Roger MARTIN DU GARD (France)

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Roger MARTIN DU GARD (France)

Message  gallo le Sam 20 Déc 2008 - 20:40

De : liza_lou55 (Message d'origine) Envoyé : 19/09/2007 18:48

Roger MARTIN DU GARD - Jean Barois
(Le livre de poche, 495 pages)

Dans Jean Barois, Roger Martin du Gard décrit le parcours d’un homme en proie avec les tourments et les contradictions liées à une éducation religieuse stricte opposée aux découvertes scientifiques de la fin du 19ème siècle.

Trois phases de la vie de Jean Barois sont ainsi relatées dans ce roman. L’enfance religieuse de Jean Barois à la campagne auprès de sa grand-mère avec cependant les premiers questionnements à l’adolescence face aux questions religieuses. Puis le rejet une fois adulte se fait de façon plus violente puisque le héros rompt brutalement avec le catholicisme pour se tourner vers des idées plus rationalistes. Jean Barois se séparera ainsi de sa femme Cécile trop bigote à ses yeux, démissionnera de son poste de professeur dans un lycée catholique où il lui est impossible d’enseigner les théories de Darwin. Surtout, avec d’autres irréductibles, Barois fondera « Le Semeur », revue indépendante et moderne prônant la supériorité aussi bien de la science que du libre arbitre de l’homme face à l’absolutisme et à l’intolérance religieuse.

Roger Martin du Gard intègre alors à cet instant du récit de nombreux repères historiques notamment ceux ayant trait à l’affaire Dreyfus. A l’instar de Zola, Barois n’hésite pas à se lancer dans ce combat afin de prouver l’innocence de Dreyfus. Cependant, même si finalement, la victoire des Dreyfusards ne fait aucun doute, les dernières années de Barois seront marquées par le doute. Doute au sujet du bien fondé de ses idées en opposition avec la jeunesse qui n’hésite pas à le critiquer lui et ses comparses. Doute au sujet du résultat de l’affaire Dreyfus, récupéré par la politique. Doute, surtout, au sujet des combats de toute sa vie, puisque même sa propre fille Marie choisit de se faire religieuse malgré l’exemple de son père.

L’arrivée de la vieillesse et de la maladie rattrapent finalement Barois qui se détache irrémédiablement des idées qui l’ont préoccupé toute sa vie durant. La peur de la mort aidant, Barois se raccroche désespérément à la religion et renie définitivement dans la mort ses anciennes convictions pour redevenir un croyant.

Jean Barois peut être considéré comme une critique de la religion et à contrario, une apologie du rationalisme et de la science. Cependant, il faut rappeler que Roger Martin du Gard n’a jamais renié son ralliement au catholicisme et ne pourrait, par conséquent, être comparé à son héros. Au contraire, Roger Martin du Gard ne relie ici aucun camp et se contente d’exposer les différents arguments de chacun.

C’est un immense travail d’historien que l’auteur a accompli ici. L’affaire Dreyfus est ainsi relatée dans les moindres détails ; l’écrivain n’hésitant pas à s’appuyer sur des documents réels. Ainsi, certaines pages du roman sont en fait des extraits de compte rendu sténographique du procès Zola. Là encore, les différents points de vue des protagonistes de l’affaire sont exposés pour coller au mieux avec la vérité.

La forme du roman est également à elle seule une originalité puisque Roger Martin du Gard a découpé les parties de son roman en dialogues entrecoupés de descriptions succinctes des personnages. Pas de narrateur dans le roman ; le lecteur se trouve ainsi au cœur du récit, sans écran interposé.

Cette démarche originale permet à Jean Barois de demeurer un roman clair et plutôt aisé à lire même si certains passages de l’affaire Dreyfus accusent quelques longueurs. On retrouve cependant ici de nombreux thèmes que Roger Martin du Gard développera plus en profondeur dans ce qui allait être l’œuvre majeur de sa vie : Les Thibault.

Ma note : 4/5


De : doriane99 Envoyé : 09/10/2007 17:28
Roger MARTIN DU GARD Les Thibault Tome 1 - Le cahier gris, Le pénitencier, La belle saison
Folio

L'histoire de deux frères issus de la bourgeoisie aisée au début du siècle.

Le cahier gris
Jacques Thibault, adolescent survolté a trouvé son alter ego auprès de Daniel, un de ses camarades d'école. Ils confient leurs exaltations, leurs révoltes à un petit cahier gris. Cahier qui se trouve bientôt confisqué, blessé Jacques décide de s'enfuir avec son ami. Vite retrouvés, ils regagnent leurs foyers.

