Avril 2009 : Fahrenheit 451 de Ray Bradbury

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Avril 2009 : Fahrenheit 451 de Ray Bradbury

Message  Liza_lou le Mar 17 Mar - 21:47

Présentation de Fahrenheit 451 de Ray BRADBURY



Quatrième de couverture
451 degrés Fahrenheit représentent la température à laquelle un livre s'enflamme et se consume. Dans cette société future où la lecture, source de questionnement et de réflexion, est considérée comme un acte antisocial, un corps spécial de pompiers est chargé de brûler tous les livres dont la détention est interdite pour le bien collectif. Montag, le pompier pyromane, se met pourtant à rêver d'un monde différent, qui ne bannirait pas la littérature et l'imaginaire au profit d'un bonheur immédiatement consommable. Il devient dès lors un dangereux criminel, impitoyablement pourchassé par une société qui désavoue son passé.

L'auteur vu par l'éditeur
Né en 1920, Ray Bradbury s'impose à la fin des années 40 comme un écrivain majeur, avec la parution d'une série de nouvelles oniriques et
mélancoliques, plus tard réunies sous le titre de Chroniques martiennes. Publié en 1953, Fahrenheit 451, qui finit d'asseoir la
réputation mondiale de l'auteur, sera porté à l'écran par François Truffaut.

Dépôt des critiques le 12 avril 2009. En espérant que vous soyez nombreux à participer!
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Re: Avril 2009 : Fahrenheit 451 de Ray Bradbury

Message  belledenuit le Dim 12 Avr - 7:50

Mon avis :

J'avais lu ce livre il y a très longtemps lorsque j'étais au collège et malgré tout le temps écoulé je savais qu'il ne m'avait pas plu. Je ne suis pas du tout fan de la science-fiction.
J'ai donc voulu retenter cette lecture en me disant qu'avec le temps peut-être mon avis allait différer.
Effectivement, il y a eu une évolution sur ce que je pense de cet ouvrage mais mes impressions aujourd'hui sont quand même mitigées.
D'un côté, je garde une lecture laborieuse parce que trop futuriste pour moi et certains passages m'ont semblé très flous voire manquants de précision (concernant notamment le couple Montag/Mildred).
Difficile de se faire une image précise du personnage de Mildred, si ce n'est qu'elle ne réfléchit pas par elle-même et qu'elle ne vit que comme la Société le lui impose (ça j'ai bien compris que c'était ce que voulait Bradbury).
Mais parallèlement à ça, il y a des "manques" pour comprendre ses façons d'agir (ou plus justement de ne pas agir).
Enfin bref ! Le seul personnage réellement important étant Montag, le pompier pyromanne, il convient de se fixer sur lui et sur l'évolution de son caractère et de ses agissements au fur et à mesure que l'on avance dans le livre. Il m'a d'ailleurs beaucoup plu.
J'ai "évolué" en même temps que lui et j'ai ressenti tout ce qui pouvait se passer en lui en "redevenant humain", en commençant à penser par lui-même.
"Fahrenheit 451" est un ouvrage d'anticipation comme nous le savons tous. Si à l'époque de ma première lecture je ne voyais pas du tout ce que cela signifiait, aujourd'hui je me rends compte que j'ai une approche différente de ce livre.
Avec du recul, on s'aperçoit que Bradbury n'était pas si loin que ça de la vérité car aujourd'hui, même si on ne brûle pas les livres, peu de personnes se penchent sur un ouvrage pour le lire.
Regardons ce que les jeunes générations préfèrent : consoles de jeu, télévision...
Pas plus tard qu'en février, l'orthodontiste de ma fille lui a fait un compliment : celui de voir (enfin !) une jeune lire dans sa salle d'attente plutôt qu'écouter de la musique sur un MP3 ou jouer sur une console de jeu.
Il est vrai que sur ce coup là, Bradbury a bien vu l'évolution de la Société. Pour le reste, on demeure dans la fiction trop science-fiction et là ça coince pour moi.
Je dois vous préciser que j'ai manqué d'arrêter ma lecture avant la fin de la première partie. J'avais du mal à entrer dans l'histoire, à m'accaparer les personnages. Et puis, j'ai quand même continué. Il fallait que je laisse une chance à cet auteur. Finalement, la seconde partie a été très vite lue mais pas la troisième (surtout dans les dernières pages).
Si beaucoup ont aimé voire adoré "Fahrenheit 451", je suis beaucoup plus partagée. Je l'ai relu mais n'en ferai pas mon livre de chevet préféré.
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Re: Avril 2009 : Fahrenheit 451 de Ray Bradbury

