Jane SMILEY (Etats-Unis)

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Jane SMILEY (Etats-Unis)

Message  Lacazavent le Ven 19 Déc 2008 - 16:48

De :RoseChinchilla Envoyé : 05/12/2004 13:40
Un appartement à New York

Editions Rivages, collection Bibliothèque étrangère (poche)
Titre original : Duplicate Keys



L'histoire :
Il y a une dizaine d'années, Susan, Denny, Craig, Alice, Noah et Ray sont venus s'installer à New York, dans l'espoir de percer dans le monde de la musique. Mais les années ont passés, et leur groupe de rock est resté dans l'obscurité, pendant que chacun devenait tant bien que mal adulte. Pendant ce temps, le petit groupe d'amis a tourné autour du couple formé par Susan et Denny, au point que leur appartement est devenu un véritable QG dont les clefs circulent librement.
Mais un jour, alors qu'Alice vient arroser les plantes vertes de l'appartement pendant l'absence de Susan, elle découvre les cadavres de Denny et Craig, tués chacun d'une balle dans la tête.



Mon avis :
C'est un roman sur l'amitié, du plus rose au plus sombre... L'évolution des caractères est plutôt bien faite, et la galerie de personnages est intéressante.
Cependant, il y a un peu trop d'introspection à mon goût. Les personnages prennent des pages entières à analyser leurs sentiments, leurs pensées, le moindre frémissement ... Je me suis souvent fait la réflexion que jamais deux "vraies" personnes ne tiendraient le genre de conversation que rapporte le roman. Ces palabres à n'en plus finir sont un peu dommage, parce qu'il y a une histoire derrière, et que la fin est très bien vue - même si le suspense est un peu sacrifié au profit de l'étude psychologique.

Note : 3/5


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Re: Jane SMILEY (Etats-Unis)

Message  Mousseline le Mar 1 Jan 2013 - 0:53


L'exploitation, Prix Pulitzer 1992
Une histoire de famille, en Iowa, 1979

(Rivages, 1996, 592 p.)

La première phrase: "En roulant à cent à l'heure, il fallait une petite minute pour longer les terres de notre ferme, sur la 686, celle qui montait plein nord vers l'embrachement avec la route dite Cabot Street Road."

Quand on se promène dans les grandes plaines de l’Ouest et que je vois ces terres plates à l’infini et de temps à autre une ferme, je me demande comment vivent ces gens qui sont loin de tout et n'ont que le ciel pour horizon, un vide vertigineux. J'ai presque l’impression que ces vies doivent être aussi plates que les champs qui les entourent.

En tout cas dans L’exploitation, la vie des personnages est plutôt mouvementée. Quatre générations qui ont tous trimés durs mais ils y sont parvenus. Ils possèdent les plus belles terres du comté de Zebulon en Iowa. Le père, Larry Cook, autoritaire et égocentrique comme c’est pas permis, tout le monde s’efforce de le ménager. Trois filles, Ginny mariée avec Tyler, Rose et Pete et leurs deux filles et Caroline, avocate qui vit dans une grande ville. Les mêmes voisins et amis depuis toujours, Harold Clark et ses deux fils. Ils mène la vie comme on se l’imagine sur une ferme: les femmes font de grands jardins et le plein de conserves les récoltes venues, des repas lourds pour nourrir des hommes travaillent durs aux champs. Ils font les fiers devant les voisins.

Une vie dont on s'accommode jusqu'à ce que soit venu le moment pour le père de se retirer alors tout a dérapé: conflits, jalousies, les rancoeurs et les secrets honteux sont remontés à la surface...

Et puis il y a une cassure entre ce qu’était l’agriculture et ce qu’elle est maintenant devenue. Je ne suis pas spécialiste en la matière mais je crois que la ferme comme entreprise familiale est de plus en plus remplacée par l’entreprise à grande échelle.

Les cultivateurs ont épuisé la terre par ignorance d’une part et d’autre part par le désir d’en avoir toujours plus. Finalement ce n’est pas si différent de l’époque actuelle, sauf que maintenant la destruction se fait à plus grande échelle mais avec des normes bien établies faut-il encore les suivre.

Jane Smiley a une jolie plume qui éclaire une histoire qui aurait pu être monotone.

L’exploitation c’est le genre de roman qui m’a tant fait aimer la littérature nord-américaine, une histoire de famille dans les grands espaces. J'en ai lu plein des comme ça.

Semble-t-il que ce roman est inspiré du Roi Lear de Shakespeare mais je n'ai jamais lu le Roi Lear alors j'en sais pas plus.



"Il est irritable, dit-il. Il n'aime pas qu'on le défie. ni qu'on le coupe dans ses élans. Mais c'est un agriculteur de talent. Il jouit du respect et de la considération de tout le monde. Quand il émet une opinion, les gens écoutent. Il est capable du meilleur et du pire. C'est une qualité rare."


Note : 4,25/5


suggestion de lecture: Dalva de Jim Harrison


L'Exploitation a été adapté au cinéma en 1997 - A Thousand Acres avec Michelle Pfeiffer et Jessica Lange.



Je ne suis jamais allée en Iowa pas même fait un petit bout de route mais je compte faire tout l'Amérique du Nord (pas le Mexique hein... les roadtrips au Mexique c'est dangereux), alors ça viendra. En attendant, j'imagine que la région de Ginny, Rose, Jess pourrait ressembler à ça :

(grandes plaines du Canada)




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Re: Jane SMILEY (Etats-Unis)

Message  lalyre le Lun 19 Sep 2016 - 16:01

Smiley Jane         
Un appartement à New York  

Mon avis
J’ai passé un bon moment à lire ce roman qui me paraît être un polar, oui bien sûr il y a enquête policière que j’estime être effacée par l’histoire assez réaliste des personnages. Alice est attachante mais souvent agaçante, elle se laisse  porter par la vie, subit et survit aux événements tout en voulant protéger ses amis, tous faisaient partie d’un groupe amoureux du rock. Dans ce roman, j’ai retrouvé le style de Jane Smiley car elle s’évade souvent vers l’intimité psychologique des personnages, alternativement elle mélange habilement les deux sujets principaux de l’histoire, l’enquête et les sentiments intimes me permettant de souffler et d’oublier les meurtres, c’est surtout cela que j’ai aimé. Il n’empêche qu’une scène effrayante m’a fait frémir, j’ai ressenti combien la nature humaine est bien dépeinte avec ses faiblesses, ses frustrations et ses défauts. Un roman qui par instants est étonnant et parfois devient cynique, cependant j’ai trouvé ce livre très bon avec de courts instants de suspense et une fin surprenante….4,5/5
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Re: Jane SMILEY (Etats-Unis)

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