Botho STRAUSS (Allemagne)
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Botho STRAUSS (Allemagne)
De : Sahkti1 (Message d'origine) Envoyé : 2006-04-12 12:09
Botho STRAUSS, La nuit avec Alice lorsque Julia rôdait autour de la maison
Editions Christian Bourgois, ISBN 2267018063
Littérature allemande
"Une vieille et faible Europe détruite par l'Amérique, inutile, épuisée, liquidée, qui se contente de gémir toujours la paix, la paix..."
C'est noir, sombre et dense. C'est un peu effrayant cette réalité humaine complètement déshumanisée. Botho Strauss dépeint le portrait d'un ghetto de luxe dans lequel vivent des comédiens que le temps et le monde ont oublié. Un homme se réveille après avoir passé la nuit avec une inconnue. Au milieu de ses interrogations surgissent d'autres visages, d'autres êtres, qui dissertent sur l'oubli, la fuite de la mémoire et la société qui s'effrondre. Le monde ne tourne pas rond, c'est sinistre.
Se succèdent des êtres bibliques, oniriques, des personnages de légendes antiques ou contemporaines, des êtres de tous les jours, des fantômes et des fantasmes.
Au-delà de cette histoire de personnages qui apprennent à se reconnaître ou à se méconnaître, Strauss lance un avertissement contre la perte de repères et l'oubli, souvent volontaire, de mémoire face à nos racines, nos peuples, nos sociétés et notre culture. On a beau s'inventer tous les moyens de sauvegarde des souvenirs, des images et des mots, l'amnésie n'a jamais été aussi forte. A force d'agir de la sorte, un beau jour (plutôt un laid jour...), nous ne saurons plus qui nous sommes ni d'où nous venons.
Botho Strauss est sombre et pessimiste, il lance un cri d'alarme contre la dérive de notre perception de l'autre et de nous-mêmes. Pas tout le temps aisée d'accès, son écriture se veut violente, à l'image de cette révolte qui gronde en lui. Il tente également de toucher le coeur du lecteur là où ça fait mal, car ces acteurs en mal d'existence, c'est un peu de nous dans chacun d'eux et ça donne à réfléchir.
Ma note: 4/5
De : Melisande5505 Envoyé : 2006-04-23 14:10
Voici une présentation de cette auteur que j'ai trouvé sur le site de son éditeur Christian Bourgois (éditeur préféré de Thom)
Botho Strauss
Né en 1944, à Naumburg an der Saale, Allemagne, Botho Strauss est auteur de pièces de théâtre, de récits et d’essais. Après des études de littérature, d'histoire du théâtre et de sociologie (sa famille s'est établie en RFA en 1950), il est critique à la revue Theater Heute, puis travaille à la Schaubühne de Berlin sous la direction de Peter Stein, en tant que dramaturge. Il traduit ou adapte Ibsen, Labiche, Gorki, mais rapidement il se met à écrire ses propres pièces : la première, Hypocondriaques, est publiée en 1972. Après 1975 il s'impose au public par ses fresques sur la solitude, l'enfermement, les situations d'incommunicabilité. Botho Strauss conçoit en 1977 La Trilogie du revoir spécialement pour la troupe de la Schaubühne ; c'est un succès éclatant. Cette Trilogie a été adaptée en France en 1978 par Claude Régy. Le choix de Berlin comme décor de la plupart de ses textes fait aussi de cette ville une métaphore de la solitude humaine. Botho Strauss exprime moins les mouvements sociaux que l'anonymat des personnes dans la société moderne. Les personnages sont souvent les victimes de leurs espoirs déçus. Le désespoir ne conduit qu'à une lucidité malheureuse. En 1989, Botho Strauss a reçu le prix Georg-Büchner, la plus haute distinction littéraire en Allemagne, pour être « parvenu à transposer sur scène la vie désorientée de notre société ». Il est l’un des représentants les plus importants du théâtre contemporain, partout dans le monde. Sa pièce Viol, d’après Titus Andronicus de William Shakespeare, dans une mise en scène de Luc Bondy, est le point fort de la saison 2005-2006 au théâtre de l’Odéon à Paris.
De : Melisande5505 Envoyé : 2006-04-23 14:27
La nuit avec Alice lorsque Julia rôdait autour de la maison Botho STRAUSS
J'avoue être complètement admirative de la critique de Sahkti, quand à moi je n'ai tout simplement rien compris à ce livre, mais vraiment rien. On est confronté à des sortes de bribes d'histoires, de logorrhée qui part dans tous les sens. Au centre un homme, sa femme Julia et sa maîtresse Alice, il travaille apparemment dans un organisme de placement d'artiste qui s'est progressivement reconverti dans des séminaires pour entreprises. Tous cela se passe dans une ville qui se depeuple, dans un paysage d'immeubles archi-modernes. Mais qu'est ce qui se passe ? On a l'impression que l'auteur a une sorte de boîte de commandes entre les mains et qu'il zappe, d'une image à une autre, d'un personnage à autre, d'une situation à une autre, plus invraisemblables les unes que les autres. Par exemple ce type qui semble être un cadre prospère se retrouve avec sa femme à un dîner où il est question qu'ils gardent la maison d'un couple de scientifiques qu'ils ne connaissent pas. Et peu de temps après il se retrouve dans une chambre d'hôtel avec une fille qui devient incendiaire.
Au départ, j'ai été brièvement séduite par l'écriture poétique et travaillée. Mais très rapidement lire et relire des phrases tarabiscotée en me demandant ce que cela voulait dire est devenu fatiguant, parce que tout simplement je ne voyais pas où l'auteur voulait en venir. Tout ce livre m'a paru tout simplement terriblement creux et prétentieux. Quelques clichés sur un monde déshumanisé où l'individu perd la notion de son identité ne suffisent pas pour faire un livre digne de ce nom.
