Pierre-Jakez HELIAS (Bretagne/France)
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Pierre-Jakez HELIAS (Bretagne/France)
Pierre-Jakez Helias (1914-1995) est un écrivain et journaliste breton. Son oeuvre la plus connue est le cheval d'orgueil (1975) ayant fait l'objet d'une adaptation par Chabrol.

Le Cheval d'Orgueil
1975
Plon
Coll. Terre Humaine
550 pages
Il s'agit des mémoires d'un enfant du pays bigouden. Plus qu'une autobiographie, c'est une véritable encyclopédie vivante sur le mode de vie dans le pays bigouden juste après la première guerre.
Chaque aspect de la vie quotidienne est successivement abordé : la maison, les meubles (le fameux lit-clos), la nourriture, les jeux, l'habillement et notamment la coiffe bretonne que portaient en permanence les femmes de l'époque.... La place de la religion en Bretagne est développée, avec la description des pardons, et le livre confirme que si on mange des galettes le vendredi en Bretagne c'est parce qu'il était défendu de manger de la viande, et le poisson n'était guère apprécié car synonyme de pauvreté.
L'imposition de la langue française est évoquée de manière très émouvante, les parents voulaient absolument que leurs enfants apprennent le français, car c'était la langue qui leur permettrait d'accéder à une meilleure condition que la leur. C'est un des meilleurs passages du livre.
Cette lecture m'a appris énormément de choses sur le mode de vie en Bretagne au début du 20e siècle, loin du "folklore" d'aujourd'hui qui n'est pas forcément représentatif. Par exemple il n'y avait pas de grande compagnie de sonneurs, mais les musiciens étaient par couple.
Tout breton devrait lire ce livre au moins une fois dans sa vie.
Note : 5/5

Le Cheval d'Orgueil
1975
Plon
Coll. Terre Humaine
550 pages
Il s'agit des mémoires d'un enfant du pays bigouden. Plus qu'une autobiographie, c'est une véritable encyclopédie vivante sur le mode de vie dans le pays bigouden juste après la première guerre.
Chaque aspect de la vie quotidienne est successivement abordé : la maison, les meubles (le fameux lit-clos), la nourriture, les jeux, l'habillement et notamment la coiffe bretonne que portaient en permanence les femmes de l'époque.... La place de la religion en Bretagne est développée, avec la description des pardons, et le livre confirme que si on mange des galettes le vendredi en Bretagne c'est parce qu'il était défendu de manger de la viande, et le poisson n'était guère apprécié car synonyme de pauvreté.
L'imposition de la langue française est évoquée de manière très émouvante, les parents voulaient absolument que leurs enfants apprennent le français, car c'était la langue qui leur permettrait d'accéder à une meilleure condition que la leur. C'est un des meilleurs passages du livre.
Cette lecture m'a appris énormément de choses sur le mode de vie en Bretagne au début du 20e siècle, loin du "folklore" d'aujourd'hui qui n'est pas forcément représentatif. Par exemple il n'y avait pas de grande compagnie de sonneurs, mais les musiciens étaient par couple.
Tout breton devrait lire ce livre au moins une fois dans sa vie.
Note : 5/5

Docguillaume- Nombre de messages: 289
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Re: Pierre-Jakez HELIAS (Bretagne/France)
Ce livre avait d'ailleurs rencontré un très bon succès lors de sa parution. Il constitue un des piliers de la collection "terre humaine, avec le "tristes tropiques" de Claude Levi-Strauss.
Re: Pierre-Jakez HELIAS (Bretagne/France)
Hélias est aussi un bon romancier, qui a écrit L’Herbe d’or en 1982 , La Colline des solitudes en 1984, Vent de soleil en 1988, La nuit singulière en 1990 et enfin Le Diable à quatre en 1993. Voir le lien http://www.institut-eugene-le-roy.fr/docs/20070119-1630.pdf

Pierre Jakez Hélias - La colline des solitudes.
J'ai beaucoup apprécié ce livre, lu en 1988, et je donne sur mémoire un résumé avec la note 4,5/5.
Dans "La colline des solitudes" on fait la connaissance d'un village breton en train de mourir: douze vieux qui se sont enfermés dans leur propre solitude, chacun faisant son chemin sinueux entre les maisons pour éviter les autres. Et pourtant, ces vieux sont des déteneurs d'histoire. Cela devient clair petit à petit quand un chirurgien parisien revient vivre dans son village natal. C'est une présence disturbateur: il n'est pas d'abord accepté. Mais petit à petit les choses changent, par l'interdépendance des habitants: malgré leur solitudes, il y a une forte solidarité, qui se manifeste par des petits actes silencieux; un plat de nourriture, un jardin bèché. Autour du docteur qui doit déménager, restaurer, se nourrir, les villageois quittent peu à peu leur silence. Cela résulte dans un renouveau de la vie du village, avec des veillées (très interessantes contes), qui par la suite attirent des jeunes du village voisin. Un village renaît, mais cela est une nouvelle perturbation, plus grande que la première.