Deux familles opposées, les Thibault : catholiques fervents qui suivent à la lettre les conseils de leur directeur de conscience, l'abbé Vécard. Oscar Thibault, le patriarche est un homme respecté de tous qui, pourtant se révèle être un despote domestique. A côté, la famille de Daniel, les Fontanin, "parpaillots" sont beaucoup plus libéraux, le père est un coureur de jupons invétéré et la mère une femme aimante et obnubilée par le bien être de sa famille.

Le Pénitencier
Afin de "broyer sa volonté", le père de Jacques l'envoie dans une colonie pénitencière dont il est le fondateur. Le jeune garçon y perd tout son goût de vivre. Bientôt, son frère Antoine, jeune médecin respecté, vient le sauver de cette prison. Il l'accueille chez lui et s'engage à prendre son éducation en charge.

Deux frères à l'opposé, Antoine mène une vie respectable et sage alors que Jacques continue à être éternel insatisfait, malheureux, mal adapté à sa vie.

La belle saison
Jacques sort diplômé de l'Ecole Normale, mais il est toujours aussi mal dans sa peau. Son frère est maintenant chef de clinique dans un service d'Enfants. Chacun va découvrir ses premiers émois amoureux.


Une peinture de personnages hauts en couleurs. On y parle de la place de la religion, de respectabilité, d'amour filial ou conjugal ou bien de la peur de la mort. Des thèmes qui m'ont fait penser aux livres que j'avais lus de Gide (ami de Roger Martin du Gard), mais qui ici sont dilués dans cette saga qui m' a semblé parfois bien longue.

Aucune envie de lire la suite (mais par contre j'ai très envie de voir le téléfilm, je suis persuadée que Jean Yanne est parfait dans le rôle d'Oscar Thibault")
2,5/5
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Re: Roger MARTIN DU GARD (France)

Message  gallo le Ven 27 Mar 2009 - 11:41


Lieu d'écrivain: Augy est dans la commune de Sancergues, Cher.

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Les Thibault - Roger Martin du Gard

Message  Aurore le Jeu 11 Juin 2009 - 15:00

Les Thibault (1920-1940) de Roger Martin du Gard, retrace l'histoire de la famille Thibault et en particulier des deux fils : Jacques et Antoine qui d'abord antagonistes trouveront le remède dans la recherche de soi et de l'autre.C'est un roman-fleuve qui est divisé en huit grandes parties, elles-mêmes divisées en chapitres. On compte dans l'ordre : « le cahier gris », « le pénitencier », « la belle saison », « la consultation », « la Sorellina », « la mort du père », « l'été 1914 », « l'épilogue ».

On découvre le parcours de deux frères qui évoluent dans un monde différent et n'ont pas les mêmes aspirations dans la vie. Ainsi, on suit l'enfance de Jacques (le plus jeune), sa révolte contre son père, son rejet de l'éducation bourgeoise, ses premiers amours, son amitié avec Daniel de Fontanin. En quête d'identité, il devient écrivain et voue sa vie à un espoir vain : celui de maintenir la paix.
On s'intéresse parallèlement à Antoine qui semble suivre une voie toute tracée : celle d'être médecin et d'avoir une vie bien rangée. Face à la guerre 14-18, les deux frères adoptent des attitudes totalement différentes. En raison des faits politiques, les deux héros ne trouveront pas l'occasion de vieillir.


Le cahier gris :La première partie permet de s'attacher aux personnages et en particulier à Jacques qui, en jeune garçon rebelle, attire un sentiment de sympathie face à cette famille qui ne le comprend pas. Une tendre amitié unit deux collégiens : Jacques (catholique) et Daniel de Fontanin (protestant). La découverte de leur correspondance provoque un véritable drame dans leur famille respective et spécifiquement dans celle de Jacques où le père règne en tyran. Les deux garçons s'enfuient à Marseille par peur d'être séparés. Ils tentent de rejoindre Toulon à pied mais échouent et se font arrêter. Ils sont forcés de rentrer à Paris.

Daniel vit dans l'amour de sa sœur Jenny, et de sa mère mais avec l'absence d'un père. A l'inverse, Jacques déteste et craint son père. Il aimerait se détacher de l'éducation bourgeoise qu'il a reçue. Il entretient une relation distante avec son frère Antoine car une forte différence d'âge les sépare. La fugue de Daniel a entraîné sa sœur dans la dépression et celle-ci tombe malade. Lors du retour des garçons, on observe chez les Thibault un rejet du père qui envoie Jacques dans une de ses œuvres : la fondation Oscar Thibault qui est en fait une maison de redressement.

