André BRINK (Afrique du Sud)

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André BRINK (Afrique du Sud)

Message  Mousseline le Sam 1 Nov 2008 - 20:34

De : lalyre7032 Envoyé : 22/12/2005 15:32

Au-delà du silence - André Brink
Le livre de poche

Début du XXe siècle ce roman relate le combat de Hanna X.contre l'agression de l'homme,elle l'a commencé très jeune à Brême ou elle est confrontée à leur dictature du désir.Croyant trouver la liberté et le bonheur,elle s'embarque à l'âge de vingt ans,à bord d'un bateau en partance pour le Sud-Ouest africain,alors sous domination allemande.Elle fait partie d'une cargaison de femmes destinées à satisfaire ces colons en manque de femmes.A l'arrivée beaucoup de ces femmes devenues des épaves étaient dirigées vers des hospices et bordels.Les autres sont acheminées vers la capitale par le train,le voyage dure quatre jours et voici Hanna choisie par un capitaine et n'acceptant pas d'être violée elle lui mord le sexe quant il la force à le mettre dans sa bouche mais comme on s'en doute,les représailles seront terribles,elle sera battue et violée par les hommes du capitaine,puis défigurée,sa langue,ses seins et son sexe mutilé.Abandonnée dans le désert elle survivra et cela grâce aux femmes nomades qui la soignent mais aussi grâce à la puissance de sa haine du mâle qui l'habite et dont la vengeance à accomplir sera désormais son unique raison de vivre.

Mon avis;c'est une grande réflexion sur le pouvoir abusif des hommes envers les femmes que j'ai ressenti dans ce livre.Cette héroïne m'a émue par sa force mais souvent par son impuissance et c'est un personnage dont je me souviendrai.J'aime beaucoup le style de l'auteur qui m'a conduit au-delà de ce que je pouvais imaginer.
Un passage du livre que j'ai envie de vous faire partager:Hanna se cache dans un coin sombre de la cathédrale,elle écoute les grandes orgues.Là,elle peut enfin se retrouver seule avec la musique dont les échos emplissent la pénombre de l'édifice élancé.La musique frémit contre les murs,tremble dans les chapentes,courbe les petites flammes des cierges comme prises dans un courant d'air invisible.Parfois,elle meurt quasiment dans un murmure,puis se rassemble et s'amplifie,enfle comme une vague qui se cabre dans un océan sans fin,pour venir se briser juste au-dessus d'Hanna
Un véritable coup de coeur 5/5
Lalyre


De : JoAnn_Kamar Envoyé : 14/04/2006 18:34
André Brink (Afrique du Sud)
Une saison blanche et sèche - 1979
Livre de Poche - 372 p.
3/5

► Résumé Un jour, un romancier reçoit l'appel puis la visite d'un ancien camarade de classe, Ben Du Toit. Voilà plusieurs années qu'ils ne se sont pas vus. Mais peu importe. Ben Du Toit sait qu'il est en danger de mort et confie au romancier un tas de paperasse, au début sans lien apparent, mais qui est le fruit d'une longue investigation sur la mort d'un homme noir et honnête par la main de la Police de Sûreté, bien sûr mandatée par le Parti Nationaliste et la politique raciste qu'est l'Apartheid en Afrique du Sud. Jamais un membre de la police ne serait accusé de la mort d'un simple jardinier noir, du moins, ce n'aurait pas été un homicide volontaire dans les prisons de la police...
Le romancier va alors remonter le fil de telle investigation et nous la raconter, du point de vue de Ben. Comment la vie de cet instituteur sans histoire, ancien berger, dont les jours se suivent et se ressemblent, va basculer du jour au lendemain lorsque Gordon, son jardinier, lui demande de l'aide pour son fils Jonathan qui a de mauvaises fréquentations.
Ben, qui n'a jamais rien fait qui aille contre les lois de son pays, malgré son opposition morale au régime, va être émergé dans les mensonges et les crimes de son propre État, va se lier d'amitié avec Stanley, un Noir original ami de Gordon, va voir sa vie de famille s'émietter, son hiérarchie contre lui, ses élèves se moquant de lui, malgré le support de Melanie et Phil Bruwer, de l'avocat Dan Levison...
Ben sait qu'il va y laisser les plumes, mais s'entête à aller jusqu'au bout, pour savoir la vérité sur la mort de Gordon, pour blanchir son nom, malgré les bâtons dans les roues et les intimidations de la police de sûreté.

► Ma lecture Je me rends compte que je lis souvent les livres traitant de l'Afrique de manière différente. Je ne les lis pas en tant que lectrice anonyme, mais en tant qu'Africaine (d'où, je crois, des critiques plus négatives pour les uns et bien plus longues pour les autres). C'est plus fort que moi, je ne sais pas faire autrement.
Pourtant, tout au long de ce livre, j'ai essayé de ne pas plonger corps et âme dans l'histoire, dans le contexte historique et social, d'un pays que j'aime énormément et que j'ai adopté comme ma deuxième maison.
Autant je me sentais concernée, autant l'injuste était toujours aussi fraîche dans mon esprit, autant je n'ai pas réussi à complètement plonger dans l'histoire comme j'ai plongé dans les rues de Johannesburg en le lisant. Malgré l'implication de Ben Du Toit dans tout ça, j'ai senti la frustration qu'est celle de vouloir la vérité à tout prix malgré la loi qui nous l'empêche, la frustration de savoir qu'à partir du moment où on aide quelqu'un, c'est tout le quartier qui vient demander de l'aide, l'irritabilité de savoir que même si c'est une cause juste, beaucoup de gens y passaient... même Ben s'est arrêté un moment pour se demander s'il devait continuer alors qu'on meurt de mort non-naturelle autour de lui, l'impuissance de ne pas avoir les réponses à nos questions, de ne pas avoir la vérité au grand jour, de voir qu'on est cible des grands alors qu'on n'est rien...

► Mon aparté Une fois, je passais les vacances chez mes cousins au Portugal et à la télé, il y avait un film sur l'Afrique du Sud relatant l'Apartheid. Je voulais le voir. Ma cousine me lance "comment peut-on aimer un pays avec des lois racistes et injustes?" En l'aimant, tout simplement, sachant que l'Apartheid a été aboli récemment. Mon père a été un des premiers hommes noirs à pouvoir rentrer en Afrique du Sud pendant l'Apartheid (nos passeports étaient valables partout, sauf en Afrique du Sud). J'ai emménagé chez lui moins de quatre ans après la fin de l'Apartheid.
Avec le lycée ou mon père, j'ai visité les townships de Johannesburg et de Pretoria, j'ai vu Soweto de l'intérieur, j'ai vu les tensions entre les Noirs et les Blancs qui leur parlaient en Afrikaans alors qu'en Anglais ce serait tellement plus simple...
En lisant ce livre, j'ai revu le centre-ville de Jo'burg déserté par les Blancs après l'Apartheid, j'ai revu les routes de terre des townships, j'ai revu les banlieues de Jo'Burg où j'ai moi-même vécu, parfois seule famille noire de tout un quartier.
Au lycée, on nous impliquait dans l'histoire complexe de ce pays, the Rainbow Nation, en nous faisant visiter les prisons inhumaines, suivre les pas de Mandela et de Gandhi, lire le TRC (Truth and Reconciliation Commission) pour rétablir la vérité et les exactions de ce temps encore si proches, lire et entendre des témoignagnes de gens qui venaient nous parler (d'ailleurs, c'était extra d'être Angolaise, car on me disait souvent que beaucoup de Noirs sudaf se sont réfugiés en Angola et y ont fait leur entraînement militaire).
Alors voilà. J'ai essayé de lire ce livre à une distance respectable, pour ne pas être indifférente au sort des millions de Noirs qui ont souffert de cette ségrégation raciale et légale, mais je n'ai pas réussi car c'est moi et que c'est de l'Afrique du Sud qu'on parle. Un pays qui malgré tout et à peine 12 ans de démocratie, encore enfant, lutte pour que son histoire ne soit pas oubliée mais pour qu'elle soit aussi une leçon d'exemples à ne pas faire. Et où je n'ai jamais été jugée par la couleur de ma peau (déjà que les mariages mixtes étaient illégaux, les Métis sont un cas à part dans ce pays).

