Henry RIDER HAGGARD (Royaume-Uni)

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Henry RIDER HAGGARD (Royaume-Uni)

Message  veilleur le Ven 22 Jan 2010 - 12:49

Pour présenter l'auteur, je ne saurais être plus complet que ce qui se trouve sur l'encyclopédie Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Henry_Rider_Haggard. Je vous invite donc à vous y référer.

Elle >> La flamme d'Ayesha

Ce livre date de 1887. Il a été traduit et publié à de nombreuses reprises. J'ai lu la très bonne version disponible chez ce non moins bon éditeur qu'est Terre de brume.

Le sujet est simple : à la suite de la découverte d'un tesson de poterie, un explorateur découvre un royaume perdu sur lequel règne une femme ayant découvert le secret de l'immortalité. Il s'ensuit une histoire d'amour incroyable avec un rêve de domination du monde.

Ce livre est un chef d'œuvre. De la première à la dernière page, le lecteur est emmené au cœur des passions humaines dans une tension scénaristique classique mais sans faille. Le livre aborde des thématiques très complexes : réincarnation, amour, aventures, archéologie, découverte, monde perdu,... Tout cela est mêlé de manière très intime.

Surtout et avant tout, ce livre est l'histoire d'un amour total, irrésolu, absolu, attendu depuis 2000 ans par Ayesha, la figure même de la féminité qui troublera tant le lecteur masculin. Un amour qui lui fera conquérir la puissance, la sagesse, la folie et une irrépressible beauté qui conquiert tout. Des scènes entières du roman s'imprimeront comme des images définitives dans l'esprit du lecteur, jusqu'à la scène finale, grandiose, magnifique et shakespearienne qui clôt ce roman hors normes que l'on à peine à fermer sans sentir dans son cœur la marque cuisante de la passion la plus totale.

Ce livre fait bien sûr penser à d'autres romans traitant de civilisations disparues, et l'on pense bien entendu à "L'Atlantide" de Pierre Benoît avec laquelle on peut trouver quelques ressemblances. Mais "Elle" est d'une autre nature, touche au monde du désir, au fondement de la nature humaine, à l'espoir le plus fou. On pense aussi
à quelques romans de type utopique de René Barjavel ( Le grand secret, la nuit des temps).

Depuis 1887, ce roman éclaire le paysage littéraire de sa lumière vive et sombre à la fois. Il se doit de figurer dans toute bibliothèque d'amateur de livre d'aventures, de roman d'amour, de psychologie, d'ethnographie, ... C'est un must.

Cette version de l'éditeur "Terre de brumes" est particulièrement soignée. C'est une nouvelle traduction intégrale du roman anglais. Y figure une postface de l'écrivain Henry Miller et une intéressante bibliographie comparée des versions publiées tant en anglais qu'en français. Y figure également les illustrations originales, en particulier le tesson de la poterie d'Amenartas qui déclenche l'action.

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Re : Henry Rider Haggard (Royaume-Uni)

Message  Franillon le Ven 22 Jan 2010 - 14:07

Veilleur, je n'ai pas lu ce livre de H.R. Haggard, mais j'en connaissais l'existence pour avoir lu, il y a une quinzaine d'années, un autre de ses romans, assez extraordinaire lui aussi : La fleur sacrée, qui se passe je ne sais plus où en Afrique autour d'une histoire d'orchidée. C'est en effet un écrivain à connaître.
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Re: Henry RIDER HAGGARD (Royaume-Uni)

Message  veilleur le Ven 9 Juil 2010 - 21:46

Les mines du roi Salomon (1885)

Réédition aux éditions : Terre de Brume, 2005

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Présentation de l'éditeur en quatrième de couverture :

Dans les années 1880, trois anglais s'aventurent dans des contrées inconnues de l'Afrique du Sud, à la recherche de Neville Curtis, parti en quête de fameuses mines de diamants du roi Salomon. Conduit par Allan Quatermain, le groupe d'aventuriers doit affronter de multiples dangers avant de trouver une contrée perdue, celle des Kukuanas, dirigée par le tyran Twala et la sorcière Gagool. Mais qui est le mystérieux Umbopa qui suit l'expédition depuis le départ ? Et comment les aventuriers sauront-ils se sortir des situations les plus périlleuses et gagner la confiance de la population opprimée par Twala ?
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Ce livre fait partie des classiques de la littérature d'aventure, au même titre que "L'Ile au trésor". C'est d'ailleurs en voyant le succès remporté par Stevenson avec ses pirates que Rider Haggard se décidera à composer un récit d'aventure, en partant de sa propre expérience africaine. S'il est daté, ce livre le porte seulement dans quelques tournures de style et dans les rapports à la nature. Il fut composé à une époque où on abattait un éléphant pour le simple plaisir de manger son cœur. Pour le reste, on sent le respect et l'admiration de l'auteur pour les sociétés africaines traditionnelles mais en gardant bien la distance que pouvait avoir un gentleman anglais de la fin du XIXème siècle. Le Kukuanaland de Haggard est très sérieusement copié sur le Zoulouland traditionnel, avec cette société de guerriers redoutés qui a mis à mal la morgue anglaise dans une série de batailles mémorables.

