Fédor DOSTOÏEVSKI (Russie)

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Fédor DOSTOÏEVSKI (Russie)

Message  gallo le Jeu 18 Déc 2008 - 9:52

De : lantiamour (Message d'origine) Envoyé : 06/11/2005 13:45

A mon goût, Fedor Dostoïevsky manque cruelement aux nombreux auteurs présents dans ce groupe, il est pour moi en effet l'essence la plus pure de la litterature Russe.
J'ai dernièrement lu "le joeur" de ce même auteur... FABULEUX. Il s'agit la d'un homme qui, a l'origine n'est que le simple tuteur des enfants d'une riche famille russe en declain qui, pour retrouver sa richesse d'antan va vouloir jouer au casino, la fille du maitre de la famille va donc y envoyer ce tuteur, etant lui même amoureux de cette fille, il ne saura pas refuser et va tomber dans la spirale infernale qui est celle du jeu. Raconter de la sorte, le livre peut paraitre un peu rasoir mais non, la complexitée des relations entre le tuteur et la fille, le mystère qui règne autour de cette famille russe desormais désargentée réhausse encore plus cette histoire qui deja sans cela est excellente.


De : Sahkti1 Envoyé : 10/05/2006 17:46

Fedor DOSTOIEVSKI, Les carnets du sous-sol/Sous la neige mouillée
Actes sud, ISBN 2868697992

A l'époque où ce livre est sorti, il a non seulement subi les affres de la censure mais également de nombreuses critiques assez acerbes de la part du milieu intellectuel et de l'entourage de Dostoïevski. Il était certes difficile d'égaler "Les pauvres gens", mais les oeuvres qui ont précédé ce récit n'appartiennent pourtant pas à ce que l'histoire retiendra de Dostoïevski. On peut dès lors s'interroger sur les raisons de cet insuccès, ce texte étant à mes yeux un des meilleurs de l'auteur, parce que dénué d'effets littéraires, noir et violent, un véritable cri du coeur, poussé avec force et mépris.

C'est le coup de gueule, long et mûri, d'un homme qui en a assez de ceux qui décident à la place des autres, sans savoir. Le bonhomme peut sembler mauvais mais son manifeste est ô combien salutaire! En se parlant à lui-même, il s'adresse aussi à nous et nous défie dans nos repères de morale, de vie sociale, de comportements admis et de logique. On réalise assez vite que cet homme se convainc qu'il est méchant et que cela lui interdit tout élan humaniste. Or réflexion faite, il l'est profondément. Pour lui l'amitié pure n'existe pas, tout est calculé et les hommes sont fondamentalement mauvais. On se rend cependant compte, au fur et à mesure de sa dissertaion, que ce qu'il cherche, c'est le bien du monde, de l'Homme, même si il s'en défend en se cachant derrière sa grossière carapace.

A ces "Carnets du sous-sol" (auparavant traduits sous le titre "Mémoires écrits dans un souterrain") succède "Sous la neige mouillée", un autre récit dur et cynique, dans lequel un jeune homme qui se dévalorise tente de trouver une cetaine hauteur humaine et philosophique dans la compagnie d'une jeune femme, qu'il ne tardera cependant pas à affubler de toutes sortes d'horreurs, par esprit de vengeance et tentative (réussie) de méchanceté. Test grandeur nature qui illustre à merveille, si besoin en était, tout le talent de Dostoïevski pour maîtriser la psychologie de ses contemporains.

Egalement un message sur la rédemption, ce besoin de descendre très bas pour pouvoir accéder par la suite à une forme de renouveau. Sauf que cela ne marche pas toujours et le second récit en est une preuve.
Ma note: 4/5


De : Sahkti1 Envoyé : 10/05/2006 17:48

Fedor DOSTOIEVSKI, Le rêve d'un homme ridicule
Editions Actes sud, ISBN 2742700749

Un homme qui se trouve ridicule depuis le jour de sa naissance décide de suicider. Il achète pour cela un revolver. Croisant le chemin d'une petite fille implorant de l'aide, il passe son chemin et sa détermination s'en trouve renforcée. Alors qu'il pense s'être suicidé (mais le fait-il vraiment?), il fait un rêve dans lequel il accède au plus beau des paradis. Un monde où aucun péché n'existe, ni violence, ni cruauté, ni avidité, rien de tout cela. Notre homme en est ébloui. jusqu'au moment où il dépose ci et là dans cette nouvelle contrée idyllique des graines d'envie, de jalousie, de cupidité... C'est un bouleversement, ce nouveau monde décline à grande vistesse et l'homme ridicule, si cela le fait rire au début, s'en trouve très vite contrarié. A son réveil, une seule revendication: celle d'un monde meilleur qui ne peut exister que si les hommes s'aiment les uns les autres.

Ce texte est avant tout un dialogue. Celui d'un homme avec lui-même, ou alors avec l'Humanité toute entière représentée par une entité invisible et abstraite. Son oraison s'adresse à nous, il balance les mots et les éparpille dans un flux incessant qui finit par rendre hystérique. Le langage est châtié, posé, il semble ne parler qu'à lui mais nous prend cependant régulièrement à témoin. Comme pour avoir le dernier mot sur le monde... Mais ce dernier mot semble impossible, car si le rêve a pris fin, une autre voie s'ouvre sous ses pieds, celle d'un nouvel espoir ou d'une autre désilussion, la constatation de vivre dans un monde qui ne répond en rien à celui que l'on attend. Le rêve devenu réalité est toujours un rêve malgré lui.

Il y a dans ce rêve une compilation de tous les thèmes chers à Dostoïevski, avec un atout supplémentaire: la dimension fantastique du récit permet à l'auteur de quitter la plume romanesque et de donner libre cours à l'égarement de toutes ses pensées.

Un texte très fort dans lequel un auteur, via un héros déchu, se cherche sans se trouver, faisant appel pour cela à de nombreuses références sociales et religieuses qui finissent par constituer un enfermement, que ce soit dans l'espoir ou dans l'échec.
Ma note: 4/5


De : Le-réaliste-romantique Envoyé : 13/05/2006 19:40
Fédor DOSTOÏEVSKY - L'idiot

Fédor Dostoïevski

Traduction d'Albert Mousset

780 pages dans Folio Gallimard

Le jeune prince Mychkine rentre en Russie d'un séjour de plusieurs années en Suisse, où il se faisait soigner pour "idiotie" (ce qui semble être de l'épilepsie combinée avec une certaine simplicité d'esprit). Le prince n'a plus de famille directe ni de relation en Russie. Frais débarqué à Saint-Pétersbourg, il tente de nouer avec une famille à laquelle il serait plus ou moins relié. De prime abord, on ne lui fait pas confiance, car nul n'a entendu parlé de lui, et son apparence est peu engageante : il ne voyage qu'avec un petit paquet et une vareuse usée. Toutefois, sa candeur et sa simplicité font que tous l'adoptent rapidement. De plus, le prince se découvre aussi l'héritier d'une petite fortune, ce qui complète son entrée dans le monde qui entoure la famille Epantchine. Le prince se retrouve toutefois mêlé à plusieurs situations mondaines complexes où il ne réagit pas tel qu'il le devrait. Le prince ne maîtrise pas les codes et la dissimulation propres au "monde", il est obscènement honnête, franc et naïf. Plusieurs abuseront de son caractère. Entre autre, dès son arrivée, le prince tombe amoureux de Nastassia Philippovna, une femme qui s'est retrouvée "cocotte" un peu malgré elle, mais qui fraye avec le monde. Le prince veut faire fît de son passé et la sauver : il la demande en mariage. Elle est charmée, mais préfère s'enfuire avec Rogojine, qui lui offre passion et argent. Le prince ne se départira jamais de son sentiment pour cette femme, malgré qu'il se rapproche d'une des fille de la famille Epantchine qu'il fréquente de plus en plus. Des nombreux autres personnages gravitent autour du prince, et chacun joue son rôle dans les diverses intrigues.

"Une humanité plus fantastique que celle qui peuple La Ronde de nuit de Rembrandt"

- Marcel Proust

Le prince est le type du héros invariablement bon, il cherche toujours à être honnête, à aider ses proches et les inconnus, à exercer le bien. Il ne peut mentir ni dissimuler. Sa candeur et sa naïveté, impossibles dans le monde de la basse aristocratie de Saint-Pétersbourg, font qu'il est continuellement trompé et qu'on se moque régulièrement de lui. De plus, il pourrait faire un bon parti pour une des fille Epantchine, mais les parents hésitent, car il semble trop "idiot" et crédule. Ce héros rappelle un Jean Valjean, mais l'interprétation la plus courante est la figure du Christ: un inconnu simple qui vient racheter les péchés des autres, mais qui sera finalement persécuté et détruit pour ses valeurs pures.

J'ai malheureusement trouvé certains chapitres affreusement longs. Les intrigues mondaines n'en finissaient plus et la galerie de personnage a réussi à me confondre : je me suis un peu perdu dans ton les noms, prénoms, patronymes et surnoms. Certains Dostoïevsky peuvent être difficiles de prime abord, tel Les Frères Kamarazov, mais dans ce dernier cas, après un début de lecture difficile, j'ai fini par plongée de plain-pied dans le livre. Ceci ne s'est produit que dans les derniers 150 pages de L'idiot. Je compte bien relire à moyen terme Les Frères Kamarazov, mais je ne suis pas certain que je vais retourner à L'idiot.

2,5/5

le réaliste-romantique


De : Chantal5500 Envoyé : 24/05/2006 11:16
Fédor DOSTOÏEVSKY - CRIME ET CHATIMENT :
681 pages.

Raskolnikov, étudiant à Saint Petersbourg, a abandonné ses études, faute d'argent. Il passe ses journées dans la misère, à déambuler dans les rues et les gargottes, ou à rester enfermé dans son logis misérable à ruminer des pensées amères. C'est un être aigri, très orgueilleux, qui se sent au-dessus des autres, mais qui peut être aussi spontanément généreux. ¨Pour s'en sortir, il décide d'assassiner une vieille usurière à laquelle il a quelquefois recours, pour la voler, et relancer ainsi sa vie. Mais rien ne se passe comme prévu : ce n'est pas une, mais deux femmes qu'il assassine, le butin est très maigre et Raskolnikov se rend compte que tout a échoué.....

Dostoïevsky nous livre ici une exploration suprêmement détaillée de l'âme humaine. Il nous décrit avec précision toutes les bonnes raisons que se donne le héros pour accomplir son crime, puis tous ses sentiments, et toutes les phases de regrets, de culpabilité, qui vont l'assaillir de plus en plus intensément, face à lui-même mais face aussi à ses proches, sa soeur et sa mère, ses amis Rasoumikhine, Sonia.... Cette profonde étude psychologique s'étend aussi aux personnages secondaires du roman et tout cela compose un ensemble très dense mais très clair, et forme une peinture très réaliste de ce petit monde pétersbourgeois.