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Botho STRAUSS, La nuit avec Alice lorsque Julia rôdait autour de la maison
Editions Christian Bourgois, ISBN 2267018063
Littérature allemande
"Une vieille et faible Europe détruite par l'Amérique, inutile, épuisée, liquidée, qui se contente de gémir toujours la paix, la paix..."
C'est noir, sombre et dense. C'est un peu effrayant cette réalité humaine complètement déshumanisée. Botho Strauss dépeint le portrait d'un ghetto de luxe dans lequel vivent des comédiens que le temps et le monde ont oublié. Un homme se réveille après avoir passé la nuit avec une inconnue. Au milieu de ses interrogations surgissent d'autres visages, d'autres êtres, qui dissertent sur l'oubli, la fuite de la mémoire et la société qui s'effrondre. Le monde ne tourne pas rond, c'est sinistre.
Se succèdent des êtres bibliques, oniriques, des personnages de légendes antiques ou contemporaines, des êtres de tous les jours, des fantômes et des fantasmes.
Au-delà de cette histoire de personnages qui apprennent à se reconnaître ou à se méconnaître, Strauss lance un avertissement contre la perte de repères et l'oubli, souvent volontaire, de mémoire face à nos racines, nos peuples, nos sociétés et notre culture. On a beau s'inventer tous les moyens de sauvegarde des souvenirs, des images et des mots, l'amnésie n'a jamais été aussi forte. A force d'agir de la sorte, un beau jour (plutôt un laid jour...), nous ne saurons plus qui nous sommes ni d'où nous venons.
Botho Strauss est sombre et pessimiste, il lance un cri d'alarme contre la dérive de notre perception de l'autre et de nous-mêmes. Pas tout le temps aisée d'accès, son écriture se veut violente, à l'image de cette révolte qui gronde en lui. Il tente également de toucher le coeur du lecteur là où ça fait mal, car ces acteurs en mal d'existence, c'est un peu de nous dans chacun d'eux et ça donne à réfléchir.
Ma note: 4/5
De : Melisande5505 Envoyé : 2006-04-23 14:10
Voici une présentation de cette auteur que j'ai trouvé sur le site de son éditeur Christian Bourgois (éditeur préféré de Thom)
Botho Strauss
Né en 1944, à Naumburg an der Saale, Allemagne, Botho Strauss est auteur de pièces de théâtre, de récits et d’essais. Après des études de littérature, d'histoire du théâtre et de sociologie (sa famille s'est établie en RFA en 1950), il est critique à la revue Theater Heute, puis travaille à la Schaubühne de Berlin sous la direction de Peter Stein, en tant que dramaturge. Il traduit ou adapte Ibsen, Labiche, Gorki, mais rapidement il se met à écrire ses propres pièces : la première, Hypocondriaques, est publiée en 1972. Après 1975 il s'impose au public par ses fresques sur la solitude, l'enfermement, les situations d'incommunicabilité. Botho Strauss conçoit en 1977 La Trilogie du revoir spécialement pour la troupe de la Schaubühne ; c'est un succès éclatant. Cette Trilogie a été adaptée en France en 1978 par Claude Régy. Le choix de Berlin comme décor de la plupart de ses textes fait aussi de cette ville une métaphore de la solitude humaine. Botho Strauss exprime moins les mouvements sociaux que l'anonymat des personnes dans la société moderne. Les personnages sont souvent les victimes de leurs espoirs déçus. Le désespoir ne conduit qu'à une lucidité malheureuse. En 1989, Botho Strauss a reçu le prix Georg-Büchner, la plus haute distinction littéraire en Allemagne, pour être « parvenu à transposer sur scène la vie désorientée de notre société ». Il est l’un des représentants les plus importants du théâtre contemporain, partout dans le monde. Sa pièce Viol, d’après Titus Andronicus de William Shakespeare, dans une mise en scène de Luc Bondy, est le point fort de la saison 2005-2006 au théâtre de l’Odéon à Paris.
De : Melisande5505 Envoyé : 2006-04-23 14:27
La nuit avec Alice lorsque Julia rôdait autour de la maison Botho STRAUSS
J'avoue être complètement admirative de la critique de Sahkti, quand à moi je n'ai tout simplement rien compris à ce livre, mais vraiment rien. On est confronté à des sortes de bribes d'histoires, de logorrhée qui part dans tous les sens. Au centre un homme, sa femme Julia et sa maîtresse Alice, il travaille apparemment dans un organisme de placement d'artiste qui s'est progressivement reconverti dans des séminaires pour entreprises. Tous cela se passe dans une ville qui se depeuple, dans un paysage d'immeubles archi-modernes. Mais qu'est ce qui se passe ? On a l'impression que l'auteur a une sorte de boîte de commandes entre les mains et qu'il zappe, d'une image à une autre, d'un personnage à autre, d'une situation à une autre, plus invraisemblables les unes que les autres. Par exemple ce type qui semble être un cadre prospère se retrouve avec sa femme à un dîner où il est question qu'ils gardent la maison d'un couple de scientifiques qu'ils ne connaissent pas. Et peu de temps après il se retrouve dans une chambre d'hôtel avec une fille qui devient incendiaire.
Au départ, j'ai été brièvement séduite par l'écriture poétique et travaillée. Mais très rapidement lire et relire des phrases tarabiscotée en me demandant ce que cela voulait dire est devenu fatiguant, parce que tout simplement je ne voyais pas où l'auteur voulait en venir. Tout ce livre m'a paru tout simplement terriblement creux et prétentieux. Quelques clichés sur un monde déshumanisé où l'individu perd la notion de son identité ne suffisent pas pour faire un livre digne de ce nom.
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