Le livre est bâti sur le principe d'une chasse au trésor mais agrémentée du fait qu'il faut d'abord rechercher une personne disparue, le frère de Sir Henry Curtis. Allan Quatermain, dont les aventures se développeront plus tard apparaît dans cet ouvrage comme un guide un peu blasé de la vie, poltron sur les bords mais fidèle en amitié et ayant le sens des affaires. Nous sommes loin du super-héros.

Le lecteur sera surtout saisi par quelques portraits aux caractères différents. D'abord le serviteur/roi Umbopa/Ignosi, fils caché héritier du trône du Kukuana, discret et sage. En contrepoint vient le cruel roi Twala dont les sanguinaires cérémonies sont autant d'images qui se fixent dans l'esprit du lecteur. Ensuite, la sorcière Gagool, à l'âge indéfini, mauvaise et rapace, qui règne sur une armée de sorcières à sa botte. Twala et Foulata forment un couple dont la malfaisance présence et les méthodes rappellent des idéologies modernes. A l'autre bout du spectre des sentiments, on se prend d'affection pour la jeune Foulata, dont le sort sera lié aux explorateurs anglais.

L'action est omniprésente, passées les quelques premières pages où l'on se doit de s'habituer au style de l'auteur et patienter durant toute la préparation de l'expédition. Les ressorts romanesques et épiques sont assez bien vus, avec le souci du détail. Sur ce point, l'auteur ira jusqu'à remplacer l'éclipse de soleil qui sauve les explorateurs par une éclipse de lune, plus longue. Hergé qui aura lu une traduction de la première version, s'inspirera de cet épisode pour la fameuse scène de "Tintin et le temple du Soleil".

La présentation du livre est très bien et les éditions "Terre de brume" ont fait un bon travail critique. A noter que l'annexe du livre contient la référence de toutes les versions française et anglaise, et que ce livre reprend des illustrations d'époque.

Un bon livre d'aventure dans la droite ligne des "boy's books" anglais, qui fait passer quelques heures bien agréables.

La MGM a tiré de ce roman un film entré dans les classiques du cinéma, avec Stewart Granger et Deborah Kerr.

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Re: Henry RIDER HAGGARD (Royaume-Uni)

Message  veilleur le Jeu 24 Mar 2011 - 21:13

Eric aux Yeux Brillants
1891
José Corti, 2007

Présentation sur le site de l'éditeur : http://www.jose-corti.fr/titresmerveilleux/ericyeuxbrillants.html

La saga des héros

Qui dirait que ce roman est paru en 1891 ? L'histoire est intemporelle, le style impeccable, l'impression forte. L'auteur de "She" et des "Mines du roi Salomon" a mis dans ces pages toute sa passion des grandes fresques romanesques, toute sa fougue pour retracer un destin hors du commun, sur fond d'amour total et de haine inexpugnable. Au début de notre ère, l'Islande est peuplée d'hommes du Nord, de Vikings, aux règles rudes, aux traditions bien ancrées, à l'honneur sourcilleux. Eric est un jeune homme issu d'une famille modeste mais auquel le courage, la force, la beauté ne manquent pas. Il va se faire aimer de deux femmes très belles mais une seule a de la place dans son coeur. Comme l'on sait que l'amour le plus intense est une passion qui est très proche de la haine la plus profonde, celle qui n'est pas aimée va tout faire pour conquérir celui qu'elle aime, au risque de vouloir sa mort.

Roman de la passion la plus totale, mêlée aux actions les plus héroïques, "Eric aux yeux brillants" se doit d'être lu par les amateurs de grands romans d'aventure, par ceux qui aiment sentir le frisson des destins exceptionnels. Henry Rider Haggard a choisi pour son récit le style de la saga, qui mêle des passages poétiques, du merveilleux, de l'épique. Passées les premières pages où l'on doit s'habituer au style et aux noms islandais, le lecteur est emporté à brides abattues et ne peut se détacher de ce livre avant sa conclusion, héroïque et grandiose bien entendu. C'est formidable et emporte l'enthousiasme. Autant dire que malgré son âge, ce livre n'a pas pris une ride. La quatrième de couverture mentionne que l'auteur fascinait Stevenson, Jung, Kipling, Henry Miller. Et moi également, en modeste lecteur !