Pierre Jakez Hélias - La colline des solitudes.
J'ai beaucoup apprécié ce livre, lu en 1988, et je donne sur mémoire un résumé avec la note 4,5/5.
Dans "La colline des solitudes" on fait la connaissance d'un village breton en train de mourir: douze vieux qui se sont enfermés dans leur propre solitude, chacun faisant son chemin sinueux entre les maisons pour éviter les autres. Et pourtant, ces vieux sont des déteneurs d'histoire. Cela devient clair petit à petit quand un chirurgien parisien revient vivre dans son village natal. C'est une présence disturbateur: il n'est pas d'abord accepté. Mais petit à petit les choses changent, par l'interdépendance des habitants: malgré leur solitudes, il y a une forte solidarité, qui se manifeste par des petits actes silencieux; un plat de nourriture, un jardin bèché. Autour du docteur qui doit déménager, restaurer, se nourrir, les villageois quittent peu à peu leur silence. Cela résulte dans un renouveau de la vie du village, avec des veillées (très interessantes contes), qui par la suite attirent des jeunes du village voisin. Un village renaît, mais cela est une nouvelle perturbation, plus grande que la première.
Dernière édition par gallo le Lun 7 Déc 2009 - 23:56, édité 1 fois (Raison : + photo)
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Gallo

gallo- Nombre de messages: 2548
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Re: Pierre-Jakez HELIAS (Bretagne/France)
La colline des solitudes
Ed. Julliard, 1984, 345 pages, ISBN 2-266-01497-8
Ma note: 4.75/5
Résumé:
Dans ce village perdu en flanc de colline, onze solitaires èrent chacun dans leurs monde, en s'évitant mais en n'étant jamais bien loin l'un de l'autre. Tous les jeunes ont déserté, et la petite bourgade s'éteint peu à peu, en silence. Un jour par contre, les onze aperçoient un homme gravir la colline et s'installer dans l'ancienne maison du maréchal-ferrant. C'est sont petit-fils, celui qu'ils appeleront Strullu-fils, le descendant du roi Strullu. Avec l'aide du notaire, du facteur et du maquignon, Strullu-fils rassemblera ces âmes solitaires pour une soirée de contes et de légendes où les mystères de son histoire lui seront dévoilés.
Mon avis:
Dès les premières lignes j'ai été happé par la beauté de l'écriture de Pierre Jakez Hélias. La première partie du roman nous décrit le quotidien de ce village ainsi que le boulversement dû à l'arrivé du docteur, Strullu-fils. En douceur et poésie, il nous parle de solitude, d'attachement à la terre, mais aussi de désertion et déception. Viens ensuite la soirée de légendes où l'on plonge avec délice dans un univers magique et mystérieux. Moi qui aime les contes et légendes j'ai été enchanté par cette partie du roman. Bref une lecture vraiment très agréable, merci Gallo!
Ed. Julliard, 1984, 345 pages, ISBN 2-266-01497-8
Ma note: 4.75/5
Résumé:
Dans ce village perdu en flanc de colline, onze solitaires èrent chacun dans leurs monde, en s'évitant mais en n'étant jamais bien loin l'un de l'autre. Tous les jeunes ont déserté, et la petite bourgade s'éteint peu à peu, en silence. Un jour par contre, les onze aperçoient un homme gravir la colline et s'installer dans l'ancienne maison du maréchal-ferrant. C'est sont petit-fils, celui qu'ils appeleront Strullu-fils, le descendant du roi Strullu. Avec l'aide du notaire, du facteur et du maquignon, Strullu-fils rassemblera ces âmes solitaires pour une soirée de contes et de légendes où les mystères de son histoire lui seront dévoilés.
Mon avis:
Dès les premières lignes j'ai été happé par la beauté de l'écriture de Pierre Jakez Hélias. La première partie du roman nous décrit le quotidien de ce village ainsi que le boulversement dû à l'arrivé du docteur, Strullu-fils. En douceur et poésie, il nous parle de solitude, d'attachement à la terre, mais aussi de désertion et déception. Viens ensuite la soirée de légendes où l'on plonge avec délice dans un univers magique et mystérieux. Moi qui aime les contes et légendes j'ai été enchanté par cette partie du roman. Bref une lecture vraiment très agréable, merci Gallo!
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Philcabzi
Ainsi qu'une journée bien remplie donne un doux dormir, ainsi une vie bien employée donne un doux mourir. Leonardo da Vinci
Ma PAL: 51 livres
Lecture du moment: La chambre de Françoise Chandernagor (PAL)
Pochaine lecture: Cadix, ou la diagonale du fou d'Arturo Perez-Reverte (j'attend qu'une amie le finisse pour qu'elle me le prête)
Re: Pierre-Jakez HELIAS (Bretagne/France)
La colline des solitudes
Comme vous avez pu le lire dans les résumés précédents, ce roman se déroule dans un village qui est en train de mourir. Onze solitaires y vivent et font tout pour ne pas avoir de contacts entre eux. Jusqu'à ce que le petit-fils du maréchal-ferrant revienne au village...
C'est un roman tout simplement enchanteur. Je dois dire qu'au début je n'étais pas certaine d'aimer, je me disais : "en tant que jeune citadine, québécoise de surcroit, comment pourrais-je me sentir interpeller par l'histoire de quelques "vieux" quelque part en Bretagne?"
Et bien, grâce au grand talent de conteur de l'auteur, à sa façon d'écrire tout simplement enchanteresse. L'histoire du roman, bien sûr, amis aussi ces histoires dans l'histoire.
J'ai presque eu une envie de retour à la terre, mais c'est quand même passé assez vite
.
Je conseille à tous de profiter de l'occasion offerte par Gallo pour lire ce roman qui est malheureusement épuisé.
4.75/5
Comme vous avez pu le lire dans les résumés précédents, ce roman se déroule dans un village qui est en train de mourir. Onze solitaires y vivent et font tout pour ne pas avoir de contacts entre eux. Jusqu'à ce que le petit-fils du maréchal-ferrant revienne au village...
C'est un roman tout simplement enchanteur. Je dois dire qu'au début je n'étais pas certaine d'aimer, je me disais : "en tant que jeune citadine, québécoise de surcroit, comment pourrais-je me sentir interpeller par l'histoire de quelques "vieux" quelque part en Bretagne?"
Et bien, grâce au grand talent de conteur de l'auteur, à sa façon d'écrire tout simplement enchanteresse. L'histoire du roman, bien sûr, amis aussi ces histoires dans l'histoire.
J'ai presque eu une envie de retour à la terre, mais c'est quand même passé assez vite
Je conseille à tous de profiter de l'occasion offerte par Gallo pour lire ce roman qui est malheureusement épuisé.
4.75/5