Un très grand écrivain qui explore avec talent, la complexité de l'âme humaine. 4,5/5


De : van1709 Envoyé : 01/06/2006 17:45

Fédor DOSTOÏEVSKY - Les frères Karamazov

Résumé : Fiodor Pavlovitch Karamazov est père de trois enfants, Dmitri (Mitia) d’un premier mariage, et Ivan et Alexeï (Aliocha) d’un deuxième mariage. Les trois enfants sont ignorés par le père qui ne semble pas se rendre compte de leur existence, et ils sont élevés par d’autres membres de la famille. Quelques années plus tard, les trois frères sont de retour dans le village où habite leur père.

Mon avis : Ce pavé de plus de 900 pages peut être laborieux, surtout avec les longs passages où l’un des personnages discourt pendant plusieurs pages sur un sujet quelconque. Pourtant, le livre n’en reste pas moins passionnant. Dostoïevski commence d’abord par nous présenter ses personnages, on apprend à les connaître, à les aimer, ou on n’arrive pas à les supporter. Ca prend un grand nombre de pages, certes, mais ça nous permet de bien entrer dans le livre, de nous en imprégner, et donc d’être plus impliqué. Ensuite on a l’évènement du livre, qui va faire basculer des vies. Et là, on se rend compte, encore une fois, que Dostoïevski sait parfaitement décrire les comportements de ses personnages. Dans "Crime et châtiment", il a su parfaitement montrer le raisonnement du personnage principal, son subconscient, ses sentiments… Il recommence avec "Les Frères Karamazov", il nous montre ses personnages avec toutes leurs pensées, leurs raisonnements, il les met complètement à nu. Décidément, j’aime beaucoup Dostoïevski et je ne peux que conseiller de le lire.

Note : 5/5


Dernière édition par gallo le Dim 24 Mai 2009 - 20:27, édité 1 fois
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Re: Fédor DOSTOÏEVSKI (Russie)

Message  gallo le Jeu 18 Déc 2008 - 9:56

De : oxymore Envoyé : 04/06/2006 10:55

Les frères Karamazov est l'oeuvre ultime de Dostoïveski, l'empreinte de son opinion et de sa vision de la russie en 1880 (date de parution). Cette oeuvre énorme et lourde nous dévoile l'existence du clan Karamazov: Fédor, le père, alcoolique coléreux et incapable même d'élever ses fils.
Alexis (Aliocha) fils aux idées élevées, croyant, humaniste et engagé.
Ivan, fils prétenduement intellectuel, éclairé, paradoxal au point de s'ériger cet ersatz de Dieu qui lui est propre et nécessaire à son athéisme.
Dmitri (Mitia) fils impulsif agissant selon sa passion, habitué du cabaret et des frasques et rêvant de la France comme un Eldorado des idées et des moeurs.
J'ajouterai Smerdiakov, présumé fils illégitime de Fédor Karamazov, devenu l'un de ses employés et considéré comme idiot.

L'ensemble se divise en 3 grandes parties, d'abord la rivalité sur fond de jalousie entre Fédor et son fils Dmitri qui se déchirent pour une femme, Grouchenka Svetlov; ensuite la psychologie des frères Karamazov qui nous mène jusqu'au funeste drame et à son auteur possible; enfin le procès et les pièces confirmant ou infirmant la culpabilité de .............!! (mystère)

Biensur on peut considérer qu'il existe un fond policier dans ces Frères Karamazov mais c'est réduire à peu de choses ce roman de Dostoïevski qui nous dévoile là, comme un testament, son sentiment sur la grande et "sainte" russie. Lénine qui préférait Tolstoï voyait en Dostoïevski le défenseur de la littérature bourgeoise pourtant son dernier roman montre à quel point l'homme était rongé par le doute et à ce titre moderne et non pas ancré dans la certitude des dogmes religieux ou politiques.

Le chapitre du Grand inquisiteur dévoile au travers du regard d'Ivan et d'une anecdote la possibilité de douter de Dieu. Ce chapitre, loin d'être austère mets le doigt précisément sur nos interrogations modernes et nous interpelle sans moralisation ni culpabilisation.

Le procès final permets également à Dostoïevski de porter un jugement objectif sur "sa" russie, celle qu'il va bientôt laisser, au travers d'une allégorie superbe, poignante, celle d'une troïka (représentant la russie) et fonçant droit devant elle et faisant s'écarter le voisinage (l'europe voisine).
Et puis la mort du petit Illioucha ,qui incarne le viatique de l'humanisme, est un pur moment de beauté qui permet encore aujourd'hui de croire en la grandeur et la bonté d'âme intrinsèque de l'homme.
Dostoïevski termine le procès sur cet axiome qui révèle son opinion:"Oui nos braves paysans ont eu le dernier mot". Le défenseur éclairé venu de Moscou et incarnant les grandes idées neuves occidentales a cédé face à l'âme russe et sa grandeur séculaire.

Bref sans dévoiler l'intrigue principale de ce chef d'oeuvre je vous dirais juste que les Frères Karamazov est d'une extrême beauté, d'une puissance rare et d'une portée immense qui traverse les époques sans s'altérer. Je ne peux pas vous dire, allez-y, lisez-le!! Non, les Frères Karamazov se lit quand on a l'intime conviction que le moment est venu. C'était ma 1ère lecture et ce ne sera pas la dernière car ce pavé de 908 pages ne m'a pas tout dévoilé encore mais j'y ai déjà trouvé le corps d'un puzzle sublime qui m'a apporté énormément.


De : Le-réaliste-romantique Envoyé : 04/06/2006 19:13
L'idiot : suite de ma critique.

Trois semaines après la lecture de ce roman, la ronde des personnages me trotte encore dans la tête. Ah! la force des oeuvres de Dostoïevsky: elles peuvent sembler rebutantes et difficiles d'accès, mais on ne peut oublier ni se détacher facilement des personnages. J'ai bien aimé le commentaire de Van :"ses personnages, on apprend à les connaître, à les aimer, ou on n’arrive pas à les supporter" Même dans le cas de la dernière option, ils demeurent diablement fascinants et intriguants.

Rétrospectivement, je hausse donc ma note par rapport à ce lire, à 3 ou 3,5. Je corrige donc aussi mon dire, je vais probablement relire ce livre un jour. Alors, la lecture pourrait être plus facile, car je ne serai plus décontenancé par les comportements inattendus et surprenants des personnages. Je vais mieux apprécier le contenu et la note sera alors peut-être encore meilleure.

le réaliste-romantique

NB Dans le cas des Frères Karamazov, je m'étais astreint au début à au moins un chapitre par jour, pour ne pas abandonner cette lecture. Toutefois, à un certain moment, je me suis attaché à ces personnages et la contrainte ne tenait plus, je lisais avidement.


De : Le-réaliste-romantique Envoyé : 07/06/2006 02:58

L'adolescent - Fédor Dostoïevski

1875

Le livre de poches, 2 volumes, 430 et 415 pages, traduction de Pierre Pascal

De prime abord, je confesse que je n'ai jamais réussi à plonger dans ce livre. Puisque mes autres lectures de Dostoïevski ont nécessitées un peu de persévérance, malgré un début ardu, je n'ai pas abandonné ma lecture...mais sans jamais réussir à y trouver un intérêt digne de se nom. J'ai senti la force et la complexité de personnages dostoïevskiens, mais je ne me suis jamais senti part à leurs aventures et leurs malheurs. Précisons que, selon la préface, la publication de cette oeuvre a débuté bien avant qu'elle ne soit totalement rédigée. Même qu'après neufs chapitres publiées en cinq mois, le plan définitif n'était toujours pas tracé. Ceci amène quelques changements dans le rythme, revirements surprenants et avenues qui ne mènent nulle part. Pourtant, je ne suis pas prêt à faire porter le blâme de mon manque d'intérêt uniquement à ces caractéristiques, peut-être n'ai-je pas bien lu et pas su apprécié le contenu.

Le roman est un récit relaté par "l'adolescent", Arkadi Makarovitch Dolgorouki, jeune homme près de la vingtaine. Il naît et grandit dans un famille d'anciens serfs, mais il est le fils naturel de Versilov, le prince du domaine. Makar Ivanovitch Dolgorouki a reconnu la paternité de l'enfant, mais au moment où débute le récit, c'est le prince Versilov qui habite alors avec Sofia, la mère de l'adolescent, car Makar Ivanovitch a disparu. Ce couple est unit par l'amour au delà des barrières sociales. Les relations entre le père et le fils naturel sont difficiles. Ce dernier expose au lecteur son "idée", idéal qu'il cherche à poursuivre. Il s'agit en fait "simplement" de devenir aussi riche que Rothschild. L'histoires est toutefois remplie de petites intrigues qui se suivent : de complots révolutionnaires, de roulette, de recherche de "l'âme russe", du retour serein de Makar Ivanovitch, d'athées, de lettres cachées, de filous et d'extortion. J'ai été surpris à quelques reprises par la saveur "policière" de certains aspects du livre. Parmi ces intrigues, l'adolescent Dolgorouki cherche à faire sa place dans le monde, mais surtout se cherche.

Est-ce que ce texte va produire le même effet que L'idiot du même auteur, soit une lente imprégnation qui va me faire l'apprécier après une période de repos? Espérons-le, mais j'ai des doutes. Après une relecture de tous les autres romans de Dostoïevsky, peut-être vais-je alors donner une deuxième chance à l'adolescent, puisque je n'ai vraiment apprécié Crime et châtiment qu'après un deuxième lecture, mais nous verrons à ce moment.

2/5

le réaliste-romantique


De : liza_lou55 Envoyé : 12/06/2006 12:32

Fédor DOSTOÏEVSKY: Les Nuits blanches
(édition Babel, 110 pages)


A première vue, Les Nuits blanches semblent être une de ces histoires d'amour romantiques et sentimentales. Le sous-titre du roman n'est-il pas "roman sentimental (extraits des souvenirs d'un rêveur)"? Le narrateur l'avoue lui même dès le départ: "C'était une nuit de conte, ami lecteur, une de ces nuits qui ne peuvent guère survenir que dans notre jeunesse". Et pourtant...

Le narrateur rencontre, une nuit dans Saint Pétersbourg, une jeune fille désespérée par un chagrin d'amour. Nastenka se laisse consoler par le jeune homme amoureux... jusqu'au retour de son fiancé.

