Hitonari TSUJI (Japon)

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Hitonari TSUJI (Japon)

Message  gallo le Sam 20 Déc 2008 - 12:24

De: Polo

Hitonari Tsuji - Le Bouddha blanc
(Éd. Mercure de France, 1999, 260 p.)

Le Bouddha blanc raconte la vie d'un Japonais. Comme point de départ, l'auteur aborde évidemment son enfance. Comme petits mâles, on se signale par sa cruauté. Dans ce roman, ce sont un petit gros et une fille sur laquelle pissent les garçons. Mais Minoru, le héros, est différent même s'il assiste à ces spectacles sans mot dire. C'est un être compatissant. Il se caractérise par son questionnement métaphysique d'autant plus qu'il se sent coupable de la mort de son frère survenue dans une rizière.

Le plus important de l'oeuvre, c'est son implication dans l'entreprise familiale, une forge vouée à la production de sabres. À partir de 1908, cet atelier change de vocation. On y répare des fusils. La participation du héros à la guerre russo-japonaise en Sibérie va transformer sa vie alors qu'il tue un jeune soldat russe. Pour la première fois de sa vie, il réalise que les armes ne sont pas des jouets mais des engins meurtriers à l'origine de souffrances innombrables et innommables. De retour de guerre, il prend en main l'atelier de son père et épouse Nue, la fille victime de la cruauté de ses amis d'enfance. Ce n'est pas l'érotisme qui l'attire vers cette femme. Les deux partagent le sentiment de vivre une existence de plus; en fait, ils se sentent des êtres réincarnés qui traînent leurs passés antérieurs un peu à la manière de l'héroïne de Ying Chen dans Immobile.

En 1937, il lui vint à l'esprit de produire une mitraillette qui soit plus performante que celles que détient l'armée japonaise. Au moment de l'offrir à son pays, il la jette à la rivière pour ne pas se sentir responsable de la mort de ceux qui vont s'affronter dans le conflit sino-nippon. Après cette guerre, il fait faillite et se recycle comment fabricant de métiers à tisser, de monoculteurs. Mais la plus grande préoccupation du reste de sa vie sera consacrée aux morts enterrés dans le cimetière de l'île qu'il habite. Son angoisse de la mort le porte à convaincre les insulaires d'ériger une immense statue de Bouddha avec des ossements réduits en poudre afin de conserver le souvenir des ancêtres. C'est ainsi que ce projet le rassénère avant d'affronter la grande faucheuse.

Ce roman simple et sensible parcourt presque tout le 20e siècle tel que vécu par des insulaires nippons fidèles à leurs traditions, menacées cependant par l'ère de changements qui agite notre planète à l'heure actuelle. Comment y résister? On sent que tous répondront aux appels du modernisme, qui les pressent de délaisser la culture qui les a nourris. Le dénouement offre une image tragique de ce qui se passe quand un passeur se suicide après avoir réalisé que «le monde n'est qu'une illusion de son esprit».

Bref, c'est une épopée qui sert de méditation sur la vie alors que l'on joue le sort de l'Iraq. La guerre serait-elle «le reflet du changement», comme l'écrivait le philosophe Alain dans Propos sur la religion. Il aurait été souhaitable cependant que l'auteur sélectionne davantage les éléments de sa réflexion pour mieux les approfondir.

Note : 4/5
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Re: Hitonari TSUJI (Japon)

Message  Ladybug le Ven 5 Aoû 2011 - 13:21

Biographie de l'auteur



Romancier mais aussi poète, Hitonari Tsuji est aussi chanteur de rock, cinéaste et photographe, et incarne au Japon une certaine idée de la modernité artistique. Lauréat 1999 du prix Fémina étranger pour Le bouddha blanc il a aussi reçu en 1997 le prix Akutagama (prix littéraire le plus prestigieux au Japon) pour L'arbre du voyageur.

Source : evene.fr

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Re: Hitonari TSUJI (Japon)

Message  Ladybug le Lun 8 Aoû 2011 - 11:49


Le bouddha blanc
(Editions Gallimard-folio - 285 pages)

L'auteur s'est inspiré de la vie de son grand-père pour ce roman qui retrace la vie de l'enfance à la mort de Minoru Eguchi, armurier prospère et inventeur dynamique. L'histoire se déroule au début du 20ème siècle sur une petite île du Japon.

Les évènements forts et les décès qui se produisent au cours de son existence amènent Minoru à une réflexion obsédante sur la vie et la mort. Les sensations de "déjà vu" qui l'assaillent - réminiscence de vies antérieures -renforcent cette tendance. C'est un roman tout en subtilité qui se concentre sur le questionnement spirituel de Menoru mais à mon goût un peu trop dépouillé sur d'autres cotés. J'ai trouvé que le temps passait trop vite et qu'on n'a pas d'informations suffisamment détaillées sur la vie familiale de Menoru. J'aurais aimé m'attarder sur la vie pratique et quotidienne, sur les relations familiales. Ce roman n'a pas vraiment répondu à mes attentes.

Ma note : 3/5

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Le bouddha blanc

Message  petitemartine le Dim 2 Sep 2012 - 18:08

Le bouddha blanc d'Hitonari TSUJI


Minoru Eguchi est armurier dans la petite île d'Ono au Sud du Japon. Sur son lit de mort il se souvient de sa vie : On l'accompagne de son enfance passée avec ses amis à épier la jolie Towa et à jouer à des jeux cruels, jusqu'à la conception de cet étonnant bouddha blanc - dont la vision l'a poursuit tout au long de sa vie.
Au fil des évènements historiques l'enfant évolue ; jeune adulte, il reprendra l'armurerie familiale avec des hauts, des bas, des tensions, des faillites, des guerres... Le garçon, puis adolescent, époux puis vieillard, s'interrogera toute sa vie sur la vie et la mort ( interrogations et propos que l'on retrouve régulièrement dans la littérature japonaise )
La lecture est facile, rapide mais pas extraordinaire non plus... Je n'ai pas eu le temps de m'attacher aux personnages et à leur histoire, tout est trop rapide. 280 pages ne suffisent pas pour conter la vie de toute une famille et de l'île d'Ono !
Les faits et l'histoire de l'armurerie sont intéressants mais j'aurais aimé des approfondissements.

J'avais préféré L'arbre du voyageur du même auteur.

Ma note : 3,5/5

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Re: Hitonari TSUJI (Japon)

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