, violente… qui a le mérite de donner envie d’aimer. 

Note : 3.5/5
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Re: Louise ERDRICH (Etats-Unis)

Message  Lyreek le Jeu 24 Juil 2014 - 19:31



Le jeu des ombres - Louise Erdrich
Le livre de poche - 264 pages

Quatrième de couverture


Gil est peintre, Irène écrivain. Ils ont trois enfants. Irène a souvent servi de modèle à son mari. Trop souvent, sans doute. Irène tient son journal intime dans un agenda rouge. Lorsqu’elle découvre que Gil le lit, elle décide d’en rédiger un autre, un carnet bleu qu’elle met en lieu sûr et dans lequel elle livre sa vérité. Elle continue néanmoins à écrire dans l’agenda rouge, qui lui sert à manipuler son unique lecteur. Une guerre psychologique commence. En faisant alterner les journaux d’Irène et un récit à la troisième personne, Louise Erdrich témoigne, une fois de plus, d'une prodigieuse maîtrise narrative.

Mon avis


J'ai été très déçue par cette lecture qui pourtant me paraissait prometteuse. L'idée de départ des deux journaux intimes était bonne mais malheureusement, ça n'a pas pris avec moi.

Déjà, je n'ai pas aimé la construction du roman qui est très confuse, c'est difficile de se repérer entre les deux journaux et le récit à la 3ème personne. Les dialogues sans ponctuation font que j'avais du mal à savoir qui parle.

Ensuite, les personnages sont plutôt antipathiques et leur relation est profondément malsaine. Très vite, je me suis sentie mal à l'aise. J'ai rarement vu un couple aussi dysfonctionnel, les deux se détruisent mutuellement à petit feu sans que l'un ou l'autre puisse se sortir de cette relation toxique. Et le pire dans tout ça, c'est qu'ils ont des enfants. Des enfants qui souffrent de cette situation et qui sont impuissants face à leurs parents. La guerre psychologique entre Gil et Irène n'aura pas de vainqueur, au contraire elle ne laissera que des victimes.

Le roman est très noir, c'est sans la doute la pire vision du couple qu'il m'ait été donné de lire. Ça a un gout amer, on a l'impression d'asphyxier en lisant cette histoire.

Apparemment, ça aurait une base autobiographique, ce qui est encore plus triste, mais en même temps, je ne peux que comprendre le besoin d'extérioriser toute cette souffrance.

Quant à moi, après une telle lecture, je n'ai qu'une envie, c'est me plonger dans un livre de chick lit' Wink

3/5

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Re: Louise ERDRICH (Etats-Unis)

Message  Cyrielle le Ven 27 Fév 2015 - 8:49

LA CHORALE DES MAITRES BOUCHERS




Dans un bourg du Dakota du Nord, nous suivons la vie d'une famille d'immigrés allemand entre les années 20 et 50.
Fidelis démarque de son Allemagne natale avec des saucisses, des couteaux et sa passion pour le chant. Une fois arrivé à Argus, nous allons suivre sa vie, celle de ses enfants et sa femme, de Delphine une habitante du bourg et d'autres personnages assez atypiques et attachants.

Ce roman m'a réconcilié avec Louise Erdrich, j'ai abandonné la lecture de Dernier rapport sur les miracles à Little No Horse, mais cette fois-ci j'ai tout de suite été embarqué dans l'histoire et par le style de l'auteur.
J'ai aimé découvrir la vie des immigrés après la Grande Guerre, la différence de culture entre cette jeune Amérique et cette vielle Allemagne. Le fait que le roman se déroule sur plusieurs décennies permet de bien voir évoluer les personnages et de vraiment s'y attacher, notamment Delphine et Cyprian, un couple pas comme les autres mais vraiment touchants.
Finalement la chorale des maîtres bouchers est secondaire dans l'histoire mais on sent l'importance du chant tout au long du roman et l'apaisement qu'il procure aux personnages dans les moments difficiles de leurs vies.
Je n'avais pas envie de quitter Argus à la fin même si celle-ci est bien conclue. 