C'est donc un roman d'amour, certes, mais ô combien cruel! Le personnage principal se promène au départ dans un Saint Pétersbourg désert, immensément seul, tout en rêvant de tout et de rien. "Dans mes rêves, je bâtis des romans", explique le narrateur à Nastenka. Cette dernière n'est pas en reste puisqu'elle avoue rêver d'épouser le prince de Chine...

Pendant quatre nuits blanches, le narrateur se berce d'illusions avec Nastenka. Grandes envolées lyriques, rêveries magnifiques, nobles sentiments exprimés, références aux grands auteurs romantiques - Walter Scott, Hoffmann, Pouchkine...- les nuits blanches paraissent être un hommage au courant romantique du début du XIXème siècle.

Je dis bien "paraissent" car, en réalité, Dostoïevski se moque et dénonce la littérature épique et sentimentale qui berce les hommes dans l'illusion de la bonté naturelle de l'être humain. Les quatre nuits blanches sont suivies d'un matin, où le héros prend brutalement conscience de la réalité et où le saint Pétersbourg au départ chanté et idéalisé se révèle soudain vieilli.

Dans sa préface, Michel del Castillo nous apprend que ces Nuits blanches ont été écrites en 1848, soit un an avant la déportation de Dostoïevski en Sibérie et constituent un "adieu aux illusions de la jeunesse". Ce livre est donc en réalité une parodie de roman d'amour où ressortent la noirceur et la tristesse.

Une fois le livre refermé, on se sent partagé. J'ai été prise d'un certain malaise au début, et puis, en y réfléchissant, on se dit que ce roman est magnifique, dérangeant certes, mais aussi terriblement marquant. Il aura constitué une belle approche de cet auteur russe.

Ma note: 4/5


De : van1709 Envoyé : 30/06/2006 17:25

Fédor DOSTOÏEVSKY: Le crocodile

Ivan Matveitch, sa femme et son ami, le narrateur, se rendent dans le Passage, afin de voir le crocodile qui y est montré. Mais un incident se produit : Ivan se fait avaler par le crocodile.

Dostoievski a écrit cette fois quelque chose de complètement différent de ses grands romans. Ce récit est très drôle, vraiment drôle, de par son absurdité. Un homme se fait avaler, pourtant le meilleur moyen de gagner de l'argent semble être la préoccupation première de la plupart des personnages. Car cette situation invraisemblable constitue une possibilité d'être plus riche, de devenir célèbre, en ne faisant absolument rien. Dostoievski réussit à captiver même avec un récit si différent et malheureusement si court.

Note: 4.5/5


De : 2550Chimère Envoyé : 02/07/2006 10:01

LES FRERES KARAMAZOV de Fédor DOSTOÏEVSKI
Ed Babel/tome 1 584 p tome 2 791p
Trad (russe) : André Markowick

Résumé : Fiodor Pavlovitch Karamazov a tout du père débauché, négligeant ses enfants et les spoliants financièrement et affectivement. Lorsqu'il meurt assassiné chez lui, le soupçon retombe sur l'un de ses fils mais lequel est véritablement coupable.

Mon avis : Le roman fleuve voire océan par excellence. C'est que l'histoire dévie parfois de son cours principal pour visiter des méandres secondaires. Qu'importe, parce que c'est toujours intéressant, passionnant et que cela sert la trame principale en fin de compte. La situation familiale des Karamazov est loin d'être simple. Les voici englués dans une affaire qui mêle amour passionnel, jalousie, et argent qui aura une conclusion funeste pour l'un d'entre eux et des séquelles irréversibles pour les autres. Ces singuliers individus se disputent la même femme ou le même héritage et ont un comportement qui trahit leur rancoeur vis à vis des autres. Manifestement, ces frères là n'ont pas digérés leur enfance sordide. Sauf en ce qui concerne, Aliocha, le troisième fils qui semble échapper à cette frénésie. Les sentiments sont exacerbés jusqu'à l'hystérie et l'auteur démonte les mécanismes de la jalousie, de l'envie et de la haine avec beaucoup de maîtrise. On y voit les causes et les conséquences et dans les événements et dans la psychologie des personnages L'une des grandes questions du roman est : existe t-il une morale si Dieu n'existe pas ? C'est une question qui revient sans cesse dans les discours de chaque personnage et chacun aura son avis sur le sujet. C'est du reste leur conviction sur la question qui pousseront les personnages dans leurs actes. Certains chapitres méritent à eux seuls la lecture de ce roman, Le grand inquisiteur par exemple qui m'avait impressionné lors d'une précédente lecture il y a quelques années et qui continue à être aussi fort et percutant à la relecture. Vous voulez un grand roman, aussi grand que la russie, Les frères Karamazov est fait pour ça;

Ma note : 5/5
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Re: Fédor DOSTOÏEVSKI (Russie)

Message  gallo le Jeu 18 Déc 2008 - 10:04

De : van1709 Envoyé : 07/07/2006 17:35
Fédor DOSTOÏEVSKY: Le joueur

Alexis Ivanovitch est employé chez le général. Celui-ci est plutôt bien entouré, entre autres par un français et par Mlle Blanche. Le français attend du général qu'il le rembourse toutes ses dettes et Mlle Blanche semble très intéressée par un mariage avec le général, surtout pour l'argent qu'il devrait récupérer en héritage de sa mère, "la Baboulinka", qui est sur son lit de mort. Mais les choses ne se passent pas comme prévues.

Dostoievski écrit ici sur le jeu. La roulette est une drogue. Au début, c'est pour essayer, mais dès qu'il y a perte d'argent, il faut rejouer, ne serait-ce que pour gagner ce qui a été perdu. Ca devient un cercle vivieux duquel il est très difficile de sortir. Alexis est conscient de tout cela. Les autres personnages ne semblent pas conscient de ça, et pourtant ils le sont et ça se remarque à l'arrivée de la baboulinka. Dostoievski écrit sur cette drogue, et il en sait beaucoup puisque lui aussi a été un joueur. Par delà le jeu, il y a l'amour d'Alexis pour Pauline (de Dostoievski pour Pauline), un amour qui se manifeste d'une drôle de façon, un amour destructeur et dont le jeu va anéantir tout espoir. Dostoievski connait la psychologie, la frénésie du joueur. Ce qui le rend d'autant plus spécial, c'est que non seulement il connait tout ça, mais en plus, il arrive à l'écrire et à le montrer dans toute sa splendeur.

Note : 4.8/5



De : odilette84 Envoyé : 31/07/2006 17:12
le livre faisait 900 pages...
à la 559ème, j'ai capitulé !!!
je vous parle de
L'IDIOT
trop de blabla m'a fatiguée,
c'est intéressant pour la description de la société russe de l'époque, mais ces discussions sans fin, disgressions inutiles pour le déroulement du récit n'ont fait que m'embrouiller !
Si on ajoute à cela les noms des personnages qui varient selon qu'on les appelle par leur diminutif...etc...

bref, j'ai eu trop de mal
je lui donne donc une note de 2.5/5


De : Le-réaliste-romantique Envoyé : 03/08/2006 02:52

Les Possédés - Fédor Dostoïevski

1872

558 pages Le livre de poche (mais c'est une édition extrêmement dense, le texte est de même taille que celui de L'idiot ou de L'adolescent), traduction de Élisabeth Guertik

Le XIXe siècle a été celui des révolutions en Europe. La Russie, à la fois européenne et asiatique, n'a pas eu de renversement "réussi", mais ce n'est pas faute de groupes révolutionnaires. La tentative la plus connue est celle des décembristes qui ont échoué en 1825. Le pouvoir des tsars s'est ensuite assuré une poigne solide sur la société par une police et une censure fortes, jusqu'aux révoltes de 1905 et finalement de 1917, le renversement de l'empire. Toutefois, la période intermédiaire n'en est pas une de calme. Le nihilisme étend son influence dans la Russie des années 1870, auprès de gens qui cherchent un renouveau à leur pays. Dans les Possédés, Dostoïevsky étudit un tel groupe d'idéalistes révolutionnaires. Toutefois, fidèle à son style, les membres du groupe ne sont pas les seuls sujets : toutes les personnes qui gravitent autour sont aussi étudiés à fond. De plus, Dostoïevsky scrute toujours son sujet à la loupe : ce long roman ne se déroule, comme les autres, que sur une période de quelques jours. Dostoïevsky ne se limite jamais simplement à l'intrigue principale, il suit à fond toutes autres intrigues secondaires qui touchent ses personnages. Certaines semblent hors sujet, même lorsque l'on termine le livre, mais elles contribuent à l'ambiance et à connaître les personnages. Une deuxième lecture pourrait peut-être réunir tous ces éléments d'apparence épars.

Le style, la densité et la complexité ont quelque fois mis quelques obstacles dans ma lecture, mais j'ai trouvé passionnant de suivre les membres de ce groupuscule sectaire et leurs proches. Il y a ceux qui désirent s'éloigner du groupe, ceux qui veulent le maintenir à tout prix et ceux qui s'en contrefoutent. On sent aussi la justesse du regard de l'auteur, qui entrevoyait les excès possibles d'une prise de pouvoir par ces éléments extrémistes de la société. Il dresse un parallèle entre le peuple russe la parabole où les démons quittent le corps d'un possédé pour se jeter dans ceux d'un troupeau paisible pas loin. Immédiatement, pris d'une folie implacable, le troupeau coure d'un seul élan se jeter de la falaise.

Je place ce livre, avec Les frères Karamazov, dans la pile des livres à relire pour mieux les apprécier.

3,5/5

le réaliste-romantique


De : Le-réaliste-romantique Envoyé : 08/08/2006 05:05
Les carnets du sous-sol, traduction d'André Markowicz, Babel

Dans mon souterrain, traduction de Marc Semenoff, Cercle du bibliophile

Fédor Dostoïevski

1864

Les carnets sont un cri du coeur d'un homme dérangé par son époque et sa société. Il ne s'y sent pas à sa place et voudrait choquer et provoquer, pour secouer ce monde sclérosé. Le texte est court, direct, telle une nouvelle. Je vous recommande de lire le commentaire de Sakthi (message #2) sur ce texte.

