José Carlos SOMOZA (Espagne)

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José Carlos SOMOZA (Espagne)

Message  Lacazavent le Sam 20 Déc 2008 - 21:19

De : Flo7717 Envoyé : 27/05/2005 09:45

Clara et la pénombre


2006. Dans ce futur dangereusement proche, la représentation des corps ne fait plus recette au sein du marché de l'art, qui cote désormais des toiles humaines. Signées par de grands maîtres, elles sont louées, vendues, manipulées, livrées à tous les regards, à tous les fantasmes. Clara est modèle. Elle rêve d'être peinte par le dieu de l'art hyperdramatique : Bruno Van Tysch. En parallèle, une œuvre de grande valeur a été dérobée et détruite par un mystérieux meurtrier qui officie suivant des rites affreusement artistiques.

Ce roman est sans conteste un énorme coup de cœur ! J’ai été éblouie du début à la fin par la virtuosité de Somoza. Non seulement il a créé un univers imaginaire mais, malheureusement, crédible, mais en plus il en a pensé le moindre détail avec intelligence. Ce livre nous propose la découverte d’un monde aussi fascinant que repoussant (le clair et l’obscur ?) dans lequel s’insert une enquête ; mais il nous invite également à une réflexion philosophique sur l’humanité et son devenir. Ainsi, il combine de façon ingénieuse un roman à l’intrigue attractive et très prenante et de nombreux thèmes, qui sont autant de pistes de réflexion.

Somoza a poussé à son comble l’idée de chosification de l’être humain, puisqu’il envisage que l’homme puisse avoir le statut de tableau mais aussi d’objet artisanal : table, lampe, cendrier, etc. Dans ce monde qui fait froid dans le dos, la mort d’une toile reste la mort d’une œuvre d’art et non celle d’une adolescente, ayant pour " profession " toile. La morale telle que nous nous la représentons est obsolète ; ceux qui pensent encore ainsi sont rares et passent pour des rétrogrades.

J’ai été subjuguée par la capacité de l’auteur à évoquer le parcours d’une toile dans ses moindres détails : sélection, tension, apprêtage, peinture, exposition, vente, entretien, etc. A noter que peindre une toile ne consiste pas uniquement à couvrir un corps de peinture mais bien de s’approprier une personne corps et âme ; peindre, c’est aussi manipuler psychologiquement la toile afin qu’elle reflète ce que souhaite le peintre.

Le lecteur est maintenu dans un état de dépendance tout le long de l’intrigue grâce à une maîtrise sans faille des divers ingrédients. Ajoutons que le style est très agréable à lire.

Rares sont les livres qui ont eu tant d’emprise sur moi.

Un roman d’une grande richesse qui est l’illustration parfaite de la phrase de Rilke placée en exergue : " Le beau n’est que le commencement du terrible ". Un livre qui fait froid dans le dos…

Babel / 648 pages (ne pas se laisser effrayer, ça passe tout seul !)

5/5



De :Flo7717 Envoyé : 08/09/2005 15:17
La dame n°13



Un ancien professeur de lettres, féru de poésie, fait le même cauchemar depuis quelques semaines. Une nuit, il apprend que ce rêve horrible correspond à un fait divers bien réel. En voulant en savoir plus, il se trouve entraîné dans une histoire qui le conduira aux portes de l’enfer.

Si Clara et la pénombre, le précédent roman de Somoza, pouvait se résumer par " le beau est le commencement du terrible ", La dame n°13 illustre l’idée que " la véritable poésie est de l’horreur pure ". Et l’écrivain de nous offrir une plongée dans l’horreur absolue, où toute espérance est vaine. La très forte connotation fantastique de ce livre m’a parfois laissée perplexe. Certaines scènes m’ont proprement fait halluciner. Pourtant, Somoza a réussi à me captiver par le suspense de l’intrigue et son sens de la mise en scène que je connaissais déjà. J’ai, malgré tout, décelé certaines failles. Tout d’abord, j’ai deviné avec 200 pages d’avance quelques mystères mal gardés. Ensuite, j’ai trouvé que l’intrigue était parfois trop compliquée et j’avais du mal à me souvenir de toutes les subtilités concernant les dames. Heureusement que j’ai lu ce livre rapidement, sinon j’y aurais vraiment perdu mon latin. Enfin, la révélation sur la dame n°13 m’a un peu déçue mais je ne veux pas en dire plus pour garder le mystère. Cela reste un excellent roman dont j’ai été sous l’emprise pendant 72 heures, tremblante d’angoisse et tenaillée par l’envie de tout savoir. Il m’a pris aux tripes et j’y pense encore presque constamment depuis que la dernière page a été tournée. Incontestablement, une réussite !

