Les succès des auteurs populaires les mettent-ils au ban de la littérature ?

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Les succès des auteurs populaires les mettent-ils au ban de la littérature ?

Message  Calepin le Mer 25 Nov 2009 - 4:31

Une fois encore, textes récupérés avant le déménagement. Bonne lecture !



De : <NOBR> circee_et_moi</NOBR> (Message d'origine)
Envoyé : 2008-06-29 16:26

En parcourant les discussions sur les auteurs, j'ai pu constater que les avis sur des gens comme Dan Brown,Amélie Nothomb, Guillaume Musso ou encore Marc Lévy donnaient lieu à débats et controverses passionnés et passionnants.

Alors voilà le sujet que lance quelques jours après les épreuves du bac philo.
"auteurs populaires; leur succés publics les mettent-ils au ban de la littérature?"

Sans porter de jugements personnels sur l'auteur et encore moins sur ses lecteurs, je peux vous dire que je n'arrive pas à adhérer aux romans de Marc Lévy; pourtant pour avoir l'homme au Salon du Livre de St Louis, pour avoir lu ou entendu certaines de ses déclarations, je ne peux m'empécher d'avoir de la sympathie pour lui tant il est chaleureux avec ses lecteurs, modeste sur son travail d'écrivain (il ne prend pas la grosse tête malgré ses succés de librairie) et je pense que c'est le genre d'homme qui se fait une joie de venir en dédicaces dans les salons et librairies pour rencontrer son public.
Mon avis est à peu près le même pour Amélie Nothomb, elle a produit des premiers romans de bonne facture mais je trouve (personellement) que depuis Métaphysique des tubes ses livres sont moins bons, un peu comme si elle appliquait à la lettre des recettes qu'elle maîtrise parfaitement sans oser prendre de risques [rappel:ce n'est que mon avis, je ne veux choquer personne].Pourtant elle se prête volontier aux rencontres avec les lecteurs, répond régulièrement au courrier de ses fans et je lui trouve une classe naturelle aristocratique mélangée à de la simplicité et un bonne dose de folie douce.

En plus en tant que libraire je ne peux qu'être reconnaissant à ces auteurs qui sont la garantie de réaliser des ventes à coups sûrs tant leur public leur est fidèle. En gros c'est grâce aux bénéfices générés par Anna Gavalda, Marc Lévy, Amélie Nothomb, Guillaume Musso, Dan Brown ou Fred Vargas que les libraires peuvent se permettre de proposer des livres plus "éxigeants" comme les livres du Serpent à Plumes Editions ou Philippe Piquier sans risquer de faire faillite.
Enfin je suis persuadé que ces auteurs parfois décriés peuvent amener à la lecture des gens qui à priori ne liraient pas ce qui est plutôt un bien; à la condition que les libraires mais aussi les rats et rates puissent entretenir ce goût de la lecture en proposant de belles découvertes (les rats forum d'intérêt public!!!)

Voilà donc quelques-unes de mes réflections, j'attends vos avis. Bonne soirée à tous.
Marc et Circée(la chatte qui profite du fait que je sois rentré chez mes parents pour regarder le foot à la télé avec mon père)



De : <NOBR> s-lewerentz</NOBR>
Envoyé : 2008-06-30 07:35

Il m'arrive de lire des auteurs comme M. Higgins Clark ou autres lorsque j'ai envie de quelque chose de facile, pas prise de tête mais avec lesquels on passe cependant un bon moment. Pareil avec "Da Vinci Code" : pas de la grande littérature mais un suspens suffisant pour maintenir le souffle. Je n'aurais pas classer A. Nothomb dans cette catégorie mais je ne l'ai jamais lue donc... Par contre, je n'ai pas du tout aimé A. Gavalda (pas réussi à venir à bout de "Ensemble c'est tout") ni M. Lévy. Par contre, et c'est ce qui me paraît le plus important, comme tu le dis : si ces écrivains donnent le goût de lire à certains, c'est tant mieux !