Peut-être je revisiterai ma note car elle ne réflète pas ce que je ressens à la fin de ce livre, comme je ne sais pas ce que je ressens à la fin de ce livre (nous voilà avancés)...


De : lalyre7032 Envoyé : 16/07/2006 17:16

L'insecte missionnaire - André Brink
Actes Sud

Ce livre nous raconte le singulier destin d'un petit garçon noir,Cupido Cancrelat,né en Afrique du Sud en 1760,fils d'une esclave hottentote.Confident des esprits et des enchanteurs,cet enfant né sous le signe du surnaturel,ébloui par le culte des blancs, se fait baptiser et ne tarde pas à prendre la route pour répondre à l'appel du Dieu de la Bible et répandre la bonne parole.Ordonné il devient le premier missionnaire noir du pays.Mais les démons de l'apartheid sont là prêts à intervenir et notre héros sera lâchement abandonné par ceux en qui il avait placé sa confiance,pour finir dans la plus tragique des solitudes parce que la couleur de sa peau est une véritable malédiction.

Mon avis :C'est inspiré par l'histoire véritable de Cupido Cancrelat que l'auteur a construit ce roman très beau,j'ai aimé les lettres que Cupido écrit à Dieu,émouvantes mais le temps passant sans avoir de rèponses du divin,la révolte transparaît dans sa dernière missive.Un livre envoûtant raconté avec de la poésie nous laissant entrevoir un mélange de rites païens et chrétiens.
5/5


De : pounette Envoyé : 13/08/2006 18:12

Au-delà du silence - André BRINK

Je ne pense pas qu'il soit nécessaire de faire un énième résumé. Cela a très bien été fait auparavant.
Gros coups de coeur pour ce livre que j'ai découvert grâce aux critiques de rats (ahh décidement, vous me devenez indispensables!!)

La destinée de cette femme m'a profondement émue, touchée.
Quel courage dans cette petite orpheline qui subit humiliations quotidiennes alors qu'elle ne cherche qu'amour et attention.
De même, on reste coi devant sa force de vie suite à son viol et ses défigurations.

J'ai ragé pendant toute ma lecture face à cette toute-puissance masculine, qui traite la femme plus bas que terre.
On finit par se dire que ce n'est pas possible, que les hommes sont tous des animaux. Heureusement, trois font la différence et naître un peu d'espoir.

Quel âpre pays que la Namibie!
André Brink en donne une description sans concession: paysages pleins de rudesse, hostiles mais également pays où légendes et mythes foisonnent.
On part alors à la découverte de peuples qui tentent de survivre malgré les massacres allemands, et qui racontent toujours et encore pour calmer les douleurs.

Roman historique, féministe prenant parti pour les laisser-pour-compte.
Roman d'amour pour la Namibie et som peuple.
Mais roman qui fait mal...et qui me hantera longtemps.

Je le conseille vraiment même si des passages sont difficiles à lire (par la cruauté qui en émane). Une de mes découvertes de l'année.

Ma note: 5/5

Pounette


De : zeta-b Envoyé : 05/09/2006 12:41

André Brink est un auteur sud-africain qui a une bonne place sur mes étagères. C'est un xxxxx engagé qui s'est battu longtemps contre l'Apartheid , c'est aussi un écrivain talentueux qui peut mêler à ses réquisitoires contre la ségrégation raciale de belles histoires.
J'aime particulièrement les titres qui suivent :
Etats d'Urgence - Rumeurs de Pluie - un Turbulent silence - Une saison blanche et sèche - Au plus noir de la nuit - Un instant dans le Vent - Les droits du Désir - Au delà du silence - Les imaginations du sable.
Il en a écrit d'autres qui me restent à lire .....

Le Vallon du Diable - 4/5

J'ai eu un peu de mal à être complètement prise par l'histoire, il faut dire que dans ce roman André Brink décrit un monde peu reluisant et que ses personnages, du héros un journaliste-historien cynique et désabusé aux personnages secondaires, sont particulièrement repoussants ou tout au moins antipathiques. Seules les figures féminines, comme souvent dans les livres de Brink, témoignent d'une certaine humanité.
Flip Lochner, ce héros amer qui a raté sa vie, rencontre un jour un jeune xxxxx qui vient du Vallon du Diable. Un territoire quasiment inaccessible, frappé par la sécheresse, occupé par une communauté vivant repliée sur elle-même profondément xénophobe, et dont on ne sait pas grand chose, excepté qu'il ne fait pas bon s'y aventurer. Le jeune Lukas décède par accident avant d'avoir pu révéler à Flip tous les secrets de sa communauté et le journaliste décide de raporter ses cendres dans le Vallon du Diable, afin d'interroger ses habitants pour en écrire l'histoire, et en tirer quelque gloire.
Il découvre un monde archaïque, régi par des coutumes et une religion cruelles, une société patriarcale, des créatures difformes dans leur chair et leur esprit. Mais il fait aussi la rencontre d'une jeune fille, qui le fascine qui semble être tout d'abord une apparition surnaturelle, un être pur qui pourrait lui rendre son innocence.

C'est un livre déroutant dans lequel il faut vraiment se plonger en oubliant le rationalisme pour pouvoir l'apprécier, mais une fois que l'on a fait cet effort, on peut se laisser emporter par le souffle brûant d'un récit chaotique et dérangeant.
Ce n'est pas mon préféré de l'auteur mais je pense qu'il me faudra le relire pour mieux le comprendre. Andre Brink a vécu la majeure partie de sa vie dans une société qui pratiquait un mode de vie qui s'apparente idéologiquement à celui du Vallon.
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Re: André BRINK (Afrique du Sud)

Message  Mousseline le Sam 1 Nov 2008 - 20:38

De : gallomaniac Envoyé : 26/09/2006 18:41

André Brink: Le mur de la Peste
(The wall of the plague, 1983, trad. Jean Guilaneau Ed. Stock, Livre de Poche 1984)

Le Mur de la Peste se trouve en France dans le Vaucluse, on peut le visiter. C’est là que Paul, écrivain-cinéaste, sud-Africain blanc en exil en France, va bientôt tourner un film. Auparavant, il demande en mariage sa petite amie Andrea, métisse sud-africaine en exil aussi. Elle se sent subitement accablée: mariage mixte, elle ne pourra jamais retourner là-bas en couple. Par besoin de réfléchir, elle va au-devant de Paul se documenter sur les lieux et les histoires de peste en Provence. Cela ne suffit pas pour chasser des “souvenirs déstructifs” sur des événements passés en Afrique du Sud, sur le temps vecu à Paris, qui davantage déterminent le cours du récit.

L’auteur André Brink est un blanc sud-africain engagé contre l’Apartheid. Dans une lecture donné en 1994 à Groningen, Pays-Bas, il disait que pour lui, il n’y a pas d’opposition entre “littérature de l’art pour l’art” et “littérature engagé”. Et en Afrique du sud, jusqu’à son abolition, l’Apartheid donnait orientation et signification à la littérature et à ce livre.

