Horace MCCOY (Etats-Unis)

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Horace MCCOY (Etats-Unis)

Message  gallo le Dim 21 Déc 2008 - 13:19

De : Izobretenik (Message d'origine) Envoyé : 22/08/2003 12:59

Horace McCoy - No Pockets in a Shroud - Un linceul n'a pas de poches

C’est un roman d’Horace McCoy, auteur du début du siècle ( 1897-1955 ) malheureusement méconnu, qui raconte comment un journaliste intègre et ennuyé par la dérobade des quotidiens devant les obstacles se met à son compte. Merveille longtemps censurée aux Etats-Unis, ce roman concentre toute l’amertume et la nostalgie de l’auteur. La critique de la censure sonne juste. La condamnation du livre montre exactement où le bât blesse.
Ressemblant curieusement au film de Richard Brooks, Bas les masques, avec Humphrey Bogart, on se demande si les scénaristes ne s’en seraient pas inspirés. Ce livre est le réquisitoire le plus acerbe et le plus efficace jamais porté contre les courbures d’échine d’une presse particulièrement soumise pendant la prohibition. Il ne s’agit pas de se laisser faire par le pouvoir établi de certains individus fameux pour leurs outrages à la loi, voilà ce que nous démontre Dolan, assisté de Myra, deux êtres étrangement inhumains, hors des normes, en avance sur les critères qualitatifs de leur époque.
« Quand Dolan fut averti par le téléphone que le directeur du journal désirait le voir dans son bureau, il sentit que ça allait barder, et tout en montant l’escalier, il se dit une fois de plus que le manque de courage de la Presse était dégueulasse. »
Entame explosive et suite de roman mêlée de moments de crise, de rencontres capricieuses, parfois sordides, et d’une lutte désespérée jusqu’à…

4,5/5

C'est l'un meilleurs polars Hard-Boiled qu'il m'ait été donné de lire !!

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Horace McCoy - They shoot horses, don't they ? - On achève bien les chevaux

« Accusé, levez-vous », voilà comment débute le roman. Mc Coy a longtemps été scénariste pour Hollywood, notamment pour Raoul Walsh et ce roman pourrait devenir un très bon film. Les héros se retrouvent justement dans ce cadre frivole et artificiel d’Hollywood. Tous deux veulent devenir des stars de cinéma. Evidemment leurs chances sont minces, très minces. Et ils ont tous deux besoin d’argent. Leur rencontre n’est d’abord pas une réussite mais peu à peu les liens se nouent à l’occasion d’un marathon de danse.
« Tenez, le matin où j’ai fait la connaissance de Gloria, je ne me sentais pas très bien ; j’étais encore un peu malade ; pourtant je suis allé faire un tour chez Paramount, parce que Von Sternberg y tournait un film russe et je pensais que je pourrais peut-être trouver du boulot. Autrefois, je me demandais ce qu’il pourrait bien m’arriver de mieux que de travailler pour Von Sternberg ou Mamoulian, ou même Boleslawsky, être payé pour le regarder mettre en scène, apprendre le métier, les angles de prises de vue, le rythme… Alors je suis allé faire un tour chez Paramount.
On ne me laissa pas entrer, je restai donc à errer devant la façade jusqu’à ce que, vers midi, un de ses assistants sortît pour déjeuner ; je le rattrapai et lui demandai s’il n’y avait pas une chance de faire un peu d’atmosphère.
-- Aucune, dit-il, en ajoutant que Von Sternberg était très difficile dans le choix de ses figurants atmosphériques. »
On ressent d’entrée le rapport que Mc Coy entretenait avec l’usine du cinéma. Le goût acide de cette dernière réplique, aussi cynique pour le cinéaste que pour l’acteur lui-même, donne le ton. Mc Coy ne parle pas souvent de rêve américain mais de son pendant négatif. Pour lui, le monde Américain, tel que les européens le perçoivent à l’époque, est loin d’être parfumé et enivrant.
Gloria et le narrateur sont rapidement assez convaincus de leur ressemblance. Tous deux sont des acteurs ratés, ignorés, sans avenir, tous deux se sentent passablement meilleurs que les stars d’Hollywood et tous deux ont besoin d’argent.
Leur relation n’est jamais définie. Ils se haïssent, parce que l’autre reflète leur propre échec. Ils se soutiennent cependant quand l’autre n’est pas loin d’abandonner. Ils s’aiment sans doute sans oser l’avouer.
Mais le problème quand on veut parler de ce genre de livre, c’est que le suspense est vite gâché dès que l’on veut être précis ou que l’on veut réellement donner envie de le lire.
Alors, je ne ferais qu’une chose : clamer haut et fort que nul ne devrait passer à côté d’un tel roman. Court, dans une édition de poche très bon marché, sublime, entêtant, je ne taris pas d’éloges à son propos.
« Il n’arrive jamais rien d’inédit dans la vie. Il se peut qu’il arrive quelque chose dont vous croirez que c’est entièrement nouveau, mais c’est une erreur. Il vous suffira de voir, de sentir, d’entendre ou de toucher une certaine chose et vous découvrirez que cette expérience, que vous croyiez toute nouvelle, vous est déjà arrivée. Lorsqu’elle me tira par la cheville pour m’entraîner sous l’estrade, je me souvins d’un jour où une autre fille avait fait exactement le même geste. Seulement, là, c’était sous un porche au lieu d’être sous une estrade. J’avais alors treize ou quatorze ans, et la fille à peu près le même âge. Elle s’appelait Mabel et habitait à côté de chez nous. Après l’école on jouait sous le porche d’entrée, imaginant que c’était une caverne et nous les voleurs et les prisonniers. Plus tard, on y jouait au papa et à la maman, imaginant que c’était une maison. Mais ce jour-là dont je parle, je me tenais debout contre le porche, loin de songer à Mabel et à nos jeux, quand je me sentis tiré par la cheville. Je me penchai et je la vis. « Viens », fit-elle. »