Actes Sud / 423 pages

4.5



De : Melisande5505 Envoyé : 23/09/2005 17:02
José Carlos SAMOZA/La caverne des idées, Actes Sud, 348 pages



Résumé:
le corps d'un ephèbe est retrouvé dans les rues d'Athènes. Son mentor de l'Académie sollicite l'aide de Héraclès Pontor, le Déchiffreur d'Enigmes, car certains faits lui paraissent troublants. D'autres morts ne tardent pas à survenir pendant que l'enquête progresse...

Ce récit est très difficile à résumer car aux éléments d'enquête policière se superposent des concepts philosophiques liés à l'époque évoquée, au récit principal à Athènes se mêle un récit concernant le traducteur du texte grec qui semble se situer à notre époque.

Mon commenta
ire:
J'ai aimé ce texte dense, peut être parce que l'époque m'intéresse, et que j'ai lu pas mal de philosophie grecque antique. Je pense que si on a pas cette clé , le récit doit perdre pas mal de son intérêt. Je trouve en revanche que l'idée de mêler à l'histoire le traducteur est une fausse bonne idée, les concepts philosophiques que l'auteur souhaite évoquer auraient pu l'être sans cela, et le récit en est inutilement allourdi.

3/5




De : 2550Chimère Envoyé : 07/12/2005 11:31
LA DAME N°13 de José Carlos SOMOZA

ed Actes Sud/424p
trad : Marianne Millon



Résumé :
Un professeur de littérature, une émigrée clandestine hongroise, un médecin ont pour seul point commun leurs rêves ou plutôt leurs cauchemars. Ils vont très vite se retrouver mêler à une guerre de pouvoir entre des sorcières qui ont pour seule arme : la poésie, une arme des plus destructrices lorsqu'elle est bien utilisée.

Mon avis :
J'ai eu du mal avec les abrupts changements de perspective dans la narration mais une fois dans l'histoire, on ne peut plus la lâcher. C'est que ces dames sont vraiment dangereuses et d'une cruauté sans borne. Imperméables aux émotions, elles sont capable de tout. Il y a beaucoup de très bonnes idées dans ce livre qui valorise un pan de la littérature un peu négligée : la poésie en en faisant le réceptacle de la magie. Sans compter que le mystère de la dame n° 13, celle que l'on ne nomme pas et qui n'apparaît jamais, la plus importante de toute donne lieu à une course contre la montre des plus intéressantes et permet de mettre les personnages sous pression et d'enchaîner le lecteur au livre. Comment nos héros vont-ils s'en sortir ? Pas en très grande forme en tout cas et peut-être même pas du tout. A vous de le découvrir.

Ma note : 4,5/5


De : Melisande5505 Envoyé : 12/02/2006 09:52
La dame n° 13 / traduit parM. Millon / Actes Sud


Monsieur Somoza est incontestablement un homme très culitivé, après avoir fait de la philosophie le point de gravite de La caverne des idées ainsi que de la peiture dans Clara et la pénombre, il s'attaque à la poésie dans La dame n° 13. Le premier était un polar, le deuxième un thriller et son dernier livre rélève de la catégorie fantastique.

Au centre un poëte, Rulfo, que d'étranges rêves viennent soudainement habiter, son chemin semble avoir croisé celui d'un groupe très dangereux et très mystérieux, celui des 13 dames, sorcières plus que cruelles aux pouvoirs immenses qui leur viendraient de la poésie dont elles se servent comme d'une arme.

L'écriture de Somoza est très efficace, les chapître sont courts, l'action haletante, les images qu'il évoque sont belles et effrayantes.