Chez André Brink, le thème principal est le dépassement de l’Apartheid par des relations interraciales, de vrais amours interdits par la loi. André Brink réussit à chaque fois d’immiscer les tensions provoqués par l’extérieur à l’intérieur de la rélation amoureuse, ce qui rend ses livres chargés de dilemmes extrèmes et d’émotions intenses, captivants pour le lecteur.

L’élément extérieur majeur dans Le Mur de la Peste est une trosième personne, Mandla, jeune militant noir traqué jusqu’en France par le Service Secret sud-africain. Le récit se passe dans une unité de temps de cinq jours, qui font tout basculer.

Dans la fin de l’histoire Mandla met à nu ce que j’appelle “la solidarité impossible”. Le blanc solidair du noir n’est jamais noir lui-même. Mandla contre Paul: “Tu crois que tu peux dire à un Noir sud-africain ce que ça signifie être noir?” Et agressif: “Tu veux me le dire?”.

Alors celui que se veut solidaire envers les opprimés, se met par là en état d’infériorité: dans les livres de Brink à peu près tout les blancs de bonne intention prennent allure de faiblesse.

La France n’est pas un pays inconnu pour André Brink: il a étudié en Sorbonne. “Le Mur de la Peste” c’est l’Apartheid transposé, importé en France, tout près de moi, blanc européen, et le livre m’ouvre les yeux pour la situation dans laquelle se trouve mon voisin réfugié. <o:p></o:p>

Ma note: 4,5/5


De : zeta-b Envoyé : 26/11/2006 19:06

André Brink - L’amour et l’oubli

André Brink est un de mes auteurs préférés, au fil des années j’ai acheté presque toute sa production et je n’ai jamais été déçue.

Ecrivain sud africain, il s’est fait une spécialité de dénoncer, dans son œuvre, l’Apartheid.
Avec talent, il mêlait la fiction, à la réalité politique inique de son pays.

L’Apartheid n’est plus, dépossédé de son principal sujet André Brink devait cependant rester un très grand écrivain.

D’autant qu’en Afrique du Sud la situation reste chaotique et qu’il y a encore beaucoup à en dire..

Je n’ai pas adoré « L’Amour et l’Oubli ». Je n’ignore plus rien de l’anatomie intime des personnages féminins de ce roman, j’ai une idée tout à fait exhaustive de la façon dont le héros a fait l’amour à ses nombreuses et changeantes partenaires, mais je n’ai pas retrouvé l’auteur que j’appréciais.

Il me semble bien qu’avant André Brink ne parsemait pas autant sa littérature de scènes chaudes. Bon je ne suis pas prude mais trop, c’est un peu trop….. Que Chris, le héros ou André Brink lui même, en quatrième de couverture il est question de « biographie fictive »(deux termes contradictoires, non ?), ait beaucoup aimé les femmes on en doute pas, on est même content pour lui, mais qu’il étale sa vie privée, tout ce qu’il y a de plus privée avec autant d’impudeur (bien que cela reste joliment écrit) me gêne un peu.

D’autant qu’à part ça il n’y a pas grand chose d’autre, que le récit de son dernier amour (platonique), soit un peu mièvre et guère intéressant.

Ah je suis dure mais qui aime bien, chatie bien !

En souvenir de ses autres romans je le note 3/5



De : Philcabzi5 Envoyé : 01/03/2007 13:10

André Brink - Au-delà du silence
Ed. Stock, 2003, 469 pages

Note: 4.5/5

Mon avis:
J'ai reçu un formidable coup de poing en lisant ce livre. Bien confortable dans mon salon j'ai réalisé (encore une fois!) que je suis terriblement chanceuse de vivre à cette époque dans un pays comme le mien. Hanna rêvait de voyage, de palmier et de liberté mais bien vite elle a due lutter pour survivre et conserver sa dignité. Le pouvoir des hommes (des hommes blancs bien sûr) etait totalement disproportionné et la cruauté qu'ils démontraient en faisait des hommes sauvages et sanguinaires.

La façon dont André Brink raconte l'histoire m'a beaucoup plût. En fait, plus de la moitié du roman est raconté sous forme d'anecdotes, un peu au hasard, sur la vie d'Hanna avant le jour où elle se regarde dans le miroir de Frauenstein. Je me suis sentie happée par cet univers totalement inconnue pour moi. La peur, le désir de liberté, la souffrance, l'espoir et bien d'autres sentiments sont parfaitement décrit par André Brink. Par contre, la dernière partie du roman, soit celle où elle quitte Frauenstein pour marcher dans le désert et entretenir sa vengeance m'a parût très longue. J'aurait terminer le roman là sans vraiment savoir ce qu'elle fait ensuite, nous laissans la chance d'imaginer.


De : lalyre7032 Envoyé : 05/05/2007 16:29
La porte bleue André Brink
Actes/Sud 114 P

Un peintre nommé David part de chez lui avec une liste de courses à faire pour sa femme Lydia,il passe par son atelier,un petit cottage qu'il a acheté pour travailler tranquillement.Quand il ouvre la porte peinte en bleu,il est accueilli par une créature de rêve et deux enfants métis qui l'appellent papa,il n'y comprend rien,il sait qu'il est marié à une femme blanche,il croit perdre la tête d'autant plus que cette femme qui se nomme Sarah,sait tout de lui et le connaît parfaitement,il ne reconnaît pas les lieux,le cottage étant devenu habitable et meublé,il est certain que Sarah agit avec lui tout à fait naturellement et à l'heure du coucher lui demande de ne pas tarder,voila notre ami bien embarrassé,il pense que c'est impossible pour lui ,il y a Lydia qu'il ne veut pas tromper mais arrivé au lit avec Sarah à ses côtés qui l'embrasse,il perd ses moyens.Le lendemain,angoissé,terrorisé et se sentant coupable,il décide de rentrer chez lui mais il ne retrouve pas l'appartement, paniqué,notre héros pense avoir perdu la mémoire et il se retrouve face à lui-même,à son passé gommé et le voila parti dans une spirale infernale.
Est-ce un conte ou un cauchemar que fait notre héros,moi je l'ai lu comme un rêve aux frontières de l'inconscience,une écriture subtile pour nous prendre dans les filets de l'impossible et de l'ambiguïté mais j'ai aimé ce livre qui est tout à fait hors de l'ordinaire
4,5/5
Lalyre


De : ceirdwin Envoyé : 26/03/2008 14:05

Au plus noir de la nuit, d'André Brink

J'ai découvert cet auteur par hasard l'année dernière à la bibliothèque. Je ne savais pas quoi prendre et je flanais le long des allées à la recherche d'un titre accrocheur ou d'un auteur que j'avais bien aimé. C'est alors que j'ai repéré « imagination de sable ». En soi le titre est déjà tout un roman. Le 4eme de couverture m'a plu et j'ai ainsi fit la connaissance de cet écrivain d'Afrique du Sud. C'est le premier lu mais pas le dernier. J'ai adoré l'atmosphère e ses livres.

« Imagination de sable » ayant déjà été critiqué, je vais plutôt vous proposé « Au plus noir de la nuit ».