Message  odilette84 le Dim 12 Avr - 8:05

difficile de passer après une critique aussi complète
BelledeNuit a très bien résumé mon sentiment .
je pense que cette lecture permettra aux collégiens ou lycéens de réfléchir sur le fonctionnement de la société, s'ils l'étudient en classe.
je n'ai personnellement pas embarqué.
le style ne me convenait pas et de plus j'ai trouvé que certains passages étaient confus.
j'avais du mal à me représenter certaines scènes...
ma note
2/5

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Re: Avril 2009 : Fahrenheit 451 de Ray Bradbury

Message  Cyrielle le Dim 12 Avr - 8:52

Mon avis: 4/5
Difficile de faire une critique alors que ça fait presque 3 semaines que je l'ai lu. Je ne suis pas une adepte de la sciences fiction, mais l'auteur a réussit à me faire apprécier ce genre même s'il y avait des passages pas facile à comprendre. Il nous fait réfléchir sur l'évolution de la société, le fait de vouloir tout contrôler.
C'est un bon livre à étudier en classe.
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Re: Avril 2009 : Fahrenheit 451 de Ray Bradbury

Message  Messaline le Dim 12 Avr - 9:05

Je dois d’abord avouer que j’étais un peu sceptique en commençant ce roman. Je le voyais comme une sorte de sous 1984 – qui fait encore à ce jour partie de mes 5 romans préférés – mais j’étais très loin de la vérité, car Fahrenheit 451 a vraiment son originalité propre.

Cette originalité se trouve d’abord dans cette fonction de « pompier pyromane » inventée par l’auteur. On ne peut qu’apprécier l’ironie de la chose. Car le pompier, dans nos sociétés, c’est un peu le héros par excellence, le protecteur, celui qui veille sur la veuve et l’orphelin ; le simple fait que le pompier soit devenu celui qui fait peur – comme le souligne le personnage de Clarisse – celui qui exerce la censure par la violence, suffit à nous faire comprendre que la société que Bradbury nous décrit est complètement corrompue.

Je trouve que c’est ça la grande force de ce livre : nous faire comprendre les choses sans les expliciter. Je veux parler notamment du désespoir de certains personnages qui pourtant semblent au premier abord parfaitement heureux : Mildred bien sûr, ses amies, mais aussi le patron de Montag.
Même si nous n’avons que très peu d’éléments sur eux, même s’ils semblent parfaitement intégrés à cette société liberticide, l’auteur arrive tout de même à nous faire comprendre qu’en réalité ils ne supportent plus leur vie, que la seule chose qui les différencie de Montag c’est qu’ils n’ont pas le courage d’admettre leur propre détresse.

Il y a par ailleurs des passages assez poétiques, notamment ceux des rencontres entre Montag et l’intrigante Clarisse. Certaines scènes au contraire font littéralement trembler d’effroi : celle de la femme brûlée vive avec ses livres, et bien sûr la chasse à l’homme finale.

J’ai beaucoup aimé la fin. Contrairement à ce qui se passe dans 1984, une lueur d’espoir apparaît – même si c’est la destruction qui lui permet de briller – et l’on se dit « Ouf, l’intelligence humaine n’est pas encore complètement perdue ».