Le pénitencier :

Quelques mois plus tard, le père refuse toujours tout contact avec Jacques. Pourtant Antoine s'inquiète du mutisme de son frère et se rend en secret à la fondation. Jacques a totalement changé, le violent d'autrefois est devenu poli et obéissant, il a été dressé à accepter tout sans rouspéter. Jacques avoue finalement la misère dans laquelle il vit et concède qu'il ne fait plus rien, qu'il n'étudie plus. Il ne se plaint pas car il est désormais totalement indifférent à la situation et ne semble pas mesurer qu'il gâche sa vie. Toutefois, Antoine réussit à le sortir du pénitencier et il retrouve la vie familiale. Jacques habite maintenant avec son frère et celui-ci termine ses études de médecine. La confiance a du mal à s'établir entre les deux frères, d'autant plus que jacques réécrit à Daniel. Finalement, tous deux rendent visite aux Fontanin.

La belle saison :

Jacques est reçu à l'école Normale mais n'en éprouve aucune joie. Au contraire, il redoute cette épreuve et hésite à prendre son envol. Daniel, devenu séducteur entraîne Jacques et Antoine dans une boîte où Jacques se sent très mal à l'aise. Antoine est propulsé au centre du récit et se montre héroïque, au chevet d'une petite fille accidentée. Rachel, une voisine qui l'a assisté durant l'opération, devient sa maîtresse.

Parallèlement, Jacques dévoile son amour à Jenny, la sœur de Daniel et celle-ci le repousse violemment. Quant à Antoine, il vit en plein bonheur et est inconscient de la situation. Rachel finalement le quitte pour rejoindre un amant qui la martyrise. Antoine regagne Paris et découvre que Jacques a disparu. Sans nouvelles de son frère, il parle avec Monsieur Thibault qui est déprimé et persuadé que Jacques est parti se tuer.
On constate un fléchissement du récit et cette période de l'intrigue est comme une trêve vers des étapes primordiales du livre.

La consultation :

Cette partie est selon moi la moins captivante du récit. On assiste aux journées-type d'un médecin : Antoine et on se prend de sympathie pour cet homme ordinaire.Il est froid, mesuré et raisonnable face aux situations courantes qui peuvent être critiques. Il est confronté à divers graves problèmes tels que la souffrance ou la solitude des hommes naïfs et au palier de la mort. Il est également confronté à un problème qui est toujours d'actualité, celui de l'euthanasie. Il décide de céder à la pression des parents de l'enfant mourrant et ressent l'impuissance, dans son métier de médecin.

La Sorellina :

Trois ans plus tard, Monsieur Thibault est gravement malade. Il fait le point sur sa vie et pense avoir semé le bien autour de lui. Une lettre destinée à Jacques arrive et l'on apprend qu'il n'est pas mort, puisqu'il vient d'écrire un texte dans une revue.

Jacques vit à Genève et s'est tourné vers l'écriture puisqu'il a écrit la nouvelle « La Sorellina » qui est un texte autobiographique. Antoine, en lisant le texte, comprend les raisons qui ont amenées son frère à partir. Jacques semble avoir aimé deux filles : Jenny et Gise, petite fille recueillie par Monsieur Thibault et considérée comme son enfant. La vraie raison du départ entraîne une violente dispute entre père et fils. Pendant son exil, Jacques a vécu une existence misérable en Suisse, une vie de bohême. Il est révolté de l'irruption d'Antoine dans sa nouvelle vie mais, apprenant l'état de santé de son père, décide de revenir à Paris.La mort du père :

Lorsque les deux frères arrivent, le père a compris que la fin pour lui approche et ne lutte plus. Il sombre dans un profond coma où l'agonie est interminable. Lorsque Oscar Thibault meurt apaisé, les deux frères sont libérés de cette présence castratrice. Antoine est bouleversé car il réalise avoir perdu un être qu'il pensait aimer. Il réalise qu'au-delà de tout entendement, c'est le tout-puissant Thibault qui s'en va et que les deux frères sont désormais orphelins. On perçoit après la période de tyrannie, l'humanité qui peut s'instaurer après le deuil.

L'été 1914 :

Le récit se centre plus sur Jacques. Il retourne vivre en Suisse et intègre un groupe de révolutionnaires. Jacques, très pacifiste, lutte de toutes ses forces contre la guerre et milite pour le maintien de la paix. Il essaye de faire entendre raison à Antoine sur la situation actuelle et lui demande de résister lui aussi. Le dialogue s'avère impossible car les deux frères ont des opinions politiques différentes. Jacques revoie Jenny et ses sentiments se ravivent. Il rencontre ensuite Daniel mais ne trouve rien à lui dire car leurs chemins se sont éloignés. Jacques passe de l'Allemagne à la France, il organise des missions et participe à des manifestations pacifistes. Jacques et Jenny finissent par s'avouer leur amour.
L'assassinat de Jaurès, la veille de la mobilisation générale, plombe le moral des révolutionnaires qui s'avouent vaincus face à la guerre qui menace le pays. Il agit dans un sursaut ultime, celui qui le condamne et qui est comme un suicide inutile puisqu'il rédige des tracts qu'il décide de jeter aux frontières franco-allemandes, à partir d'un avion. En effet, l'avion s'abat en flammes et Jacques survit quelques heures à l'accident. Il est traité comme un espion et meurt, tué d'un coup de revolver, par les troupes françaises.