L'auteur d'écrit l'apartheid, à travers la vie de Joseph Malan. Malan est en prison. Il y est torturé. On apprend qu'il est accusé d'un meurtre : une femme blanche qui aurait pu être sa maitresse. Ses bourraux se vengent : comment un Noir a t'il pu toucher une de leur femmes !!!!. La bonne société blanche ne comprend pas : comment l'une des leurs a t'elle pu aimer un homme de couleur ??? En prison, le système judiciaire lui donne un crayon et du papier pour qu'il puisse écrire sa déposition. C'est sa vie qu'il décrit. Depuis son enfance comme quasi esclave d'une famille d'afrikaners, où il se lie d'amitié avec le fils du maître jusqu'à Londre où il commence à être connu en tant qu'acteur. Il y décrit les personnages qu'il rencontre, tous typiques, ses ancêtres..... et son retour en Afrique du Sud. Son besoin de retrouver son pays alors qu'il ne voulait plus y revenir. Parti jeune homme, il revient avec des yeux d'adultes ayant parcouru le monde. Il écrit tout, jusqu'aux causes de son emprisonnement....

J'ai adoré ce roman. Il fait parti de ceux qui demande une transition avec le livre suivant. Jusqu'au bout, j'ai espéré une fin plus positive. En cours de lecture, je me suis révoltée, j'ai pleuré, j'ai aimé avec lui, j'ai eu envie de l'insulter, de lui dire de se battre.... mais en fin de compte j'ai compris ses raisons et je l'ai accepté. J'ai lu « Au plus noir de la nuit » il y a quelques mois, mais il est encore très présent dans mon esprit..... Un note ? 5/5 bien sur


De : Chantal5500 Envoyé : 28/05/2008 22:48

LES IMAGINATIONS DU SABLE : André Brink
Editions Stock - 622 pages.

Kristien Muller vit en Angleterre depuis plusieurs années, ayant fui son pays, l'Afrique du Sud, révoltée par l'apartheid. Onze ans se sont passés et un coup de téléphone brutal de sa soeur Anna, lui apprend que sa grand-mère, Ouma-Christina, 103 ans, va mourir. Celle-ci a été victime d'un attentat criminel qui a détruit une partie de sa maison, un palais étrange et baroque, entourés d'oiseaux et de paons, situé dans le veld, attentat au cours duquel elle a été grièvement brûlée. Rentrée en Afrique, Kristien va se démener pour faire sortir Ouma de l'hôpital, la réinstaller chez elle et la veiller. Chaque nuit, Ouma va alors lui raconter l'histoire de ses aïeules, et par là-même leur histoire à toutes les deux, et l'histoire de leur pays......

A travers les portraits de Kristien et d'Ouma et de toutes les autres (racontés par la voix d'Ouma) : Kamma la khoikhoi à la langue coupée, Lottie femme sans ombre condamnée à la chercher dans le veld, Samuel la femme-homme, l'énorme Wilhelmina engloutie dans ses excréments, Pétronella la prophétesse, Rachel emportée par la folie et enfermée, l'auteur, peu à peu, nous conte l'histoire de l'Afrique du Sud, en y incluant plein de merveilleux et de fantastique. Les récits d'Ouma apparaissent comme des contes où il est quelquefois difficile de cerner le réel de l'imaginaire de la vieille femme. Et quand la fin du récit lui paraît difficile, elle termine par la phrase magique :" Et un éléphant arriva et souffla sur l'histoire..."
Intercalée entre ces récits, la vie réelle est bien présente car c'est le moment des premières élections au suffrage universel, d'où un climat de tension, de violence, d'incompréhension, de peurs ancestrales entre les blancs et les noirs. Et Anna, soeur de Kristien, est l'exemple-même de la femme afrikaner opprimée, victime continuelle, qui va se révolter d'horrible manière. La mort d'Ouma va clore un passé révolu, et Kristien va devoir choisir entre rentrer en Angleterre ou accepter son histoire et la poursuivre avec tous les africains, blancs et noirs....

Ecriture superbe, portraits de femmes rebelles et insoumises, psychologie fouillée, politique, poésie, merveilleux, magie, tous ses ingrédients en font un roman magnifique que j'ai adoré. Aucun ennui, aucun temps mort, une histoire qui coule (malgré les allers-retours dans le temps) grâce au talent de l'auteur. Un écrivain que je relirai.

5/5
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Re: André BRINK (Afrique du Sud)

Message  gallo le Mar 2 Déc 2008 - 19:23

De : Cocotte8017 Envoyé : 2008-09-07 09:55

Une saison blanche et sèche

Dans le pays de l'appartied, l'Afrique du Sud, Ben du Toit est un professeur d'histoire à la vie banale. La mort d'un jeune noir et celle du père de ce dernier, le poussera à tout faire pour comprendre. Ignorant jusque là le système politique dans lequel il vit, il découvrira la réalité désolante de son pays. Un pays où il est souvent mieux de ne pas trop savoir...

Voilà un grand livre! Un témoignage percutant qui touche droit au coeur! C'est le combat d'un homme courageux qui veut savoir à tout prix peu importe les conséquences. Il choisira la vérité plutôt que le confort de sa petite vie. Malgré ce qu'en pense les autres, il ne pourra vivre avec sa conscience sans continuer à chercher. Voilà une leçon à ne pas oublier! Un récit difficile à lâcher tellement on se sent happé par l'histoire. Un livre qui nous apprend bien des choses et qui nous bouleverse, c'est ça la force d'un grand roman!

Un livre que je n'oublierai pas de sitôt!

Ma note : 5/5




De : Chantal5500 Envoyé : 2008-08-25 05:14

UN TURBULENT SILENCE : André Brink
Le livre de Poche - 598 pages.

Ce livre relate la révolte d'un groupe d'esclaves noirs dans une ferme isolée au centre de l'Afrique du sud au début du 19è siècle. Barend et Nicolaas sont deux fermiers blancs, deux frères qui vont se trouver avec leur famille face à quelques esclaves noirs menés par Galand, frère de lait de Nicolaas. Galand n'a pas supporté, lui qui a été élevé avec Nicolaas et Barend, qui a partagé son enfance, ses jeux avec eux, d'être ramené au rang d'esclave, supportant humiliations incessantes, coups de fouet, Nicolas exigeant obéissance absolue, lui "prenant" sa femme, lui tuant son enfant....
Le livre commence en prologue par le récit de la révolte, passage que j'ai occulté tout d'abord pour le lire à la fin, pour poursuivre ensuite avec la narration des évènements par chaque personnage de l'histoire (A chaque chapitre, un personnage parle et raconte sa vision des choses). L'histoire se dessine alors peu à peu, en mettant en avant tous les sentiments, les comportements de chacun sur chaque fait, en analysant en profondeur la psychologie de chaque individu, et tous les évènements s'enchaînent, le lecteur se coule dans le milieu, dans l'ambiance, dans chaque personnage, et l'intérêt et le suspense monte jusqu'à la fin, avec la rebellion sanglante et ensuite les résultats du procès.
La condition des esclaves est racontée extraordinairement, avec vérité, et associée par la même occasion à celle des femmes blanches qui est bien loin d'être enviable et se rapproche par bien des côtés à celle des noirs.
Bref, un livre qui captive peu à peu, puis qu'on ne lâche plus jusqu'au dénouement.

5/5


De : liza_lou55 Envoyé : 2008-07-07 08:38

Une saison blanche et sèche
(Stock, 360 pages)

"Une fois dans sa vie, juste une fois, on devrait avoir suffisamment la foi en quelque chose pour tout risquer pour ce quelque chose."

Un pays, l'Afrique du Sud.
Une époque, celle de la fin des années 70, alors que l'Apartheid bat son plein.
Un homme, Ben du Toit, un Afrikaner sans histoire, qui, du jour au lendemain, cherche à découvrir la vérité sur la mort d'un Noir, Gordon Ngubene, alors qu'il était détenu par la Section Spéciale...

