Claire MARTIN (Canada/Québec)

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Claire MARTIN (Canada/Québec)

Message  gallo le Sam 20 Déc 2008 - 20:24

De : Ann_- (Message d'origine) Envoyé : 05/10/2004 15:42

Quand j’aurai payé ton visage; MARTIN, Claire, éditions Pierre Tisseyre, 1962

L’auteur : Claire Martin. Elle est née à Montréal, en 1914. C’est à peu près tout ce que je sais sur elle.

L’histoire : Le livre raconte la vie d’une famille de bourgeois entre la fin des années trente et les années soixante. Deux frères : Bruno (l’aîné) et Robert (le cadet). Bruno est comme son tyrannique de père : froid, distant, calculateur avec une vie droite et bien tracée devant lui. Robert ressemble plus à sa mère : artiste, rêve d’être musicien, a un meilleur ami juif et est le mouton noir de sa famille pour toutes ces raisons. La mère est une femme brimée, étouffée par le silence et la froideur de sa famille. Elle rêve du jour où elle pourra, enfin, s’exprimer librement et cesser de prétendre qu’elle aime et appuie son mari. Un jour, Bruno présente sa fiancée, Catherine, à sa famille. Entre Catherine et Robert, c’est le coup de foudre. Catherine décide de quitter Bruno pour vivre clandestinement avec son frère.

Mon opinion : C’est un des très bons livres que j’ai lu dans ma vie. Un livre qui raconte une histoire, somme toute, banal, mais qui le fait tellement bien qu’on dirait le plus original des scénarios! Un livre que j’ai dévoré en trois-quatre jours, qui m’a demandé de la volonté pour le laisser tomber afin de poursuivre mes activités, qui m’a fait manquer mon arrêt d’autobus deux jours de suite (!) et qui m’a rendu triste car j’ai vu le mot FIN.

4.5/5 (il est difficile de donner une note parfaite, même si je suis VRAIMENT tentée de le faire!)


De : sereinejulie1 Envoyé : 06/11/2004 00:14
Claire MARTIN - Dans un gant de fer, la joue gauche Édition BQm 225 pages

Résumé: Magnifique récit autobiographique. Claire Martin y raconte son enfance, au cours de laquelle elle a été confrontée à la brutalité d'un père monstrueux et à la banalité de la vie quotidienne dans des couvents que dirigent des religieuses inhumaines.

Mon avis: À travers cette histoire individuelle, l'auteur dresse le bilan des méfaits d'une société vouée à l'inculture, à la bêtise, à la tyrannie des uns et à la soumission des autres. Claire Martin rappelle avec une grande perspicacité les mille et un tourments dont elle a été victime tand dans sa famille qu'au couvent. Ce récit est un témoignage qui rappelle une époque sombre de l'histoire du Québec.

Dans un gant de fer, une merveille d'ironie, oeuvre à la fois personnelle et portrait au scalpel d'une époque et d'un milieu. D'une langue parfaitement maîtrisée, Claire Martin livre ses confidences d'une écriture au style sobre et poétique. Cette lecture m'a séduite dès les premières pages. Je me réjouis d'avoir découvert cette auteure québécoise que je ne connaissait pas du tout. Doux-amer, son tout premier roman est sur ma liste de lectures prioritaires. 4.50


De : sereinejulie1 Envoyé : 06/11/2004 21:21

Quelques notes bibliographiques :

Romancière, Claire Martin fait ses études chez les Dames de la Congrégation de Notre-Dame (Québec) et chez les Ursulines. Elle devient annonceure à CKCV (Québec) et à Radio-Canada (Montréal) collaborant à diverses émissions de télévision. Elle réside à Ottawa de 1945 à 1972, où elle a été écrivain résident à l'Université. De 1972 à 1982, elle séjourne en France et elle revient à Québec en 1982.
Claire Martin a reçu le Prix du Cercle du Livre de France en 1958 pour Avec ou sans amour, le Prix du Gouverneur général du Canada et le Prix du Concours littéraire du Québec en 1966 pour Dans un gant de fer. Elle devient présidente de la Société des écrivains canadiens-français en 1962 et membre de la Société royale du Canada en 1967. La même année, elle est lauréate du Prix du Gouverneur général du Canada pour La Joue droite. En 1984, elle est reçue officier de l'Ordre du Canada. En 2000, elle remporte le prix de abonnés de la Bibliothèque de Québec pour Toute la vie. Au printemps de la même année, L'Académie des lettres du Québec lui décernera sa médaille 1999, à l'occasion du Salon international du livre de Québec. Claire Martin est membre de l'Union des écrivaines et des écrivains québécois. Katia Stockman .


De : sereinejulie1 Envoyé : 08/11/2004 12:13

Claire MARTIN - Doux-amer
Édition BQ, 212 pages

Résumé: Gabrielle entretient une relation de 10 ans avec son éditeur. C'est lui qui raconte ici son aventure avec celle qu'il a aimé pendant tout ce temps, sans toutefois l'épouser. Elle le quitte et rencontre un homme médiocre qui exploitera sa renommée. Elle entreprend vitement une lente remontée et recommence sa quête d'amour auprès de son éditeur qui l'a aidé à se sortir du guêpier où sa passion aveugle l'avait conduite.