4,5/5

Izo


De : Polo Envoyé : 22/08/2003 14:31
IZO,

J'ai lu On achève bien les chevaux il y a de cela bien bien longtemps. J'avais probablement ton âge. Je me souviens du marathon de danse cependant, événement très en vogue, 30 ans avant ta naissance.

Comme tu es jeune, je noterai que ce roman fut l'objet d'un film jadis. Très bon d'ailleurs. Le roman et le film eurent beaucoup de succès. C'était à l'époque ce qu'il fallait connaître pour ne pas passer pour un demeuré aux yeux des gens branchés.


De : joubjoub (Message d'origine) Envoyé : 2008-04-10 03:25

.:: Un linceul n'a pas de poches (Horace McCOY) ::.

Horace McCoy a toujours considéré Un Linceul n'a pas de poches comme son roman le plus autobiographique : il s'inspirait de son expérience de journaliste au Dallasite dans les années 20. Il dresse, au travers du reporter Mike Dolan, un violent réquisitoire contre la corruption, les mouvements fascistes, le racisme, l'hypocrisie, avec un tel réalisme que l'angoisse se communique au lecteur à la fin du livre. La dénonciation systématique du rêve américain par Horace McCoy fait de lui un auteur maudit, rejeté par l'Amérique.
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Titre original : No pockets in a shroud

Résumé : Ce livre de McCoy est le réquisitoire le plus violent - le plus dépourvu d'espoir aussi - qui puisse être dressé contre ce qu'on appelle « l'ordre établi ». Un réquisitoire, d'ailleurs, qui dépasse de beaucoup l'époque de la civilisation qu'il vise - notre époque, notre civilisation - pour atteindre ce qu'il y a de plus ancien, et peut-être d'éternel, dans la condition de l'homme : la perpétuelle soumission de la vérité au mensonge, par la lâcheté et l'hypocrisie des individus.