Houppelande- Nombre de messages: 403
Age: 28
Date d'inscription: 27/10/2008
Re: Pierre-Jakez HELIAS (Bretagne/France)
Il est possible de trouver 2 romans de Helias, L'herbe d'or et La colline des solitudes dans un recueil paru aux éditions Omnibus Gens de Bretagne .
Il figure au catalogue de ma bibliothèque, je compte l'emprunter.
Il existe pléthore d'exemplaires du Cheval d'orgueil dans les brocantes de mes contrées. L'Emmaüs où je suis allé cette après-midi en possédait deux, même si je l'ai déjà chez moi j'y ai plongé mon nez ce qui m'a permis de trouver cette dédicace. Je suis donc reparti avec ce qui m'a permis d'avoir le cahier photo malheureusement manquant sur celui que j'avais jusque là.

Il figure au catalogue de ma bibliothèque, je compte l'emprunter.
Il existe pléthore d'exemplaires du Cheval d'orgueil dans les brocantes de mes contrées. L'Emmaüs où je suis allé cette après-midi en possédait deux, même si je l'ai déjà chez moi j'y ai plongé mon nez ce qui m'a permis de trouver cette dédicace. Je suis donc reparti avec ce qui m'a permis d'avoir le cahier photo malheureusement manquant sur celui que j'avais jusque là.