Néamoins tout cela sonne creux, on ne s'ennuie pas à la lecture de ce livre, mais une fois refermé je suis réstée dubitative. L'auteur se livre à un très brillant exercice de style, maîtrisé de bout en bout, mais ce n'est qu'un exercice de style. C'est le troisième roman de Somoza que j'ai lu en moins d'un an, et j'avoue que le seul qui m'ait vraiment convaincu est Clara et la pénombre, car dans celui-ci l'auteur arrivait à créer des vrais personnages auxquels on pouvait s'attacher, ce qui n'est pas le cas dans La dame n° 13, au fond que le héros meure au pas...



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Re: José Carlos SOMOZA (Espagne)

Message  Lacazavent le Sam 20 Déc 2008 - 21:20

De : Sahkti1 Envoyé : 13/02/2006 17:24
Clara et la pénombre


Etrange récit mettant en scène des jeunes filles, belles, objets de la convoitise des amateurs d’art pour qui elles ne représentent pas un être humain à proprement parler mais une toile, un tableau, une œuvre qu’on expose, dont on s’enorgueillit. Elles sont réduites au rang d’objets. Lorsque Annek, qui n’a que quatorze ans, est tuée, il ne s’agit pas, aux yeux de ces collectionneurs cupides, d’un meurtre, mais d’un délit sur objet, on a attenté à la pérennité d’une œuvre d’art très côtée. Cette subtilité de langage, si bien relevée par Somoza (on parle d’attentat sur une œuvre et pas de meurtre sur une personne) me fait penser à certaines phrases des dirigeants en guerre, qui parlent de dommages collatéraux comme si on parlait de jeux de fléchettes alors qu’il s’agit tout de même de vies humaines.
Tout est là, dans le langage, qui traduit la conception qu’on se fait désormais de la personne, de l’être humain. réduit au rang d’objet, on peut tout exiger de lui, tout se paie, tout se vend, s’achète et se détruit. C’est effrayant.
Cet assassinat n’empêche pas la jolie Clara de fantasmer sur le statut de femme-objet d’art, elle rêve de devenir l’égérie du grand Van Tysch. Peu importe si le fait de devenir une toile humaine est avilissant, elle ne pense qu’à ça. Un esclavage moderne où fric et bon goût flirtent dangereusement.
Somoza nous offre ici un roman noir, dans lequel se situe une intrigue policière, mais ce n’est, à mes yeux, pas vraiment là l’essentiel. Celui-ci se situe ailleurs, dans ce nouveau jeu établi des relations humaines, dans la dépravation de l’âme et l’avilissement de l’Homme. Les êtres humains se transforment en objets, consciemment, volontairement ou contraints par la vie. Quel avenir pessimiste que celui qui nous est ici donné à lire !

Mais est-ce vraiment le futur ? Ces femmes-objets que sont les jeunes mannequins qui défilent pour les grands couturiers au prix de tous les sacrifices (la guerre au moindre gramme de chair en trop n’est qu’une des facettes de cette tyrannie de la mode à tout prix) ne sont-elles pas déjà les précurseurs de ces femmes-toiles humaines de Somoza ?
Somoza ne nous fait pas directement la morale (enfin il ne me semble pas), mais les questions induites par son roman sont insupportables. Notre société débloque donc à ce point ?

Ma note: 4,5/5


De : doriane99 Envoyé : 12/03/2006 15:19
Clara et la pénombre


L'action se situe en 2006, un avenir proche lorsque l'auteur a écrit le livre. L'art a "évolué", désormais le corps humain est la toile sur laquelle le peintre s'autorise toutes les fantaisies. En marge, il existe aussi des corps travaillés pour devenir des objets de la vie quotidienne (lampes, cendriers, tables). Sur fond d'enquête policière : une des "toiles" les plus réputées a été trouvée morte.


Mon avis
Un livre dérangeant parce qu'on se dit qu'il suffirait de quelques allumés pour que cette fiction ne devienne réalité. En dehors de l'aspect policier, c'est une vraie analyse de la place de l'humain dans notre société. On y voit qu'il est si facile de manipuler un être, de le chosifier. Comme l'a dit Flo, cet univers est parfaitement décrit, tout se tient, on vit dans ce monde effrayant...