4/5
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Re: Louise ERDRICH (Etats-Unis)

Message  Lacazavent le Ven 27 Fév 2015 - 10:27

C'est vrai qu' il y a des hauts et des bas avec cette auteure, j'ai hâte de le lire celui-là Very Happy

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Re: Louise ERDRICH (Etats-Unis)

Message  petitemartine le Sam 28 Fév 2015 - 13:45

Je n'arrête pas de repousser cette lecture, il faut vraiment que je m'y mette. Very Happy
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Re: Louise ERDRICH (Etats-Unis)

Message  Chantal le Sam 28 Fév 2015 - 15:40

Je l'ai dans ma Pal pour le challenge...Cool
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Re: Louise ERDRICH (Etats-Unis)

Message  Chantal le Mer 6 Juil 2016 - 15:59

DERNIER RAPPORT SUR LES MIRACLES À LITTLE NO HORSE :


Eh bien, un livre avec lequel j'ai poussé un gros soupir de soulagement quand je l'ai eu terminé. Very Happy Il ne m'a pas plu. J'ai aimé la première moitié avant l'arrivée d'Agnès/ Damien à Little No Horse, j'ai aimé les histoires et anecdotes concernant les indiens, il y a plein de récits dans le roman qui m'ont beaucoup plu, mais je me suis aussi profondément ennuyée dans beaucoup de pages, mais vraiment ennuyée (ceux notamment concernant les croyances de la religion catholique) au point de me demander si je n'allais pas laisser tomber. Pas trouvé de réel fil conducteur, récit trop confus. J'ai réussi à le terminer, à cause du challenge usa, en survolant certains passages.


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Re: Louise ERDRICH (Etats-Unis)

Message  Awara le Jeu 7 Juil 2016 - 7:43

Comme j'ai un bon souvenir de cette lecture étrange, j'ai recherché la critique que j'en avais faite. Elle était restée dans l'auteur du mois... et pas reportée ici. Comme j'en ai eu une autre impression, je la reporte.Very Happy

DERNIER RAPPORT SUR LES MIRACLES A LITTLE HORSE
Louise ERDRICH

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Isabelle REINHAREZ

Le livre de Poche, 2009, 535 pp.



L’histoire est celle d’une jeune religieuse, sœur Cécilia, qui, en conflit avec la mère supérieure à propos de ses dons musicaux, s’enfuit du couvent, redevient Agnès DeWitt, se marie. Son mari est assassiné par des malfaiteurs. A la faveur d’une inondation, elle fuit cette situation dramatique. Au cours de son périple, elle retrouve, noyé, un prêtre qu’elle avait rencontré quelques temps auparavant, le père Damien Modeste. Elle prend les habits et l’identité de celui-ci et rejoint la paroisse où il est affecté dans la réserve Objiwé, Little No Horse. S’ensuit une forme de dédoublement lucide de la personnalité d’Agnès/Modeste. Ce dernier assure sa mission de prêtre tout au long d’une longue existence, avec une grande attention pour les hommes, femmes et enfants de cette communauté, qu’ils soient ou non convertis au catholicisme. Il exerce son ministère avec compassion, sens du service et beaucoup d’amour. Ce qui fait que ceux de ses paroissiens qui ont percé le mystère de son identité s’organisent pour la protéger, même dans la mort.

Louise Erdrich utilise comme fond de son roman l’histoire d’Agnès/Modeste ainsi que la recherche effectuée par un jeune prêtre pour instruire le procès en béatification d’une religieuse métisse, pour faire connaître la vie, les coutumes, les croyances des amérindiens du Dakota du Nord. Le lecteur découvre la profondeur de l’imaginaire de la population Objiwée, alliée à un pragmatisme indispensable à leur survie. La richesse spirituelle et la sagesse des croyances traditionnelles sont respectées par Damien Modeste, ce « prêtre » catholique, à l’esprit ouvert et indépendant de sa hiérarchie. La rigueur du catholicisme est implicitement critiquée sans que le message évangélique soit remis en question. J’ai ressenti de la tendresse pour ce peuple à la vie rude et qui a été floué par ceux qui détenaient le pouvoir.  



Ne connaissant pas les Indiens Objiwés, j’ai recherché quelques informations sur internet et ai trouvé un texte d’Eric Navet qui a travaillé chez les Indiens Objiwés de la région des Grands Lacs du Canada et écrit dans « Trente ans au Centre d’études arctiques » : « On ne peut connaître les êtres humains si l’on ignore les sentiers qu’ils foulent, les paysages qui les entourent et qui marquent autant leur imaginaire qu’ils déterminent leur vie quotidienne. C’est ce que fait dans le roman le Père Damien.



Je me suis un peu perdue dans les généalogies, mais cela enlève peu au charme du roman


Note: 4,5/5

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Re: Louise ERDRICH (Etats-Unis)

Message  kattylou le Jeu 7 Juil 2016 - 10:59

Comme quoi un livre peut donner deux avis bien différents  Very Happy
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Re: Louise ERDRICH (Etats-Unis)

Message  Awara le Jeu 7 Juil 2016 - 12:24

C'est cela qui est intéressant, mais je comprends que ce livre rebute; il est assez étrange. Je l'avais lu lorsque Louise ERDRICH était auteur du mois et je me souviens d'avis divergeants à son propos.

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