Robert MARGERIT (France)

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Robert MARGERIT (France)

Message  veilleur le Jeu 28 Jan 2010 - 23:51

Sur l'auteur, le mieux est de se référer au site (incomplet) de l'association Robert Margerit : http://www.robert-margerit.com
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L'ïle des perroquets >> L'âpre parfum du large
Phebus, 1984

Présentation de l'éditeur en quatrième de couverture :

La justice des hommes n'étant pas, en ces temps de royauté absolue, ce qu'elle aurait dû être, que peut faire un petit paysan accusé d'un crime qu'il n'a pas commis ? Fuir et gagner la mer, où l'attend la vie d'un "gentilhomme de fortune". Ainsi commence l'aventure d'Antoine. Elle le conduira, dans le sillage d'une troupe de hors-la-loi venus de toutes les contrées d'Europe jusqu'aux îles des mers chaudes où Français, Anglais et Espagnols s'affrontent à boulets rouges pour s'assurer le contrôle de la route de l'or.

Historien autant que romancier, Robert Margerit (Prix Renaudot en 1951 pour son roman "Le Dieu nu") s'est inspiré d'anciennes chroniques pour faire revivre sous nos yeux le monde passionnant de la flibuste. Et nous voilà entraînés, tout comme son héros, à la suite de ces hommes perdus de réputation mais assoiffés de liberté qui ne reconnaissent qu'une seule maîtresse : la mer.

Sous le ciel torride de ces lointains climats, les passions s'exacerbent et l'âme humaine se montre enfin dans sa nudité. Car par-delà la reconstitution minutieuse d'une époque fascinante, c'est de l'éternelle insatisfaction des hommes que nous parle ici le romancier, habile à démêler les liens que tissent partout et toujours l'amour, l'argent et le goût du pouvoir, avec leur cortège attendu de crimes et d'actes d'héroïsme.

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Si la littérature d'aventure n'existait pas, il faudrait soit l'inventer, soit faire le constat amer d'un manque cruel dans l'imaginaire de l'Humanité. Ce roman est paru en 1942 dans la province du Limousin, alors que la France traversait une période particulièrement difficile. L'auteur avait alors à peine trente ans et entraînait ses lecteurs à travers une aventure échevelée qui leur permettait de donner toute sa part au rêve, à la libération de l'esprit. Comme l'indique très bien Jean-Pierre Sicre, fondateur des éditions Phébus, dans sa belle préface, la littérature d'aventure n'a jamais trouvé sa place en France, au contraire des pays anglo-saxons. Elle est considérée avec commisération comme étant juste bonne pour les enfants qui n'ont pas la maturité intellectuelle pour "attaquer" les valeurs sûres du répertoire classique français, que tout un chacun cite toujours sans presque les avoir lues.

Pourtant, la qualité de l'écriture, les soubresauts de l'intrigue, les référents de l'histoire développée montre bien que l'on s'adresse à des adultes propres à comprendre les affres de l'âme humaine, et non à des enfants. Avec cette épopée océanique et flibustière qui voit briller l'or et les oripeaux de la gloire, Robert Margerit démonte sans l'air d'y toucher le grand mythe de la piraterie pour la réduire à un cycle d'envies jamais satisfaites. Son héros, Antoine, peu taillé dans l'âme pour cette fuite en avant, n'aura cesse que de vouloir retrouver le bon chemin à travers les aléas tragiques de l'existence. Grand adolescent passant à l'âge adulte, il croisera la route du capitaine Flint à bord du Walrus. Avec Flint, l'hommage à "L'Ile au trésor" est manifeste puisque le jeune Jim Hawkins subira son ombre malfaisante en compagnie du trouble Long John Silver. Dans le roman de Margerit, nous croisons aussi la route d'un homme de l'équipage nommé Israël Hands, lequel sera tué par Hawkins dans le roman de Stevenson. Il est plaisant de voir qu'à travers les années, les aventures communiquent entre elles, formant un lacis que le lecteur parcourt avec délices.

"L'île des perroquets" a une verve picaresque indéniable, le sens du tragique, la beauté de cette tranquillité jamais trouvée. L'amour et la passion irriguent ce texte avec les personnages de Marion, Manuela et Soledad ; l'amitié avec Brice, cet insatisfait perpétuel ; la fourberie avec Flint.

C'est un beau roman, bien écrit, qui fait passer de bonnes heures au lecteur. Avec le retour au réel, il reste un peu du bruit que font les alizés en gonflant les voiles de ces vaisseaux qui portaient les passions humaines.

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