Ma note : 5/5
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Re: Avril 2009 : Fahrenheit 451 de Ray Bradbury

Message  Ysla le Dim 12 Avr - 9:47

Comment se fait-il que je n'ai pas lu ce roman avant ? Il s'inscrit dans la lignée des romans d'anticipation comme 1984 ou Le meilleur des mondes que j'ai lus et énormément appréciés il y a longtemps.
La société décrite ici a banni, interdit le livre, le rendant responsable du malheur humain. Des pompiers sont chargés de brûler les livres que certains réussissent encore à cacher. Guy Montag est pompier depuis 10 ans. Un jour, il rencontre Clarisse, une jeune fille différente qui réveille en lui le doute.
Ce livre court se dévore et il faudra que je le relise, encore et encore comme les deux précédemment cités, pour en saisir à nouveau l'incroyable justesse. C'est fort, prenant, indémodable et terriblement tragique, même si la fin offre une certaine lueur d'espoir (toute relative).
Le personnage de Clarisse m'a beaucoup émue et c'est dommage qu'elle disparaisse si vite, mais nécessaire car cela participe du changement d'attitude de Montag, de son évolution.
Il y a beaucoup d'images surprenantes dans cette histoire, tout ce qui tend à abrutir l'homme par exemple (les murs-écrans, la vitesse en voiture, les écouteurs toujours dans les oreilles... hum... ça a bien quelque chose de notre société actuelle, non ?) et en opposition, celle des "hommes-livres" à la fin.
Je donne sans hésiter 5/5 à cette lecture.
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Re: Avril 2009 : Fahrenheit 451 de Ray Bradbury

Message  lalyre le Dim 12 Avr - 11:07

Ben voila j'ai abandonné la lecture de ce livre à la P.110,peut-être n'était ca pas le moment de lire ce roman....
Qui sait ? Peut-être une autre fois......
Désolée Embarassed

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Re: Avril 2009 : Fahrenheit 451 de Ray Bradbury

Message  opalecat le Dim 12 Avr - 11:49

Comme beaucoup de personnes, apparemment, j'avais lu ce livre en classe de collège. De ce fait, j'été impatiente de le lire à nouveau pour voir si ma vision des choses avait changé (je me souvenais d'un livre que j'avais apprécié).
Hé bien, je peux dire que je suis ravie d'avoir lu à nouveau ce livre, qui a, selon moi, surtout dans la société actuelle, une grande valeur morale. Effectivement, il montre qu'il est très important de réfléchir par nous-même, de chercher à comprendre les choses et, le cas échéant, qu'il est nécessaire de se "révolter" contre l'ordre établit si ce dernier est absurde et/ou injuste. J'admire Montag car il fait cela au risque de sa vie.....alors qu'il aurait pu, comme tant d'autres, rester dans le "confort" de l'ignorance.
Ce livre nous montre aussi l'importance de la mémoire collective, que l'Homme doit se souvenir de l'Histoire pour en tirer des leçons, ne pas oublier et ne pas se faire manipuler.
Il est vrai que j'ai eu l'impression qu'il manquait des éléments pour comprendre certains personnages (Mildred notamment) et pour comprendre la relation de Montag avec celle-ci...mais je pense que c'est voulu par l'auteur justement pour nous montrer à quel point en est arrivée cette société qui est dans le "flou" perpétuel (Montag et Mildred ne se souviennent même pas comment et quand ils se sont rencontrés!!!).
Pour moi une excellente lecture à conseiller à toutes les nouvelles générations (et même au autres d'ailleurs!!!).