L'épilogue :

On est projeté en 1918. Antoine, gazé, retrouve Daniel qui est mutilé à la jambe. Madame de Fontanin tient maintenant un hôpital militaire. Jenny, jeune veuve, élève l'enfant de Jacques : Jean-Paul. Antoine est ému de la ressemblance de Jacques avec son fils. Jean-Paul symbolise la survie de la famille Thibault.

Antoine rédige son journal : il y note les avancées de sa maladie et fait le bilan de sa vie. La maladie et la mort le rapprochent de ce frère qu'il n'a jamais vraiment connu. Il envoie un message d'espoir à Jean-Paul qui sera peut-être, son « relais », un intermédiaire vers un monde meilleur.

Quelques figures de style

« Antoine se promenait à travers cette installation luxueuse, le jarret tendu, comme un coq dans sa basse-cour » : comparaison

« Jacques suivait du coin de l'œil ces glissements de fantôme blanc sur le tapis » : métaphore

« Elle vibrait des pieds à la tête, comme un cristal heurté » : comparaison

« Et, tout à coup, la simple, et secrète, et atroce vérité lui apparut… » : polysyndéton

« Il s'avança vers le peignoir rouge… Le peignoir bleu se taisait » : personnification

« Un jeune Israélite au menton bleu est venu s'asseoir entre les Droits de l'Homme et la chatte, qui ne s'ennuie plus » : atténuation ; personnification

« Mais et il faut le dire bien haut, et il faut le clamer à la face du monde » : polysyndéton

Une analepse :

« Jacques les yeux baissés, songeait brusquement à son enfance. Il revoyait l'appartement de la rue de l'Université ; il sentait le relent des tapis, des tentures, l'odeur spéciale et chaude du cabinet de travail paternel, quand il rentrait de l'école, le soir…
Il revoyait la vieille Mademoiselle de Waize, trottinant dans le couloir, et Gise, Gise gamine, avec son visage rond et ses beaux yeux fidèles… Il revoyait les classes, les études, les récréations… »

Mon passage préféré

Il se situe avant la mort de Jacques et exprime une certaine densité dans le récit, comme si les dés étaient jetés. En effet, la tension est palpable et on lutte avec Jacques contre le sort qui s'acharne irrémédiablement.« Une commotion d'une violence inouïe lui broie les mâchoires… Son corps est projeté dans l'espace, et lui semble s'aplatir contre un mur, comme une pelletée de mortier.
Une chaleur intense… Des flammes, des crépitements, une puanteur d'incendie… Des pointes, des tranchants lui fouillent les jambes. Il suffoque, il se débat. Il tente un effort surhumain pour reculer, pour ramper hors du brasier. Impossible. Ses pieds sont rivés dans le feu.

Deux griffes d'acier, derrière lui, l'ont saisi aux épaules, le tirent. Rompu, écartelé, il hurle… On le traîne sur des clous, son corps est en lambeaux… Et, soudain toute cette épouvante sombre dans la douceur. Les ténèbres. Le néant… »

Portrait physique et moral d'un personnage

Jacques Thibault est un individu révolté (cette révolution va s'accroître au fil du roman), velléitaire, idéaliste. Son engagement en tant que socialiste révolutionnaire affirmera son identité de rebelle. Il a les cheveux roux, durs et broussailleux, plantés comme de l'herbe sur son front bas, avec une tête osseuse. Il a une figure plutôt ingrate, enlaidie par des taches de rousseur et a les yeux bleus qui sont durs et volontaires. Le regard était changeant et donc souvent indéchiffrable car il pouvait être sérieux, puis espiègle ; « tantôt doux, même câlin, et tout à coup méchant, presque cruel quelquefois se mouillant de larmes, mais le plus souvent sec, ardent, et comme incapable de s'attendrir jamais ».« Il avait le bas du visage assez vulgaire, la mâchoire des Thibault et une bouche trop fendue, avec des lèvres gercées, une bouche laide mais expressive, autoritaire, sensuelle ». « Il a la parole rapide, animée, libre ». « Il a une mèche sombre, à reflets roux. La forte mâchoire s'appuyait sur le col blanc, entrouvert. Un pli d'amertume, qui donnait au visage une sévérité farouche, ennoblissait la grande bouche, aux lèvres mal dessinées. Sous la ligne tourmentée des sourcils, le regard, tapi dans le clair-obscur, était, franc et volontaire ».

Jacques en fait est un homme honnête, tourmenté et idéaliste. Il se sent mal-aimé et ne veut s'investir dans aucune histoire d'amour, si ce n'est celle de conserver son pays.

