Flannery O'CONNOR (Etats-Unis)

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Flannery O'CONNOR (Etats-Unis)

Message  terra.antiterra le Dim 24 Jan 2010 - 21:30

O'Connor ? oui, mais Flannery ?
Pourtant un écrivain du Sud -comme Faulkner, et qui supporte de lui être comparé.
Un écrivain américain que Gallimard a rendu célèbre en France dans les années cinquante,
Mais un écrivain oublié. Et une femme écrivain, qui n'est pas une écri-vaine.
Un grand talent à redécouvrir, grâce à la récente réédition en français de son oeuvre.


O'CONNOR, Flannery : « Les braves gens ne courent pas les rues …»
[Wise blood, A good man is hard to find, The violent bear it away, Everything that rises must converge, Why do the heaten rage ? ]

recueil de nouvelles traduites de l’américain par M.E. Coindreau et Henri Morisset

éd. Gallimard, Biblos, 1991 (F. O’Connor 1946-1973), 974p

« Pas à tortiller ! Le lecteur doit plonger dans le sombre nectar que lui sert Miss O’Connor »

RESUME : Les mille pages de cet ouvrage rassemblent la totalité de l’œuvre de fiction que Flannery O’Connor a écrite au cours de sa brève vie.
Deux romans : “La Sagesse dans le sang”, qui raconte l’histoire d’Hazel Motes prédicateur ambulant et escroc illuminé ; et “Ce sont les violents qui l’emportent” où le jeune Tarwater se doit à lui même de prouver qu’il n’est pas un prophète, ce qu’il prouve en noyant un jeune noir après l’avoir baptisé par accident.
Trois recueils de nouvelles (vingt six en tout). dont l’action dramatique et grotesque à la fois se déroule comme toute l’œuvre de Flannery O’ Connor, dans l’univers sordide des blancs pauvres et des noirs misérables du Sud, tous travaillés par la haine, la bêtise, la lâcheté et par des illuminations religieuses proches de la démence.

BIO : Flannery O'Connor (1925-1964) est née en 1925 à Savannah, d'une grande famille bourgeoise catholique. Elle obtient sa licence de lettres à Iowa en 1945, dessine; écrit, publie sa première nouvelle en 1946 et part pour New York. Son premier roman, Wise Blood, paraît en 1952, suivi en 1956 d'un volume de contes “A Good man is hard to find” et de nombreuses nouvelles. Elle a vingt-cinq ans lorsque se manifestent les premiers symptômes du lupus érythémateux, maladie dont son père est mort dix ans auparavant, Elle s'installe alors dans la grande ferme maternelle Andalusia, près de Milledgeville. Jusqu'à sa mort le 3 août 1964, Flannery O'Connor ne quittera cette propriété que pour un bref voyage en 1958 à Lourdes et à Rome et, de plus en plus souvent, pour des séjours à l'hôpital. Elle vivra, dans un espace restreint et pour un temps compté - avec sa mère Regina et les domestiques noirs qu'elle observe et interroge sans relâche, des journées ponctuées par les visites de colporteurs ou de voisins - objets de son insatiable curiosité -, par celles de ses amis, et par les frasques de l'innombrable volaille qu'elle élève. Ni l'espoir, ni la joie. ni son prodigieux humour, ni sa foi inébranlable, jusqu'à son dernier jour, ne l'abandonneront. (L’éditeur)

COMMENTAIRES :
L’éditeur : « C’est parce qu'elle attente à la vie et blasphème et bafoue le sacré que Flannery O'Connor a choisi de mettre en scène et de dénoncer cette sorte d'humanité de la disgrâce qui constitue son univers romanesque: faux prophètes et cyniques évangélistes, fanatiques et médiocres petits blancs ne sachant que la haine et le meurtre, nègres paresseux et menteurs, intellectuels minés par la lâcheté, marchands d'illusions, tous sont livrés à quelques obsessions archaïques et à la peur de la mort, et la romancière, dans sa caustique et percutante férocité, ne leur accorde qu'une grandeur tragique et ce mystère que confère, à certains d'entre eux, une étrange propension à la rêverie."

TAT : Intraitable Flannery O’ Connor ! Elle ne lâche rien, n’oublie rien, ne pardonne rien : ni à son lecteur, ni à ses personnages, ni à l’humaine condition dont elle met à nu avec férocité les grotesques et cruelles faiblesses, ni à la religion dont les servants sont le plus souvent sous sa plume des déments criminels. C’est effrayant de la voir saisir avec autant de précision la cruauté et le ridicule du monde. Car Flannery O’Connor s’amuse beaucoup des affreuses histoires qu’elle narre – elle le reconnaît bien volontiers dans sa correspondance. Le lecteur a bien du mal à comprendre les rapports qu’elle établit entre son œuvre et son catholicisme intransigeant. Pour elle, c’est pourtant clair : « J’écris comme le fais parce que je suis catholique et non bien que je le sois. C’est ainsi, il n’y a pas à tortiller ».
Non, il n’y a pas à
tortiller avec Miss O’ Connor, Elle n’a d’ailleurs jamais tortillé avec elle-même. C’est à prendre ou à laisser. Le lecteur plongé par la poigne stylistique de fer de Flannery O’Connor dans la noirceur de la stupide âme humaine, prendra.
Il aura certes par moments
envie de laisser, c’est pourquoi il sera -comme l’auteur lui-même, plus à l’aise avec les nouvelles qu’avec les romans. Mais pour ses frayeurs comme pour ses délices, il plongera à nouveau le sombre nectar que lui sert Miss O’Connor.


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Re: Flannery O'CONNOR (Etats-Unis)

Message  Réaliste-romantique le Lun 17 Fév 2014 - 20:44

La sagesse dans le sang

Un vétéran retour à son patelin de naissance, mais il n’y reste que la ruine de sa maison d’enfance. Un peu à cause de son habit, il devient pasteur. Il n’a toutefois pas vraiment la foi, alors pourquoi pas l’Église sans Jésus Christ? Il rencontre aussi quelques autres âmes perdues.

J’ai lu ce livre jusqu’à la fin parce qu’il se déroule dans le Tennessee et aussi parce que O’Connor fait partie des grandes écrivaines américaines, mais sinon j’aurais abandonné. J’ai trouvé l’écriture bien étrange. Elle me fait penser au roman non SF de Philip K Dick, Sur le territoire de Milton Lumky,  que je n’avais pas aimé non plus. À cause du style qui me rebutait, je n’ai ressenti aucune empathie pour les personnages, je n’ai pas saisi leurs quêtes ou leurs angoisses et j’ai même eu de la difficulté à me concentrer pour suivre le fil du récit.

Dans la préface, on dit qu’elle était plus à l’aise avec la nouvelle. J’aurais pu commencer par là. Je crains que la traduction a aussi nuit à mon appréciation : on parle de « pèze », de « calotter », mais en même temps de « ice-cream ». On adapte ou on n’adapte pas…

2/5

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