Ma note: 4,75/5
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Re: Avril 2009 : Fahrenheit 451 de Ray Bradbury

Message  Philcabzi le Dim 12 Avr - 13:31

Fahrenheit 451
Ed. Denoël, 1995 c1953, 213 pages, ISBN 2-07-041573-2
Titre original: Fahrenheit 451 (traduit de l'américain par Jacques Chambon et Henri Robillon)

Ma note : 5/5 coeur

Résumé:
Montag ne comprend pas ce qu'il lui arrive. Pompier chargé de brûlé les livres, l'objet honni pour la réflexion et le questionnement qu'il provoque, aimait son travail jusqu'au jour où il rencontre Camille. Cette jeune adolescente libre et fascinée par ce qui l'entoure ouvrira les yeux du jeune pompier sur cette société de divertissement accélérée.

Mon avis:
Tout d'abord j'ai adoré la préface de Jacques Chambon qui est de celle qui marque et qui donne un éclairage parfait au livre sans en dévoiler l'histoire. Ensuite, j'ai été soufflé par cette prose superbe mais surtout par son propos qui est aussi actuel aujourd'hui, sinon plus, qu'en 1953. La société de divertissement de masse dans laquelle nous sommes, où tout doit aller de plus en plus vite, de plus en plus près, où la critique sociale et les réflexions ne font pas les cotes d'écoute me semble se refléter dans ce texte pourtant écrit plus de 50 ans plus tôt. Bref, ce sera pour moi un livre que je relirai sans aucun doute ne serais-ce que pour ne pas oublier le message très fort de ce texte.

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Re: Avril 2009 : Fahrenheit 451 de Ray Bradbury

Message  zeta le Dim 12 Avr - 13:43

L'histoire est intéressante et le thème lourd de signification, car il ne faut pas oublier que c'est ce que faisaient les nazis : ils brulaient les livres, d'auteurs juifs en majorité, dont les textes ne leur convenaient pas.
Mais j'ai eu le même rejet que Lalyre : je n'ai pas pu relire ce livre, que j'avais déjà eu beaucoup de mal à finir en première lecture. C'est une quetion d'écriture, lourde, hachée, peu attrayante, terriblement datée.
Alors quand je lis vos critiques je regrette mon abandon car ce que vous en dites, vous qui avez aimé, est très attractif. Est-ce en raison de la vieillesse de mon exemplaire (1976) et d'une ancienne traduction ou ais-je simplement du mal avec le style de Bradbury ?
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Re : Avril 2009 - Farenheit 451 de RAY BRADBURY

Message  Franillon le Dim 12 Avr - 14:42

J'ai lu ce livre il y a trois ans environ. Je ne l'ai pas relu depuis, ne l'ayant pas sous la main. J'apprécie toujours la bonne science-fiction, c'est donc un domaine que je connais assez bien. Trois ans après ma lecture, avec l'oubli des détails et de certains personnages, je me rappelle essentiellement que ce livre m'avait alors laissé une très bonne impression et je suis heureux de voir que, si les avis sont partagés, il y a quand même quelques 5 / 5 et surtout d'excellentes critiques. Je n'irai pas jusqu'à 5, parce que d'autres romans de S.F. lus dans la même période m'ont semblé supérieurs. Mais, comme cela est souligné dans les différentes critiques, c'est un livre qui ne nous laisse pas indifférents et nous amène à réfléchir. C'est d'ailleurs le but de la S.F. Les auteurs de S.F. ont choisi de s'exprimer de cette façon pour attirer notre attention, et surout celle des politiciens - mais ceux-ci ont-ils le temps de lire ? - sur les conséquences de décisions prises à la légère et qui engagent l'avenir de l'humanité. Ce sera donc 4,5 / 5.

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Re: Avril 2009 : Fahrenheit 451 de Ray Bradbury

Message  Liza_lou le Dim 12 Avr - 15:58

Fahrenheit 451
(Folio, 212 pages)



Fahrenheit 451 représente la température à laquelle le papier s'enflamme et se confume. Dans une société futuriste, Montag, le pompier pyromane, est chargé de brûler tous les livres dans une société qui en condamne la possession. Mais Montag, un beau jour, fait la connaissance de Clarisse, une jeune fille différente des autres. Et à partir de ce moment-là, sa vie bascule.