Quelle histoire! Quel roman! Quel style! Voilà tout à fait le genre de roman que j'aime, qui vous prend à la gorge, vous bouleverse. Roman coup de poing, Une saison blanche et sèche vous fait brusquement prendre conscience d'une réalité que vous ne soupçonniez pas avant de commencer le livre. Ecrivant remarquablement bien, d'une façon limpide tout en étant exhaustif, André Brink parvient à hypnotiser le lecteur du bout au bout qui suit l'enquète méticuleuse que mène Ben du Toit pour savoir. Savoir ce qui est réellement arrivé à Gordon Ngubene, arrété alors qu'il cherchait à comprendre ce qui était arrivé à son fils Jonathan, disparu "mystérieusement" à l'issue d'une manifestation noire. Comprendre ce qui se passe derrière les murs de John Voster Square où disparaissent à jamais des individus. Comprendre surtout la vie des ces millions de Noirs, exclus, surveillés, privés de toute liberté en Afrique du Sud. Du fait de l'Apartheid.

Lire ce roman a été pour moi comme une révélation. Comme une vérité qui brusquement fait surface. Comme un non dit qui prend forme, devient réalité sous les mots d'André Brink. Tout le monde a entendu parler de l'Apartheid, cette politique raciale visant à séparer de manière distinctes toutes les communautés formant l'Afrique du Sud (Blancs/Afrikaner, Noirs, Asiatiques...). On connait moins bien les lois qui se cachent derrière ce terme comme la loi d'immoralité pénalisant les relations sexuelles entre Blanc et non Blanc, la loi de classification de la population, distinguant les individus selon leur race, la loi d'habitation séparée, répartissant racialement les zones urbaines d'habitation, la loi sur les laissez-passer... Ou encore le Décret sur l'Afrikaans de 1974, obligeant toutes les écoles, mêmes noires, à dispenser en afrikaans tous les enseignements, loi qui entraina de violentes émeutes dans le quartier noir de Soweto, émeutes qu'André Brink relate à mots couverts dans son roman.

On apprend beaucoup de choses en lisant Une saison blanche et sèche. La culture afrikaner, et les raisons qui ont poussé à prendre les mesures de l'Apartheid, raisons beaucoup plus complexes qu'il n'y parait. La vie de cette frange de la population noire, littéralement exclue et dominée par les Blancs, disposant de toute la richesse et de tout le pouvoir. Le rejet, le mépris voire pire, l'indifférence envers l'existence des Noirs dans les bidonvilles. Qu'est ce que la mort d'un Noir peut avoir d'important?

Ben du Toit se bat. Contre le pouvoir en place, l'indifférence, la peur qui encerclent les gens. Même si pour cela il doit tout perdre mais pour, en définitive, mieux se retrouver; retrouver sa conscience. L'importance n'est pas en elle même de découvrir la vérité. Mais de rechercher la vérité. De se battre afin de faire réfléchir. Faire prendre conscience de la vérité. De ce qui se passe réellement, soit disant pour protéger contre l'invasion du communisme.

C'est un roman très fort. Grandiose. Bouleversant. Je me suis par la suite beaucoup renseignée sur l'Afrique du Sud et son histoire. J'y ai découvert des choses que je ne soupçonnais pas. Des vérités qui dérangent. Mine de rien, cela ne fait pas si longtemps que l'Apartheid a été aboli. Et ce roman ne date que de 1979...

Un récit indispensable pour tous ceux qui voudraient savoir. Pour ne pas oublier. A jamais.

Ma note : 5/5


De : Ysla Envoyé : 2008-07-06 16:12

AU-DELÀ DU SILENCE

André Brink écrit sans aucun doute magnifiquement, car sans son écriture, je n'aurais sûrement jamais pu lire cette histoire marquante, violente, dure. La vie de Hanna X est faite de souffrance, de domination. D'abord, l'orphelinat où elle est punie, battue et livrée à un religieux pervers. Ensuite, ses différentes places de domestiques, presque toute mauvaises, à l'exception d'une ou deux. Et puis ce départ en Afrique et ce qui s'y passe aussitôt arrivée... Tout cela nous est raconté dans la première partie du livre, celle que j'ai préférée. Il y a dans le récit de cette vie une tension montante qui aboutit devant le miroir où Hanna s'observe, point de départ de "l'histoire".
Quand on sait que ce livre est inspiré d'un contexte réel, on frissonne d'autant plus... Ces femmes qui partaient pour ce pays éloigné, sans vraiment savoir à quoi s'attendre et parce qu'elles n'avaient plus rien à quoi se raccrocher en Allemagne, sans doute... L'attitude d'hommes (presque) tous monstrueux... La domination et le pouvoir de ces hommes sur les femmes... (malheureusement tout cela existe toujours, dans d'autres contextes...)
Pour moi, une lecture importante (j'ignorais tout de cette partie de l'Histoire coloniale) et marquante. Et encore un auteur que j'ai envie de connaître davantage!

Ma note : 4.5/5


De : ceirdwin Envoyé : 2008-07-01 15:49

Un instant dans le vent,

Elisabeth est blanche, d'une famille aisée du Cap (Afrique du Sud) mais elle s'ennuie. Aussi, pour changer de vie, elle décide d'épouser un explorateur contre l'avis de ses parents. Le mariage est tout de suite suivie d'un voyage dans le centre du pays, alors inconnu pour l'homme blanc (nous sommes au XVIIIe siècle). Elisabeth découvre vite que son mari ne correspond pas du tout à l'idée qu'elle s'était faite de lui.

Adam est aussi du Cap, mais c'est un noir, un esclave en fuite qui est venu se réfugier dans le centre du pays pour échapper à son ancien maître. Mais la solitude le tenaille et de loin, il suit le convoie d'Elisabeth. L'expédition s'avère être un fiasco : le guide se suicide, le troupeau est volé, les porteurs en fuite. Son mari parti à la recherche d'un animal, ne reviens pas le soir. Elisabeth se retrouve seule dans le désert. Adam se rapproche du chariot esseulé mais la confrontation commence dés le départ : elle est blanche donc la maitresse, il est noir, donc l'esclave. Toutefois, il connait le désert, pas elle. Son éducation ne lui permet pas de céder facilement devant un homme à la peau noire, mais le respect fini pas l'emporter sur les préjugés. Le chemin, bien que différent, se fait aussi du côté d'Adam. Leur but est de trouver la mer. Ils finissent pas découvrir un petit paradis où ils vivent jusqu'à l'arrivée de l'hiver. Mais pour Elisabeth, l'appel du Cap est trop fort. Elle veut rentrer. Commence alors un terrible voyage de retour où seul l'amour leur permet de survivre. J'ai adoré ce livre, comme tout ceux de Brink, lu jusqu'à présent. Je trouve dommage qu'il ait choisi de mettre la fin au début. C'est vrai que je me suis posée la question dans toute la deuxième partie, mais comment en arriver à cette fin ? Et elle m'a fait très mal je l'avoue. J'ai passé le reste de la soirée à détester Elisabeth. Comment a t'elle pu ? Et pourtant aucune explication n'est vraiment donné. Tout est explicite. C'est encore pire.... Juste pour cette fin que je n'ai pas voulu : 4,5/5 (donc pas un coup de coeur.)


De : zeta-b Envoyé : 2008-06-27 09:13

Un instant dans le vent - livre de poche

Afrique du Sud , Le Cap – Avril 1749

Elisabeth et Erik Larsson partent pour une expédition à but scientifique dans l’intérieur des terres du cap de Bonne-Espérance. Ils viennent de se marier, Elisabeth jeune femme étonnamment intrépide et volontaire est heureuse de fuir le joug parental et les contraintes dues à sa condition féminine. Lorsque Erik Larsson, qui au départ ne lui plait pas plus que cela, l’a demandé en mariage, elle a espéré qu’épouser cet explorateur allait la mener sur le chemin de la liberté. L'expédition tourne pourtant vite au cauchemar, Erik Larsson passe son temps à chasser à tuer et empailler les animaux sauvages et à recueillir les plantes inconnues pour les inventorier. Leur entente intime ne s’est pas faite, l’attirance et l’estime qu’elle avait pour lui se change peu à peu en répulsion.