Je possédais deux versions de ce texte dans ma bibliothèque, une traduction récente et une plus ancienne (que je ne peux dater), alors, profitant du thème, j'ai lu les deux versions de ce texte assez court. Pourquoi se donner un tel mal? Je laisse le traducteur André Markowicz répondre :

Dostoïevski - tel qu'on le lisait jusqu'ici en traduction paraît avoir écrit comme un romancier français du XIXe siècle. "Les traducteurs, écrit André Markowicz, ont toujours amélioré son texte, ont toujours voulu le ramener vers une norme française. C'étais, je crois, un contresens, peut-être indispensable dans un premier temps pour faire accepter un auteur, mais inutile aujourd'hui, s'agissant d'un auteur qui fait de la haine de l'élégance une doctrine de renaissance du peuple russe". Le pari d'André Markowicz est donc de restituer au romancier russe, dans cette intégrale, sa véritable voix, celle d'un possédé dont la langue est à l'image de se démesure et de sa passion.

Bien que je n'ai pas fait une étude comparative exhaustive, la différence de style se fait clairement sentir. La langue de la nouvelle version est plus hachée, plus sèche. Le style est très "moderne", ce texte paraît beaucoup plus récent que les autres que j'ai lus de l'auteur (la différence est d'autant plus accentuée par le ton exaspéré du narrateur de ces carnets). Je vous laisse voir avec un extrait représentatif à la fois du contenu et des différences de versions :

"Vous croyez, messieurs, que je veux vous faire rire? en cela vous vous trompez aussi. Je ne suis pas du tout, ce qu'il vous semble, ou peut vous paraître, un homme gai. D'ailleurs, si, exaspérés par ce bavardage (et vous l'êtes, je le sens) vous vous avisez de me demander : qui êtes-vous donc vraiment? je vous répondrai : assesseur de collège. J'ai pris du service parce qu'il fallait manger (uniquement dans ce but) et lorsque, l'an dernier, l'un de mes parents éloignés me légua six mille roubles, je donnai aussitôt ma démission, et m'installais dans mon petit coin. Je l'habitais depuis longtemps, j'y suis maintenant pour toujours. Ma chambre est laide, sordide, à l'extrémité de la ville. Ma bonne est une femme de village, une vieille si bête qu'elle en est méchante et qui, de plus, sent toujours mauvais.

(...)

Au demeurant, de quoi un honnête homme peut-il parler avec le plus de plaisir?

Réponse : de lui-même.

Soit! je vais donc parler de moi"

L'autre version :

"Vous devez croire, messieurs, que j'ai l'intention de vous amuser? Là aussi, vous faites erreur. Je ne suis pas du tout le boute-en-train que vous croyez, ou que vous croyez peut-être; mais si ce bavardage vous énerve (je sens qu'il vous énerve), et s'il vous vient l'idée de me demander : qui suis-je au juste? - je vous réponds : je suis un assesseur de collège. J'ai été fonctionnaire, pour me payer mon pain (seulement pour cela), et puis, l'année dernière, quand un de mes lointains parents m'a laissé six mille roubles d'héritage, je me suis pressé de démissionner et je me suis installé chez moi, dans mon trou. J'y habitais avant, dans ce trou, mais maintenant je m'y suis installé. Ma chambre est moche, elle est sale, elle est au bout de la ville. Ma bonne est une paysanne, elle est bête et méchante - en plus elle pue que c'est insupportable.

(...)

Mais bon : de quoi un honnête homme peut-il parler avec le plus de plaisir?

Réponse : de lui-même.

Et donc, je parlerai de moi."

J'ai bien aimé ce texte, particulièrement pour le protagoniste. Ces longues nouvelles (ou courts romans) de cet auteur contrastent fortement avec ses fresques. Toutes les actions des carnets sont dirigées vers une fin, l'auteur crée un suspens et une fin surprenante.

3,5/5

le réaliste-romantique


De : 2550Chimère Envoyé : 28/08/2006 15:57

L'IDIOT de F.M DOSTOIEVSKI
Ed Club Géant Classique/505p
Trad : Nicolas Poltavtzev

Résumé : Revenu en Russie après un long séjour en suisse où il était soigné pour maladie nerveuse, le prince Lev Nikolaievitch Mychkine considéré comme idiot devient le centre de toute une séries d'évènements et d'intrigues.

Mon avis : L'auteur use du procédé classique de l'arrivée d'un élément étranger dans un milieu fermé qui sert de révélateur sur les moeurs de cette micro société où le moindre geste, mot ou silence est analysé et alimente les spéculations, calculs et intrigues de tout un chacun. Autour du naïf prince Mychkine se trament des complots dont il devient bénéficiaire ou non selon les humeurs de la bonne société qui fait et défait les réputations. Il y a quelque chose de fascinant dans l'art que possède l'auteur à engluer ses personnages dans des conflits familiaux et personnels sans qu'aucun d'entre eux ne puissent échapper à la spirale infernale d'une forme de névrose pathologique dont ils souffrent tous à des degrés divers. Même le prince Mychkine n'échappera pas à cet état de fait.

Pour avoir lu quelques ouvrages de René Girard, qui a un système de pensée auquel on adhère ou non mais qui est très intéressant dans l'analyse de l'oeuvre d'auteurs classiques et notamment Dostoïevski, j'ai constaté qu'effectivement en y appliquant ses théories (personnelles), certains aspects du roman sont réellement significatifs. Donc si vous avez l'occasion de jeter un coup d'oeil sur Mensonges romantiques et vérités romanesques, de René Girard, faites le vous découvrirez un aspect intéressant dans l'analyse dostoievskienne entre autres.

Ma note : 3,5/5
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Re: Fédor DOSTOÏEVSKI (Russie)

Message  gallo le Jeu 18 Déc 2008 - 10:04

De : lejeez Envoyé : 11/02/2007 16:14
Coucou,

je me faisais un plaisir d'écrire quelque chose dans cette section...Dostoievski est pour moi le plus grand.
Tout y est : de magnifiques personnages, un art de la narration, de l'humour, du tragique, de la spiritualité...enfin bref, il est trop cool.

J'ai lu 4 de ses grands romans, il me reste plus que l'Adolescent. Mais je crains un peu que ce soit le moins bon, j'essaierai quand même de le lire cet été.

Et c'est vrai que pour ceux qui veulent commencer, je leur conseillerai ces "petits" romans comme "l'Eternel mari" qui est génial, "une sale histoire" qui est particulièrement drôle, et éventuellement "Humiliés et offensés"...
Et je vous conseillerai par ailleurs les éditions Babel, car la traduction est d'André Markowicz qui a retraduit tout Dostoievski, avec pour objectif d'être le plus fidèle à la langue du romancier, c'est-à-dire, avec les imperfections, le language haché, les répétitions etc...ce qui selon moi, rend les bouquins très rythmés et plus originaux...

Enfin bref, je viens de finir "la logeuse" et pour être honnête, j'ai été un peu déçu.

C'est l'histoire d'Ordynov qui est obnubilé par un couple : un vieux et une jeune femme. Comme il devait déménager, il atterit chez eux. Et là c'est un peu l'embrouille, il tombe amoureux de Katérina, mais celle-ci est attaché à son "mari", et on apprend par quelles relations troubles ces derniers sont liés.

Ce court récit (140 p) est dans la tradition dostoievskienne : un jeune homme "normal" tombe dans une histoire où se mêle amour, perversité, ambiguité, mais se distingue des autres par son absence de résolution et de clarté...c'est au lecteur de combles les vides...Comme il n'y a que trois personnages pris dans la tourmente, il n'y a pas de second rôle, et donc peu d'humour.
Dostoievski utilise aussi une de ses caractéristiques : le récit dans le récit, ce qui donne un peu de rythme mais ne permet pas à l'histoire de décoller.

Donc un livre mineur de Dostoievski, ma note = 2,5/5
(bah oui je vais quand même pas lui mettre en dessous la moyenne)

"Finalement, c'est l'homme d'autre fois qui lui était plus sympathique, un homme simple, bonhomme, naïf - osons enfin le dire sincèrement - pas bien futé, mais sans la moindre prétention à se sentir déçu et devenir moins bête. Or, il est déplaisant qu'un homme bête que nous aimions, peut être, justement pour sa bêtise, devienne soudain moins bête, oui, très déplaisant."

"L'Allemand n'avait rien de particulier ; la jolie Tinschen - toute question de moralité mise à part- était tout ce qu'on voulait - mais c'était comme si la vie avait à jamais perdu ses couleurs aux yeux d'Ordynov ! "


De : s-lewerentz Envoyé : 13/02/2007 08:08
Salut,
moi aussi, j'avais essayé de lire "Le joueur" mais sans succès, je n'ai pas réussi à le finir (et pourtant le récit est court). :-(
Mais j'aimerais beaucoup lire du Dostoïevski, alors si tu peux me conseiller un autre de ses livres, ça m'intéresse !
Merci, Lewerentz


De : lejeez Envoyé : 17/02/2007 10:38

Et bien Lewerentz, tu peux lire l'Eternel Mari, c'est l'histoire d'un homme intégré dans la société, qui, va rencontrer le mari de son ancienne maîtresse, décédée...Cet homme, vit avec sa fille malade, et le héros va rechercher à se sauver lui même en aidant, la petite fille, Lisa, tourmenté par son père...

C'est un très beau roman, il mêle intrigue, sentiments et il est souvent drôle. (Généralement, dès qu'il y a un enfant dans un de ces romans, c'est très émouvant.)
Le point fort de cette histoire est la mise en scène de la relation entre le héros et son "opposant". Il y a beaucoup de (bons) romans qui reprennent le procédé de l'opposition entre deux personnes qui sont souvent identiques, comme les faces d'une même pièce et où généralement, le héros "crée" lui même son double...Je citerai, Frankenstein (bon, là il le crée au sens propre), L'inconnu du Nord Express de Patricia Highsmith, la machine de Belleto...etc ( le "etc" veut dire que j'en vois pas d'autres en fait). Et, dans ces romans, le talent de l'écrivain est de créer des oppositions/attractions toujours, non pas plus fortes, mais plus perverses, qui finalement scellent le destin inextricable des deux personnages.
(si vous voulez le lire, je vous encourage à ne pas lire le prochain paragraphe qui évoque explicitement les réponses aux questions qu'on se pose pendant toute la lecture)

Dans l'Eternel Mari, ce qui est magnifiquement fait, c'est que pendant, une bonne partie de l'histoire, toute la question du héros et du lecteur c'est : "est-ce que le mari sait ?" De ce fait, beaucoup de discussions sont ambigues, et cela devient un jeu de chat et de souris. Ensuite, l'intrigue va inclure, la fille Liza, qui va être l'objet du conflit, et le jeu devient pervers puisque le "père" de Liza va l'utiliser contre notre héros pour le tourmenter, tandis que ce dernier essaiera de la sauver. Et c'est là où la situation se retourne contre le héros : comment sauver sa fille sans avouer la relation adultérine au mari ?

