Georges BERNANOS (France)

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Georges BERNANOS (France)

Message  Mousseline le Mer 29 Oct 2008 - 3:58

De : Le-réaliste-romantique (Message d'origine) Envoyé : 2006-04-26 21:13

Georges Bernanos

Né à Paris le 20 février 1888
Décédé à Neuilly-sur-Seine le 05 juillet 1948

Écrivain français que je connais peu, voici quelques notes biographiques que j'ai pigées ici et là.

Journaliste et militant avant d'être écrivain, son premier roman ne date que de 1926 : Sous le soleil de Satan, récit d'une âme mystique et tourmentée. Ce livre connu un grand succès, et son auteur pu alors se consacrer entièrement à l'écriture d'essais et d'oeuvres de fiction. Il demeure engagé, critiqua entre autre les violences franquistes en Espagne et l'implication de l'Église avec ce régime.

Il combattait par ses textes, attaché à dénoncer l'aliéniation de l'homme dans la civilisation moderne. Il défendait la liberté et l'honneur. Son oeuvre serait dans la lignée du "roman chrétien" (je ne sais trop que penser d'un tel qualificatif). Un ton rude, un imaginaire puissant où le doute, l'angoisse et la crainte du malin occupent une place prépondérante.

Oeuvres de Georges Bernanos

1926 Sous le soleil de Satan.

1927 L'imposture.

1929 La Joie.

1931 La Grande Peur des Bien-Pensants.

1934 Jeanne relapse et sainte.

1935 Un Crime.

1936 Journal d'un curé de campagne.

1937 Nouvelle histoire de Mouchette.

1938 Les Grands Cimetières sous la lune.

1939 Scandale de la vérité.

Nous autres Français.

1947 La France contre les robots.

1948 Le Chemin de la Croix-des-Âmes.

1949 Dialogues des carmélites.

Les Enfants humiliés.

1950 Un Mauvais rêve.

1953 La liberté, pour quoi faire ?


Il fut considéré par André Malraux comme le meilleur romancier de son époque: « Il [Bernanos] a écrit les plus belles scènes de la fiction moderne, par la profondeur et la puissance. » Pour Albert Béguin, chaque roman de Bernanos « est une plongée aux abîmes plus bouleversante que celle de Dostoïevski. » Léon Daudet, quant à lui, n'hésita pas à évoquer le génie de Bernanos: « Avec lui, un certain génie s'impose, comme un coup frappé sur l'airain. »


Journal d'un curé de campagne

Georges Bernanos

1936

Un jeune curé prend possession de sa première paroisse. Celle-ci est bien normale : "Ma paroisse est une paroisse comme les autres", c'est lui qui est différent. Ce jeune homme, fils d'un famille pauvre, arrive la tête remplie des enseignements chrétiens de charité et de pauvreté. Mais ses paroissiens, des gens de "gros bon sens", ne voient pas les choses de la même façon. Ils veulent bien prier Dieu, donner à l'occasion la charité, mais il ne faut pas que l'Église entre franchement dans leurs vies. Les histoires de pauvreté chrétienne et de charité, c'est bon pour les pauvres. Le nouveau curé idéaliste se heurte à ces gens qui n'acceptent ses idées, et il se retrouve rapidement mis au ban du village. Les villageois ne peuvent comprendre qu'il mette en oeuvre aussi activement les principes qu'il prêche. Le message religieux ne s'applique pas que le dimanche? Des confrères tentent de le ramener dans la "droite ligne" de l'Église et lui demandent de mettre de l'eau dans son vin. Il se fait expliquer une interprétation intéressante de la prédication du riche qui ne rentrera aux Royaumes des cieux que lorsqu'un chameau aura franchi le chas d'un aiguille. Ceci ne serait qu'une image pour désigner une porte un peu plus étroite de Jérusalem, donc le riche n'a pas à s'inquiéter, il ne salira pas ses beaux habits. L'Église, et la France, a besoin de ses riches, il ne faut pas les dépouiller. Le curé a particulièrement du fil à retordre avec les seigneurs de la paroisse, la famille qui tient le rôle de la noblesse de province du coin.