Leur guide, après une querelle se suicide, les porteurs hottentots les volent et les abandonnent leur laissant un chariot et deux bœufs. Les époux se retrouvent seuls au milieu de l’immensité du Veld africain. Erik Larsson quitte un matin le bivouac, à la poursuite d’un oiseau, il ne reviendra pas.

C’est Adam Mantoor, un esclave en fuite, qui rejoint Elisabeth sur le campement. Il a observé l’expédition depuis des semaines, la suivant pas à pas. Il a vu la débâcle et sait que si la jeune femme reste seule elle est vouée à une mort certaine.

Ensemble ils vont avancer vers la mer, affronter des périls immenses et apprendre à se connaître, mais que peut-il y avoir de commun entre cette jeune bourgeoise rebelle et cet esclave noir ? Leurs échanges vont-il rester sur la base maîtresse et valet, ou la solitude et les dangers vont-ils effacer les antagonismes de couleurs et de rang.

C’est un magnifique roman sur l’Afrique du Sud, avant l’Apartheid mais déjà avec cette terrible ségrégation entre les autochtones et les colonisateurs au profit de ces derniers. Les descriptions sont somptueuses et cette épopée nous tient en haleine de bout en bout, les rapports heurtés entre Elisabeth et Adam, bien qu’un peu anachroniques sont passionnants.

N’hésitez pas à lire ce roman - 5/5


De : symphonium Envoyé : 02/06/2008 21:27

Une saison blanche et sèche- André Brink

Ben du toit est un Afrikaneer sans histoire. Il est père de famille et professeur menant une vie exemplaire. Un jour, le fils de Gordon, le jardinier noir de l’école ou enseigne Ben, disparaît sans laisser de trace. Gordon s’engage alors dans une bataille pour comprendre ce qui s’est passé. Peu de temps après, c’est Gordon qui disparaît dans des circonstances nébuleuses. Déterminé à faire éclater la vérité au grand jour, Ben décide de continuer les recherches amorcées par Gordon. Sa démarche l’amènera au cœur d’un système judiciaire et politique dont il n’avait jamais entrevu l’ampleur. Son combat va l’amener à comprendre le système de division de races et de l’apartheid.

Impossible de rester de glace devant ce récit. Livré sous la forme d’un récit policier, l’auteur tient le lecteur captif. Non seulement le thriller est bien construit, chaque évènement trouvant sa place sur le continuum des évènements mais les héros sont bien dépeints. Ben est humain, vibrant, absolument crédible. Il n’est pas plus grand que nature et son combat semble réaliste. On comprend qu’il veuille aider ces gens puisque la famille Ngubene semble des plus sympathique.

Sous des dehors anodins, le livre cache des thèmes très profonds : injustice raciale, impossibilité de communiquer entre les races, incompréhension volontaire et involontaire de l’autre, liberté individuelle, désir de justice sociale, combat pour l’identité sociale, etc. Pour moi qui n’a pas grandi dans un tel climat, ça m’apparaissait incroyable qu’on puisse vivre dans un tel climat de frayeur. Même si l’apartheid est maintenant terminé, ce livre permet de garder un témoignage vivant de cette période. Il présente aussi le visage universel de tous ces gens qui malgré leur oppression, ne baissent pas les bras et se battent jusqu’au bout pour faire gagner leur cause.

La lutte pour la liberté semble veine mais si Ben avait vraiment existé, il serait sûrement content de voir que l’Afrique du sud s’est libéré de ses chaînes.

4.75/5


De : Shan_Ze Envoyé : 08/06/2008 20:30

La porte bleue d’André Brink

David vit une vie tranquille en Afrique du Sud avec sa femme, Lydia. Mais un jour, en ouvrant la porte bleue de son atelier, il se retrouve face à une femme noire et deux enfants métis qui sont les siens. Il essaye de revenir à son appartement mais sans succès. Il se souvient alors de son passé…
Etrangement envoûtante cette histoire ! Très intéressante aussi car elle aborde la question de l’apartheid, toujours très présent en Afrique du sud. David veut vivre une vie sans paisible même si cela restreint sa liberté d’agir. Cette porte bleue représenterait-elle ses regrets ?

Note : 4/5
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Re: André BRINK (Afrique du Sud)

Message  Ysla le Ven 6 Fév 2009 - 18:26

A DRY WHITE SEASON - UNE SAISON BLANCHE ET SECHE
Penguin books, 316p
Prix Médicis étranger 1980, livre interdit en Afrique du Sud dès sa parution

Je n'écris pas de résumé, il y en a déjà et ils sont très bien.

Mon avis : Un roman très fort, bouleversant, magnifiquement écrit, à relire sans aucun doute. Le personnage de Ben, tellement fidèle, assoiffé de justice, qui jamais ne cèdera et n'abandonnera, est impressionnant d'humanité et de détermination. J'ai apprécié aussi les personnages secondaires comme Stanley, Melanie et son père, qui sont tous si particuliers, si bien décrits, et qui tous jouent un rôle dans la quête de la vérité menée par Ben. Ce sont des personnages très attachants, spirituels chacun à sa manière, philosophes qui apportent beaucoup à Ben et sans lesquels il n'aurait pas la force de continuer sans doute. La tension du récit est soutenue du début à la fin et rend la lecture à la fois grave et palpitante.
Ce livre m'a permis de (re)prendre conscience de ce qu'était l'Apartheid, phénomène que j'avais bien en tête étant enfant (grâce à l'école) mais que j'ai eu tendance à "oublier" depuis son abolition. Mais il ne faut pas oublier ces choses-là et je pense que c'est un roman important que le plus grand nombre devrait lire, pour la mémoire justement. D'ailleurs, il me semble qu'un de mes professeurs d'histoire du lycée nous l'avait chaudement recommandé. J'ai mis quelques années mais je l'ai finalement lu, et je ne le regrette pas !

Ma note : (vous l'aurez devinée) 5/5
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Re: André BRINK (Afrique du Sud)

Message  Philcabzi le Mer 4 Mar 2009 - 12:33

Nouveauté chez Acte Sud : Dans le miroir suivi de Appassionata
.

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Re: André BRINK (Afrique du Sud)

Message  lyana79 le Mer 4 Mar 2009 - 16:22

Je note au-delà du silence Smile merci!
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Re: André BRINK (Afrique du Sud)

Message  Houppelande le Jeu 5 Mar 2009 - 2:16

J'aime beaucoup la couverture du livre que tu nous proposes Philcabzi! De toute manière, les livres chez Actes Sud, sont souvent de très beaux objets.
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Re: André BRINK (Afrique du Sud)

Message  lalyre le Lun 9 Mar 2009 - 10:19

Dans le miroir suivi de Appassionata André Brink Actes/Sud 2009

215 P.



Au Cap,Steve,marié, très amoureux de sa femme,père de deux enfants,architecte de métier.Tout irait bien si un jour matin dans sa salle de bain,se regardant dans le miroir,il se voit avec la peau noire,il croit à un mirage mais non… il semble que sa peau a réellement changé.Angoissé par la peur de se montrer aux siens,cet homme qui ne fait pas de politique ,heureux d'être blanc,pense se trouver de l'autre côté,celui des noirs ,il s'étonne de ne voir aucune réaction des gens qu’il côtoie ,mais lui change d'attitude,devient plus agressif. Tout se passe en une journée car le soir il se trouve dans un restaurant avec sa femme lorsqu'un braquage a lieu et Steve est confronté à la violence des bandits armés.Dans ce même restaurant se trouvent aussi un couple ,une soprano et un pianiste......Carla la femme de Steve est traumatisée par la violence de cette soirée,le couple décide de partir à la campagne pour quelques jours,l'histoire se termine par un miroir qui explose......