C'est un de ses meilleurs romans, car l'intrigue est parfaitement maîtrisée. Tout est en sous entendu, le lecteur est en étroite complicité avec le héros. Et comme l'objet du conflit est le sort d'une enfant, le récit tire parfois vers le tragique.
Enfin, les personnages chez Dostoievski, étant toujours complexes et crédibles, ne manquent pas d'humour ni de ridicule, et il y a des passages vraiment très drôles.

Quand je lis du D. je note toujours pas mal de phrases qui ne sont pas des grandes citations, mais j'aime tellement son style que je trouve ces passages géniaux, enfin je comprendrai que vous vous interrogiez sur l'opportunité de citer ces passages...

"C'était une nature passionnée, cruelle, sensuelle. Elle haïssait la dépravation, la réprouvait avec acharnement, mais était dépravée. Et rien n'aurait pu lui faire admettre sa propre dépravation."

"A son avis, le caractère essentiel de ces hommes consistait à être, pour ainsi dire, d'éternels maris, ou, pour mieux s'exprimer, à n'être dans l'existence uniquement que des maris "

"C'était leur premier amour à tous deux, amour ardent, ridicule et beau."

"Il resta ainsi, riant, les cornes au front, une demi minute, regardant Veltchaninov droit dans les yeux avec une sorte d'impudance triomphante"

"- Assez, assez, interrompit Veltchaninov de plus en plus impatient, comme s'il laissait clairement entendre : " inutile de parler, je sais tout ce que tu vas dire et dans quel but tu le dis"
...il était dans une impatience extrême et ne le cachait même pas."

"- Mais je voua ai déjà dit que j'étais chez ces gens là comme dans ma propre famille ! s'écria Veltchaninov, preque furieux. Ce sera pour Claudia Pétrovna de la recevoir sur un mot de moi comme ma propre fille...Que le diable vous emporte ! Vous savez très bien que vous dites cela uniquement pour bavarder...c'est clair.

Il frappa même du pied."

"L'amour de Lisa, révait-il, aurait purifié et racheté ma vie passée inutile et vile, et moi, oisif, fatigué, j'aurai choyé, j'aurai élevé un être pur et beau, au nom duquel tout m'aurait été pardonné, au nom duquel, je me serai pardonné moi-même"

5/5


De : lejeez Envoyé : 18/02/2007 12:15
Peut être que, comme c'est un grand auteur, et qu'on en parle beaucoup, parfois de façon passionnée, tu as peur de ne pas aimer, d'être déçue...Mais le tout, c'est d'essayer, et puis bah, si t'aimes pas, t'aimes pas, ce n'est pas grave...J'ignore s'il existe une sorte de critère général dans l'appréciation d'un livre, mais il y a peut être ce qu'on pourrait appeler, le fait " d'être en phase avec l'auteur", c'est-à-dire un degrés au delà duquel la façon d'écrire de l'auteur, ou plus exactement, la manière dont on lit le livre nous est très naturelle...Et je pense que ce caractère (d'être en phase avec l'auteur) n'a rien avoir avec l'intelligence ou la culture que l'on a, mais ce serait plutôt une histoire de sensibilité...est ce que finalement on est sensible à ce qui nous est raconté ? Et c'est normal, et heuresement même que tout le monde n'aime pas la même chose...
Personnellement, quand je lis D. je ressens les choses avec plus d'intensité que dans aucun autre roman...J'ai en fait pas l'impression de lire, mais plutôt de regarder un film, et quand je repense à certains passages, je revois les scènes et je rigole tout seul, ou j'en ai des frissons, peut être que c'est le cas de ceux qui ont lu les Karamazov si je leur dit : "mon petit papa, mon petit papa, promets moi de mettre du pain sur ma tombe, pour que lorsque je ne serai plus là, je puisse entendre les petits oiseaux"
Et je suis sur que ça doit te faire la même chose pour un ou d'autres auteurs, donc en conclusion, si tu aimes, tant mieux, et si t'aimes pas, tant pis...
Il n'y a pas à avoir peur (en plus ça mène au côté obscur de la Force...)

J'en profite pour caser une petite critique d'une nouvelle titrée : Une sale histoire

C'est l'histoire d'un haut fonctionnaire,Ivan Ilytch, "le général" qui lors d'une soirée, chez ses pairs, est l'objet de moqueries car il tient un discours "humanitariste"...Assez vexé, il décide de se prouver à lui même qu'il est sincère et s'incruste (il n'y a pas d'autre mot) aux noces d'un de ses subalternes dans le but de montrer son "humanitarisme", il va semer le trouble, et gâcher la fête, le tout sur fond de bonne cuite.

Autrement dit, c'est l'histoire d'un homme qui n'est pas à sa place. C'est probablement, la nouvelle la plus drôle que j'ai lue, c'est écrit comme une farce, c'est très rythmée car l'histoire est "en temps réel" et le talent de D. pour narrer les scènes est grandiose : il a le sens du détail, c'est tellement "vrai" qu'on ne peut s'empêcher de penser à ce genre de moment où l'on sait que l'on est pas à sa place et que les autres le savent aussi, et où finalement on se dit "bah, maintenant que je suis là, autant jouer le rôle à fond"...
Donc, les scénettes se succèdent dans une dynamique "du pire en pire" mais l'auteur, ne tombe pas dans la facilité du : "personnage principal contre les autres", il caractérise quelques personnages afin de donner de la consistence au récit et afin de montrer que le comportement d'Ivan Ilitch, quoique grotesque à première vue, aura des répercussions sur les petites gens chez qui il sème le brin. Ainsi, au milieu du récit, on nous présente la situation des futurs mariés, et on ressent une impression étrange, comme lorsque l'on rit de quelque chose de grave...
Cette histoire montre ce qu'il en ait de l'amour pour autrui, lorsqu'il est feint, de l'humanitarisme orgeuilleux, des bonnes intentions, de l'égoïsme poussé à son paroxysme...Et la fin est particulièrement réussie, car l'histoire se conclut par une petite scène tout à fait anodine : au bureau Ivan Ilytch pousse l'outrecuidance de dire à un de ses subalternes présent à la fête : "dites lui que je ne lui en veut pas", le subalterne le regarde montrant qu'il n'est pas dupe, et Ilitch sombre dans la honte.

Une nouvelle drôle et touchante, un condensé du talent de Dostoievski, en une centaine de pages.
5/5

"Ivan Ilytch fut de tout coeur soulagé et s'affala sur le canapé. Aussitôt quelqu'un se précipita pour rapprocher la table. Le général jeta un rapide coup d'oeil autour de lui et remarqua qu'il était le seul à être assis, alors que tous les autres restaient debouts, même les dames. Mauvais signe. Mais il n'était pas encore temps pour lui d'exprimer un avis et de les mettre à l'aise."


" -"Je vous en prie" dit Ivan Ilytch qui prit avec une certaine satisfaction une noix qu'il écrasa entre ses doigts. Il avait donc décidé d'être populaire jusqu'au bout."


"Bon je resterai une demi heure...Une heure même. Je m'en irai juste avant le dîner, bien entendu, ils vont se démener, ils vont cuire, rôtir, ils vont me saluer bien bas, mais je me contenterai de boire un verre ; je les féliciterai, mais je refuserai de rester pour le dîner. Je dirai : j'ai du travail. Et alors, dès que j'aurai prononcé le mot "travail", ils prendront tous des mines respectueusement sévères. De la sorte je leur rappellerai délicatement qu'entre eux et moi il y a une différence. La terre et le ciel n'est-ce-pas. Ce n'est pas ce que je voulais insinuer, mais il le faut tout de même...sur le plan moral c'est même nécessaire quoiqu'on en dise."


"Ces élucubrations étaient très agréables, évidemment mais ce qui était désagréable, c'est qu'au milieu de ces roses espérances Ivan Ilytch se découvrit une nouvelle aptitude : celle de cracher. Du moins la salive s'était-elle soudain mise à surgir de sa bouche, tout à fait en dehors de sa volonté. Il le remarqua à propos d'Akime Pétrovitch qui avait reçu des postillons sur la joue et ne bougeait pas, n'osant pas essuyer immédiatement par politesse. Ivan Ilytch prit une serviette et se mit soudain à l'essuyer lui même. Mais cela lui sembla aussitôt si absurde, si dénué de tout bon sens, qu'il se tut et parut déconcerté."
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Re: Fédor DOSTOÏEVSKI (Russie)

Message  Cyrielle le Lun 16 Fév 2009 - 18:45

Monsieur Prokhartchine

Editions Babel 60pages

Résumé Fnac:
Pressé par ses amis de décrire ses impressions de voyage lors de sa
première visite à l'étranger, en 1862, Dostoïevski répond par une
fiction : entre observations, invocations, jugements, invectives,
esquisses, croquis ou commentaires, l'écrivain élabore une typologie
plus mentale que réelle de l'Occident, dont il ressort essentiellement
que sa beauté et son élégance sont les cache-misère de la prostitution
enfantine et d'une pauvreté endémique.


Mon avis:
3/5
J'ai retrouvé le style caractéristique de Dostoïevski mais les dialogues sont trop décousus, on ne comprend pas trop qui parle avec qui et où ils veulent en venir. Mais l'histoire est bien.
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Re: Fédor DOSTOÏEVSKI (Russie)

Message  Cyrielle le Mar 14 Avr 2009 - 6:51

LA LOGEUSE

Edition Babel
141 pages

Quatrième de couverture:
Le héros de ce récit de jeunesse (1847) tombe amoureux d'une jeune femme mariée à un vieillard - la logeuse de l'appartement dans lequel il vient de trouver une chambre.
Si son intrusion constitue une crise dans la vie du couple étrange, nul ne saura jamais pourtant quel lien les unit, quelle folie ou quelle affection mortifère.
Car telles sont la force et la modernité de ce récit que de rester ouvert, de ne donner aucune clé à l'inévitable éviction du protagoniste.

