Christian INGRET-TAILLARD (France)

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Christian INGRET-TAILLARD (France)

Message  gallo le Sam 4 Juil 2009 - 20:52

Christian Ingret-Taillard, , à l'heure actuelle 54 ans, vit à Essey-lès-Nancy (Meurthe-et-Moselle) où il exerce son métier d'éducateur dans une maison de jeunes delinquants. Amateur de la nature, il aime sortir en vélo et faire des longues promenades avec sa chienne. Il travaille aussi comme free-lance journaliste, et il écrit des poèmes et des récits. En 2006 il a publié son premier roman: "Meurtrissures en milieu confiné", suivi en 2008 d'un recueil de nouvelles: "La mécanique du destin". Les deux sont publiès chez Éditions Thélès, www.Thélès.fr.



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Christian Ingret-Taillard: Meurtrissures en milieu confiné.
Editions Thélès 2006, 297 pg. Ma note 4/5.

L'auteur présentait son livre sur une bourse locale à Vitry-le-François, où je passais par hasard pendant mes vacances. Craignant qu'il s'agirait d'un roman d'importance purement locale, j'ai d'abord questionné l'auteur sur le livre, ce qui résultait dans une conversation très intéressante et ce qui m'a donné confiance que son roman était d'une valeur au-dessus de la moyenne. Je n'ai pas été déçu.

"Le milieu confiné", c'est le milieu de son travail dans une maison de reéducation de jeunes. Le roman est donc une transposition de sa propre expérience. Mais je ne voulais pas d'un roman-rapportage. Non, non l'auteur a visé plus haut, disait il, c'est à la fois un vrai roman-récit et dans un style asez poétique, mais sa propre expérience lui a permis de donner au roman un supplément d'authenticité: il ne se sentait pas assez fort pour attaquer un thème purement fictif. Il faut dire, il a dit vrai: par son choix, il a gagné sur deux fronts: le livre a une valeur littéraire certaine, malgré quelques passages un peu faibles. Et le sujet: c'est un témoignage de coeur sur un travail pédagogique des plus difficiles.

"Le milieu confiné", cela vaut autant pour l'éducateur que pour les garçons internes. Et les "meurtrissures" : on ne s'étonne pas que les garçons ont leurs meurtrissures, mais il ne faut pas oublier qu'ils en causent aussi à leur éducateurs.

Dès le premier chapitre, Jacques, éducateur, exprime son angoisse suite à des confrontations souvent intenses avec les jeunes. Il sait apaiser cette angoisse par des longues promenades, ainsi évitant de tourner cette angoisse en paranoia. C'est ce fond d'angoisse, senti aussi par le lecteur, qui éclaire le reste du récit. Vient ensuite une alternance entre passages sur le travail et ses tensions, et passages sur les promenades apaisantes. À travers des petites scènes toutes simples, l'auteur réussit de faire sentir la complexité des sentiments qu'il faut maîtriser simultanément dans ce travail pédagogique: garder toujours l'empathie envers le jeune avec ses "meurtrissures", faire attention à ne pas heurter la confiance (le peu de confiance) , et pourtant ne pas perdre l'autorité, ne pas se laisser intimider, savoir où l'on veut mener les jeunes, et garder espoir même si aucun progrès est visible. Jacques, dans le roman, balance parfois sur le fil du rasoir, et il reçoit aussi sa part de meurtrissures. Mais il puise des nouvelles energies par ses randonnées dans les collines audessus de son village. À un certain moment, les promenades sont disturbés par quelque chose de sérieux, lié à un des jeunes. Et la fin ajoute encore à mieux comprendre ce qu'apporte, presque imperceptiblement, un éducateur aux jeunes...
... Pourvu qu'il ne tombe pas dans le "fil du rasoir", la situation de "double bind" entre l'éducateur et les jeunes. Mais l'éducateur doit surpasser pour lui-même et pour le jeune cette position de "double bind", tâche extrèment épuisante, et cela échange après échange, d'heure en heure, jour après jour, pendant des années où l'on a l'impression que rien ne change (et que, confiné dans ce milieu, l'on semble être en train de gaspiller ses propres talents). Sans le dire dans le roman (et sans théorétiser), le personnage de Jacques sait nous faire sentir cela. Admirons sa tenacité, admirons l'auteur pour avoir écrit ce beau roman, qui finalement, n'est ni régionaliste, ni roman-rapportage mais un roman-témoignage, écrit avec amour et sensibilité, et pleine d'authenticité. Le texte est assez poétique et parfois très littéraire, les formulations sont souvent sûres et justes. Chapeau pour un auteur qui se dit amateur. Ma note 4/5.

NB. Dommage, que le correcteur n'a pas vu les "il fini", "il a finit", "Il va envoyé" et quelques fautes similaires d'orthographe relatées au participe passé.

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