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Docguillaume- Nombre de messages: 289
Location: Caen
Date d'inscription: 12/04/2009
Re: Pierre-Jakez HELIAS (Bretagne/France)
LA COLLINE DES SOLITUDES : Pierre Jakez Helias
LV de Gallo.
La colline des solitudes, c'est un hameau en haut d'une colline, là où habitent onze vieillards solitaires qui ne se parlent pas, ne se rencontrent pas, évitant sans cesse l'autre, mais qui toujours s'entr'aident (aiguiser une faux, apporter du miel ou un repas...) même sans se voir. Un jour, arrivent des ouvriers qui commencent à rénover une bâtisse du village, l'ancienne maison du maréchal-ferrant, dont la forge est toujours maintenue en activité pour les menus travaux. La maison rénovée, apparaît le propriétaire qui s'installe à demeure : le petit fils du maréchal-ferrant. Avec lui, le village va peu à peu se réveiller et le passé ressurgir....
Dans ce roman, il y a de l'histoire, il y a du merveilleux (avec les vieilles légendes bretonnes). C'est le récit du déclin lent et inexorable d'un village, avant un retour à la vie que le progrès risque aussi de "salir". C'est aussi le récit d'un homme qui se cherche, qui cherche à donner un sens à sa vie et qui le trouve en aidant et soignant les autres. J'ai beaucoup aimé la fin du récit et la destinée de cet homme. L'écriture est à la fois très dense et légère. Je me suis complètement "immergée" dans le roman en le savourant lentement. Un grand plaisir de lecture.
Merci Gallo. 4,5/5
LV de Gallo.
La colline des solitudes, c'est un hameau en haut d'une colline, là où habitent onze vieillards solitaires qui ne se parlent pas, ne se rencontrent pas, évitant sans cesse l'autre, mais qui toujours s'entr'aident (aiguiser une faux, apporter du miel ou un repas...) même sans se voir. Un jour, arrivent des ouvriers qui commencent à rénover une bâtisse du village, l'ancienne maison du maréchal-ferrant, dont la forge est toujours maintenue en activité pour les menus travaux. La maison rénovée, apparaît le propriétaire qui s'installe à demeure : le petit fils du maréchal-ferrant. Avec lui, le village va peu à peu se réveiller et le passé ressurgir....
Dans ce roman, il y a de l'histoire, il y a du merveilleux (avec les vieilles légendes bretonnes). C'est le récit du déclin lent et inexorable d'un village, avant un retour à la vie que le progrès risque aussi de "salir". C'est aussi le récit d'un homme qui se cherche, qui cherche à donner un sens à sa vie et qui le trouve en aidant et soignant les autres. J'ai beaucoup aimé la fin du récit et la destinée de cet homme. L'écriture est à la fois très dense et légère. Je me suis complètement "immergée" dans le roman en le savourant lentement. Un grand plaisir de lecture.
Merci Gallo. 4,5/5

Chantal- Nombre de messages: 1179
Location: France
Date d'inscription: 22/12/2008
Re: Pierre-Jakez HELIAS (Bretagne/France)