Avis personnel

J'ai énormément apprécié ce livre car l'histoire, en plus d'être intéressante, est narrée dans un style très agréable. J'ai aimé la diversité des personnages (au moins une vingtaine) et leur personnalité complexe. De plus, ce roman est riche en figures de style et autres images qui rendent le récit attractif et la lecture plaisante. J'ai trouvé particulièrement instructif le fait de lire la septième partie « l'été 1914 » qui concerne le quotidien d'un peuple, en période de tourmente et qui permet de découvrir certains politiciens de l'époque.J'ai adopté le point de vue de chaque personnage et j'ai compris le positionnement de chacun. De plus, j'ai trouvé intéressant le fait que Jacques et Antoine alternent la narration et racontent tour à tour leur vie. Les faits et gestes des personnages sont décrits de façon précise et on pénètre également dans leurs sentiments profonds et dans leur mal-être omniprésent. Comme je l'ai évoqué, le livre se lit relativement bien même si de prime abord l'ensemble de l'œuvre peut rebuter. Il me semble nécessaire de tenter la lecture car, une fois pris dans l'histoire, on a du mal à se détacher des personnages. J'ai néanmoins trouvé la partie « l'été 1914 » un peu longue (800 pages) car les faits politiques déroutent.

Ainsi, le texte peut paraître lourd et redondant car l'intrigue des personnages est un peu mise en suspens. Certains personnages restent dans l'ombre comme Gise qui s'efface peu à peu pour laisser Jacques vivre sa vie. Dans l'ensemble, le texte est riche et il est facile de percevoir les réalités de l'époque et la tension d'une telle période de crise. Je conseille donc la lecture de ce roman-fleuve car plus qu'une immersion en pleine guerre, on assiste à l'évolution de personnages qui auraient pu être des héros.

5/5

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Re: Roger MARTIN DU GARD (France)

Message  Liza_lou le Jeu 11 Juin 2009 - 20:03

Tout d'abord, Aurore, une chose : ta critique est SUPERBE! Very Happy

Ah comme je suis contente de voir que tu as aimé! Ta critique m'a fait surgir de vieux souvenirs et, en la lisant, je n'ai pas pu empêcher de sentir mon cœur battre un peu plus fort, d'émotion! coeur Peut-être parce que j'avais 17/18 ans et que c'était la première fois que je lisais un livre aussi fort!

Tu parles très bien de ce que Les Thibault représente dans la littérature française. Je suis absolument d'accord avec ton analyse de l'œuvre; je me souviens ainsi que moi aussi j'avais trouvé la première partie de L'été 1914 un peu longue avec ses descriptions du milieu révolutionnaire suisse. J'avais été très touché par le personnage de Jacques, avec sa révolte qu'il réussit à sublimer pour l'utiliser à la défense de la paix à la veille de la première guerre mondiale. Mais plus encore, je crois bien que c'est le personnage de Jenny qui m'avait le plus frappé, peut-être parce que par certains aspects, elle me ressemblait et que par conséquent, je comprenais assez bien ses motivations.

Je tiens enfin à dire que je suis enfin impressionnée par les figures de style que tu soulignes, je ne connaissais pas le polysyndéton. Encore une fois, bravo! cheers

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Re: Roger MARTIN DU GARD (France)

Message  Réaliste-romantique le Sam 20 Juin 2009 - 0:18

Je joins ma voix à celle de Liza_lou (qui nous avait annoncé dès son entrée dans le club être une grande fan de Roger Martin du Gard) pour te féliciter pour ta critique complète. Elle va probablement m'amener à relire ces livres d'ici quelques années.

Il me semble que j'ai lu la série ainsi que Jean Barois tout juste avant de me joindre aux rats.

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Re: Roger MARTIN DU GARD (France)

Message  cecile le Sam 20 Juin 2009 - 9:25

Quelle belle critique en effet bravo
J'ai lu "Les Thibault" il y a très longtemps, mais je m'en souviens encore fort bien, cette une oeuvre très attachante coeur
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Re: Roger MARTIN DU GARD (France)

Message  Cyrielle le Sam 20 Juin 2009 - 10:02

Ta critique est super, tu m'as conquise, je note ce livre dans ma LAL
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Re: Roger MARTIN DU GARD (France)

Message  Messaline le Mer 15 Juil 2009 - 13:42

Les Thibault de Roger Martin du Gard T.1 : Le Cahier gris, Le Pénitencier, La Belle saison.

Le Cahier gris
Jacques Thibault et Daniel de Fontanin sont deux garçons de 14 ans que tout oppose : Jacques vient d’une famille catholique, Daniel d’une famille protestante, le père de Jacques règne en despote sur la famille Thibault, tandis que celui de Daniel, un homme à femmes, brille par son absence, Jacques a été privé très tôt de mère, tandis que Daniel est choyé par la sienne. En dépit de ces différences, les deux garçons sont unis par une amitié hors du commun et entretiennent une correspondance passionnée dans laquelle il est question de littérature, de voyages et de grands sentiments. Lorsque que cette correspondance – contenue dans le fameux « cahier gris » – est découverte par un professeur, de peur d’être séparés ils décident de fuguer.