Mon avis: j'ai été happé dès le début de ce roman d'intériorité écrit il y a quarante ans. Un roman fleuri sans être pâteux. Avec maîtrise, Claire Martin anime le récit de manière simple mais pénétrante et tient un discours amoureux encore très actuel, à travers une langue classique, un style sobre et efficace. Elle donne la forte impression d'avoir méticuleusement choisi ses mots et de les avoir appliqué savamment comme on choisit un parfum. Aucun mot n'est inutile, mièvre ou superflu.

La narration est simple mais pénétrante dans un style noble et riche où l'écriture gracile coule de façon limpide. Claire Martin raconte avec maîtrise, sans détour et sans brusquerie, le rapport entre 2 personnes dans une course éffrénée aux amours qui ne s'effacent pas. Selon moi, elle a une bonne base de la psyché humaine pour rendre les personnages crédibles.

On se laisse guider avec facilité tout au long du récit. C'est avec candeur que je me suis laisser bercer par les effluves poétiques de dentelles insolites puisées tendrement et savamment.

Il faut lire cette histoire charmante, d'une grande simplicité, ce qui n'empêche pas d'y retrouver la richesse et l'abondance des mots pour le dire. Lisez-la doucement, imprégnez-vous des sentiments et des personnages dans ce beau paysage littéraire.

J'aime le style de Claire Martin et j'anticipe lire l'entièreté de son oeuvre.
4.50


De : Laure Envoyé : 17/01/2005 18:29

Doux-amer de Claire Martin
(209 pages)

Je me suis laissée entraîner au coeur du drame que vit le narrateur.
Il aime encore désespérément Gabrielle, une femme écrivain avec qui il a entretenu une liaison pendant 10 ans et qui finit par se marier avec un journaliste-écrivain-comédien médiocre nommé Bullard.
Le narrateur nous raconte comment il accepte beaucoup de choses pour continuer à plaire à cette femme. Il nous raconte aussi comment il assiste à la dégradation de l'image de Gabrielle, à ses yeux, et la souhaite même pour mettre un point final à son amour malheureux et à sa souffrance.
Doux-amer est un livre très bien écrit, émaillé d'images poétiques et évocatrices.
A propos de Bullard, Claire Martin écrit qu'"il écrivait avec de l'eau froide". Eh bien, elle, n'écrit pas avec de l'eau froide et il nous est très facile de ressentir la véritable souffrance du narrateur.

Ma note: 4,5 /5


De : sereinejulie1 Envoyé : 18/02/2005 17:55
Claire MARTIN - Il s’appelait Thomas
Édition L’instant même, 245 pages

Thomas est pasteur parce que sa mère le voulait; il lui en a fait la promesse sur son lit de mort. Mais il n’a pas l’âme « pieuse » et il s’ennuie dans ce métier qui ne lui convient pas. Il s’ennuie même si bien, dans cette petite ville où tout est tenu secret par peur des cancans…

Claire Martin esquisse une situation avec le même dosage personnel que les trois autres œuvres que j’ai lu. Son écriture est toute délicatesse et finesse. Le récit s’accomplit selon une courbe narrative impeccable. Des notes plus sourdes, plus douloureuses parfois, mais aussi une verve humoristique, voire une drôlesse présente dans cette œuvre. Ça se lit aisément et vite. Point d’intrigues complexes, de rebondissements surprenants, de tape-à-l’œil. Les personnages couvrent un éventail réduit, mais le récit les fait vivre, palpiter, s’approcher et s’éloigner avec leur secret hors d’atteinte.

Ce récit, un élan le porte, d’un mot, d’une notation vers l’autre qui le complète et le prolonge en harmoniques. Selon moi, Claire Martin est une auteure québécoise à découvrir. 4.25


De : Mousseliine Envoyé : 18/03/2005 22:27

Claire MARTIN - Dans un gant de fer: La joue gauche
(Bibliothèque Québécoise, 1999)

Claire Martin raconte ici son enfance. Elle a grandi dans les années 1920 à Québec. Quoiqu'elle est née dans une famille aisée et cultivée où de père en fils, on était avocat, notaire, ingénieur etc., Claire n'a connu que la violence, la violence du père et celles des soeurs dans les couvents où elle était pensionnaire.

C'est un récit misérabilisme dans le sens que du début à la fin Claire Martin énumère les sévices infligés par son père et les soeurs. Ce genre de récit ne me plaît pas. Je ne retire rien à lire sur la souffrance des autres, ça fait mal et je ne lis pas pour avoir mal. Quand un tel récit m'apporte une certaine connaissance que ce soit au niveau de la psychologie des personnages ou de l'environnement autour là je peux embarquer à fond. Mais ici ce n'est pas le cas, rien que des sévices.

Il y a un autre point qui m'a dérangée: Claire Martin est au pensionnat, du haut de ses six ans elle est la seule qui est suffisamment intelligente et lucide pour voir que (toutes) les soeurs sont cruelles et ignorantes, (toutes) les autres fillettes sont méchantes... Enfin, ce qui est certain c'est que Claire Martin a eu une enfance épouvantable et toute cette souffrance n'a peut-être pas permis à l'auteur d'être entièrement objective.