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Re: Henry RIDER HAGGARD (Royaume-Uni)

Message  veilleur le Sam 19 Nov 2011 - 19:16

Le jour où la Terre trembla
José Corti, 2007, 430 pages

Le pouvoir et le sacrifice


Henry Rider Haggard n'est plus à présenter. Auteur de "She" (Ah ! Ayesha), des "mines du roi Salomon", d'"Eric aux yeux brillants", il est le digne représentant de l'écrivain britannique n'ayant aucun doute sur la suprématie d'Albion sur le monde et de ce type de littérature d'aventures à la limite du fantastique qu'affectionne particulièrement les anglo-saxons. Lorsqu'il écrivit "Le jour où la Terre trembla", il était couvert d'honneur mais dans une profonde déprime. La première guerre mondiale fait rage en Europe. Il y perd un fils. Il se sent vieillir et constate l'écroulement du monde. Pour autant, l'auteur va produire une de ces œuvres mystérieuses qui atteignent le cœur du lecteur car on y aborde des thèmes éternels : l'amour, l'ambition, le pouvoir, l'esprit du sacrifice. De ce roman puissant aux sombres lueurs, on retiendra les deux figures majeures d'Oro et d'Yva, rescapés d'un monde détruit. Détruit par Oro qui possède des pouvoirs immenses, dont celui d'immerger des continents, et qui ne rêve que grandeur, soumission, pouvoir. Héritier d'une civilisation engloutie qui fait penser à l'Atlantide, Oro a voulu survivre à ces temps anciens, avec sa fille, en se plongeant dans un sommeil qui aura duré deux cent cinquante mille ans. Oro qui souhaite refondre ce monde après l'avoir visité (sous forme de corps astral) et constaté que l'espèce humaine est passée experte en horreurs. De l'autre côté, Yva, la Dame brillante, féminine à souhait, dotée également de pouvoirs mais chez laquelle l'esprit de dévouement et de sacrifice, allié à l'humilité et à la sagesse, fait qu'elle prend le parti opposé de son père Oro.

Sans dévoiler le roman, on peut dire qu'il ménage au spectateur des scènes grandioses telles que l'auteur les aime. Les montagnes sortent de terre, les villes souterraines s'offrent au regard, les civilisations passent en extraits brillants. Ce sens de la description fantastique allié au sens de la dramaturgie est un élément de succès indéniable dans les oeuvres de Haggard. Si le style de l'auteur est très marqué XIXème siècle, le lecteur accroche à l'action qui, dans le roman présent, ne démarre qu'après une longue présentation des personnages et un naufrage sur une île inconnue.

Réflexion morale d'un homme en plein doute et se voyant vieillir dans la solitude, ce roman est traversé de sombres éclairs mais toujours soutenu par le filigrane d'un amour espéré que Henry Rider Haggard savait éternel.

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Re: Henry RIDER HAGGARD (Royaume-Uni)

Message  veilleur le Mar 30 Avr 2013 - 4:57

Aycha, ou le retour d'Elle
Terre de Brumes, 2012, 261 pages

J'étais resté estomaqué par la fin de "Elle", le roman de Rider Haggard mettant en scène "Celle-qui-doit-être-obéit". D'un érotisme brûlant et baigné d'un désir d'amour éternel, le roman n'avait pas permis la conclusion de l'histoire, mais avant de mourir dans les circonstances que je ne dévoilerais pas ici, Aycha avait fait la promesse de revenir. Et c'est chose faite dans cette suite qui permet de boucler sur cette histoire qui ne concerne ni plus ni moins que la destinée du monde. La personnalité de l'héroïne est un peu plus dévoilée, surtout dans ses considérations cosmiques et quasi théologiques. On ne sait si finalement, cette femme n'est pas un des anges déchus, celle qu'on appelle "l'étoile-qui-est-tombée". Mais quelle merveille et quelle puissance, quelles faiblesses aussi et quelle tendresse. Le charme d'Aycha tient à la jonction des extrêmes dans cette femme. Dans son refuge de la montagne d'Asie centrale, elle n'attend que l'accomplissement ultime de son destin, et c'est ce à quoi nous mène l'auteur avec le talent de conteur qu'on connaît à celui qui nous a emmené dans les "mines du roi Salomon".

Sans doute un petit cran en dessous que le premier roman de la saga de "She", celui-ci n'en captive pas moins le lecteur et c'est pourquoi je le recommande à tous les amateurs de romans d'aventure mais également à ceux qui s'intéressent aux dialogues fondamentaux sur l'amour, la destinée des mondes, la liberté individuelle, le rapport entre l'amour et la puissance et toutes ces sortes de choses.

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Re: Henry RIDER HAGGARD (Royaume-Uni)

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