Le Pénitencier
Suite à la fugue de Jacques, Oscar Thibault décide d’enfermer son fils dans un « pénitencier », c'est-à-dire une maison de redressement, afin de « broyer sa volonté ». Pendant plusieurs mois, Jacques ne reçoit aucune visite et n’envoie à Daniel que des lettres brèves et mensongères. Un jour, Antoine Thibault s’inquiète finalement du sort de son jeune frère. Il décide alors d’aller lui rendre visite et le trouve en bien piteux état.

La Belle saison
Plusieurs années plus tard, Jacques vit avec son frère aîné et passe le concours d’entrée à l’Ecole Normale Supérieure. Après avoir été accepté, il passe l’été à Maisons-Laffitte où il se rapproche de Jenny, la jeune sœur de Daniel, qui a pour lui des sentiments contradictoires. De son côté Antoine rencontre une intrigante jeune femme dont il tombe amoureux, tandis que Daniel mène une vie parisienne quelque peu désordonnée.

Mon avis
Je le dis d’emblée : cette lecture a été un véritable plaisir ! Le personnage de Jacques tout d’abord m’a littéralement fascinée. Il incarne la figure de l’exclu, celui qui est perpétuellement incompris, même par les gens dont il est le plus proche : par son frère évidemment, mais aussi par Daniel – dès le début, en dépit de l’amitié profonde qui unit les deux jeunes gens, nous comprenons qu’ils ne voient pas le monde de la même façon, et le fossé qui les sépare ne fera que s’accroitre par la suite. Il est souvent question de la « colère » de Jacques, une colère qui ne trouve pas vraiment de motifs solides, mais qui semble profondément ancrée en lui. Continuellement en révolte, parfois contre son père, le plus souvent contre le monde entier, Jacques est un héros en rupture avec le monde. Un personnage passionné et passionnant.

Par ailleurs, l’influence de Gide est présente à chaque page, ce qui n’est pas pour me déplaire. Elle transparaît dans l’importance accordée à l’Afrique – continent vers lequel les deux garçons veulent s’embarquer dans Le Cahier gris et dont il est beaucoup question dans La Belle saison – mais également dans les nombreuses références aux Nourritures terrestres du même Gide. Il est en effet souvent question de ce livre – de manière directe ou indirecte – qui fascine Daniel et effraie Jacques. Pourtant, c’est bien Jacques qui est le plus proche du narrateur des Nourritures terrestres, lui qui refuse les castes, les limites, les rôles.

Je terminerais sur un petit bémol ajouté à cet avis sommes toutes très positif : il y a dans l’écriture de Roger Martin du Gard une sorte de retenue, de linéarité – d’autant plus saisissante que Gide lui est plutôt audacieux dans son écriture. C’est de toute évidence délibéré, mais ça m’a un peu dérangée.
Quoi qu’il en soit, je lirai la suite avec beaucoup d’intérêt.

Ma note : 4,75/5
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Re: Roger MARTIN DU GARD (France)

Message  Aurore le Mer 15 Juil 2009 - 13:59

Très belle critique Messaline Smile
Je suis ravie que ce premier tome t'ait plu. J'attends la suite de ta critique qui, à mon avis, sera tout aussi passionnée que celle que je viens de lire.

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Re: Roger MARTIN DU GARD (France)

Message  Nathalire le Ven 17 Juil 2009 - 7:26

Merci pour ces belles critiques, Aurore et Messaline. J'ai depuis longtemps le premier tome dans ma PAL et vos critiques me motivent à le lire.
Messaline, penses-tu qu'il serait intéressant de lire d'abord les Nourritures terrestres de Gide?
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Re: Roger MARTIN DU GARD (France)

Message  Liza_lou le Ven 17 Juil 2009 - 20:23

Nathalire a écrit:
Messaline, penses-tu qu'il serait intéressant de lire d'abord les Nourritures terrestres de Gide?

Bonne question! Very Happy Personnellement, j'ai lu la série en ne connaissant absolument pas Les nourritures terrestres de Gide et cela ne m'a pas gênée. C'est vrai que Roger Martin du Gard en parle notamment dans La belle saison, mais cela reste secondaire dans l'intrigue de l'histoire. Je pense qu'avoir lu Gide apporte un plus certain mais non indispensable pour lire Les Thibault.