Par contre on est bien loin ici de ses récits tant à la mode où n'importe qui s'improvise écrivain et raconte les malheurs de son enfance. Claire Martin est un vrai écrivain, qui écrit bien, qui raconte bien les choses.

Bref j'ai aimé moyennement, ce n'est pas ce à quoi je m'attendais, je m'attendais plutôt à lire une autre Gabrielle Roy. Quoique je ne lirai pas la suite La main droite, je ne regrette certainement pas cette lecture mais j'en reste avec un goût d'infinie tristesse pour tous les enfants qui subissent la violence.

Note : 3.25/5


De : Nead4 Envoyé : 28/03/2005 15:07
Moi, je ne suis pas du tout d'accord avec toi. Je pense que ses memoires sont magnifiques et racontent comment une jeune fille se devellope dans un etat de prisonniere dans la foyer paternel. Je suis en constant contact avec Claire, et , meme si elle a 90ans elle a un esprit tout vif. C'est vrai que son premier livre dans un gant de fer est une histoire terrible sur son enfance a cause de son pere premierement et les nonnes au Couvent deuxiemement mais il faut que tu lise la suite la joue droite car les enfants ne souffrent pas vraiment et elles sont plus libre. L'humour dans les deux memoires est remarquablement ironique et je suis en train de faire un these sur les oeuvres de Claire, mon amie.

Allez read the sequel,

Your friend from Ireland,

Sinead aka neadla@hotmail.com

P.S Did you ever find a ressemblance with Claire Martin and another author like Nicole Brossard, it's just that my supervisor said there are alike in some way. If you have any opinions on that please reply.-sin


De : Foret_ Envoyé : 29/08/2007 22:07
Claire MARTIN - Il s'appelait Thomas
203 p

résumé de couverture :
"Une promesse consentie à une mère mourante, pour apaiser l'épouvante de la fin, et c'en est fait du bonheur. Mais il arrive que la vie réclame ses droits. Il suffit de l'accepter : chacun n'est-il pas aussi l'enfant de la vie ? "


Thomas, devient prêtre suite à une promesses faite à sa mère, mais cette vie ne lui convient pas du tout, il s'ennui dans ce rôle qu'il n'a pas désiré. Étant un prêtre protestant il peut se marier mais il doit épouser une femme "convenable" qui ne sera pas trop belle et qui se dévouera pour la communauté mais il tombe amoureux de Nellie qui traîne derrière elle une vieille histoire de famille, la prendre pour femme risquerai de déplaire aux gens de la paroisse....
Heureusement que ce livre n'avais que 203 pages car sinon je ne crois pas que j'aurais été jusqu'au bout, j'ai trouvé cette histoire terne, sans vie, les personnages m'indifféraient.. Dommage, le résumé de couverture, malgré le peu qu'il disait, semblait pourtant annoncer quelque chose de bien ...

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Dans un gant de fer - ( le début ) Claire Martin

Message  Angel le Dim 14 Juin 2009 - 2:11

J'ai tout pardonné, Pourtant, quand j'avais vingt ans, si l'on m'eût dit que je pardonnerais, et facilement encore, mon dépit eût été grand. J'y tenais à ma haine. Il ne se passait pas de jour que je ne la secoue . Non pas pour m'en défaire. Pour m'assurer de sa vigueur. Pour réentendre le tintement des vieilles chaînes. Pour me convaincre qu'il ne fallait jamais arriver où j'en suis. Mais la haine et la rancoeur sont choses si inutiles qu'une aération quotidienne ne les empêche pas de se vermouler. De tous les lieux communs, le plus commun c'est, je pense, que le temps est le plus grand remèdes.
Le temps....Et pour moi, et pour LUI. Les dernières années, il était sans défence, fragile et pitoyable, à la merci d'autrui autant que peut l'être un enfant. De sa violence et de sa tyrannie, il avait perdu jusqu'au souvenir et il eût été bien étonné d'apprendre que nous ne l'avions pas toujours aimé. Il est parti comme un bon père de famille, content de lui et content de sa progéniture. Tout semble ainsi fort bien. L'époque où je n'imaginais ce passage que prédédé de dramatiques reproches me raaît bien lointaine. Des reproches? Et à qui? À ce petit être ridé, fondu de moitié, tremblant, démuni de tout ce qui fait l'homme - la vue, l'ouïe, le muscle, l'entendement - ? À ce petit être dépossédé de la force cruelle qui avait été à la fois son orgueil et son maître? Il ne nous inspirait plus que douceur, la douceur qu'à l'autre bout de ses quatre-vingt-dix annnées il avait dû inspirer à sa mère, comme si la filiation, entre lui et nous, avait rebroussé chemin. J'avais toujours su qu'il vivrait tèrs vieux bâti comme il était à chaux et à sable, mais je n'avais pas prévu que sa longévité donnerait à ma pitié le temps de survenir. - Dans un gant de fer - Claire Martin

Un livre fort. j'ai lu alors que j'étais adolescente.
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Angel

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