De prime abord, je croyais lire un récit de l'abbé Mouret de Zola ou encore de la Jument verte de Marcel Aymé. Il m'a semblé avoir déjà lu plusieurs fois cette France provinciale, attachée à ses traditions religieuses mais qui ne fréquente l'église que pour la forme, sans trop désirer que celle-ci n'intervienne dans la société, si ce n'est pour l'appuyer. Le point vue est du curé, ce qui a quand même soutenu mon intérêt pendant une partie de la lecture, la torture intérieure du curé est brillamment décrite, mais mon intérêt s'est étiolé passé la moitié. Je crois que certains aspects du texte n'a pas très bien veilli. Les réflexions sont toujours d'actualité (comment une Église basée sur un message de pauvreté a pu amasser autant de richesse, exploiter autant la misère et appuyer autant l'enrichissement personnel?), mais certaines parties fort détaillées de l'histoire ne m'intéressaient pas tellement, moi lecteur du XXIe siècle.

2,5/5

le réaliste-romantique




De s-lewerentz (Oorspronkelijk bericht) Verzonden: 3-2-2008 12:29

Dialogues des carmélites / Georges Bernanos
Ed. du Seuil/Points, 1996

Auteur
Bernanos est né en 1888 à Paris. A la fois romancier, journaliste, conférencier et auteur de pamphlets, il est d’abord directeur d’un hebdomadaire puis inspecteur d’une compagnie d’assurance après la première guerre où il est engagé volontaire. Après le succès de son premier roman, Sous le soleil de Satan (1926), il décide de vivre de sa plume. Il sera profondément marqué par son éducation catholique mais aussi ses études de lettres et de droit. A la veille de la seconde guerre mondiale, il part pour le Brésil, et c’est le général de Gaulle qui le priera de revenir ; Bernanos n’ayant jamais cessé de se battre, à travers ses pamphlets, pour une France libre. Il meurt en juillet 1948.
Principaux ouvrages : Journal d’un curé de campagne (1936), La joie (1928), Les grands cimetières sous la lune (essai, 1938), Monsieur Ouine (1943)


Résumé
A la veille de la Révolution française, une jeune noble, Blanche de la Force, abandonne ses privilèges pour la vie monastique. Chez les carmélites, ses craintes s’apaisent et elle se sent libérée – du moins le croit-elle. Mais lorsque les sœurs sont arrêtées, elle s’enfuit. Peut-elle accepter de rester en vie alors que ses compagnes sont conduites à l’échafaud après avoir fait vœu de martyre ?
Commentaire

J'ai lu cet auteur pour la première fois, il y a quelques années, pour mon travail de maturité. Depuis, je ne l'avais plus relu mais je suis contente de l'avoir refais pour mon challenge.

L’enfance, la grâce, la peur, le martyre, l’honneur. On retrouve dans ce texte les principaux thèmes de Bernanos. La peur et l’enfance sont personifiés en Blanche, apeurée par ses propres faiblesses et la mort. En même temps, elle sait que cette peur n’offense personne, et surtout pas son dieu. Les autres religieuses la ressentent d’ailleurs aussi et elles s’en affranchiront en sacrifiant librement leur vie (vœu de martyre) après les souffrances et les agonies.

ernanos ne présente donc pas la peur comme oppressante mais plutôt comme une espérance, voire une grâce.

L’auteur décrit également la nature humaine, ses infirmités et ses faiblesses, de l’estime de soi, ainsi que les lâchetés religieuses. Blanche est-elle indigne en s’enfuyant et en montrant sa faiblesse ? Elle ne veut pas mourir et elle le crie avec la pureté, la naïveté et la candeur d’une enfant. Elle veut sauver ses compagnes de la mort. D’un autre côté, elle finira par être la plus aimée et la plus aimante. L’enfance est un sujet constant dans les romans de Bernanos (entre autres dans Journal d’un curé de campagne) et ici, elle est incarnée par Blanche et sœur Constance, une novice confiante et insouciante, qui présente une grande joie de vivre. Ce thème se lie aussi à celui de l’honneur, car pour Bernanos, la façon la plus simple de le conserver est de garder l’âme d’un enfant.

C’est profond et dense ; tout simplement beau.

Je tiens encore à préciser que ce texte, même influencé par le catholicisme de l’auteur, n’est pas du tout un quelconque « appel » à cette religion. Ce n’est jamais un sujet facile à débattre mais je crois que quelque soit les convictions de chacun, on peut y trouver matière à réflexion. D’ailleurs, Bernanos était aussi très critique vis-à-vis de la religion.