Une très belle découverte, grâce à Flo
5/5


De : Le-réaliste-romantique Envoyé : 23/03/2006 15:40
Clara et la pénombre


Bon, c'est difficile de rajouter quelque chose d'original au sujet de ce livre, particulièrement parce que je suis d'accord avec pas mal tout ce qui est écrit plus haut (et c'est, d'abord, la raison pourquoi j'ai choisi de lire ce livre).

Moi aussi, ce livre m'a passionné et fait réfléchir : l'évolution de l'art, la toile humaine qui n'est plus une persone mais une oeuvre donc qui vaut beaucoup plus cher, le peintre qui donne des coups de pinceaux "émotifs" pour perturber sa toile et qu'elle prenne une pose de peur, d'angoisse, de soumission ou de colère, etc. Les réflexions me rappelaient un peu aussi le très bon L'art du marquillage de Sergio Kokis. J'ai particulièrement souris aux débats qui secouaient le milieu de l'art hyperdramatique, entre les tenants de l'école française plus "naturelle", où les toiles sont respectées, la peinture au minimum, les corps non apprêtés. Il y a un clin d'oeil à la fois aux impressionnistes et au réalisme.

Ce que j'ai moins aimé : les descriptions des crimes sont quelque peu horribles. Mais c'est un polar, donc il faut s'attendre à de telles choses. Ces sensations de chair de poule et de frissons glacées peut même faire partie du "plaisir" de livres de ce genre, mais je m'en serais quand même passé (oui, je suis d'une nature sensible).

Il faut lire ce livre bientôt, car l'action se déroule en 2006, vers le printemps-été pour être plus précis. Donc, en planifiant correctement votre lecture et la terminant le 15 juillet 2006, vous pourrez découvrir l'action en même temps qu'elle se produit. C'est rare pour un roman d'anticipation. Habituellement, on le lit alors que l'action est encore dans le futur, ou bien lorsque la date de l'action est aussi déjà dépassée (la plupart des Philip K Dick par exemple écrits dans les années 50-70 se déroulent en 80-90). C'est un excellent roman d'anticipation ou uchronie qui se déroule dans le présent, profitez-en!

4,5/5

le réaliste-romantique


De : Ysla Envoyé : 04/09/2008 19:58
CLARA ET LA PENOMBRE


Un livre de science-fiction policière et artistique, oui, tout ça à la fois ! 550p dans la première édition Actes Sud mais ça se lit tout seul, surtout le début, ça part vite et c'est captivant, et la fin car on brûle de tout savoir.

En 2006, le commerce de l'art hyperdramatique bat son plein. De quoi s'agit-il ? Les toiles sont des êtres humains sur lesquels les artistes peignent. Mais il y a aussi l'artisanat humain (les lampes, chaises, tables, etc sont des humains), les art-shocks et l'art tâché (à découvrir au fur et à mesure de la lecture). Tous ces derniers sont illégaux mais bien sûr ça marche !
Un jour, une toile (une jeune file) est détruite (salement assassinée) et c'est une toile célèbre du maître Bruno Van Tysch... S'ensuit une enquête menée par les chefs de la sécurité de la fondation Van Tysch, Wood et Bosch. En parallèle, nous suivons le parcours de Clara, une jeune espagnole, dans son métier et ses ambitions de toile.

Une bonne intrigue, une ambiance particulière et bien plantée, un personnage (Bosch) particulièrement humain et attachant, une mise en scène intéressante (plein de points de vue différents, alternance des personnages d'un chapitre à l'autre). Le roman fait également voyager dans toute l'Europe.
Un très bon moment de lecture et une idée de départ vraiment originale, qui comme tous l'ont dit ici, donne clairement à réfléchir.