La colline des solitudes
Pierre Jakez Hélias
(Julliard, 1984, 345 pages)
Livre voyageur de Gallo
« Ses ruines, sous le ciel, mettraient plus de temps à disparaître que les os de ses derniers habitants à se dessécher au tombeau. »
Onze vieillards solitaires arpentent leur village sur des chemins indépendants. Jamais les onze ne se croisent pour respecter ce vœu de silence qui s’est imposé avec le temps et la désertion de la colline par leur descendance. Discrètement, ils veillent les uns sur les autres et s’entraident avec une rare efficacité par le biais d’un code de signaux et d’avertissements mis en place pour palier l’absence des mots. On suit ce manège avec d’autant plus de fascination que Pierre Jakez Hélias lui donne un aspect quasi mythique. On serait tenté de voir les onze tels les dieux de l’Olympe isolés dans des hauteurs inaccessibles au commun des mortels.
Mais voilà qu’on restaure la maison de feu Yann Strullu, le maréchal-ferrant ! Les onze, intrigués, rôdent autour du chantier. Que signifie donc tout ce remue ménage ? Il y a que le petit-fils du maréchal, le docteur K., veut s’installer dans la maison de son grand-père. Pourquoi ? Le petit-fils ne le sait pas vraiment lui-même. Cependant, il ne va pas tarder à découvrir l’ampleur de son héritage à travers les contes et légendes de ce mystérieux pays.
Pierre Jakez Hélias a magnifiquement bâti son récit. Une première partie où l’on s’étonne du troublant comportement des onze solitaires et où l’on assiste, après l’arrivée du petit-fils, à un drôle d’apprivoisement des uns par les autres. Une seconde partie offrant contes et légendes splendides, et durant laquelle on est certainement aussi déconcerté que le docteur lui-même. Enfin, une troisième partie où les liens se font et se défont, où comme dans une forêt après une terrible tempête la petite population secouée tente de se réinstaller confortablement ou s’exile si trop d’arbres sont tombés.
Hormis cette construction du récit qui nous emballe, on est enchanté par l’écriture tout en finesse et la richesse du texte. C’est dense et on se surprend à relire des passages entiers, non par manque de lisibilité mais pour savourer chaque détail qui, avec cet auteur, a son importance et n’est certainement pas cité pour gonfler le texte et masquer une trame pauvre. L’humour n’est pas en reste dans cette histoire ! Cela commence surtout avec les trois sœurs et une situation qui devient comique grâce au procédé de la répétition : « Chaque jour, la plupart des onze passaient un par un devant le chantier, chacun à son heure exacte, si bien que l’un ou l’autre ouvrier pouvait tirer sa montre et annoncer : nous allons voir apparaître la première des trois sœurs. A peine avait-il fini de parler que l’aînée se montrait, suivie de près par la seconde qui lui soufflait dans le cou, la plus jeune à vingt pas derrière, allez donc savoir pourquoi ! » Et nous d’imaginer cette scène plus épatante à mesure qu’on a l’occasion de l’observer ! On se régale encore de certaines expressions comme : « La nuit était noire comme dans un cul de chaudron.» (inséré dans un contexte inquiétant, une ambiance de cimetière, on est totalement pris au dépourvu), « On était à peine entré en décembre que les journaux imprimèrent une nouvelle qui fit se frotter les yeux même à ceux qui ne savaient pas lire. » (là, j’adore, j’ai ri jusqu’à ce que je découvre moi-même la nouvelle et que je fus aussi décontenancée que le narrateur). Mais il y a aussi toutes ces petites remarques que l’on retrouve habituellement à l’oral : « Edouard Bolzer était son nom, mais on l’appelait Ed le Joufflu, a-t-on besoin de vous dire pourquoi ! » Un texte savoureux, pour sûr !
La toute fin du livre est éblouissante ! Pris dans un curieux mélange d’appréhension, de surprise et de satisfaction, le lecteur y sera difficilement indifférent. Chantal y fait déjà référence dans sa critique.
Pour ma part, vous l’aurez compris, j’ai adoré ce livre qui nous maintient en lévitation entre ciel et terre, ou plutôt devrais-je dire entre terroir et magie !
5/5
Mais voilà qu’on restaure la maison de feu Yann Strullu, le maréchal-ferrant ! Les onze, intrigués, rôdent autour du chantier. Que signifie donc tout ce remue ménage ? Il y a que le petit-fils du maréchal, le docteur K., veut s’installer dans la maison de son grand-père. Pourquoi ? Le petit-fils ne le sait pas vraiment lui-même. Cependant, il ne va pas tarder à découvrir l’ampleur de son héritage à travers les contes et légendes de ce mystérieux pays.
Pierre Jakez Hélias a magnifiquement bâti son récit. Une première partie où l’on s’étonne du troublant comportement des onze solitaires et où l’on assiste, après l’arrivée du petit-fils, à un drôle d’apprivoisement des uns par les autres. Une seconde partie offrant contes et légendes splendides, et durant laquelle on est certainement aussi déconcerté que le docteur lui-même. Enfin, une troisième partie où les liens se font et se défont, où comme dans une forêt après une terrible tempête la petite population secouée tente de se réinstaller confortablement ou s’exile si trop d’arbres sont tombés.
Hormis cette construction du récit qui nous emballe, on est enchanté par l’écriture tout en finesse et la richesse du texte. C’est dense et on se surprend à relire des passages entiers, non par manque de lisibilité mais pour savourer chaque détail qui, avec cet auteur, a son importance et n’est certainement pas cité pour gonfler le texte et masquer une trame pauvre. L’humour n’est pas en reste dans cette histoire ! Cela commence surtout avec les trois sœurs et une situation qui devient comique grâce au procédé de la répétition : « Chaque jour, la plupart des onze passaient un par un devant le chantier, chacun à son heure exacte, si bien que l’un ou l’autre ouvrier pouvait tirer sa montre et annoncer : nous allons voir apparaître la première des trois sœurs. A peine avait-il fini de parler que l’aînée se montrait, suivie de près par la seconde qui lui soufflait dans le cou, la plus jeune à vingt pas derrière, allez donc savoir pourquoi ! » Et nous d’imaginer cette scène plus épatante à mesure qu’on a l’occasion de l’observer ! On se régale encore de certaines expressions comme : « La nuit était noire comme dans un cul de chaudron.» (inséré dans un contexte inquiétant, une ambiance de cimetière, on est totalement pris au dépourvu), « On était à peine entré en décembre que les journaux imprimèrent une nouvelle qui fit se frotter les yeux même à ceux qui ne savaient pas lire. » (là, j’adore, j’ai ri jusqu’à ce que je découvre moi-même la nouvelle et que je fus aussi décontenancée que le narrateur). Mais il y a aussi toutes ces petites remarques que l’on retrouve habituellement à l’oral : « Edouard Bolzer était son nom, mais on l’appelait Ed le Joufflu, a-t-on besoin de vous dire pourquoi ! » Un texte savoureux, pour sûr !
La toute fin du livre est éblouissante ! Pris dans un curieux mélange d’appréhension, de surprise et de satisfaction, le lecteur y sera difficilement indifférent. Chantal y fait déjà référence dans sa critique.
Pour ma part, vous l’aurez compris, j’ai adoré ce livre qui nous maintient en lévitation entre ciel et terre, ou plutôt devrais-je dire entre terroir et magie !
5/5
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Louvaluna
« Écrire consiste à rêver avec une intensité telle que nous parvenions à arracher au monde un morceau. » - Pierre Jourde
« J'aime la lecture en général. Celle où il se trouve quelque chose qui peut façonner l'esprit et fortifier l'âme est celle que j'aime le plus. » - La Rochefoucauld
Re: Pierre-Jakez HELIAS (Bretagne/France)
En lisant tous vos superbes avis, ça me donne envie de le lire aussi. A la prochaine incursion à ma médiathèque, je le chope s'il n'est pas emprunté. Merci à vous et à Gallo de faire connaître cet ouvrage.

