Juan Carlos ONETTI (Uruguay/Espagne)

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Juan Carlos ONETTI (Uruguay/Espagne)

Message  géromino le Ven 26 Déc 2008 - 10:12

Ecrivain Uruguayen, Juan Carlos ONETTI est né à Montevideo en 1909, décédé à Madrid en 1994. Il commence à écrire en 1930, tout en menant sa carrière de journaliste. Installé à Buenos Aires de 1942 à 1954, il deviendra reporter pour l'agence Reuters. Opposant à la dictature Uruguayenne, il est emprisonné en 1973,et libéré sous la pression internationale. Il s'exilera en Espagne où il finira ses jours.
Parmi ses nombreux romans, La vie brève, commencé en 1950, est considéré comme son chef-d'oeuvre.C'est à partir de là qu'il nous parle de "Santa Maria, une ville mythique, aussi cruelle que fascinante. Il faut aussi compter avec Le puits (1939), Nuit de chien (1943), inspiré de la guerre d'Espagne, Les adieux (1954), Le chantier (1961), Laissons parler le vent (1979), pour les plus connus.
Auteur méconnu en France, de nouvelles traductions sont disponibles pour découvrir cet écrivain que Gabriel Garcia MARQUEZ et Mario Vargas LLOSA considèrent comme le père de la littérature latino-américaine moderne.
A découvrir donc, d'autant que bons nombres de ses ouvrages sont édités en poche.



A UNE TOMBE ANONYME folio 2 euros 130 pages

Tiré d'un recueil de 13 nouvelles "Les bas-fonds du rêve" (folio).
L'histoire : Le narrateur est docteur dans une cité imaginaire:Santa Maria. On vient le chercher pour assister à l'enterrement d'un femme. Le corbillard est suivi par un jeune garçon, trainant au bout d'une corde...un bouc! La poursuite du récit nous dévoilera l'histoire de cette femme et de son bouc.
Je ne peux pas dire que j'ai été emballé par cette histoire pas très claire, dont le récit est parfois confus. Néanmoins, c'est une bonne introduction à la découverte de l'univers glauque et sordide du petit peuple désenchanté,"tiraillé entre le malheur et les rêves" que Juan Carlos ONETTI raconte tout au long de sont oeuvre.
Mon prochain achat sera surement ce recueil.

NOTE 2.75 /5
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géromino

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Re: Juan Carlos ONETTI (Uruguay/Espagne)

Message  géromino le Ven 27 Mar 2009 - 15:38

"Les bas-fonds du rêve" folio 346 pages

Composé de 13 histoires:
L'album ; Les bas-fonds du rêve ; Salut Bob ; Jacob et l'autre ; Histoire du chevalier à la rose et de la vierge enceinte qui venait de Lilliput ; L'enfer tant redouté ; Esbjerg,sur la côte ; Le visage du malheur ; La maison sur la dune ; Un Baldi impossible ; A une tombe anonyme ; Retour dans le sud ; Aussi triste qu'elle .

La ville de Santa Maria, ville imaginaire, située quelque part en Uruguay ou en Argentine, peu importe. C'est le visage même de la déception, du désenchantement. On y parle plus de mort (suicide, enterrement...) que d'amour. Encore que, des histoires d'amour, il y en a: amours impossibles, amours déçus.
La couleur qui transperce au fil des pages, c'est le gris, malgré le soleil. Chaque histoire (treize en tout) apporte son lot de désillusion, de tristesse, de rêves inaccessibles. Il n'y a pas de héros, pas d'exploits, pas de hauts faits. Les personnages sont des êtres médiocres, sordides: un catcheur fini, rendu alcoolique-par ennui?- ; un danseur et sa femme naine, dont les agissements intriguent les gens bien pensants; une femme qui rêve de revenir au Danemark vers ses racines,mais qui restera prisonnière malgré tout de Santa Maria.

J'avais commencé ce livre motivé par la découverte de cet univers, dont je me doutais bien un peu de son côté glauque et noir, après avoir lu "A une tombe anonyme". (D'ailleurs, remis dans le contexte de ce recueil, il me paraît sous un nouvel angle et je l'aprécie mieux). Les sept premières histoires m'ont bien accroché. Je m'étais bien concentré, car la lecture n'est pas toujours facile ( j'arrivais à m'y perdre parfois...). Puis, je l'avoue, je me suis lassé. Non pas que les histoires soient moins intéressantes, non; Je crois que j'avais assez de cette ambiance toujours glauque, poissante de médiocrité de l'existence. J'ai voulu terminer absolument, car j'ai horreur de ne pas finir un livre. C'est peut-être là que j'ai gaffé. Sentant la baisse de motivation, il aurait été plus sage de le laisser quelque temps, de faire une pause et de reprendre sa lecture plus tard. Au lieu de ça, je me suis auto-overdosé!!

A ne pas lire en cas d'état dépressif ou morose....


Un passage:
....Malgré les années, les modes et la démographie, les habitants de la ville étaient toujours les mêmes. Timorés et vaniteux, obligés de juger pour se donner confiance, et jugeant toujours par envie ou par peur. Le plus clair à dire sur eux était qu'ils étaient dépourvus de joie et de spontanéité, qu'ils ne pouvaient être que des amis tièdes, des ivrognes agressifs, des femmes qui ne cherchaient que la sécurité et étaient interchangeables comme des jumelles, des hommes frustrés et solitaires. Je parle des Sanmariniens; peut-être les voyageurs ont-ils aussi constaté que la fraternité humaine est, dans les circonstances défavorables, une vérité décevante et étonnante.


NOTE 3/5
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