Ma note : 4,5/5
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Re: José Carlos SOMOZA (Espagne)

Message  doriane99 le Lun 2 Mar 2009 - 19:57

José Carlos SOMOZA - Daphné disparue

Je suis tombée amoureuse de l’écriture de Somoza grâce à Clara et la pénombre (Une de mes livres kulte), dès la première page de « Daphné disparue » j’ai retrouvé cette écriture qui m’a tant plu.
Roman court (218 pages) mais que j’ai lu lentement, l’image de couverture représente à merveille ce que j'ai ressenti : le cerveau perdu et emberlificoté qui tente de s'y retrouver dans les circonvolutions de l’histoire. J’en garde une impression étrange et suis incapable de dire si je l’ai aimé ou non. J’ai adoré le ton, les idées de fond mais les fantaisies de l’auteur m’ont parfois laissée en route… J’ai l’intention de le relire dans quelques temps, à tête reposée…


L’histoire : Juan Cabo, romancier a succès est amnésique depuis l’accident dont il a été victime. Il retrouve dans ses affaires un carnet où est incrit : « Je suis tombé amoureux d’une femme inconnue », début de roman ou expérience vécue ? Cabo part à la recherche de cette femme et enquête sur lui-même.

Nous sommes ici dans un monde fictif où l’on peut croiser des Muses en chair et en os, où les écrivains vont au café littéraire. Quelle inventivité ! Somoza a le don pour créer des atmosphères incroyables. Ici, le lecteur est partie prenante de l’histoire et suit pas à pas Cabo afin de résoudre l’énigme de cette femme inconnue. Régulièrement, de nouvelles péripéties nous mettent sur une autre piste et perdent le lecteur (en tous les cas, moi, je me suis sentie manipulée par le romancier).


Ce roman met l’accent sur les mystères de la création littéraire, il épingle le monde de l’édition avec talent. Malgré quelques pages qui m’ont ennuyée j’en garde un souvenir marquant, preuve pour moi que c’est un roman « à part ». Fouinant ici et là, j’ai découvert que ce roman est un des premiers de Somoza, je me dis qu’on retrouve ici le génie qui écrira plus tard « Clara et la pénombre ».


"L'oisiveté actuelle est nocturne ; maintenant, les muses sont des chouettes. Cinémas, expositions, drames, ballets, livres, sexe, fantaisie... Quelles autres heures, sinon lunaires, cette société diurne nous réserve-t'elle pour tout pratiquer ? Culture, plaisir et bâillements sont enfin devenus inséparables" (Un passage qui parle tout particulièrement à la "nuitarde" que je suis)

"... le roman du passé avait appartenu au protagoniste, au héros, au Quichotte et à Anna Karénine. Il appartenait présentement à l'auteur. Aujourd'hui, on ne parlait pas tant de personnages que d'écrivains célèbres."

" Nous les écrivains, nous sommes tous des menteurs."


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Re: José Carlos SOMOZA (Espagne)

Message  Franillon le Sam 26 Sep 2009 - 17:40

José Carlos SOMOZA (Espagne)



LA THEORIE DES CORDES. Babel, 601 pages.



Quatrième de couverture : Isolée sur un atoll de l’océan Indien, la fine fleur de la physique mondiale œuvre à un ambitieux projet fondé sur la théorie des cordes, qui permettrait d’ouvrir le temps. S’ils parviennent avec ravissement à contempler le passé de l’humanité, les scientifiques perçoivent rapidement que ce programme, financé par de mystérieux fonds privés, pourrait connaître des applications moins angéliques. Un drame conduit à la suspension immédiate des recherches, dispersant aux quatre vents les apprentis sorciers. Dix ans plus tard, Elisa Robledo, brillante physicienne d’une université de Madrid, se sent en danger de mort. Avec ses anciens acolytes, elle retourne aux origines de la tragédie, sur cet îlot où ils avaient profané le temps. Intensité, profondeur, puissance narrative : José Carlos Somoza porte les énigmes de la physique au cœur d’un roman dont l’efficacité fait frémir.