belledenuit- Nombre de messages: 1021
Age: 36
Location: Sud de la France
Date d'inscription: 05/03/2009
Re: Pierre-Jakez HELIAS (Bretagne/France)
J'en suis à la page 80, et je ne regrette pas d'avoir surmonté la densité du texte qui m'a rebuté au début (et qui m'avait fait lâcher L'Herbe d'or). L'âme du roman est vraiment magnifique, cette colline, les 11 anciens....
Merci à toi gallo de nous avoir présenté les romans de cet auteur.
Je suis comblé de joie de voir lu cet auteur en dehors de mes terres de Bretagne
Merci à toi gallo de nous avoir présenté les romans de cet auteur.
Je suis comblé de joie de voir lu cet auteur en dehors de mes terres de Bretagne

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Docguillaume- Nombre de messages: 289
Location: Caen
Date d'inscription: 12/04/2009
Re: Pierre-Jakez HELIAS (Bretagne/France)

La Colline des solitudes
Pierre Jakez Helias
1984
Julliard
Une fois vaincue la densité du texte du début commence des pages d'une admirable maîtrise. Jakez Helias construit dans l'imaginaire du lecteur un village qui menace ruines, entouré de champs clos, sur le flanc d'une colline sillonnée de chemins.
On peut crier au chef d'oeuvre lorsque Jakez Helias évoque les habitudes des onze derniers habitants et l'arrivée du docteur. Ces personnages qui usent de mille stratagèmes pour ne pas se croiser, que le docteur regarde depuis le haut de la colline parcourant les chemins... Mais s'il n'y a pas de liens physiques, les véritables échanges sont invisibles, dans ces attentions que se portent mutuellement les villageois. Les 150 premières pages du livre sont absolument magistrales.
Mais ensuite il y a une brusque cassure et on quitte le roman pour 150 pages de contes. Je suis tombé du nuage où Jakez Helias m'avait porté. Il m'a semblé que l'auteur après avoir excellé dans l'art du roman se serait rappelé qu'il était un conteur et que son éditeur lui avait demandé « quelque chose de breton », un folklore qui plairait aux parisiens pour qui la littérature
bretonne ne serait que des histoires naïves, contées au coin du feu. Sauf peut-être le premier des quatre contes, ils n'apportent pas grand chose au récit et lassent le lecteur car Jakez Helias s'est éternisé en longueurs. On doit subir la fille aux yeux magiques, qui va acheter au marché un porcelet, et qui affronte la méchante sorcière, la chèvre qui vit 50 ans et ne quitte pas sa maîtresse... Des "histoires de lutins" qui ont leur place dans un recueil de contes et légendes, pas dans un roman... En une trentaine de pages pourquoi pas, mais 150 ! La moitié du livre !
Passés ces contes insipides on retrouve tout de même le village et ses personnages dans la toute dernière partie du roman. Alors que j'étais très déçu et très amer, jamais sans doute ne l'aie-je autant été au cours d'une lecture ce qui explique la dureté de ma critique - le final a un peu calmé mon impatience des longueurs que j'ai du traverser pour y parvenir, et j'ai beaucoup aimé la dernière phrase de l'ouvrage pour qui connaît les paysages des monts d'Arrée.
Il faudrait lire La Colline des solitudes en sautant les pages de contes, la compréhension s'en souffrirait pas trop.
A côté de quel chef d'œuvre Jakez Helias est passé....
Note : 3.25/5
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Docguillaume- Nombre de messages: 289
Location: Caen
Date d'inscription: 12/04/2009
Re: Pierre-Jakez HELIAS (Bretagne/France)
Le livre faisant référence aux Monts d'Arrée (Finistère), voici quelques photos que j'ai prises lors de mon passage dans le Parc Naturel d'Armorique.
Hormis quelques villages - Brasparts, Brennilis - l'endroit est désolé.
Vestige d'un alignement de menhirs, baptisé La noce de pierre.

Le Menez Mikel et la chapelle Saint Michel (Menez signifie Montagne en breton)

Vue d'ensemble sur les Monts d'Arrée. Autour du lac s'étendent des tourbières. Le lac est un réservoir artificiel construit en 1930 pour alimenter une petite centrale hydroélectrique. Avant c'étaient des terres marécageuses baptisées Youdig ("bouillon") qu'on disait être la porte de l'Enfer.
On voit au loin la crête qui entoure le lac en demi-cercle et qui est composée des plus hauts sommets de Bretagne. Le point culminant est le Roc'h Trevezel à 381 mètres. On aperçoit l'antenne de l'émetteur hertzien du Roc'h Tredudon.