Critique du maccarthisme, description d'une société apocalyptique où la deshumanisation est totale : Fahrenheit 451 est devenu une oeuvre phare en littérature, au même titre que le 1984 d'Orwell ou Le meilleur des mondes d'Aldous Huxley. Le film que François Truffaut en a tiré en 1966 a également permis une large diffusion de cette oeuvre. Désormais, Fahrenheit 451 est un classique de la science fiction, voire même de la littérature en général.

La société dans Fahrenheit 451 est une société dans laquelle les principales valeurs morales ont disparu. Le pouvoir en place a instauré un bonheur artificiel, où les gens se figurent d'être heureux. Se contentant de l'opinion officielle, passant des heures abrutis devant les écrans de télévision (comme Mildred, la femme de Montag), les gens ne se posent plus de question et se contentent de suivre l'opinion générale. Dans cette société "idéale", les gens se figurent d'être heureux même si Montag, dès le début du roman, sent bien que quelque chose ne tourne pas rond. Même Mildred tente de suscider, même si par la suite, elle ne se souviendra plus de rien et reprendre ses anciennes habitudes.

Quel avenir alors, dans cette société inconsciente, où le bonheur matériel est devenu prioritaire? (Mildred "tanne" en effet sans cesse son mari pour avoir un écran supplémentaire de télévision murale). Si Montag se révolte dans le roman et va jusqu'à provoquer le pouvoir en place, pour Bradbury, là n'est pas la solution. Non, le message d'espoir qui transparait à travers ce roman, c'est que des temps meilleurs sont possibles et où des gens comme Montag, détenteur d'un savoir, seront alors recherchés et utiles. Pas de révolte, ni de guerre à la guerre, non, le système de lui-même ne peut que s'écrouler fatalement.

Roman écrit en 1953, les thèmes de Fahrenheit 451 demeurent aujourd'hui encore terriblement actuels. La société de masse dans laquelle nous vivons, Bradbury l'avait déja anticipé. De même que l'individualisme de la population (Montag en fera l'amère expérience : sa femme Mildred n'ira t'elle pas jusqu'à le trahir en le dénonçant?).

Roman d'anticipation, chef d'oeuvre de la science fiction, vision diabolique de ce que notre société peut devenir : Fahrenheit 451 est un ensemble de tous ces thèmes. Si le roman accuse peut-être par instants quelques longueurs, il n'en demeure pas moins un de ces livres qu'il faut au moins avoir lu une fois dans sa vie.

Ma note : 4/5
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Re: Avril 2009 : Fahrenheit 451 de Ray Bradbury

Message  Laïze le Dim 12 Avr - 16:59

Chapeau bas pour vos belles critiques !

Voici ce que m’a inspiré Fahrenheit 451 de Ray Bradbury :


« Bonjour, je suis Mildred, ou Millie pour les intimes. Chez moi, les pompiers ont pour principale fonction de brûler les livres qui sont bien entendu interdits. J’en sais quelque chose vu que mon époux, Guy Montag est pompier depuis un bon bout de temps maintenant. C’est mon mari, je ne sais plus où ni quand je l’ai rencontré, mais est-ce bien important ? Nous n’avons pas d’enfants, cela va sans dire. J’y ai veillé consciencieusement toutes ces années. Heureusement, nous avons une famille formidable, des créatures virtuelles qui habitent les murs de notre salon. Avec eux, je regarde des divertissements à la télé, je m’amuse beaucoup. Et quand je ne sais plus quoi faire, je prends la voiture pour faire du 150 km/h, ça me détend. Ces derniers temps, Guy se comporte bizarrement. Il pose d’étranges questions et a même ramené des livres à la maison. Je me demande si je ne devrais pas faire quelque chose à ce sujet…»


Je n’avais jamais lu ce titre qui est pourtant connu de tous. C’était une bonne lecture, mais j’ai trouvé le style un peu faiblard, j’ai même relevé des fautes d’orthographe (ça me choque toujours d’en trouver dans des livres). La traduction a peut-être laissé à désirer, je ne saurais dire. L’absurde est parfois tellement poussé que ça devient confus.