Mon avis : La quatrième de couverture plante parfaitement le décor dans lequel se situe un horrible drame généré par les expérimentations d’une équipe de scientifiques qui ont réussi à ouvrir ces fameuses cordes de temps dont la théorie permettrait d’unir les différentes forces qui régissent les interactions des différents constituants de la matière, par le biais de dimensions complémentaires aux quatre dimensions bien connues de l’espace-temps. (Si des physiciens spécialistes de la théorie des cordes lisent ces lignes, sans doute se moqueront-ils de mes explications, mais j’essaie de simplifier…). Ces cordes sont incroyablement petites, mais, d’après la théorie, elles existent bien. Réunie sur l’îlot l’équipe scientifique, sous la houlette du professeur David Blanes, réussit à ouvrir des cordes de temps à différentes périodes de la vie de la Terre : à l’époque des dinosaures, à Jérusalem à l’époque de la vie du Christ, et plus récemment. C’est d’abord l’enthousiasme. Mais bien vite, une série d’horribles assassinats et de catastrophes provoque l’arrêt immédiat des recherches. Et les survivants repartent à leurs occupations précédentes aux quatre coins de l’Europe. Jusqu’au jour où, dix ans après, de nouveaux crimes aussi atroces sont perpétrés à l’encontre de plusieurs anciens membres de l’équipe. Les survivants décident de retourner, en cachette de l’organisation qui avait financé les recherches, sur l’îlot dans l’espoir de comprendre quelle était l’entité criminelle qui pouvait opérer en des lieux très éloignés les uns des autres avec une rapidité incroyable. Le génie de Somoza est d’écrire un roman extraordinaire, sur un sujet scientifique d’actualité assez complexe, roman qui se lit facilement malgré les notions avancées de physique et ses six cents pages. Et surtout il pose la question de savoir jusqu’où l’on peut permettre aux scientifiques d’aller dans leurs expérimentations. Quand on voit le résultat de l’ouverture des cordes de temps, tel que Somoza nous le décrit, on ne peut que frémir… En conclusion, un roman exceptionnel, éblouissant. Ma note : 5/5.
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Re: José Carlos SOMOZA (Espagne)

Message  Prospéryne le Sam 22 Oct 2011 - 13:09

L'appât José Carlos Somoza Actes Sud 407 pages

Résumé:
Futur, dans une Madrid un peu post-apocalyptique, des mathématiciens ont
été capable de calculer avec une certitude presque absolue le
comportement humain. Séparé en une cinquantaine de types, appelés
philias, tous sont baptisé d'après des pièces de Shakespeare, le premier
à découvrir le secret des philias et du psynome, concept psychologique
plaçant le désir et sa réalisation au centre de notre psychée. Les
êtres entrainés à agir selon les principes des philias ont appris à les
transformer en Masques, à mi-chemin entre le théâtre et la manipulation,
les mouvements et costumes, pensés et combinés sont destinés à
accrocher et à enlever toute volonté à celui qui est accroché. Ce sont
les appâts. Leur rôle? Attirer les criminels dans leurs filets et les
accrocher pour ne pas qu'ils s'enfuient jusqu'à l'arrivée de la police
conventionnelle. La meilleure d'entre eux est Diana Blanco. Fille de
parents assassinées, elle et sa soeur Vera sont les seules survivantes
du massacre. Ce drame recouvre ses extraordinaires capacités comme
appât. La seule personne à lui échapper est l'insaisissable Spectateur,
mais elle est lasse de ce métier de dupe et prend sa retraite. C'est à
ce moment que Vera est enlevée par le Spectateur.

Critique:
Ce roman est d'une rare densité, c'est hallucinant. Il est d'une
complexité ahurissante au départ, mais on se surprend à en redemander!
L'auteur nous jette sans la moindre retenue dans ce monde dantesque où
Shakespeare règne en maître, à peine éclipsé par la présence de son plus
habile adorateur, Victor Gens, le responsable de la mise sur pied du
programme des appâts. Dans ce milieu où le théâtre est le roi, les jeux
de dupes sont maîtres et le résultat final l'emporte souvent sur les
principes moraux. On a au départ peine à croire que de simples gestes
combinés à un habile maquillage et un déguisement efficace puisse avoir
autant d'effet, mais pensez aux gestes qui vous séduisent et poussez-les
à leur paroxysme: voilà l'art des appâts. Le reste est de la fiction
bien sûr, mais tout de même, on embarque à fond dans celle-ci. Le roman
est tout entier une ode à Shakespeare, au génie de celui-ci pour
décrire les plus intimes terroirs de la psychée humaine, mais en même
temps, c'est un thriller d'une redoutable efficacité auquel on a du mal à
s'arracher, surtout dans le dernier tiers. Vraiment, ça faisait
longtemps que je n'avais pas lu un roman d'une telle envergure
dramatique en même temps que d'une telle beauté dans l'écriture. La
preuve que même au XIXe siècle, la grande littérature n'est pas morte et
a encore de beaux jours devant elle.