Mon avis: 4/5
Je suis entrer dans l'histoire tout de suite, très intriguée comme le héros par la relation qui liait ce couple atypique, cette manipulation qui est faite du protagoniste, on se pose pas mal de question tout au long du récit, est ce que la logeuse est vraiment attirée par lui? Est ce qu'elle le manipule autant qu'elle est manipulée par le vieux? Plein de questions que chacun peut y répondre comme il l'entend.
On retrouve bien le style de Dostoïevski avec ses dialogues décousus à certains moments du livre. Et justement à la fin je n'y comprenais plus rien alors j'ai sauté quelques pages pour lire les deux dernières pages.
C'est un bon Dostoïevski à son sens, c'est aussi un de ses premiers récits.
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Re: Fédor DOSTOÏEVSKI (Russie)

Message  Van le Mar 14 Avr 2009 - 20:37

Ce livre semble être parfait pour moi!! J'adore Dostoievsky Razz
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Dostoïevsky

Message  Garanemsa le Lun 8 Juin 2009 - 18:16

CRIME ET CHATIMENT



DOSTOÏEVSKY



Crime et châtiment est un livre terrible et classique à la fois, qui me plaît par son côté psychologique, c’est-à-dire que l’auteur, tout au long des pages analyse avec précision et un sens aigu de l’observation humaine, toutes les réactions tant négatives que positives d’un jeune étudiant oppressé par l pauvreté, devenu, à cause d’elle, irritable, tendu, frisant l’hypocondrie et devenant ainsi un misanthrope.

Cet être renfermé sur lui-même parvient, par un dédale de pensées incongrues et absurdes à prouver que son crime, celui de la vieille usurière qu’il assassine avec un cynique sang-froid, n’en est pas un. Il trouve que la cause principale du crime ne réside pas dans l’impossibilité matérielle de dissimuler le crime mais dans la personnalité du criminel qui subit généralement un amoindrissement de la volonté et de la raison lors de son acte



D’après ses conclusions, il ne se trouve donc pas coupable et ne s’accuse par lorsqu’on inculpe des innocents en lieu et place de lui-même.

Ce livre est très attentif aux dessous de l’humanité car ce n’est pas un milieu bourgeois qu’il dépeint. Il nous fait vivre, au contraire dans une atmosphère nauséabonde, de misère et de douleur humaine. Pour les personnages qui se déplace à nos yeux, ils nous apparaissent comme marqués par le malheur et la souffrance.

Ce qui fait que malgré son âge, ce livre est toujours valable et le sera toujours car depuis que le monde est monde, il existe des riches et des pauvres qui se heurtent sans cesse.



C’est également la révélation haletante d’une âme criminelle dans son intimité. Une grande partie de l’ouvre est consacrée à l’analyse de l’étudiant tant au point de vue moral que physique. Grâce à à ses actions, ses réactions, ses pensées, nous pénétrons vraiment à l’intérieur de cette âme criminelle.



En parlant ainsi, on pourrait croire qu’il n’y a rien de bon en cet être, pourtant ce livre est une âpre et brûlante histoire d’amour.

Ce qui prouve que toute son être n’est pas pourri, qu’il sait encore, ce qu’est l’amour.

Dalleurs, celui-ci triomphera.

C’est aussi un grand roman policier, car les amateurs de ce genre de lecture pourront l’admirer et l’apprécier.

Je crois que ces quelques points résument l’intérêt que je porte à ce livre.



Dostoïevsky étant un de mes auteurs préférés je ne peux lui mettre

Que 5/5
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Re: Fédor DOSTOÏEVSKI (Russie)

Message  DM29 le Lun 23 Nov 2009 - 14:54

Crime et Chatiment

résumé (de la couverture) : A Saint-Pétersbourg, en 1865, Raskolnikov, un jeune noble sombre et altier, renfermé mais aussi généreux, a interrompu ses études faute d’argent. Endetté auprès de sa logeuse qui lui loue une étroite mansarde, il se sent écrasé par sa pauvreté. Mais il se croit aussi appelé à un grand avenir et, dédaigneux de la loi morale, se pense fondé à commettre un crime : ce qu’il va faire bientôt – de manière crapuleuse

critique : Une lecture qui m'attirait depuis longtemps. Je me suis jetée à l'eau et je n'ai pas été déçue. Le livre se divise en six parties, suivies de l'épilogue.
Beaucoup de personnages, mais pas autant que dans ses autres romans, donc on s'y retrouve facilement. Les personnages sont creusés, on plonge avec chacun d'entre eux et c'est passionnant. On se croit à St Pétersbourg, on vit avec eux dans cette misère. J'ai été assez surprise que le livre soit drôle par moment, je ne m'y attendais pas.

Toutefois, il faut se concentrer tout au long du livre, chaque phrase a son importance, c'est donc assez lourd. J'avoue avoir été perdue plus d'une fois en me demandant qui parlait et à qui , donc j'ai souvent du revenir en haut de la page pour suivre.

Tout au long de ma lecture, j'ai comparé ce livre aux Misérables , sachant que c'est le même processus (inversé, parce que Jean Valjean est un saint), mais on suit un personnage, toute l'époque est décrite au travers des personnages en lien avec le héros, des digressions philosophiques, de l'humour, pas mal de suspens, chaque personnage est creusé.
La grosse différence , en revanche, c'est que dans Les Misérables, tout le livre m'a touché, les personnages sont attachants et j'ai regretté que le livre s'achève.
Alors que pour Crime et Chatiment, je n'ai pas ressenti grand chose, l'écriture est passionnante certes, mais les personnages m'ont laissé de marbre, plusieurs d'entre eux meurent et ça ne m'a dérangé plus que ça. Et la fin ne m'a pas forcément plu. Raskolnikov retrouve la paix et l'amour tant mieux pour lui, mais bon il a quand même assassinée une vieille femme et Elizabeth a coups de hache.
Donc je suis perplexe en fin de compte. Je suis peut être passée à coté.

note 3/5

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Re: Fédor DOSTOÏEVSKI (Russie)

Message  Houppelande le Mar 24 Nov 2009 - 0:07

Je suis contente de lire ta critique DM29, contente de voir que tu as su passer au travers de cette brique qui te donnait tant de fil à retordre au début!
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Re: Fédor DOSTOÏEVSKI (Russie)

Message  Cyrielle le Jeu 4 Fév 2010 - 12:51

La femme d'un autre et le mari sous le lit



Présentation de l'éditeur
Persuadé que sa femme le trompe, Ivan Andréiévitch est prêt à tout pour confondre l'infidèle. Il la suit et la guette pendant des heures, il l'espionne et ouvre son courrier à la recherche d'une preuve, il se cache et se ridiculise... Une nouvelle légère et burlesque qui révèle l'humour grinçant de Dostoïevski.

Mon avis: 4.5/5
Une super nouvelle, j'aurai pu mettre 5/5 mais difficile de mettre une telle note sur un court récit.
J'ai découvert une nouvelle facette de Dostoievski, le comique. J'ai beaucoup rit de ce pauvre Andréiévitch tellement rongé par la jalousie qu'il lui arrive une aventure des plus humiliantes mais des plus drôles.
Ca confirme que Dostoievsi est un génie littéraire et que c'est un de mes favoris!
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Re: Fédor DOSTOÏEVSKI (Russie)

Message  Mandarine le Dim 11 Juil 2010 - 1:46

LES FRERES KARAMAZOV

Je pense qu’il n’est pas nécessaire de résumer l’histoire.
De plus, il m’est très difficile de critiquer ce chef-d’œuvre. Je vais donc me limiter à donner mon avis, mes impressions de lecture.

J’ai trouvé ce roman tout simplement génial, et, malgré ses 960 pages, je ne l’ai pas trouvé long. Ce livre, et particulièrement certains passages cultes (comme "le grand inquisiteur", ou "le diable"), nous pousse à nous interroger sur certains thèmes importants dans notre société: l’action morale, la religion et Dieu, les relations entre les hommes, la justice,… Et j’aime quand la littérature me fait cet effet!!
Encore une fois, les personnages créés par Dostoïevski ont une réelle épaisseur, et ne nous quittent pas facilement une fois le livre terminé…
Ce livre mérite une étude approfondie, et c’est pourquoi je le relirai.

5/5, bien sûr!
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Re: Fédor DOSTOÏEVSKI (Russie)

Message  dodie le Lun 13 Sep 2010 - 13:06

CRIME ET CHATIMENT

Résumé
: Raskolnikov est un jeune étudiant désargenté de Saint-Petersbourg. Ayant abandonné ses études il décide de tuer pour la voler une vieille usurière à qui il avait confié quelques objets. Soupçonné rapidement par un juge perspicace va-t-il se laisser convaincre d'avouer son meurtre?

Mon avis: Il s'agit du premier livre de Dostoïevski que je lis. L'auteur nous décrit avec minutie la psychologie du personnage principal. Cet étudiant pauvre( ceci dit il ne fait rien pour sortir de sa pauvreté...) est persuadé que les lois ne sont pas les mêmes pour tout le monde: Napoléon n'a-t-il pas causé la mort de milliers de personnes? Pour lui il est indispensable de commettre ce crime pour devenir "important". Même si la raison première de son acte est la pauvreté cela ne lui servira à rien puisqu'il cache son butin et ne s'en servira pas.
Cet idéaliste ne ressent à aucun moment de regrets : c'est une bonne action que d'avoir éliminer ce "pou" de la société.
Malgré tout je me suis surprise à m'attacher à ce personnage par ailleurs tout à fait odieux avec son entourage.
Un autre aspect intéressant de ce roman est la description du peuple de Saint-Petersbourg avec son lot de misère, d'actes crapuleux, de jalousie, de méchanceté, d'alcoolisme.....
L'auteur nous décrit également toute une galerie de personnages, bons ou méchants, dont la vie croisera celle du héros.
Très belle découverte. 4/5

Adaptations cinématographiques: J'ai trouvé l'existence de trois films tirés de cette oeuvre
-Crime et châtiment de Josef Von Sterberg 1935
-Crime et châtiment de Pierre Chenal 1935
-Crime et châtiment de Goerges Lampin 1956: film librement inspiré du roman
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Re: Fédor DOSTOÏEVSKI (Russie)

Message  cookie610 le Mer 15 Juin 2011 - 8:34

Crime et châtiment

Note : 4.5/5

Résumé : Raskolnikov, passe ses journées dans la misère, à errer d dans les rues de St Petersburg faute d’argent. Un jour, il décide d'assassiner une vieille usurière à laquelle il a eu recours pour la voler. Mais rien ne se passe comme prévu : la sœur de celle-ci débarque en plein milieu et il est obligé de prendre rapidement une décision...

Critique :un classique de la littérature russe. J’ai eu du mal à rentrer à proprement parlé dans le livre pendant les cents premières pages avec tous ces personnages au nom bizarres mais une fois lancée, j’ai adoré ce livre. On vit avec Raskolnikov, on suit ses raisonnements, ses impressions et ses sentiments. Dostoïevski réalise ici en fait une étude très détaillée et pleine de ré alisme de la psychologie d’un homme. Les personnages secondaires sont aussi très développés. Il fait aussi un tableau saisissant du monde et de la société pétersbourgeoise à cette époque. L’histoire et le roman sont denses, un peu lourd parfois mais remarquable. Mais ironiquement, j’ai trouvé que l’épilogue aurait pu être un peu plus long.