L’intrigue n'a éveillé mon intérêt que tardivement, lorsque Montag s'enfuit. A tel point que j’aurais préféré que le roman commence par ce passage et l'approfondisse un peu plus, le tout pimenté de flash-back expliquant le contexte. L’idée de base est bien sûr intéressante. C’est un sujet qui touche tous les Rats de ce forum : que feriez-vous si les livres étaient devenus illégaux ? Si on devait se cacher pour lire, risquer sa vie pour continuer à lire ? Mais au final ce livre questionne encore plus le principe même de la dictature qui empêche de penser et ne fait que ménager du temps de cerveau disponible. Cette clairvoyance est assez impressionnante quand on sait que ce roman a été écrit en 1953 seulement.


Et pour finir une petite citation emblématique :

« Un dernier mot, dit Beatty. Une fois au moins dans sa carrière, tout pompier est démangé par l’idée de savoir ce que racontent les livres. Oh ! Cette envie de se gratter, hein ? Eh bien, Montag, crois-moi sur parole. J’en ai lu quelques-uns dans le temps, pour savoir de quoi il retournait… les livres ne racontent rien. Rien que tu puisses croire ou enseigner aux autres. Si ce sont des romans, ils parlent d’êtres qui n’existent pas, de produits de l’imagination. Dans le cas contraire c’est encore pire. »


Ma note : 3/5


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Re: Avril 2009 : Fahrenheit 451 de Ray Bradbury

Message  Koalie le Dim 12 Avr - 17:00

Ma critique ne sera pas aussi élaborée que d'autres ... beaucoup de choses ont déjà été dites.

Très bon livre ... lu très rapidement car je voulais toujours en savoir plus. Par contre, c'est de la science-fiction donc il m'a été parfois difficile de m'y retrouver dans ce monde futuriste, j'aurais presque aimé avoir des images. J'aurais aimé que certaines choses soient plus claires, qu'il y ait plus de détails pour que je comprenne tout à 100% mais je me suis laissé embarquer par ce monde où les livres sont interdits sous peine d'emprisonnement. J'aurais encore lu 200-300 pages de plus.

Ma note : 4/5

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Re: Avril 2009 : Fahrenheit 451 de Ray Bradbury

Message  Elfe le Lun 13 Avr - 8:37

Je serais moi aussi assez brève, beaucoup de critiques ont déjà été faites et je ne ferais que repeter leur propos.

Tout d'abord, je dois avouer que la Science fiction n'est pas mon domaine de prédilection. Je ne savais pas si ça allait me plaire. Et puis à ma grande surprise je m'y suis laissée embarquée, j'ai bien aimée. Même si je trouve que quelques passages auraient mérité d'être plus développés et approfondis, j'ai tout de même apprécié ma lecture. Et puis quel message!!!! Il est vrai que l'on peut tout à fait retranscrire à notre époque le délaissement de la lecture pour les jeux vidéo, les écrans et autres nouvelles technologies. à mon grand désaroi d'ailleurs. Moi qui suis bibliothécaire, j'en vois beaucoup qui maintenant font toutes leur recherche sur internet plutôt que d'ouvrir un dictionnaire ou un documentaire.

Ma note: 4/5
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Re: Avril 2009 : Fahrenheit 451 de Ray Bradbury

Message  jenyli le Mar 14 Avr - 9:00

De mon côté j'ai beaucoup aimé ce livre avec son style d'écriture très métaphorique et poètique. Je pense que ce type de roman doit être lu plusieurs fois pour ne pas passer à côté de tous les thèmes soulevé de l'auteur.
En effet, on remarque rapidement que ce n'est pas un roman pour un roman mais un texte à message.... La fin de la littérature représente la fin de la liberté de penser, la fin du libre arbitre, le début du nivellement par le bas (terme citer dans le livre).