De : Shitey92
Envoyé : 2008-06-30 08:42

Pour ma part, je pense qu'l ne faut pas décrier ces auteurs tant qu'ils plaisent à des gens et qu'ils leur donnent le goût de lire.
On pourrait dire que leur littérature est trop "simple" (je pense qu'on pourrait appliqier cette remarque à Marc Lévy et Dan Brown), mais la lecture doit être ouverte à tous, tout le monde na pas envie de réflechir ou de se concentrer pour lire un livre.
Certes, la lecture est très bénefique lorsqu'elle est source de réflexion, mais le divertissement simple qu'elle peut apporter est aussi important.



De : lebgi05
Envoyé : 2008-06-30 09:02

Personnellement, j'ai lu en entier un bouquin de Anna Gavalda, j’ai entamé mais je n’ai pas fini "l'alchimiste de Coehlo", je n'ai lu aucune production de M. Lévy, ni de G. Musso, ni D. Brown, ni "Harry Potter" et je suis bien content d'avoir ainsi économisé mes méninges et mon argent (par contre, je n’ai a priori rien contre Amélie Nothomb, même si les deux romans que j’ai lus d’elle me suffisent amplement, et je ne mettrais pas du tout Fred Vargas dans le même panier).

On comprend très bien que les libraires veuillent faire de l'argent avec ces auteurs là, qui démarchent d'ailleurs leur clientèle de manière très efficace dans les salons, ce sont pour l’occasion d’excellents commerciaux, gentils et tout et tout, mais pour moi ce n'est pas de la littérature, c'est de la production de masse formatée au même titre que la majorité des séries télévisées. Aux libraires de décider s’ils décident ou non de fourguer de la camelote pour pouvoir ensuite mettre en valeur des auteurs qui valent le coup.
Je comprends cependant tout à fait, que par exemple sur la plage ou dans l'avion, ou bien un soir où la fatigue nous prend, qu'on veuille se délasser avec un polar, une lecture facile comme Paris-Match dans la salle d’attente ou jeter un œil à "Secret story" sur la Une et au match de foot sur la 6. Par contre je ne prendrai jamais la défense de ces bouquins-là.
Donc tant mieux si ça permet à certain(e)s de découvrir et de prendre plaisir à la lecture, mais de grâce pas d’apologie des têtes de gondoles, le battage publicitaire qui accompagne leur promotion commerciale est déjà suffisamment agaçant..
D’ailleurs à mon humble avis, leurs titres à répétition "Où es-tu", "Et si c'était vrai", "Seras-tu là", "Et après", « Je reviens te chercher » ... sont suffisamment niais et risibles comme ça, ils devraient suffire pour alerter et pour qu’on n’en parle pas davantage. Comme dit l’autre, ça devrait faire partie de « toutes ces choses qu’on n’a pas besoin de se dire » !

En tout état de cause, je citerai un extrait d’un débat tenu par G. Brisac sur www.lemonde.fr le 29 mai dernier, à l’occasion des journées du livre à la Villa Gillet à Lyon :
« On vit dans un monde où la vulgarité est décomplexée, l’exemple est donné au plus haut sommet de l’Etat. A partir du moment où le président de la République parle tout le temps de ce qu’il a dépensé ou de ses montres, il n’y a aucune réponse pour que les comportements primaires, la loi du plus fort, l’esprit « beauf », le respect des riches ou des puissants ne gagnent pas tous les domaines. Il se trouve que l’art est toujours de l’autre côté.
C’est juste qu’on a tort de considérer que Musso est un écrivain. C’est un fabricant, avec son éditeur, qui d’ailleurs ne s’en cache pas, de produits imprimés, qui obéit à des lois qui ont toujours été celles du roman rose.
Ce n’est pas du tout de la littérature, ça n’a rien à voir. Ce n’est pas amusant, ça ne fait pas frissonner, ce n’est pas étonnant. On reconnaît un écrivain, un cinéaste ou un peintre à ce que, après l’avoir lu, ou vu, on ne voit plus les choses de la même manière. Ce n’est pas l’ambition de Marc Lévy, ni de Guillaume Musso, ni de Bernard Werber. »