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Re: Roger MARTIN DU GARD (France)

Message  Messaline le Ven 17 Juil 2009 - 21:40

Nathalire a écrit:Messaline, penses-tu qu'il serait intéressant de lire d'abord les Nourritures terrestres de Gide?
Liza_Lou a raison, avoir lu Les Nourritures Terrestres n'est pas nécessaire pour comprendre l'intrigue Les Thibault, par contre je pense en effet que c'est très intéressant, ça permet de mieux comprendre les influences de R. Martin du Gard et ça aide à saisir pleinement les caractères des personnages de Jacques et de Daniel. Les questions de liberté et de morale surtout prennent une toute autre dimension quand on connaît le contenu des Nourritures.

D'ailleurs, le rôle du livre de Gide lui-même - en plus des idées qu'il porte - est loin d'être aussi secondaire qu'il n'y parait au premier abord. La diférence de réaction à sa lecture entre les deux jeunes gens est porteuse de sens, je trouve. Il me semble que Les Nourritures enthousiasment Daniel car elles "justifient" une forme d'immoralisme - pour reprendre un terme de Gide - déjà présente chez lui ; au contraire elles effraient Jacques qui au fond est quelqu'un de très moral.
Par ailleurs Daniel, je pense, se retrouve tout à fait dans ce conseil du narrateur des Nourritures : "Une existence pathétique plutôt que la tranquilité" - je me demande même si cette phrase n'est pas citée. Il est tout à fait transformé par sa lecture qui lui ouvre des perspectives, même si elle ne fait sans doute que le pousser encore plus loin sur une route qui était déjà la sienne ; et qui n'est pas du tout celle de Jacques...
De la même manière la notion de liberté, de révolte, de haine contre les castes et contre une famille aliénante est présente chez Jacques dès le tout début et, quand il la trouve formulée dans ce livre qui l'engage "désapprendre" ce que la société lui a inculqué - ce contre quoi il est déjà révolté donc - il est perturbé, pris d'une sorte de vertige face au caractère extrême de ce qui est écrit. Bref, je te dis tout ça, ce ne sont que des impressions...

De toute façon, si tu n'as pas envie de lire Les Nourritures, tu peux te contenter de te renseigner un peu. Je viens d'aller voir un peu ce qui se dit sur le sujet et j'ai retrouvé un article que tu peux consulter en partie - si tu veux - sur Google books ; c'est de Catharine Savage Brosman et ça s'appelle tout simplement "Roger Martin du Gard, Les Thilaut et Les Nourritures Terrestres", extrait du livre Retour aux Nourritures Terrestres, j'ai trouvé ça c'est très intéressant.
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Messaline

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Re: Roger MARTIN DU GARD (France)

Message  Nathalire le Sam 18 Juil 2009 - 7:30

Merci Liza_lou et Messaline.
C'est vrai qu'il n'y a aucune obligation, mais j'ai quand même l'impression que ça peut être intéressant de relever ces références. Comme j'aime assez Gide et que j'ai justement Les Nourritures Terrestres dans ma biblio (qui est en plus petit et vite lu) je vais passer par cette étape d'abord.
En tous cas merci pour toutes ces précisions, je suis impressionnée bienvenue1
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Nathalire

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Re: Roger MARTIN DU GARD (France)

Message  Chantal le Dim 20 Déc 2009 - 16:30

LES THIBAULT : Roger Martin du Gard
Le livre de Poche. 2241 pages.
Tome 1 : "Le cahier gris" - "Le pénitencier" - La belle saison" - 511 pages
Tome 2 : "La consultation" - "La Sorellina" - "La mort du père" - 433 pages
Tome 3 : "L'été 14" - 436 pages
Tome 4 : "L'été 14" (suite) - 436 pages
Tome 5 : "L'été 14" (fin) - "Epilogue" - 435 pages.

Toute l'histoire se déroule du début du 20è siècle jusqu'à la fin de la première guerre mondiale. C'est l'histoire de deux familles bourgeoises l'une catholique, les Thibault, et l'autre protestante, les Fontanin, liées par l'amitié passionnée de deux de leurs garçons, Jacques et Daniel. Mais c'est la famille Thibault qui prédomine au fur et à mesure que se déroule le roman, et avec l'arrivée de la guerre : avec Oscar le père, autoritaire, dur et intransigeant, Antoine, le premier fils, toujours raisonnable, qui deviendra médecin et se consacrera à sa carrière, et Jacques, le second fils, le révolté, celui qui abandonnera ses études pour rejoindre Jaurès et le socialisme.

Les deux premiers tomes (avant guerre) peignent plus particulièrement l'enfance, l'adolescence et l'entrée dans l'âge adulte des deux frères, et ce, jusqu'à la mort du père, racontée dans les moindres détails.

Les trois derniers, juste avant et pendant la guerre, s'attachent à raconter la "scission" entre les deux frères, Antoine, s'engageant volontairement dans le combat, alors que Jacques lui défend les idées pacifiques et s'engage dans le socialisme.