Il s'agit bien d'un roman d'anticipation: et ce qui est décrit par l'auteur est déjà présent dans notre société. A plus petite échelle mais nous y sommes.

Je viens de ce livre, pour moi il devient un incontournable à lire par rapport aux thèmes qui sont traités.

Ma Note: 4,75 / 5


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Re: Avril 2009 : Fahrenheit 451 de Ray Bradbury

Message  Shan_Ze le Mer 15 Avr - 8:03

Fahrenheit 451 de Ray Bradbury

Mon avis : J’ai bien aimé l’histoire. Un beau livre sur la censure, qui dans cette société, est totale. Une société qui empêche les gens de penser est une société fade et insipide où tout le monde est identique, a peur de la réflexion, des émotions. Il y a quelques scènes que j’ai eu du mal à me représenter, j’ai perdu le fil par moments mais un beau message sur la liberté d’expression et les livres qui en sont le symbole. La fin est une belle promesse mais qui m’a laissé un peu sur la faim.

Note : 4/5
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Re: Avril 2009 : Fahrenheit 451 de Ray Bradbury

Message  Bellonzo le Lun 27 Avr - 18:05

Mon avis sur Fahrenheit 451 est un peu faussé car mon premier souvenir est cinématographique.J'ai beaucoup aimé le film de Truffaut,film anglais,à la fois éloigné de sa filmo plus classique et pourtant très proche par l'amour de Truffaut pour la littérature,jamais démenti.J'ai lu le livre bien plus tard mais je lui ai préféré,du même Bradbury,La solitude est un cercueil de verre,plus près du roman noir.
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Re: Avril 2009 : Fahrenheit 451 de Ray Bradbury

Message  Louvaluna le Ven 15 Mai - 12:23

Fahrenheit 451 - Ray BRADBURY

" Un volume lui atterrit dans les mains, presque docilement, comme un pigeon blanc, les ailes palpitantes. "
Guy Montag est pompier. Quel valeureux métier !
Guy Montag est pompier dans un monde où on ne gère pas les problèmes, on les brûle.
Et le plus gros souci des pompiers est de faire disparaître un objet de liberté capable de réveiller les consciences.
Dans un monde où observer la lune est un délit, ouvrir la bouche quand il pleut afin de goûter la pluie un acte de folie, réfléchir sur ses propres actes un crime de grande envergure, les esprits vifs et curieux s'exilent loin de la ville, errent le long des voies ferrées désertées et se font le support de leurs lectures, espérant un jour pouvoir à nouveau transmettre librement cette richesse.
Aidé de deux rencontres inattendues, Guy Montag se réveille d'un long sommeil somnambulique et devient un dangereux criminel.

Tout au long de cette lecture persiste un paradoxe. D'un côté, l'écriture tout en image de Bradbury nourrit abondamment notre imagination. D'un autre côté, il décrit un univers où règne un vide d'émotions et de créativité effrayant. Cette opposition recrée parfaitement le dilemme vécu par le personnage principal, Guy Montag, en pleine crise existentielle. En effet, l'écriture très visuelle de l'auteur évoque la prise de conscience de Montag, un sens de l'observation et un sens critique qui se développent, la naissance d'une vie spirituelle où l'imagination et la créativité ont leur place. S'y oppose à travers le décor dans lequel évolue Montag, sa réalité matérielle, le conditionnement subit par celui-ci (et ses contemporains) dont il est difficile de se démettre. Ainsi, la construction même du récit semble aller de concert avec le mouvement intérieur qui sévit chez le personnage principal.