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Re: Fédor DOSTOÏEVSKI (Russie)

Message  lalyre le Dim 17 Juil 2011 - 12:07

Les nuits blanches
Fédor Dostoïevski
Babel 1992
102 pages

4ème de couverture
Les Nuits blanches, c'est d'abord un vrai roman d'amour.
Un jeune homme solitaire et romanesque rencontre, une nuit, dans Pétersbourg désert, une jeune fille éplorée. Désespérée par un chagrin d'amour, Nastenka se laisse aller au fantasme du jeune homme, amoureux depuis le premier instant, le berce - et se berce - dans l'illusion, jusqu'à ce que... le fiancé revienne et qu'elle se jette dans ses bras. Dès lors, comme le note Michel del Castillo dans sa lecture, tout est soudain " marqué au sceau de l'inauthenticité.
" La nouvelle traduction d'André Markowicz, qui dans Babel retraduit l'intégrale de Dostoïevski, tire de ce roman un parti stylistique étonnant. Discordante, ironique, la voix que l'on entend ici est bien celle du grand écrivain russe, qui n'a cessé sa vie durant de se battre, au nom de la vérité, contre l'élégance trompeuse, celle des mots et celle des sentiments.


Résumé et avis

Un petit livre ou le narrateur nous raconte quatre nuits vécues à Saint-Petersbourg, quatre de ces “ Nuits Blanches “ ou le soleil disparaît au milieu de la nuit, pour réapparaître très vite.....La première nuit, le narrateur erre solitaire, perdu dans ses pensées, il rencontre une jeune fille triste, trop timide pour lui parler, il n’ose l’aborder....Deuxième nuit, il la revoit et finit par lui adresser la parole et de nuit en nuit ils finiront par se confier l’un à l’autre. Voici que le narrateur tombe follement amoureux d’elle, mais elle attend son fiancé absent depuis un an, mais la dernière nuit, le fiancé n’est pas au rendez-vous au grand désespoir de la demoiselle, le narrateur va t-il voir son espoir se réaliser ? Une histoire d’amour, des thèmes tels que la solitude, l’espoir, la mélancolie, j’ai trouvé ce petit roman très sombre et triste, des dialogues assez lents....Par contre j’ai aimé le texte de Michel del Castillo qui m’a fait mieux connaître l’homme qu’était Dostoïevski et me donne envie de lire la biographie de cet écrivain.....4/5
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Re: Fédor DOSTOÏEVSKI (Russie)

Message  dodie le Sam 20 Aoû 2011 - 15:17

Le double

Il s'agit là du deuxième roman de Dostoïevski. Ecrit en 1846, il ne fut pas bien accueilli par les critiques aussi le remania-t-il et il fut publié finalement en 1866.
Résumé: Ce court roman (275 pages) nous raconte les aventures de Goliadkine, un "petit" fonctionnaire de Saint-Pétersbourg. Un personnage tout à fait commun hormis le fait qu'il se sent persécuté en permanence par son "double".

Mon avis: Ce roman est d'une écriture un peu particulière: le héros s'exprime de façon hachée, saccadée, s'emballe et le rythme du livre est calqué sur lui. J'ai été emportée par cette écriture qui fait que je l'ai lu en une journée et l'ai fini aussi essoufflée que pouvait l'être Goliadkine....
Pour ceux qui ont déjà lu cet auteur, pas de surprise:on retrouve dans ce livre tout son style futur.

En ce qui concerne l'histoire, Dostoïevski promène le lecteur entre la folie de son personnage et un récit fantastique. Finalement il revient à chacun de se faire sa propre opinion......
Ma note 4/5
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Re: Fédor DOSTOÏEVSKI (Russie)

Message  Cyrielle le Sam 20 Aoû 2011 - 17:39

Je l'ai lu avant d'être sur le forum, j'avais bien aimé ce côté fantastique et que finalement c'est au lecteur de se faire une idée. Ca me donne envie de relire un bon Fédor, j'ai le joueur dans ma PAL.
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Re: Fédor DOSTOÏEVSKI (Russie)

Message  Louvaluna le Sam 20 Aoû 2011 - 22:24

dodie a écrit: J'ai été emportée par cette écriture qui fait que je l'ai lu en une journée et l'ai fini aussi essoufflée que pouvait l'être Goliadkine...
Je l'ai noté bien sûr !

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Re: Fédor DOSTOÏEVSKI (Russie)

Message  lalyre le Mar 25 Sep 2012 - 16:45

Humiliés et offensés
Fédor Dostoïevski
615 pages

Présentation de l'éditeur
Le premier grand roman (1861) de Dostoïevski, alors âgé de quarante ans, écrit à son retour de Sibérie. Il a eu, depuis sa parution, plus de lecteurs que L'Idiot. Publié en feuilleton, c'est un roman d'aventures sentimental et social à la manière d'Eugène Sue et de Dickens. La société de Saint-Pétersbourg est vue comme par Balzac, les femmes ressemblent à des héroïnes de George Sand. Le romanesque est fortement ancré dans la vie de l'écrivain, qui se fond dans la vie de Saint-Pétersbourg telle qu'il la connaît. Il y explore la misère humaine avec une curiosité passionnée doublée de révolte. Cette ville flottante, brumeuse, est vue par un personnage de rêveur, image de l'auteur. Par-delà, la vision du monde de Dostoïevski est déjà présente : l'humanité est en train de courir à sa perte. C'est cette évolution que le génial romancier montre ici pour la première fois

Mon avis
Yvan Pétrovitch, le narrateur est l’un des personnages principaux, il est accompagné dans ce roman par Aliocha, jeune homme distrait et égoïste, le père de celui-ci, l’inquiétant Valkovski, Masloboïev enquêteur occasionnel, Natacha amoureuse d’Aliocha, la petite Nelly arrachée à une maquerelle, Katia la rivale de Natacha et bien d’autres….Il est aussi des faits comme les crises d’épilepsie de la petite fille, d’instants dramatique lorsque Natacha quitte la maison de ses parents pour rejoindre Aliocha, (un personnage que j’ai détesté ), les crises et les fièvres de la petite Nelly, enfant singulière qui a beaucoup souffert, Yvan ou ( Vania) quand à lui est répudié par Natacha. On peut résumer ce roman en présentant les singularités des personnages, en effet dès le début on repère la jeune fille vertueuse et séduite, le séducteur étourdi et négligent, l’amoureux transi devenu confident, les parents désespérés, le riche parti, l’orpheline abandonnée, le manitou malfaisant, responsable de tous les malheurs. Certains des personnages sont ballottés et écartelés en permanence entre des élans ou des pulsions, impuissants à choisir ou souffrant des choix qu’ils font, ils sont obsédés par le besoin de préserver leur dignité. Nelly ressent comme une brûlure le fait d’être “vue“ comme une enfant assistée par Vania, alors qu’elle est amoureuse de lui ; Natacha se voit avec horreur réduite à l’état de marchandise par le geste de Valkovski tirant de sa poche une liasse de dix milles roubles et c’est ainsi que l’on se découvre “ humilié et offensé “ Beaucoup de thèmes dans cette histoire mais aussi de longueurs comme dans la plupart des romans de cette époque que j’ai cependant apprécié. 4/5
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Re: Fédor DOSTOÏEVSKI (Russie)

Message  Cyrielle le Lun 8 Oct 2012 - 15:29

LE JOUEUR


Résumé FNAC
Alexis Ivanovitch joue d’abord pour gagner, puis pour étonner, enfin pour espérer. Il n’a pas misé seulement de l’argent mais sa vie elle-même. Ce récit suit comme une ombre la vie de Dostoïevski, durant quinze ans, à Moscou et à Baden-Baden où il se ruina au jeu. Jouer, c’est tenter le diable, c’est aussi tenter Dieu. Alexis a voulu tout risquer, toucher le fond pour connaître la compassion et la grâce divine. Il y a une autre malédiction dans la vie du joueur, une femme-bourreau, Pauline, la belle-sœur du général qu’il sert comme précepteur. C’est, dans la vie de l’auteur, Apollinaria, que Dostoïevski aima d’un amour douloureux. Autour d’eux, des êtres malfaisants ou étonnants, dévorés par la passion du gain. Ce court roman, plein de brio, annonce toute l’œuvre de Dostoïevski. « Demain, demain tout cela finira », dit le joueur qui recommence à jouer éternellement

Mon avis: 4/5
C'est, je trouve, le roman de Dostoïevski le plus accessible que j'ai lu jusquà maintenant. Il y de l'humour et pas trop de passage psychologique ou existentialiste comme dans beaucoup de ses romans.
On se retrouve dans des histoires d'héritages, de mariages arrangés et de conspirations en tout genre, sous fond de jeu de roulette. J'ai d'ailleurs appris le principe de ce jeu.
Dostoïevski, nous fait bien ressentir la passion qui vire à la folie du joueur devant ses gains, prêt à tout tenter pour gagner encore et encore. Quitte à tout perdre et pas seulement de l'argent...
Je trouve que c'est une bonne approche pour ceux qui ont peur de lire ce grand monsieur de la littérature russe.
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L'IDIOT de Dostoïevski

Message  majeanne le Sam 26 Jan 2013 - 17:50

Je termine « L’Idiot » et je me demande par quel bout je vais prendre mon commentaire.

L’histoire ? Elle n’est pas d’une grande importance : le prince Mychkine, soigné en Suisse pour « idiotie » (crises d’épilepsie qui le
laissent hébété, « idiot » ; crises dont souffrait aussi l’auteur) revient en Russie. Durant son voyage de retour il fait la connaissance dans le train de Rogogine, qui sera le double noir du Prince et son rival auprès de Nastassia, une femme bafouée à qui son déshonneur donnera un orgueil qui frise la folie. A son arrivée le Prince prend contact avec une vague cousine, Elizabeth Prokofievna, mère de trois jeunes filles,
dont la plus jeune, Aglaé, sera l’autre amour du Prince. Aglaé, une jeune fille gâtée, farouche, intransigeante, fière de sa pureté qui la rendra cruelle.

A travers cette famille, qui l’accueille d’emblée, le Prince va entrer en contact avec tout un tas de personnages plus haut en couleurs les
uns que les autres. Et c’est sciemment que j’emploie le terme de « personnage » et non de « personne » car les personnages de Dostoïevski ont valeur symbolique et les conflits qui les jettent les uns contre les autres sont l’occasion pour l’auteur de nous donner sa sombre vision
de la Russie : christianisme déliquescent, utopies athées, éveil du terrorisme révolutionnaire, primauté de l’argent.