De : Philcabzi5
Envoyé : 2008-06-30 09:35

Et bien moi je ne suis pas d'accord avec toi Lebgi05. Il est vrai que le battage médiatique est franchement agaçant, mais il est aussi important pour JK Rowling et A. Gavalda que pour D. Pennac, P. Claudel ou ici, au Québec, Michel Tremblay. Est-ce dire que tout ce que touche les médias n'est pas de la littérature? Non, pour moi une nouvelle écrite par un enfant de 10 ans, est de la littérature. Je considère que dès qu'un auteur prend la peine de s'assoir et d'écrire une histoire ce qui en sort est de la littérature. Ensuite viendra au lecteur de dire si c'est de la bonne ou de la mauvaise littérature pour lui. Tu dis : "On reconnaît un écrivain, un cinéaste ou un peintre à ce que, après l'avoir lu, ou vu, on ne voit plus les choses de la même manière". Mais on doit se baser sur l'opinion de qui? Des critiques? Non, je ne pense pas. Certaines personnes ont été émues par les romans de A. Gavalda (que je n'ai pas lu encore), est-ce que leur opinion compte? Moi j'aime bien Zola et Balzac mais il n'ont pas changé ma vie!

Comme Marc je pense que ces auteurs commerciaux ont leur place en librairie ne serait-ce que pour permettre de vendre des auteurs moins connus. L'idée est d'attirer les gens dans la librairie mais ensuite commence le vrai travaille du libraire, soit celui de dénicher la perle rare pour l'acheteur.



De : Profgéo
Envoyé : 2008-06-30 18:24

Tout comme Philcabzi, je crois sincèrement qu'il y a de la place pour les auteurs plus populaires dans les librairies et que s'ils sont plus vendeurs, c'est simplement qu'ils sont plus accessibles, pas qu'ils sont foncièrement mauvais ou diaboliques. Des oeuvres plus exigeantes ne sont pas automatiquement des chefs-d'oeuvres! Je crois sincèrement que si certains livres comme des Harlequins peuvent facilement être étiquetés de lecture légère, ils demeurent pour autant membre de la littérature à part entière, tout comme Levy, Musso, Gavalda et cie. Pourquoi? Parce que la littérature est une interrogation de l'imaginaire et à ce titre, quand un auteur prend la peine de s'asseoir pour écrire, il contribue. Certains se posent des questions plus exigeantes et plus profondes que d'autres, c'est tout. Selon moi, c'est la marque d'un certain intelluctualisme qui veut se montrer meilleur que les autres de dire que certains auteurs sont mauvais parce qu'ils sont populaires. Et je remarque souvent que ces auteurs sont particulièrement décriés par des personnes qui se fient à l'opinion de d'autres pour les prendre de haut. Marc Levy est reconnu pour ses romans légers qui n'ont pas une immense profondeur. Pourtant, les trois quarts des gens que je connais lui reconnaisse ce talent: d'une histoire qui pourrait facilement être cucu, il fait un livre auquel on croit. Cela demande un talent, talent qui doit être réel et constant pour réussir le coup livre après livre. On peut détester certains auteurs, mais c'est de niveau primaire que de dire que c'est uniquement à cause de leurs vente de livres. D'ailleurs à ce chapitre, on devrait condamner aussi St-Exupéry parce que même 50 ans après sa mort, il continue de très bien se vendre!

L'argument selon lequel les auteurs populaires sont une porte d'entrée vers d'autres auteurs me parait légèrement usé. Certaines personnes resteront toujours à ce niveau. Ça ne me semble aucunement une marque de manque de culture. Car en disant cela, c'est nier l'existence d'une culture populaire riche, certes très commerciale, mais tout de même vivante et qui ne se casse pas la tête quand vient le temps d'avoir du bon temps. Il y a de la place pour tout ça dans l'espace public! Si ça ne vous intéresse pas, pourquoi gaspiller du temps et de l'énergie à la décrier? Prenez-donc ce temps et cette énergie pour parler des livres pour lequel vous avez de la considération. Cela serait à mon avis du temps mieux utilisé! Et qui pourrait, mine de rien, faire grandir autour de vous la littérature que vous aimez.

@+ Prospéryne

P.S. Je confirme ce que dit Circée concernant l'importance des gros vendeurs en librairie. Ce sont souvent eux qui font la différence entre la mort et la survie des librairies. De la même façon que les grosses comédies américaines permettent de faire tenir le coup aux cinémas et permettre la diffusion d'oeuvres de répertoire, les libraires ont besoin d'un certain taux de roulement. Ce n'est malheureusement pas la poésie qui réussit à faire cela.
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Re: Les succès des auteurs populaires les mettent-ils au ban de la littérature ?