Quelle oeuvre Quel souffle ! Et quelle richesse ! : dans la description approfondie des différents caractères et sentiments des personnages, dans le nombre des thèmes abordés : l'éducation rigoureuse catholique, la place importante et moralisante de la religion dans le monde politique d'alors, les amitiés adolescentes, l'amour filial, l'amour tout court, et toute la partie historique et politique de cette période si bouleversée (tous les évènements concernant les Balkans et les pays voisins concernés par le système des alliances, sont relatés avec une extrême précision, ainsi que la montée du pacifisme, du socialisme, internationaux, face au patriotisme), l'assassinat de Jaurès, les soldats gazés....(Des noms de lieux sonnaient à mon oreille, puisque j'habite en Lorraine, région au coeur des conflits de l'époque).

Et les réflexions d'Antoine, face à la mort et à l'Histoire avec un grand H, qui finit par comprendre et les idées et le comportement de son frère, terminent admirablement le récit et font méditer le lecteur, face à la suite de l'histoire, que lui connaît déjà.

Un roman-fleuve, superbe, totalement d'actualité (quand on entend parler "d'identité nationale"), dans lequel l'auteur ne s'engage jamais, mais où il livre des faits, des idées et des comportements divergents, sans prendre parti, et qui, par là même, engage le lecteur à réfléchir et à juger. Et je n'ai pas parlé de la qualité de l'écriture et du grand plaisir que j'ai eu à la lire !

Du grand art. Une de mes meilleures lectures de l'année.

5/5
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Re: Roger MARTIN DU GARD (France)

Message  zozinette le Dim 20 Déc 2009 - 17:29

Tu me rappelles d'excellents souvenirs, ça me donnerait presque envie de m'y remettre une troisième fois ( c'est d'ailleurs les seuls livres de " valeur" que j'ai, éditions de la Pléiade- mais ça le vaut bien !)
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Re: Roger MARTIN DU GARD (France)

Message  Chantal le Dim 20 Déc 2009 - 18:22

Mais oui, "ça le vaut bien !"
Je pense que je risque fort aussi de les relire, mais dans quelques années...
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Re: Roger MARTIN DU GARD (France)

Message  dodie le Mar 17 Fév 2015 - 10:42

Les thibault

Dans ce roman fleuve nous suivons l'itinéraire de deux frères Jacques et Antoine du début du XXème siècle à 1918. 
Issus d'une famille de la bourgeoisie dont le père Oscar est une figure charismatique et autoritaire, ils sont fondamentalement différents et chacun suivra un chemin différent.
 Antoine l'aîné, bien que souvent en désaccord avec son père, suit sa voie: une vie bourgeoise, rangée. Il devient médecin et se consacre coeur et âme à sa profession qui est une véritable passion.
Jacques, le cadet, est le trublion de la famille. Dès son adolescence il rejette l'autorité paternel et fugue en compagnie de son ami Daniel. Après quelques temps passé dans une "maison de correction", il est recueilli par Antoine. Mais très vite, la soif d'indépendance est trop forte et il part en Suisse où il se liera d'amitié avec des militants socialistes avec lesquels il partage le rêve d'un monde meilleur pour tout le monde et la haine de l'argent et des bourgeois.
Lorsque la guerre éclate en 1914, le fossé existant entre les deux frères se creusera encore plus. Antoine part rejoindre son régiment dès le premier jour de la mobilisation alors que Jacques, fidèle à ses idées pacifiques fuit de nouveau la France. Déçu par les socialistes français qui, après la mort de Jaurès, laisse tomber le combat, il décide d'agir seul pour tenter d'inciter les combattants à interrompre les tirs.
Parmi les nombreux personnages du roman, deux femmes ont un rôle important dans la vie des deux frères: Gise, nièce de leur gouvernante, élevée comme leur soeur et Fanny, la soeur de Daniel.
Ce roman est une véritable fresque du début du XXème siècle dans laquelle l'auteur détaille les enjeux politiques qui ont précédé la guerre mais aussi ce qui tenait alors une place importante dans la vie des français: l'éducation, la religion, la soif de réussite pour certains ou de liberté pour d'autres.
La naissance de l'internationale socialiste est bien expliquée et l'aspect historique de ce roman est tout aussi important que l'aspect romanesque.
Les personnages principaux sont étudiés en profondeur: leurs ambitions, leurs idéaux mais aussi leurs doutes et leurs peurs.
Malgré l'écriture très classique et académique de Roger Martin du Gard, ce roman se lit très bien. Bien sûr quelques longueurs sont présentes (rien d'étonnant vues la longueur et la densité du récit).
Ce roman fut pour moi une lecture riche aussi bien sur le plan historique que sur le plan proprement littéraire.
Un grand classique à découvrir!
Ma note 4/5
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