Dostoïevsky nous entraîne à un rythme endiablé et sa narration rebondit de péripétie en péripétie jusqu’au tout dernier moment. J’ai même poussé un cri d’incrédulité vers la fin, stupéfaite devant un ultime rebondissement. Ses personnages ont beau être aussi des symboles, ils n’en
possèdent pas moins une énergie et une rage de faire valoir leur point de vue qui m’a parfois presque épuisée.

L’Idiot, dont on a dit qu’il est une figure christique, pousse la compassion jusqu’à des limites inacceptables pour le monde dans lequel il vit, incapable de le comprendre et qui le traite pour cela d’idiot. Les gens qui l’entourent perçoivent quelque chose de la lumière qui l’habite mais pas jusqu’à se laisser traverser par elle. Ils demeurent dans leurs ténèbres.

Mais l’Idiot reste un homme fragile et il ne pourra pas sauver Nastassia. Comme son pays, la Russie, elle est livrée au plus offrant et elle se débat entre un idéal de pureté stérile et une attirance pour le chaos.

L’argent mène le monde parce qu’il masque le vide et la
mort. Et l’idéal révolutionnaire ne fait pas mieux que la réalité qu’il combat.

J’ai pris beaucoup d’intérêt et de plaisir à ce livre qui se lit sans temps mort malgré sa longueur.

Ce qui m’a le plus séduite, c’est son intemporalité. Maintes fois, surtout dans le premier tome, j’ai retrouvé en le lisant nos préoccupations essentielles, nos questions existentielles, qui n’appartiennent à aucune époque ni à aucun lieu en particulier.

« L’Idiot » est un grand livre parce que nous
pouvons nous lire en le lisant.

4.50/5 sunny
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Re: Fédor DOSTOÏEVSKI (Russie)

Message  géromino le Dim 10 Fév 2013 - 10:00

"Souvenirs de la maison des morts" éd Gallimard 1944 292 pages (abandonné)

Dans l'avant-propos, Dostoïevski parle de sa rencontre avec Alexandre Pétrovitch qui, après avoir été condamné à dix ans de bagne serait resté en Sibérie ayant trouvé un emploi de professeur de français. A sa mort Dostoïevski récupère chez sa logeuse "un cahier volumineux couvert d'une écriture fine mais inachevé". Y sont jetés pêle-mêle les souvenirs et les pensées des dix ans de forteresse de Pétrovitch.

On s'aperçoit assez vite, grâce aux anotations du traducteur (Henri Mongault) que c'est bien Dostoïevski en personne qui relate sa propre captivité.

Pendant une bonne moitié du livre j'ai suivi le quotidien de ces détenus condamnés aux travaux forcés. Une condition de vie austère, discipline stricte et cruelles corrections infligées aux récalcitrants, les rencontres avec les autres détenus, les portraits qu'il en fait, les anecdotes de chacun, etc... Puis je me suis lassé. J'ai feuilleté négligemment et sans enthousiasme les pages suivantes qui ne m'accrochaient pas. Seul le dernier chapitre (sa sortie de bagne) a retenu mon attention.

Est-ce l'écriture (monotone), la traduction ou je ne sais quoi, toujours est-il que je n'ai jamais réussi à "rentrer dedans". Des pages sans saveur malgré l'intérêt du sujet.

_________________
                                                                                                                                                                              

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Re: Fédor DOSTOÏEVSKI (Russie)

Message  mieldorado le Jeu 14 Fév 2013 - 17:28

CRIME ET CHATIMENT
Résumé : Raskolnikov a arrêté ses études à l'université ainsi que ses publications. Il vit dans une grande misère à Saint-Pétersbourg et compte sur l'aide financière de sa mère et sur des objets mis en gage chez une petite vieille pour survivre. Néanmoins, son esprit ne cesse de réfléchir et fonde un projet terrible, appelé "la chose". Cette chose pourrait-elle le sortir de sa misère ? Au contraire, Raskolnikov est plongé dans un délire permanent. Ni le dévouement de son ami Razoumikhine, ni l'arrivée de sa mère et de sa chère soeur Dounia ne parviennent à empêcher la descente aux enfers. Dès lors, nul être ne semble pouvoir le sortir des ténèbres où il se trouve.
Avis : Première plongée réussie dans l'univers de Dostoievski. D'emblée, on perçoit le héros maudit sous les traits de Raskolnikov. Son côté obsessionnel nous oppresse presque. "La chose" est très vite devinée et l'on ne s'attend à aucun salut pour le héros. Malgré la souffrance ressentie du début à la fin par le personnage, le récit n'est pas trop plombant. De multiples histoires et des personnages secondaires hauts en couleurs révèlent encore plus la personnalité de Raskolnikov. On croit que c'est la misère qui le pousse à un acte criminel. Mais pas du tout, c'est un acte mûrement réfléchi qui défend une certaine idée de la nature humaine. C'est intéressant de voir le dilemme produit sur le héros, entre fierté et désolation. La fin m'a bien surprise, après un tel chemin de croix. Je comprends mieux l'évangile cité sur la résurrection de Saint-Lazare. L'écriture de Dostoievski m'apparaît précise, écrite au millimètre près (je ne sais pas trop comment exprimer l'impression produite). J'aurais pu être saoûlée par ce style, finalement j'ai apprécié.
4/5
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Re: Fédor DOSTOÏEVSKI (Russie)

Message  cookie610 le Mer 13 Mar 2013 - 12:17

Le joueur

Note : 4/5

Résumé : Le narrateur, Alexis Ivanovitch, est employé chez le général. Celui-ci est plutôt bien entouré, entre autres par un français et par Mlle Blanche. Le français attend du général qu'il le rembourse toutes ses dettes et Mlle Blanche semble très intéressée par un mariage avec le général, surtout pour l'argent qu'il devrait récupérer en héritage de sa mère, "la Baboulinka", qui est sur son lit de mort.

Critique : j'ai adoré cette lecture. De Dostoïevsky, j'ai lu il y a quelques temps Crimes et châtiment. Ici, on est dans un récit très différent, bien que le personnage principal soit à peu près autant torturé. L'auteur décrit avec brio la fièvre du jeu qui s'empare d'un groupe de personnes. Rejouer absolument pour regagner ce qu'on a perdu. S'entêter à tout prix sur un numéro. Le cercle vicieux dans lequel tombe le narrateur. Je ne comprennais pas toujours bien les passages sur les jeux, ne connaissant pas les règles mais ça ne gène en rien la compréhension générale du livre. On sent bien que Dostoïveski connait bien cette drogue qu'est le jeu. Les relations entre les personnages sont bien fouillées. J'ai vraiment beaucoup aimé ce roman.
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Les frères Karamazov

Message  majeanne le Ven 22 Mar 2013 - 15:07

Les frères Karamazov, dernier roman de Dostoïevski, se passe dans une petite ville russe. Il nous présente la famille Karamazov composée du père, vieillard débauché et de ses fils. L'aîné, Mitia, fils d'un premier mariage, est un être sensuel, excessif, dépensier mais capable aussi de générosité. Il s'oppose violemment à son père qui l'a, dit-il, spolié de son héritage. et qui est son rival pour l'amour de Grouchincka, une femme déchue et capricieuse, pour qui il veut abandonner Katia, sa fiancée. Mitia usera de violence et de menaces envers son père, ce qui lui vaudra de se retrouver sur le banc des accusés lorsque ce dernier sera assassiné. Ivan et Aliocha sont les fils d'un second mariage. Ivan, l'intellectuel de la famille, représente l'athéisme, le scepticisme, le rationalisme, portes ouvertes sur la violence et l'effondrement de toute société selon Dostoïevski. Il est amoureux de Katia et déteste pour cela son frère Mitia. Il méprise son père et souhaite lui aussi sa mort. Aliocha, son frère, est un homme de foi, d'une grande bonté. Et s'il ne parvient pas à infléchir le cours du destin pour ses frères, demeurant témoin plutôt qu'acteur dans le drame qui se joue, il exprimera sa fraternité auprès d'un jeune enfant malade, de sa famille et des jeunes garçons qui l'entourent et pour qui il sera un témoin de lumière. Le dernier frère, Smerdiakov, fils illégitime dont le père a fait son domestique, épileptique et inquiétant, déteste également son père et est perverti par la pensée de son frère Ivan. Quant aux femmes du livre, elles sont complexes et déroutantes, excessives, et ont du mal à savoir ce qu'elles veulent : Katia, tiraillée entre Mitia et Ivan, Grouchencka, infidèle, versatile, imprévisible, Mme Khokhlava, ridicule et évaporée, sa fille Lisa, souffrante et torturée, en quête d'identité.

L'histoire de ce parricide, mal absolu, permet à Dostoïevski, de dépeindre, à travers ses personnages, à la fois les différents types d'êtres humains et la multiplicité des tendances en chacun de nous : amour de l'argent, sensualité, goût du pouvoir, violence....Mais aussi amour, bonté, bienveillance, générosité, fraternité...
Car nous sommes faits d'ombre et de lumière, capables du pire comme du meilleur, entraînés parfois par des forces que nous avons libérées et qui ensuite nous échappent, comme la violence de Mitia, son incapacité à maîtriser ses émotions qui se retourneront contre lui en faisant de lui un coupable évident.

Ce livre n'est pas seulement un roman. Dostoïvski y développe ses idées, sa peinture du monde, dans de longues argumentations qui demandent un effort au lecteur pour ne pas se perdre. Autant l'intrigue est simple, autant les personnages sont nombreux et variés, d'une grande complexité et les digressions longues et riches. Dostoïevski creuse en profondeur le pourquoi de nos vies et le comment qui en résulte.
Le poids de la culpabilité de son côté obscur semble parfois trop lourd à porter à l'homme et peut le pousser à des comportements débridés qui expriment son désespoir de ne pouvoir remédier au mal qui sévit dans le monde et en lui.

Aliocha est le signe du triomphe de la fraternité et de l'amour dans le coeur de l'homme quand celui-ci laisse la lumière inonder son coeur et se répandre en lui et autour de lui. A travers Aliocha, c'est l'amour, au sens chrétien du terme, qui triomphe. Pour Dostoïevski le salut vient de la foi orthodoxe et le mal du doute et du rationalisme qui se développent dans la société russe de son époque.

Malgré tout, c'est l'espérance qui prévaut. Une espérance qui transcende la noirceur de nos âmes et du monde.

J'arrive au bout de mon message et je me dis qu'il est bien dérisoire pour commenter l'immense profondeur et richesse de ce roman. Quel
souffle ! Quel cheminement et quel voyage au plus profond de l'âme pour écrire ainsi.............
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