Message  Calepin le Mer 25 Nov 2009 - 4:35

De : circee_et_moi
Envoyé : 2008-07-01 08:00

Content de voir que le débat provoque des réactions!
Legbi05 je te trouve quand même un peu dûr.Les libraires ne "veulent" pas faire de l'argent mais "doivent" hé oui une librairie est une entreprise commerciale et sa survie est est liée au chiffre d'affaire. Lorsque j'ai quitté l'Education Nationale pour me lancer dans le métier de libraire j'avais une vision idéale, je m'imaginais en missionnaire du livre ou en chevalier de la littérature mais la réalité est tout autre même si à aucun moment je n'ai regretté mon choix.Prenons une librairie généraliste, si elle n'est pas en mesure de mettre à la disposition du public le dernier Lévy ou Gavalda ou le Nothomb de la rentrée, celui-ci ira ailleurs et donc pas de recettes/bénéfices permettant de tenter de mettre en avant le livre coup de coeur d'une petite maison d'édition peu connue.
Concernant le battage média et promotionnel je crois que c'est plus le fait des éditeurs que celui des auteurs qui la plupart du temps sont sincères et il arrive parfois qu'un livre soit très populaire sans plan marketing, comme par exemple l'Elégance du Hérisson de Barbery ou même Millénium qui sont des succés avant tout grâce au bouche à oreilles.
Pour Prospéryne crois-tu que l'argument "tremplin vers d'autres lectures" soit réellement usé? Tu travaille en librairie comme moi, il m'est déjà arrivé d'avoir des clients qui m'ont dit avoir apprécié tel ou tel auteur à succés et demander conseil pour un auteur de la "même famille"", ainsi on peux orienter les fans de Gavalda vers Dominique Mainard plus confidentielle mais non moins talentueuse et parfois le client revient te remercier.
En tout cas je suis entièrement d'accord avec toi tous les livres ont le droit d'exister dans la sphère publique à partir du moment où il donne du plaisir à leurs lecteurs, mieux vaut acheter de la "mauvaise littérature" (j'insiste sur les guillemets) que pas de livres du tout.
Marc_et_Circée(la chatte qui glande sur le rebord de la fenêtre)



De : Profgéo
Envoyé : 2008-07-01 09:23

Disons simplement Circée, que ce n'est pas un automatisme. Ça arrive dans bien des cas, mais c'est la pensée magique de dire que quelqu'un qui ouvre un livre de Gavalda ou de Musso va automatiquement se mettre à lire des auteurs plus exigeants. Quand ça arrive tant mieux. Et je suis bien placée pour dire comme toi que souvent, on en vient à suggérer des auteurs moins connus (quoique j'ignore qui est Dominique Mainard! ). Les libraires vendent souvent beaucoup leurs coup de coeur, c'est vrai et c'est tant mieux. Ma seule frustration dans le métier, c'est qu'on est prisonnier de la nouveauté et que ce n'est pas toujours le meilleur qui est mis en valeur! Bon, personne n'est parfait!

@ Propéryne



De : circee_et_moi
Envoyé : 2008-07-01 15:17

à Prospéryne:
Sûr que ce n'est pas un automatisme, je ne vais pas me permettre d'orienter le client de but en blanc mais il arrive qu'il y ai demande du style "j'ai aimé X auriez-vous quelque chose qui s'en rapproche? Si tu peux (ce n'est pas toujours le cas) proposer un truc plus exigeant alors c'est le moment.
Dominique Mainard je ne la connaissait pas non plus jusqu'à il y a deux ans. Dans ma formation de libraire il est de coutume de choisir un "parrain de promotion" qu'on invite en fin d'année.Ce qu'il y a de formidable c'est qu'on est 15 à 20 par promo et que c'est l'occasion de découvrir des auteurs hyper différents, certaines année le parrain est une sommité (une année c'était Werber et là scoop, notre responsable de formation nous a confié qu'il n'était vraiment pas sympa) et d'autre fois c'est plus confidentiel Eric Holder ou en l'occurence Dominique Mainard; elle est traductrice de romans néozélandais et publie ses livres aux Editions Joelle Losfeld. A ses débuts on l'a comparée à Anna Gavalda qui a commencé à publier en même temps qu'elle. Elle se connaissent bien, sont amies et entretiennent une sorte de rivalité amicale en s'envoyant des vacheries parfois
"Anna si ça marche si bien pour elle c'est parce qu'elle a réussit à épouser son éditeur" nous a confié Dominique.
Au fait je ne sais si c'est arrivé jusqu'à chez vous, mais dans les coups de coeur de la librairie où je vais travailler il y a Les Chats par Bruno Mazure qui regroupe des photos et des textes sur les félins.
Bon c'est la dernière ligne droite, je pars demain et j'ai des visites d'appart jeudi j'espère avoir une adresse avant de commencer à travailler. Le seul truc qui m'embête c'est que Circée reste chez mes parents au moins un mois vu que je n'aurais pas le temps de traverser la France aller retour pour la récupérer.
Bonne soirée et à très bientôt à toutes et tous.
Marc_et_Circée (la chatte en vacances chez papy et mamie)