Né en 1897 à Nashville dans le Tennessee, Horace McCoy eut une enfance et une adolscence très dures. Il a commencé à travailler dès l'âge de douze ans comme vendeur de journaux. Il s'est engagé pendant la guerre de 1914 dans l'aviation américaine en France et a été blessé. Chauffeur de taxi et représentant de commerce après la guerre, il a parcouru tout le continent américain. Il a écrit des scénarios de films et des articles de journaux, des romans policiers et d'aventures et a été un des fondateurs du célèbre théâtre de Dallas. Dans Un linceul n'a pas de poches, le plus autobiographique de ses romans, il dresse un violent réquisitoire contre la corruption, les mouvements fascistes, le racisme et l'hypocrisie. Horace McCoy est mort en 1955. (Source : Folio)



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Le héros, Mike Dolan, est un journaliste intègre qui décide de se mettre à son compte pour ne plus voir ses articles jetés au panier. Flanqué d'une petite équipe et d'un budget réduit, il part en croisade contre tout le système établi et décide de publier tout ce qui ne l'est pas aux yeux des autres journaux, qui préfèrent les passer sous silence ; s'en prenant aux gros bonnets de sa ville dont il dénonce le snobisme, la corruption, les côtés extrémistes et antisémites, etc.

Ce livre est le réquisitoire le plus acerbe et le plus efficace jamais porté contre les courbures d'échine d'une presse particulièrement soumise pendant la prohibition. Il s'agit de ne pas se laisser faire par le pouvoir établi de certains individus fameux pour leurs outrages à la loi.

L'acharnement de Mike Dolan peut étonner par le désir avoué qu'il a de faire partie de ce gratin qu'il n'hésite pourtant jamais à brocarder dans ses articles, ce qui nous vaut aussi de nombreuses scènes très drôles. Car McCoy sait aussi ménager sa charge et nous offrir de vrais moments de détente entre deux tirades incendiaires. Le résultat n'en est que plus corrosif et toujours, malheureusement, d'actualité.

Cette critique de la société est d'une force et d'une virulence inouïe. Ce roman, longtemps censuré aux Etats-Unis, concentre toute l'amertume et la nostalgie de l'auteur. La condamnation du livre montre exactement où le bât blesse. Brillante réflexion sur l'ordre établi, l'extrémisme et la corruption, ce livre dénonce et dérange.

Cette pièce de littérature criminelle, abondamment dialoguée, rédigée un peu à la manière d'un scénario réveille les consciences et ne vous lâche plus. Une vrai claque !

Note : 5/5
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Re: Horace MCCOY (Etats-Unis)

Message  odilette84 le Mar 29 Déc 2009 - 14:29

ON ACHÈVE BIEN LES CHEVAUX

amazon : Hollywood avant la Seconde Guerre mondiale. Robert Syberten rencontre Gloria Bettie. Comme elle, il est figurant au cinéma. Mais loin d'avoir réalisé leurs rêves, ils n'ont eu qu'un long parcours chaotique semé
d'échecs. Désoeuvrés et sans argent, ils décident de s'inscrire à un marathon de danse dans l'espoir de décrocher les 1 000 dollars de récompense et de se faire remarquer par un des producteurs formant le
public quotidien de ces soirées. Il ne leur reste plus qu'à tournoyer des semaines entières au rythme de l'orchestre.


mon commentaire :
court roman sur la rencontre de deux paumés venus tenter leur chance dans le cinéma. Réduits à toutes les extrémités subsister et n'ayant rien à perdre ils s'engagent dans un marathon de danse.
le roman commence par la fin, la mort de Gloria. Raconté à la première personne, ce livre est une galerie de personnages tous plus paumés et désillusionnés les uns que les autres, la palme revenant à Gloria qui n'aime vraiment plus la vie. Elle est le personnage central de ce roman noir, bien que le héros soit son partenaire.

la structure est originale mêlant les pensées du héros et la sentence prononcée. Roman noir à la Irish témoin d'une époque que j'adore . J'ai très envie de voir le film qui en a été tiré.
Je relirai cet auteur ...un linceul n'a pas de poches (tout un programme non, ?)
4,5/5

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