Ma note: 5/5

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Re: José Carlos SOMOZA (Espagne)

Message  Lacazavent le Mer 29 Fév 2012 - 21:31

L' Appât de José Carlos Somoza
Actes Sud / 407 pages





Quel bonheur de lire un livre aussi complet, dense, complexe, érudit et surtout si bien écrit.
C'est un régal mais qu'est-ce que ce livre est étrange ! J'ai été fasciné par l'idée des appâts, on y comprend gouttes dans les premières pages, tant le monde dans lequel on est projetée est régit par des notions complexes, et pourtant on continue pousser par la curiosité pour cet univers, captivé par l'ambiance de thriller formidablement bien menée, fasciné par l' ensemble qui se dessine sous nos yeux. Il y a un équilibre incroyable dans ce livre lorsque nous sommes un peu perdu par le monde des appâts, la recherche du Spectateur assure un rythme haletant, une intrigue qui cèdera peu à peu le pas à une autre encore plus surprenante...
J'ai été de surprise en découverte, c'est un livre simplement magnifique.



5/5



Merci
Prospéryne pour m'avoir tenté Very Happy

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Re: José Carlos SOMOZA (Espagne)

Message  Prospéryne le Jeu 1 Mar 2012 - 0:09

Mais de rien Lacazavent! C'est la deuxième personne qui me dit qu'il l'a lu suite à ma critique et les deux ont adoré! Very Happy

@+ Prospéryne

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Re: José Carlos SOMOZA (Espagne)

Message  Lacazavent le Dim 29 Mar 2015 - 13:51

Tetrameron de José Carlos Somoza
Actes Sud / 247 pages



Quatrième de couverture
:
En excursion scolaire dans un mystérieux ermitage aux abords de Madrid, une collégienne découvre Tétraméron, une société occulte qui se réunit une fois l'an pour raconter des histoires énigmatiques toutes plus terrifiantes - ou édifiantes - les unes que les autres. Après avoir écouté les contes cruels des quatre membres, elle devra relater le sien, rite initiatique obligé pour entrer dans ce cercle obscur et très privé ; et quitter pour toujours les rives de l'enfance. Les histoires, hantées par la présence du péché, de la tentation, de la luxure et du Mal s'ouvrent les unes sur les autres telle une succession d'effrayantes matriochkas avant la révélation finale. Au fil de ces fables intrinsèquement liées, José Carlos Somoza nous plonge dans un univers gothique et sombre, empreint d'une angoissante débauche, à l'image du Décaméron de Boccace.



Se lancer dans la lecture d’ un ouvrage de José Carlos Somoza, c’ est  accepter de mettre de côté nos certitudes,  accepter un voyage où l’ on se fera bousculer, Tetrameron son dernier roman paru en France ne fait pas exception.
C’est une histoire très étrange qui se développe au fil des contes que vont se raconter chacun des personnages, une réflexion sur le corps, sur l’enfance, sur le passage « symbolique » à l’âge adulte. Très vite s’installe un climat pesant, parfois malsain, la perversité qui s’insinue peu à peu dans le texte dérange, met mal à l’aise et malmène le lecteur.
J’ ai eu l’ impression de manquer de clefs pour bien comprendre la recherche de l’auteur, peut-être aurais-je eu une impression différente avec une explication de son auteur.
C’est une lecture difficile à oublier, difficile à aimer certainement pas le meilleur de José Carlos Somoza ni celui par lequel je vous conseillerai de découvrir son travail.

3,75/5

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Re: José Carlos SOMOZA (Espagne)

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