Ce livre interroge des problèmes toujours d'actualité comme le conditionnement qu'opère nécessairement, mais à différents degrés, une société sur les individus. Ce qu'apporte mais aussi ce que prend le choix de penser par soi-même, de redéfinir sa place et toutes les responsabilités qui vont avec au sein de la communauté humaine. Le problème, surtout du point de vue culturel ici, du nivellement vers le bas, l'infantilisation de toute une population, l'offre et la demande qui s'entretiennent vers toujours plus de confort pour l'esprit, de docilité mentale.
Sur un thème plus spécifique, un passage m'a fait penser à l'addiction au lecteur mp3 : "Dix ans de pratique des radio-dés avaient fait d'elle une virtuose de la lecture sur les lèvres." Certains, perdus dans leur bulle musicale, en oublient de vous remercier lorsque vous leur rendez service. Quelques pages plus loin, il est écrit que "personne n'a plus le moindre instant à consacrer aux autres." Il semble en effet difficile d'être attentif à ceux qui nous entourent avec de tels comportements isolationnistes qui deviennent rapidement la norme. Ce qui nous renvoie à quelques pages plus tôt : "Après tout, on vit à l'époque du kleenex." L'époque du mouchoir en tissu qu'il fallait entretenir pour qu'il reste d'un contact agréable était-elle un peu plus courtoise ?

Comme Belledenuit, j'ai remarqué un manque de précision chez les personnages secondaires, mais également dans le contexte. J'avais déjà observé cela en lisant Les chroniques martiennes du même auteur. Et ceci laisse parfois comme un sentiment d'inachevé. Cependant, concernant Mildred, il est possible qu'elle reste un personnage assez flou pour mieux incarner ce vide d'émotions et de créativité que dénonce Bradbury. A travers Mildred, c'est toute cette société de zombis qui se révèle avec son indifférence crasse, sa fainéantise intellectuelle, son néant intérieur. Finalement, ici, n'est-ce pas ces gens qui semblent inachevés ? Des gens qui ne profitent pas pleinement de leurs facultés pour s'épanouir et prendre toute leur dimension d'homme ? Le vide s'estompe lorsque Montag tend vers le changement et quitte la ville : "Il s'arrêta pour respirer, et plus il respirait la terre, plus il en intériorisait les moindres détails. Il n'était plus vide. Il y avait ici largement de quoi le remplir. Il y en aurait toujours plus que largement."

Messaline, en effet, le peu d'éléments dont nous disposons pour certains personnages ne nous empêchent aucunement de ressentir leur profonde détresse. C'est même d'autant plus poignant que cette détresse est finalement révélée, pour Mildred et le capitaine Beatty, dans des actes forts et inattendus.
Tu évoques cette scène avec la vieille femme qui choisit de brûler vive parmi ses livres comme étant effrayante. Je considère que c'est le plus important mais aussi le plus beau passage du livre. Ici, l'écriture "minimaliste" et spontanée de Bradbury donne à cet instant une force étonnante, révélant toute l'ampleur dramatique vers laquelle court cette société tronquée.

Philcabzi, tu fais bien de mettre l'accent sur la préface de Jacques Chambon qui est excellente car claire et prenante !

Zeta, il y a d'ailleurs dans la préface un passage concernant la traduction. Chambon explique qu'elle a été remise à jour car celle d'Henri Robillot datait de 1954 et qu'à cette époque il manquait un vocabulaire propre à la science-fiction et certaines technologies comme la télévision ou les transports, mais également par rapport à certaines difficultés propres au style bradburien. Peut-être pourrais-tu retenter cette lecture avec la nouvelle traduction ?

Concernant l'écriture de Bradbury, on peut y voir une peinture faite d'esquisses qui laisse toute la place à l'imagination de celui qui contemple le tableau. Ce goût de l'implicite amplifie le tragique du récit et s'avère ici être une force dans l'écriture.

Il faut lire Fahrenheit 451 pour les questions essentielles qu'il soulève et le fabuleux style métaphorique et poétique de Bradbury.

4,5/5

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Louvaluna

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Re: Avril 2009 : Fahrenheit 451 de Ray Bradbury

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