Ernest PÉROCHON (France)

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Ernest PÉROCHON (France)

Message  gallo le Ven 24 Avr 2009 - 19:25

Ernest Pérochon (1885-1942). Prix Goncourt 1920 pour Nêne.

Biographie de wikipédia:

Ernest Pérochon est né en 1885 à Courlay (Deux-Sèvres), il est protestant. En 1897, il devient élève à l'École Primaire Supérieure de Bressuire ; en 1900, élève à l'École Normale de Parthenay puis instituteur adjoint à Courlay. Enfin, il devient enseignant à l'École Primaire Supérieure de Parthenay. Il fait son service militaire au 114e RI (Saint-Maixent) en 1905 et se marie en 1907 avec Vanda Houmeau, institutrice. Il déménage donc à Saint-Paul-en-Gâtine où naquit son unique enfant en 1908, date à laquelle il est également publié chez Clouzot à Niort. En 1909, il est donc publié une seconde fois puis son premier roman Les creux de maisons paraît sous forme de feuilleton dans l'Humanité. En 1914, il redevient instituteur à Vouillé. Mobilisé, il fait une crise cardiaque sur le front. Son roman "Nêne" chez Clouzot lui vaut un prix Goncourt, en 1921 il décide de quitter l'enseignement et s'installe à Niort. En 1940, il refuse de collaborer avec la presse de Vichy. Deux de ses romans sont interdits. Il est menacé par le préfet vichyste et surveillé par la Gestapo. Il décède le 10 février 1942 d'une crise cardiaque à 57 ans.
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Ernest Pérochon, instituteur et écrivain, était très attaché à sa région natale, Poitou-Charente.
Bien que Pérochon a écrit aussi des romans pour adultes, lui étant instituteur, ses livres ont quelque chose de didactique et sont souvent destinés à tel où tel niveau scolaire, allant de la jeunesse à l'adolescence.

D'origine paysanne, il a écrit des romans régionalistes qui parlent de la douceur et de l'âpreté de la vie des paysans pauvres.
Nêne, qui lui a procuré le prix Goncourt, par exemple, est l'histoire de quatre ans de la vie d'une fille de ferme travailleuse, qui par la jalousie de la maîtresse de la ferme est opprimée, puis chassée. Une "petite Fadette poitevine" qui malgré le même courage n'a pas eu la vie aussi heureuse comme "la Petite Fadette" de George Sand.

Protestant et chantre du Poitou, Pérochon a écrit plusieurs romans historiques allant de Calvin et des guerres de réligion par les guerres de la Vendée et Napoleon à la première guerre mondiale et qui, sans former une série suivi, forment presque une fresque historique de cette région. Mais attention, il s'agit de l'histoire veçu par des petites gens, paysans surtout, dans leur villages, parmi leurs champs, les bois et les marais environnants.
Ses livres m'ont amené à aller visiter il y a des années déjà le marais Poitevin en vélo, et il me faut dire, c'était beau, l'eau d'une couleur verte, presque plus verte que la végétation débordante autour. C'est dans cette région que j'ai appris ce qui est l'angélique, plante à faire une confiture... angélique.
J'ai lu dans le passé huit livres de Pérochon.
Les Hommes Frénétiques était resté dans mon PAL, et je viens juste de mettre la main sur Milon.

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Ernest Pérochon - Milon
Ed. Plon 1936, 246 pg. Ma note 4/5.

Ce roman trace la vie de Milon, enfant paysan des environs de Fontenay, entre 1510 et 1560 environ. Il vit dans sa jeunesse l'avènement du protestantisme et il écoute Calvin prêcher; puis il apprend le metier d'imprimeur qu'il va exercer à Lyon, ville d'imprimeurs mais aussi ville de Vaudois d'une réligion douce mais persécuté. Milon y fait la connaissance de sa femme. Il participe aux grèves des imprimeurs, il doit se réfugier et s'en va à Genève, ville de Calvin. Mais là, la déception sera grandissante, le fugueux Calvin déforme la réligion vers un fanatisme dictatorial, intolérant et persécuteur; Milon y vit quelques 15 ans de mariage heureux, mais doit tout de même fuir la ville. Par quelques détours dangereux, il retourne à son pays, ballot de marchandises au dos pour pourvoir dans sa vie, pour tomber dans les affres d'un pays divisé par les réligions qui va avec des persécutions, des exécutions, des trahisons. Milon, de retour à son pays natal, y sera trahi, brulé vif.

Un livre dur, en fin de compte: Pérochon juge sévèrement tout fanatisme réligieux, et dans son rejet de l'intolérance donne une vision assez noire même de sa propre réligion le protestantisme. Et encore, il reste respecteux de la région des petites gens tels que Milon qui ont bon coeur et restent droit d'esprit.
Le récit reste réaliste et est convaincant dans la répresentation de la vie des gens simples au 16e siècle. Le sentiment y est, mais sans fausse sensiblerie.
J'ai bien aimé le style clair et directe. Ma note 4/5.




Ernest Pérochon - Les hommes frénétiques.
Ed.Plon 1925, Marabout 1971 , 251 pg. Ma note 4,5/5

Une petite surprise, ce roman d'anticipation, qui se situe presque 1000 ans dans l'avenir. Roman SF aussi, par son originalité et sa vue prophétique de ce que pourrait donner la science avancé. Oui, c'est vraiment de la science-fiction: la télé n'existant pas en 1924, Pérochon invente l'existence d'une "cinetéléphone"; il y a toutes sortes de radiation, des météorologistes qui font le temps à leur guise, un grand réseau d'energie couvrant toute la terre etc.
Et puis, avec cela, Pérochon écrit un roman apocalyptique: après 500 ans de paix mondiale sous un gouvernement unique, il y a une poussée de nationalisme, soutenu par des religions antiques, qui va déstabiliser cette belle terre assoupi dans un abondance tranquille. La division politique échauffe les gens jusqu'à prendre les armes (superbombes, superradiations, armes chimiques et microbiologiques) d'une force destructive inoui. Par attaque et contre-attaque, la frénésie des hommes ne connait plus de frein et c'est l'apocalyse: un tiers, deux tiers, neuf-dizième de l'humanité meurt; puis une radiation forte détruit toute fertilité humaine, la race est voué à l'extinction.... s'il n'y avait par hasard deux enfants dans un laboratoire qui avaient passé un temps dans une chambre sécurisé contre la radiation. Ces deux enfants vont grandir dans un environnement paradisiaque et dangereux en même temp'; et d'eux sort le noyeau d'une nouvelle population humaine.

Si cela ne sonne plus tellement original, cela a du être en 1925 d'une grande originalité. Si le livre n'est plus valable dans ses détails, le contenu est toujours d'actualité et j'honore ce livre avec son titre surprenant de précision: "les hommes frénétiques" avec la note 4,5/5.

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