Roselyne LAËLE (France)

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Roselyne LAËLE (France)

Message  gallo le Ven 25 Sep 2009 - 21:23

Roselyne Laële - Marie du Fretma.
Belfont 1990, 146 pg.


J'ai eu un soirée extrèmement agréable avec ce petit livre, dont le plaisir de lecture a été réhaussé avec tous mes souvenirs personnels de randonnée sur et autour du Causse Méjan. Ma note 5/5 reflète la totalité de ce plaisir et n'est donc pas une mésure objective de la valeur de ce livre.

Commencons par l'auteure (4e de couverture).
"Rosalyne Laële vit dans le sud de la France. Elle y exerce différents métiers de formation: alphabétisation, animation artistique, enseignement. Marie du Fretma est son premier roman."

Puis: le titre. C'est quoi, Le Fretma? J'ai trouvé la reponse dans l'epais livre de Félix Buffière: "Ce tant rude Gévaudan", tome I, pg 323, canton de Florac, commune de Vébron:
"Sur le Causse Méjan, au sud de l'aerodrome Chanet-Florac, et à l'est de Hures, le grand domaine de Fretma, jadis un des plus beaux de la région, n'est plus qu'un amorcellement de ruïnes grandioses".

Alors, imaginez-vous une jeune fille de l'assistance, Marie, employée vers 1880 au Fretma pour les travaux les plus basses et les services encore plus basses aux hommes de ce domaine dans le désert rude du Causse Méjan. Un colporteur qui la respecte le temps d'une randonnée vers la hauteur du Gargou, sommet du Causse, et qui sera le premier homme à qui elle se donne librement, même si c'est n'est que par un sentiment de devoir de la femme soumise, va éveiller Marie à la curiosité. Trois ans plus tard, elle se libère de la ferme pour suivre un autre colporteur, qui fait le tour de tous les hameaux du Causse Méjan (Hures, La Parade, Saint-Pierre des Tripiers, Les Rosiers, etc., je les connaissais toutes). Elle quitte le colporteur à Florac où elle a de la peine à survivre. L'hiver, quelques pauvres femmes cherchent de la chaleur dans la classe chauffée de l'ecole. Elle est attiré par les leçons et elle apprend presque clandestiment à lire, puis l'instituteur l'aide à apprendre à écrire et lui prête des livres. Elle devient ainsi lettrée, sera mis en contact avec le notaire, puis avec l'imprimeur de Florac. Ce dernier partage son intérêt pour la lecture et petit à petit un amour grandit entre eux. L'imprimeur est un des amateurs de gouffres et elle l'accompage dans les souterrains inconnus du Causse (cela se passe au temps des grandes explorations des Aven Armand, Dargilan, mais le livre ne le mentionne pas). Ils auront un enfant (un beau passage sur la maternité), qui meurt au bout de deux mois. C'est le grand noir. Le couple s'en tire en faisant des randonnées dans les gorges du Tarnon et de la Jonte, puis ils font une randonnée de 12 jours autour du Causse, dont ils reviennent avec un amour plus approfondie encore. On décide de quitter Florac pour aller vivre aux Douze (village de douze émergences) au pied du Causse Mejan. Là, le mari devient amoureux des vautours qui circulent haut au-dessus d'eux. Il les nourrit en temps de maigre et il rêve d'imiter leur vol et dessine un sorte de deltaplane. Mais la mort intervient, et Marie doit accompagner la dépouille de son mari au cimetière au-dessus des Douzes, au pied de la petite chapelle à mi-chemin de la falaise. Trop vieux pour encore faire des randonnées, Marie se met à écrire ce livre de sa vie, qui finalement est un livre sur le Causse Méjan.

Je peux recommander ce livre à tout amateur des Cevennes et des Causses.

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