Appassionata



Curieusement on retrouve le couple soprano/pianiste,Nina,la soprano dont l'homme est amoureux mais qui doit garder ses distances.Un jour ,cet homme est contacté par Clara " la femme de l'histoire précédente " qui lui propose de donner des cours de piano à ses deux enfants ,il est indécis mais finit par accepter.Un soir,Nina.la soprano accepte l'homme dans son lit et c'est au moment ou il a la tête entre les cuisses de Nina que la chose se passe,il sent les cuisses enserrer sa tête ,toujours plus fort ,il étouffe et perd conscience.........



Un livre bizarre ou les deux histoires s'entrecroisent avec de troublantes épreuves que vivent les deux couples.Deux côtés de l'histoire sud-africaine,le mystère des sortilèges,du racisme,deux histoires troublantes ou mon imagination a essayé vainement de deviner la fin.Un beau style qui me réconcilie avec l'auteur........4/5
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Re: André BRINK (Afrique du Sud)

Message  odilette84 le Jeu 7 Mai 2009 - 16:07

une saison blanche et sèche

tout a été dit sur ce livre.
Il m'a beaucoup intéressée, surtout en raison de la formidable
démonstration de l'impuissance des hommes face à la machine policière.
On touche du doigt comment une vie peut être détruite sans scrupules
par un pouvoir déterminé à étouffer ce qui le dérange. A cela s'ajouter
le problème du racisme. L'auteur explique très bien comment malgré
toute sa bonne volonté, la couleur de sa peau représentera toujours une
barrière infranchissable.
ma note : 4/5

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Re: André BRINK (Afrique du Sud)

Message  dodie le Mer 3 Fév 2010 - 17:31

Une saison blanche et sèche

Je ne réécrirai pas le résumé une nouvelle fois.
C'est le premier roman traitant de l'apartheid que je lis. Il est très difficile d'écrire une critique après tout ce qui a déjà été dit sur cet ouvrage.
J' ai été littéralement happée par cette histoire et ce dès les premiers mots. L'histoire de Ben est très prenante même si on en connaît l'issue dès le début. Ce professeur qui mène une vie très tranquille se trouve enfin un but: la réparation d'une injustice. Parce que son jardinier noir est mort de façon plus qu'étrange dans les prisons de la Sécurité, il se voit d'un seul coup confronté au problème de l'apartheid qu'il ne voyait pas jusque là. En décidant de mener son enquête il ne s'imagine pas qu'il va se couper de sa famille, ses amis, ses collègues de travail.Mais même lorsqu'il s'en aperçoit, cela ne l'arrête pas: il doit aller jusqu'au bout....
Dans cette quête de la vérité, il rencontre quelques personnes qui vont l'aider mais à quel prix? Lui-même devra payer très cher son obstination.
Un moment m'a particulièrement touché:lorsque le héros se rend compte que malgré les dangers encourus pour eux, il ne sera jamais accepté par les Noirs. On naît blanc ou on naît noir, rien ne peut gommer les données du départ.
Ce roman nous plonge dans les heures les plus sombres de l'histoire de l'Afrique du sud. Elles ne sont pourtant pas si lointaines!
Que dire de l'écriture de André Brink sinon qu'elle vous emporte facilement: vous n'êtes plus dans votre fauteuil mais à des milliers de kilomètres de là.
En un mot vous l'aurez compris:un énorme coup de coeur 5/5
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Re: André BRINK (Afrique du Sud)

Message  Lacazavent le Mer 3 Fév 2010 - 17:41

Encore une belle critique pour ce roman et dire qu'il est dans ma PAL depuis un bon moment déjà !


Dernière édition par Lacazavent le Jeu 27 Sep 2012 - 13:35, édité 1 fois
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Re: André BRINK (Afrique du Sud)

Message  zeta le Mer 3 Fév 2010 - 17:42

Dodie, une belle critique pour un livre et un auteur irréprochable. Malgré tout je te conseille ses romans les plus anciens (jusqu'à "les Imaginations du sable" inclus) après ça n'a plus rien à voir.
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Re: André BRINK (Afrique du Sud)

Message  Bernard le Mer 3 Fév 2010 - 18:16

Oui, belle critique Dodie. Je descends à la capitale, bientôt, je craquerai un cil pour essayer de trouver soit ce bouquin, soit Les imaginations du sable, en respectant le conseil de Zeta.


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Re: André BRINK (Afrique du Sud)

Message  zeta le Mer 3 Fév 2010 - 19:26

En fait Bernard, je voulais dire que les Imaginations du sable était le dernier très beau roman qu'il ait écrit (pour moi bien sûr, j'ai été très déiue par les suivants), mais si tu veux un très bon Brink tu as le choix entre : Etats d'Urgence - Rumeurs de Pluie - un Turbulent silence - Une saison blanche et sèche - Au plus noir de la nuit - Un instant dans le Vent - Les droits du Désir - Au delà du silence - Les imaginations du sable. (ceux que j'ai chez moi)
Ce qui peut élargir nettement tes possibilités de choix.
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Re: André BRINK (Afrique du Sud)

Message  Bernard le Jeu 4 Fév 2010 - 11:21

Merci Zeta, je l'avais compris ainsi.
J'ai pris note de tes conseils et, choisirai en fonction de ta liste.
Merci encore.

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Re: André BRINK (Afrique du Sud)

Message  Louvaluna le Jeu 4 Fév 2010 - 17:31

Intéressante critique Dodie ! J'ai également profité des conseils de Zeta pour cet auteur ! Merci à vous !

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Re: André BRINK (Afrique du Sud)

Message  géromino le Sam 27 Fév 2010 - 19:33

"Une saison blanche et sèche" éd. Le livre de poche 1990 (1ère éd. Stock 1980) 382 pages

Bien résumé plus haut plusieurs fois, je fais court.

Afrique du Sud, fin des années 1970.
Le roman retrace le combat d'un homme, Ben DuToit, qui cherche à faire la lumière sur les disparitions de Jonathan et de son père, Gordon, décédés dans des terribles conditions et dont la police tient à cacher ce qui c'est réellement passé. Ce qui se déroule dans les prisons doit rester secret, au nom de la sécurité de l'état; il ne faut pas permettre aux terroristes communistes de proliférer. Du moins est-ce la raison officielle.
C'est le combat perdu d'avance d'un homme contre une monstrueuse machine implacable qu'est la police secrète d'un régime raciste basé sur la supériorité blanche: l'Apartheid. Lâché par son entourage, qui ne comprend pas son action, il finira bien seul en tentant d'aller jusqu'au bout de son combat contre le racisme et l'injustice.
Un livre fort, où la brutalité de la police et son cautionnement par les autorités politiques mais aussi par la population blanche qui approuve ses méthodes, révolte profondément. On découvre le fossé qui sépare les deux communautés, blanche et noire, et l'impossibilité de communiquer entre elles.