Dans les années 60 (avant la création du Parc Naturel) une centrale nucléaire a été construite. C'était un prototype qui n'a pas été retenu pour les autres centrales françaises. Elle s'est arrêtée en 1985 et est en cours de démantèlement (première centrale du pays à être déconstruite). On voit la cloche qui abrite le réacteur atomique. Les amateurs auront reconnu le cadre de L'Ankou la bande dessinée de Spirou et Fantasio.

Au sommet du Menez Kador, tandis qu'enfin s'ouvre le gris du ciel, pas de ruines de village ni de tour mais ces rochers blancs, comme des stèles de légendes...

Hormis quelques villages - Brasparts, Brennilis - l'endroit est désolé.
Vestige d'un alignement de menhirs, baptisé La noce de pierre.

Le Menez Mikel et la chapelle Saint Michel (Menez signifie Montagne en breton)

Vue d'ensemble sur les Monts d'Arrée. Autour du lac s'étendent des tourbières. Le lac est un réservoir artificiel construit en 1930 pour alimenter une petite centrale hydroélectrique. Avant c'étaient des terres marécageuses baptisées Youdig ("bouillon") qu'on disait être la porte de l'Enfer.
On voit au loin la crête qui entoure le lac en demi-cercle et qui est composée des plus hauts sommets de Bretagne. Le point culminant est le Roc'h Trevezel à 381 mètres. On aperçoit l'antenne de l'émetteur hertzien du Roc'h Tredudon.

Dans les années 60 (avant la création du Parc Naturel) une centrale nucléaire a été construite. C'était un prototype qui n'a pas été retenu pour les autres centrales françaises. Elle s'est arrêtée en 1985 et est en cours de démantèlement (première centrale du pays à être déconstruite). On voit la cloche qui abrite le réacteur atomique. Les amateurs auront reconnu le cadre de L'Ankou la bande dessinée de Spirou et Fantasio.

Au sommet du Menez Kador, tandis qu'enfin s'ouvre le gris du ciel, pas de ruines de village ni de tour mais ces rochers blancs, comme des stèles de légendes...

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Docguillaume- Nombre de messages: 289
Location: Caen
Date d'inscription: 12/04/2009
Re: Pierre-Jakez HELIAS (Bretagne/France)
Docguillaume, ta critique est bien valable. Mais moi, j'avais justement bien aimé le milieu du livre par sa qualité de construction d'une societé locale, cassant les solitudes, et j'avais du mal avec la fin qui je considérais trop pour faire moderne.
Ta critique est proche de celle de Xavier Grall, qui dans Le cheval couché reproche Hélias pour son "passéisme" qui regarde par trop la "vieille Bretagne" des légendes, pardons, folklores et superstitions, tandis que Grall croit en la force de la Bretagne moderne.
Voici le lien vers Xavier GRALL (France) , un auteur que tu dois lire certainement.
Ta critique est proche de celle de Xavier Grall, qui dans Le cheval couché reproche Hélias pour son "passéisme" qui regarde par trop la "vieille Bretagne" des légendes, pardons, folklores et superstitions, tandis que Grall croit en la force de la Bretagne moderne.
Voici le lien vers Xavier GRALL (France) , un auteur que tu dois lire certainement.
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Gallo