De : mieldorado
Envoyé : 2008-07-02 08:07

C'est un débat très sympa, et c'est enrichissant d'avoir les éclaircissements de deux libraires.
Personnellement, je fais partie de ces gens qui aiment Anna Gavalda (notamment coup de coeur à la lecture de "Ensemble c'est tout"), qui, enthousiasmés par un livre de Lévy, ont lu tous les autres livres de l'auteur, mais ce fut une erreur car le style finit par lasser (j'aurais dû espacer davantage mes lectures de Lévy). Ma soeur a lu Musso, et a apprécié donc il n'est pas dit que je n'aille pas faire un tour du côté de chez Musso un jour. Je reconnais l'efficacité de l'écriture simple, qui fait de ces livres des lectures "pas prises de tête". Lévy, Musso,...sont de vrais "industriels" dans la mesure où il ne se passe pas une année sans qu'un bouquin de ces auteurs productifs sorte. De plus, il est vrai que beaucoup de gens se délectent à la lecture de ces livres best-sellers et qu'ils en restent là, sans s'aventurer vers des lectures plus "littéraires". C'est peut-être dommage, mais ils éprouvent tout de même le plaisir de lire, et rien ne dit que "Ensemble c'est tout" ou "Et si c'était vrai" n'a pas changé le cours d'une vie.
D'autre part, je suis d'accord sur le fait que d'autres livres méritent de figurer en tête de gondoles, au delà des lois du marché du livre. Les gens qui lisent beaucoup sont, je pense, des fouineurs invétérés (des petits rats au flair affûté), qui aiment parcourir de long en large les rayons de livres, qui n'hésiteront pas à plonger dans la profondeur de ces mêmes rayons pour mettre en lumière une perle rare, délaissée jusque là. D'autres, encore lecteurs non aguerris, n'oseront pas prendre les chemins de traverse et s'aventurer sur des terres inconnues, préféreront retrouver les lignes rassurantes écrites par un auteur, dont ils ont déjà reconnu le talent. Puis viendra le jour où, prenant leur courage à deux mains, ils dénicheront l'ouvrage déclic qui les poussera vers d'autres rivages. Enfin, il y a les habitués de certains auteurs ou de certains genres qui n'iront jamais voir ailleurs, ne voulant pas commettre d'infidélités, pendant que d'autres papilloneront de livres en livres au gré des envies. N'oublions pas le rôle clé des gardiens du temple "Librairie" qui ne manqueront pas d'aiguiller au mieux les brebis égarées.
De toute manière, "c'est en lisant qu'on devient liseron".
Je me suis sans doute éloignée du débat initial, mea culpa ! Vient le moment d'écrire le mot "fin".
A tantôt.



De : lionel_de_lyon1
Envoyé : 2008-07-07 08:31

Je ne lis pas les critiques littéraires, je n'ai donc pas d'a priori sur les auteurs, qu'ils aient ou non du succès...
Ce qui compte avant tout pour moi, c'est l'histoire que je suis en train de lire et les personnages. Je m'attache finalement assez peu au style, c'est peut-être pour cela que je préfère souvent les auteurs anglo-saxons...
Après il m'arrive de voir ou d'écouter des auteurs faire de la promo et je dois dire que certains auraient plutôt tendance à me faire fuire... Je pense surtout à Houellebecq que je trouve faux, minable et pathétique ou à Angot.