Note 5/5
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Re: André BRINK (Afrique du Sud)

Message  Cyrielle le Ven 24 Juin 2011 - 13:24

AU DELA DU SILENCE



Présentation de l'éditeur

Sud-Ouest africain, début du XXe siècle. Des hommes observent, le sang chauffé par l'alcool et le désir, l'arrivée de bateaux en provenance d'Allemagne. A leur bord, des centaines de femmes engagées aux frais de l'Empire pour fournir aux colons allemands une épouse, et parfois simplement de la chair. Pour Hanna X comme pour beaucoup de ces femmes, c'est un peu le voyage de la dernière chance. Petite fille dans la grisaille d'un orphelinat de Brême, elle rêvait à ce qui se cache au-delà du silence, au pays des palmiers qui voient naître le vent. Fuyant la misère et les mauvais traitements, Hanna pense trouver en Afrique la matérialisation de ses rêves d'enfant. C'est un monde livré à la brutalité coloniale et masculine qu'elle y découvre à ses dépens. Violée, défigurée, Hanna refuse de se soumettre à la loi du plus fort. A la tête d'une armée où autochtones et femmes allemandes font cause commune contre le pouvoir des colons, la jeune femme organise une révolte, un voyage au-delà du silence imposé par la violence et l'oppression. En réunissant les éléments épars de l'identité d'une femme au destin hors du commun, Au-delà du silence donne la parole aux minorités souvent oubliées de l'Histoire. Un roman plein de bruit et de fureur, hanté par les images d'un passé peu glorieux. Un captivant plaidoyer en faveur de la liberté.

Mon avis: 4.5/5
Un très beau roman, une très belle histoire de femme mais très dure. J'ai eu du mal au début, je me suis dis mais dans quelle horreur je me suis embarquée mais l'écriture d'André BRINK est si belle et Hanna X est si touchante que j'ai poursuivi et je n'ai pas regretté un seul instant.
Le roman est en 2 partie: la première relate l'enfance d'Hanna et comment elle en est arrivée à s'embarqué sur un bateau pour la Namibie. La seconde partie est sur la vengeance d'une femme contre un homme.
Toute sa vie Hanna aura été malmenée par les hommes, à un moment donné elle décide d'aller au delà du silence et de se venger.
C'est une partie de l'Histoire que je ne connaissais pas, peu glorieuse. Je me suis dis qu'à l'époque les femmes étaient vraiment peu de chose!
Un roman qui fait voyager et réfléchir sur la vengeance, doit on absolument se venger et dans quelle proportion?

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Re: André BRINK (Afrique du Sud)

Message  Ladybug le Ven 24 Juin 2011 - 13:29

Je note !

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Re: André BRINK (Afrique du Sud)

Message  Cyrielle le Ven 24 Juin 2011 - 13:37

Je viens de le proposer en LV alors si tu es intéressée rendez vous dans mon chez moi Very Happy

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Re: André BRINK (Afrique du Sud)

Message  zeta le Ven 24 Juin 2011 - 13:39

Il y a bien longtemps que je n'ai lu ce roman, tu me donnes envie de le re-lire.
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Re: André BRINK (Afrique du Sud)

Message  dodie le Ven 24 Juin 2011 - 13:40

J'avais beaucoup aimé Une saison blanche et sèche du même auteur. je le note!
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Re: André BRINK (Afrique du Sud)

Message  Cyrielle le Ven 24 Juin 2011 - 13:50

J'ai noté Une saison blanche et sèche dans les livres à lire de cet auteur.

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Re: André BRINK (Afrique du Sud)

Message  catherine le Mar 25 Oct 2011 - 23:42

The Other Side of Silence (De l'autre côté du silence)

Je me lance tout de suite avec la critique:

Malheureusement je n'ai pas accroché autant que les autres rats. C'est peut-être l'anglais... j'aime bien lire en anglais mais ça me demande de la concentration et j'en perds parfois le fil. Toujours est-il que je me perdais parfois dans le cours de l'histoire, lors de la première partie, alors que l'auteur nous raconte un peu comment Hanna X en est arrivé au point où elle en est, au point où elle est tellement détruite qu'elle doit se reconstruire si elle veut continuer. Ce qu'elle fait lors de la deuxième partie.

J'ai trouvé ce livre d'une atrocité sans nom - le destin de cette pauvre fille, confrontée à tant d'épreuves tant psychologiquement que physiquement inhumaines. Je ne connaissais pas cette page d'histoire peu reluisante et je suis contente d'en avoir été informée, mais je n'ai pas pris beaucoup de plaisir à ma lecture. Trop de choses horribles, si peu d'espoir... la deuxième partie est autant horrible - en trouvant un chemin qui permet à Hanna X de continuer sa vie, soit à travers un rêve de vengeance, elle ne résout rien, n'aide personne. J'ai trouvé le tout d'une tristesse incroyable. Je crois que ce n'est simplement pas mon genre de livre... Je reconnais toutefois la force de l'écriture dans ce livre, et l'importance de ce type de romans pour faire connaître les pans de l'histoire qui sont passés sous silence...

3.5/5

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Les imaginations du Sable - 4/5

Message  zeta le Mer 24 Oct 2012 - 12:41

André Brink situe son livre dans les derniers jours de l'Apartheid. Kristien, une jeune femme qui a quitté l'Afrique du Sud de longues années auparavant, en espérant ne jamais devoir y revenir, reçoit un appel téléphonique de sa soeur Anna, qui la prévient que leur grand-mère centenaire, Ouma va très mal. La maison dans laquelle la vieille dame vit, vient d'être incendiée par des inconnus, et Ouma réclame la présence de Kristien auprès d'elle. Elle veut lui raconter l’histoire des femmes de la famille, lui raconter à sa façon ce qui a lié ces femmes à l’histoire de l’Afrique du Sud où la violence et la mort se disputaient à la passion.
Kristien rentre au pays, un pays qui va, elle l'espère, dans les prochains jours, changer son son destin et enfin instaurer l'égalité des droits pour tous ses habitants.
Mais les choses ne sont pas si simples. Ouma toutes les nuits lui dévide l'écheveau d'un passé mêlant le vrai et l'irréel, et le jour Kristien est confrontée à la réalité politique d'un pays qui peut basculer dans la démocratie comme dans la guerre civile.

J'ai été surprise par ce roman lors de ma première lecture (peu après sa parution en France). Surprise et un peu déconcertée par deux aspects. L'histoire est intéressante et les personnages sont marquants. André Brink a toujours écrit des romans très pragmatiques très rationnels, qui analysaient avec finesse, psychologie, libéralisme et clairvoyance la situation de son pays. Or dans les imaginations du sable, l'auteur s’empare du réalisme magique, très bien employé par certains auteurs d’Amérique du Sud, et le met en scène dans les récits de la grand-mère. Je n’ai pas trouvé qu’il maîtrisait complètement ce côté fantasmagorique. Deuxièmement je n’ai pas trouvé que la psychologie de l’héroïne, dans ses rapports aux hommes, semble complètement vraie, je trouve que derrière on sent la personnalité masculine qui l’a créée.
Mais ce ne sont là que deux aspects très secondaires d’une très belle histoire et d’un récit politique et sociologique sur l’Afrique du Sud comme André Brink en a déjà écrits de magnifiques. De très importants récits, car il fallait écrire sur cette société inique, sur les tortures et les injustices flagrantes qui ont été la loi pendant si longtemps dans cette partie du monde. Au moment où l’espoir commençait à poindre pour tout une partie de ce continent, il était important de dire ce qui était ressenti dans ces derniers jours de l’Apartheid et de montrer surtout que ceux qui avaient été écrasés et humiliés pendant des décennies allaient reprendre ou tout au moins partager le pouvoir sans volonté de reproduire, dans leur grande majorité ce qu’ils avaient subis
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Re: André BRINK (Afrique du Sud)

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