A noter que le texte (théâtral) de Bernanos est tiré d’une nouvelle de Gertrud von Le Fort (Die Letzte am Schaffot, 1937), lui-même basé sur l’histoire vraie de seize religieuses de Compiègne exécutées en 1794 pour avoir refusé de renoncer à leurs vœux. Certains personnages du texte sont d’ailleurs historiques mais pas Blanche.

Francis Poulenc s’en inspirera pour son opéra (création en 1957).

4.5/5
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Re: Georges BERNANOS (France)

Message  Lacazavent le Ven 17 Mai 2013 - 12:26

Un crime de Georges Bernanos
Phébus, Libretto / 214 pages




Ténébreuse histoire ! Crime ? Suicide ? Il n'y a pas moins de quatre morts dans cette étrange affaire... D'abord la vieille dame, assommée dans son château de Mégère. Un inconnu ensuite, meurtrier présumé, tué par balle dans les collines voisines. Pour corser le tout, madame Louise, ancienne religieuse, gouvernante de la défunte, absorbe une trop forte close de morphine. Et voilà qu'un enfant de chœur est retrouvé flottant au fil du courant... Au centre de l'intrigue, un jeune prêtre au masque tragique, au regard pénétrant, au sourire funèbre. Le curé de Mégère... A peine débarqué au presbytère la nuit du drame... Sous quel soleil est©il né, celui©là ?


Une courte histoire qui avait si bien commencé, le début était captivant et puis peu à peu j'ai décroché. Le style est déroutant beaucoup d'emphase, des phrases à rallonges qui arrive subitement dans le récit. Les descriptions de ce village de montagne et de quelques uns de ses habitants sont par contre très réussies. Quand à l' intrigue si elle est prenante et mystérieuse, on est vite perdu dans son déroulement, l' histoire se termine sans que l' on ai l' impression de bien tout avoir saisi. C'est une fin brouillon, dommage de terminer sur une note négative.


3/5

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Re: Georges BERNANOS (France)

Message  géromino le Mar 23 Déc 2014 - 14:12

"Les grands cimetières sous la lune" Le livre de poche 1965 435 pages


Georges Bernanos se retrouve aux Baléares au moment où débute la guerre civile espagnole. Les exécutions sommaires de suspects républicains et les assassinats de masse organisés par les phalanges franquistes (contrôlés par des éléments fascistes italiens) terrifient la population. Bernanos s'en émeut, mais comprend la position franquiste (son fils s'est engagé dans les milices franquistes); en tant que fervent catholique, royaliste et intellectuel de droite, il aurait même tendance à l'approuver... Par contre, il ne peut cautionner que ces purges sanglantes soient bénies, goupillon en main et chasubles baignant dans le sang des victimes, par les prêtres. Des prêtres envoyés tout exprès par Mgr l'évêque de Majorque! 
C'est ce que Bernanos ne peut pas tolérer et qu'il dénonce avec force et violence. 


Mais la Guerre d'Espagne ne représente qu'une partie du livre (peut-être la moitié). Il dénonce ceux qu'il appelle les "imbéciles", les fauteurs de guerre, et ceux qui les suivent docilement, résignés et loin de toute attitude réfléchie pour empêcher les catastrophes de se produire. 


Je n'ai pas terminé le livre...
D'une part parce que j'avais trouvé ce que je cherchais, à savoir le témoignage de Bernanos et son avis sur la Guerre d'Espagne, (après avoir lu "Pas pleurer" de Lydie Salvayre). 
D'autre part, ses convictions politico-religieuses (dans une Europe qui s'achemine vers la guerre) n'éveillent pas en moi une émotion particulière, ou plutôt pas en accord avec celle qu'il voudrait susciter. En outre je n'aime pas la façon qu'il a de parler des Juifs: ses propos ne sont pas très clairs et sans être ouvertement antisémite, on ne peut pas dire qu'il les porte en grande estime. Et pour ce qu'il est de Mussolini ou d'Hitler, il n'est pas loin d'approuver leur dictature (au nom de l'ordre et de la bonne marche d'un pays). Il faut dire qu'en 1936 ou 1937, on est loin de se douter des atrocité qui seront bientôt commises. 


Humaniste à ses heures, Royaliste convaincu et regrettant "le bon vieux temps", volontiers donneur de leçons, le personnage ne me plaît pas du tout; et son discours possède trop d'ironie et de métaphores pour qu'il ne soit pas exempt d'ambiguïté.


Pas de note

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