gallo- Nombre de messages: 2548
Location: Pays-Bas
Date d'inscription: 29/10/2008
Re: Pierre-Jakez HELIAS (Bretagne/France)
gallo a écrit:
Ta critique est proche de celle de Xavier Grall, qui dans Le cheval couché reproche Hélias pour son "passéisme" qui regarde par trop la "vieille Bretagne" des légendes, pardons, folklores et superstitions, tandis que Grall croit en la force de la Bretagne moderne.
Voici le lien vers Xavier GRALL (France) , un auteur que tu dois lire certainement.
Oui gallo la référence tombe à point. Pourtant Le Cheval d'orgueil ne m'avait pas choqué par son "passéisme" et son "folklorisme fossilisant" que raillaient Grall. Je l'avais lu comme un témoignage du pays bigouden, tandis que Grall y voyait décrit un peuple mort aux côtés des civilisations disparues de la collection Terre Humaine. Leur opposition au cours d'une émission d'apostrophes est mémorable : VOIR LA VIDEO
De même, Morvan Lebesque dans son essai Comment peut-on être breton critiquait une vision obsolète de la littérature bretonne et évoquait à propos de son renouveau : " [les] noms de la littérature bretonne moderne (...) bousculent les tabous, rompent (..) avec des siècles de folklore (...) Plus d'ajoncs d'or, de fleurs de bruyère, de référence au "tendre Brizeux", de coups de chapeau à M. Le Goffic. (...) Les filles bretonnes cessent d'être des vierges dolentes mariées au ciel à des marins péris en mer (...) aucun diable n'emporte plus les ivrognes de village qui ont manqué la messe"
J'ai vraiment été déçu que Jakez Helias n'aille pas au bout de la maîtrise de romancier dont il faisait preuve pour retomber dans le conte, non pas que je n'ai pas de respect pour le conte, mais parce qu'il m'a vraiment semblé c'était comme quelque chose à laquelle il se pliait, s'exécutait, comme si on ne le croyait bon qu'à raconter des histoires. Les contes qu'il présente ici sont tout de même le cliché de ce qu'on devait penser être la Bretagne depuis Paris.
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Docguillaume- Nombre de messages: 289
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Date d'inscription: 12/04/2009
Re: Pierre-Jakez HELIAS (Bretagne/France)
Docguillaume, il est clair que nos avis sont tout à fait divergents ! Cela dit, j'ai lu ton commentaire avec beaucoup d'intérêt. De cette lecture, découlent quelques interrogations :
Pourquoi les contes ne peuvent-ils être intégrés dans un roman ? Y-a-t-il une loi en littérature qui réprime ce procédé ? Ou cette réflexion est-elle simplement issue de ton mécontentement face à cette lecture ?
Le passage en italique est, de mon point de vue, en totale contradiction avec le reste de la phrase. Sincèrement, je lis que tu considères le conte comme un genre littéraire mineur, une façon naïve et désuète de raconter une histoire et une régression pour un romancier. Les termes "raconter des histoires" qui sonnent de façon extrêmement péjorative justement.
Faut-il comprendre qu'il existe d'autres contes qui présentent la Bretagne sous un meilleur angle ? Ou le conte est-il tout simplement un genre qui prend appuie sur le cliché ?
A moins que ces contes ne soient le reflet d'une époque ? Peut-être qu'on pourrait voir une certaine nostalgie de la part de Pierre Jakez Hélias pour cette époque ? Peut-être que l'auteur a voulu mettre en avant le statut particulier que le conteur pouvait (et peut encore) avoir dans certaines communautés ?
Bref, je n'ai pas décortiqué ton avis pour y trouver une faille. Je respecte ton opinion. Tu auras remarqué que mes questions concernent le jugement que tu portes sur le conte. C'est un genre littéraire que j'apprécie beaucoup, alors il est normal que je souhaite mieux comprendre ton propos à ce sujet.
Cela mis à part, merci pour les photos qui permettent de visualiser davantage les paysages décrits dans le roman. Par contre, j'ai essayé de consulter la vidéo mais le lien ne fonctionne pas.
Docguillaume a écrit : Des "histoires de lutins" qui ont leur place dans un recueil de contes et légendes, pas dans un roman... En une trentaine de pages pourquoi pas, mais 150 ! La moitié du livre !
Pourquoi les contes ne peuvent-ils être intégrés dans un roman ? Y-a-t-il une loi en littérature qui réprime ce procédé ? Ou cette réflexion est-elle simplement issue de ton mécontentement face à cette lecture ?
Docguillaume a écrit : J'ai vraiment été déçu que Jakez Helias n'aille pas au bout de la maîtrise de romancier dont il faisait preuve pour retomber dans le conte, non pas que je n'ai pas de respect pour le conte, mais parce qu'il m'a vraiment semblé c'était comme quelque chose à laquelle il se pliait, s'exécutait, comme si on ne le croyait bon qu'à raconter des histoires.
Le passage en italique est, de mon point de vue, en totale contradiction avec le reste de la phrase. Sincèrement, je lis que tu considères le conte comme un genre littéraire mineur, une façon naïve et désuète de raconter une histoire et une régression pour un romancier. Les termes "raconter des histoires" qui sonnent de façon extrêmement péjorative justement.
Docguillaume a écrit : Les contes qu'il présente ici sont tout de même le cliché de ce qu'on devait penser être la Bretagne depuis Paris.
Faut-il comprendre qu'il existe d'autres contes qui présentent la Bretagne sous un meilleur angle ? Ou le conte est-il tout simplement un genre qui prend appuie sur le cliché ?
A moins que ces contes ne soient le reflet d'une époque ? Peut-être qu'on pourrait voir une certaine nostalgie de la part de Pierre Jakez Hélias pour cette époque ? Peut-être que l'auteur a voulu mettre en avant le statut particulier que le conteur pouvait (et peut encore) avoir dans certaines communautés ?
Bref, je n'ai pas décortiqué ton avis pour y trouver une faille. Je respecte ton opinion. Tu auras remarqué que mes questions concernent le jugement que tu portes sur le conte. C'est un genre littéraire que j'apprécie beaucoup, alors il est normal que je souhaite mieux comprendre ton propos à ce sujet.
Cela mis à part, merci pour les photos qui permettent de visualiser davantage les paysages décrits dans le roman. Par contre, j'ai essayé de consulter la vidéo mais le lien ne fonctionne pas.
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Louvaluna
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