De : Garanemsa
Envoyé : 2008-07-07 14:28

je ne répéterais pas les mêmes phrases, mais pour moi c'est idem
c'est ce qu'il y a dans le livres et si cela me plait que l'auteur soit plébiscité ou non



De : lebgi05
Envoyé : 2008-07-08 05:37

Bonjour à tous(tes),
Je verse au dossier cet article polémique « Vite, un impôt sur les chiens ! » de F. Mizio (écrivain) lu ce matin sur le blog littéraire du NouvelObs :
http://bibliobs.nouvelobs.com/blog/vis-comica/vite-un-impot-sur-les-chiens
Il met en cause non pas les libraires mais les maisons d’édition.

Cela dit, je ne partage pas l’opinion de lionel_de_lyon sur Houellebecq, que j’apprécie comme écrivain, même si je ne me rallie pas au personnage. Il convient de bien différencier l’écrivain du personnage qu’il est ou qu’il joue, cf. « Contre Sainte Beuve » de Proust, et G. Sigaux qui écrivait :
« La réalité d'un écrivain (d'un être) se saisit, selon Proust, non par quelque révélation extérieure, mais par la recherche de « l'irrationnel » unique qui est en lui, de ce que son imagination comporte d'irréductible et qui révèle son centre. »

A propos de C. Angot, j’ai aimé « pourquoi le Brésil » et « Les déracinés » et je lui trouve le mérite d’écrire différemment de certain(e)s autres, ce qu’on lui pardonne difficilement.



De : lionel_de_lyon1
Envoyé : 2008-07-15 07:00

Pour Lebgi05, justement je ne critique en rien le talent d'écrivain de Houellebecq, c'est juste que le personnage ne m'intéresse pas, et ne me donne donc pas du tout envie de lire ses romans...
Quand je lis un roman, j'ai besoin de sentir un minimum de proximité avec l'auteur et là ce n'est vraiment pas le cas. Je n'aime pas son aigreur contre l'humanité, sa mysoginie, son racisme latent.
C'est physique, il m'est extrêmement antipathique et donc je n'ai pas envie de m'intéresser à lui...
Il restera peut-être un auteur important pour beaucoup de monde, mais pas pour moi...
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Re: Les succès des auteurs populaires les mettent-ils au ban de la littérature ?

Message  veilleur le Mer 25 Nov 2009 - 5:59

Débat passionnant que celui-là et qui nous place entre littérature "élitiste" et littérature "populaire", bien que j'ai du mal à faire le point de jonction entre les deux. Durant des années, et même encore maintenant, on a voué aux Gémonies des ouvrages qui se vendaient dans les kiosques de gare, parce que considérés comme mineurs ou faciles. En France, on a toujours un peu de mal avec le succès et on préfère jeter l'opprobre sur ceux qui font marcher la machine à imprimer. On préfère les auteurs maudits, obscurs, qu'ils aient du talent ou pas. Cela donne l'impression d'appartenir à une petite côterie d'admirateurs, de club chic.

Talent et succès sont deux choses à part. L'engouement du public ne se maîtrise pas, et c'est d'ailleurs pour cette raison que les éditeurs arrosent le marché d'une floppée de livres en espérant atteindre le Saint Graal de la Vente miraculeuse. Moyennant quoi, ils délaissent un peu leur boulot d'éditeur mais remplissent les poches des récupérateurs de papier lorsque les invendus s'entassent.

Pour ma part, je prends autant de plaisir à lire un roman "populaire" de type San Antonio (avec lesquels j'ai pris des crises de rire mémorables), que des ouvrages plus "élitistes" mais non moins plaisants. Le principal danger est de mon point de vue du côté de l'écrivain qui aura plus tendance à reproduire un succès pour des motifs purement économiques (cela se comprend) que se remettre en cause.

Quant au succès, ne pas oublier que la roche tarpéïenne est proche du Capitole.

Veilleur


Dernière édition par Veilleur le Jeu 3 Déc 2009 - 10:38, édité 1 fois (Raison : correction orthographique)
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Re: Les succès des auteurs populaires les mettent-ils au ban de la littérature ?

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