Laurence PLAZENET (France)

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Laurence PLAZENET (France)

Message  flop-itude le Lun 25 Jan 2010 - 22:34

La blessure et la soif de Laurence Plazenet

J'ai cru en cette histoire...Celle-là m'a tenue par une belle écriture,
une belle dame et un homme qui fondent d'amour, stupéfiés. J'étais
elle, j'étais lui, je suis elle, je suis lui que ça ne s'arrête jamais.
Voilà les émotions que m'ont inspiré ce livre .
Dans l'époque
troublée du XVIIème siècle, Monsieur de La Tour est soldat. Né dans une
grande famille à la noblesse toujours en quête d'appuis et de faveurs,
il soigne les relations avec son influent cousin Mr de Clermont.
Celui-ci revêt les valeurs masculines de l'époque tant dans son
mariage, que dans ses qualités diplomatiques et politiques. Mr de
Clermont est un puissant qui se relève de tout, Mr de La Tour un
mélancolique en quête de sens. Lorsqu'épuisé par une chevauchée
héroique, il tombe aux pieds de Madame de Clermont, lui que la vie
ballotait de guerres en blessures, de complots en déroutes, i'amour le
submerge, le blesse et le rend à jamais insatiable. Dans un magnifique
prologue, quelques hommes se partagent les reliques d'un mort et
respectent scrupuleusement ses consignes, il parle encore au-delà des
ténèbres de son amour et offre son coeur à Mme de Clermont.
Laurence
Plazenet se glisse dans une époque avec force d'évocations. Elle offre
à Mr de La Tour une échappée en Chine. Elle en fait un héros de
tragédie qui survit miraculeusement aux épreuves qu'il s'impose, il se
dépouille en cheminant vers l'irréductible, la désespérance infinie
face au vide et l'immensité de l'amour dont nos âmes sont esclaves. Pas
de médiocrité, aucune complaisance dans ce livre brodé de belles
phrases sur lesquelles je me suis souvent arrêtée. Je crois qu'au delà
d'une évidente érudition ce livre veut rendre palpable une forme de
sublime que notre époque délaisse pour d'autres quêtes moins
spirituelles.
"Que sais-je du visage que l'absence vous aura fait?
Ce n'est pas votre visage que je chéris. Je chéris le cri que nous
avons poussé ensemble, la tendresse qui nous a liés, je chéris
l'éblouissement que nous avons ressenti et que je sais avoir été seul
pur de toute ma vie.
Les devoirs sont des ombres ; ils ne sont
aucune âme. Ils sont ce qui nous détourne de nos âmes. Et, le plus
souvent, nous ne sommes que l'ombre de ces ombres;
Je ne suis même
pas une de ces ombres. Je ne suis rien. Je ne suis pas des devoirs que
j'ai méprisés sans m'y soustraire et je ne suis pas une femme par amour
de laquelle vous auriez consenti à ne rien vouloir davantage."

Comme ce livre magnifique est sans concession, je n'en aurais aucune moi aussi : 5/5
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flop-itude

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