Lionel SHRIVER (Etats-Unis/Royaume-Uni)

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Lionel SHRIVER (Etats-Unis/Royaume-Uni)

Message  Lacazavent le Mar 16 Déc 2008 - 21:26

De :Clochette1509 Envoyé : 27/02/2007 19:22
Il faut qu'on parle de Kevin - Lionel Shriver

Editions Belfond
450 pages.


Alors que leur fils est incarcéré dans une prison pour mineurs de l'Etat, Eva retrace dans de longues lettres à son mari, dont elle est séparée, l'itinéraire meurtrier de l'adolescent. Pourquoi Kevin a-t-il assassiné sept élèves, une enseignante et un employé de la cafétéria de la Gladston High School où il étudiait, la veille de ses seize ans ? Qu'est-ce qui l'a poussé à les attirer dans un véritable guet-apens ? À partir de quel moment a-t-il prémédité son geste ? Comment a-t-il pu lever son arbalète, viser le sternum de ses condisciples et ensuite, pour de vrai, dans le temps et dans l'espace, lâcher ses flèches avec le plus parfait sang-froid ? L'éducation qu'il a reçue est-elle seule à blâmer ? Quelle est sa part de responsabilité à elle ?
Aurait-elle pu réellement pressentir le drame, elle qui avait su déceler, à l'occasion d'une accusation mensongère que Kevin avait porté contre une enseignante, qu'il était un scélérat machiavélique, sournois, malveillant et malin comme un singe ? Roman sans complaisance mêlant un grave sujet d'actualité à la satire de la famille et de la maternité, "Il faut qu'on parle de Kevin" est tout aussi complexe qu'effrayant.
Après s'être inspirée, pour plusieurs de ses ouvrages, du conflit nord-irlandais ou des problèmes de la démographie et du sida en Afrique, Lionel Shriver montre à quel point elle place la littérature au service d'une réflexion sur les dérives du monde contemporain.
"Il faut qu'on parle de Kevin" a reçu le prestigieux Orange Prize 2005



Mon avis :
Un livre coup de poing pour moi ! Comment ne pas s'interroger face à cette mère désemparée devant la "malveyance" de ce fils, qu'elle n'est même pas sûre d'avoir au fond, vraiment désiré ! Ce livre pose ainsi la question sur le réel désir de maternité et sur notre capacité à élever nos enfants, en tentant le mieux pour eux, et malgré ce désir que tout ne tourne pas comme on l'avait désiré.
Bien souvent, j'ai comparé ce livre à Vipère au Poing, mais à l'inverse avec un enfant qui n'aime pas sa mère, dès sa naissance, et qui fait absolument tout pour la blesser (et quand je dis absolument tout, c'est absolument tout ce qui lui passe par la tête et qu'on n'avait même pas osé imaginé). Ce qui, quelquefois, m'a fait me poser la question : est-ce qu'un enfant si malveillant peut réellement exister, (car ici c'est dès la naissance) car j'ai trouvé que l'auteur enfonçait le clou vraiment très loin, et que cet enfant n'avait vraiment aucun point positif.
Quant au final, j'en suis restée comme deux ronds de flan. Totalement effrayant ! une vraie reflexion sur les relations parents - enfants, le psychisme ... etc un livre prenant, déroutant, et perturbant. J'aime beaucoup ces livres qui nous font réfléchir, et nous font poser des questions sur nous-mêmes
Un livre vraiment à lire.

Ma note : 5/5 et encore un coup de
Clochette.



De : Mousseliine Envoyé : 22/03/2008 17:12
Il faut qu'on parle de Kevin

(Belfond, 2006, 485 pages)


Eva essaie de comprendre ce qui a bien pu se passer... pourquoi? Pourquoi Kevin a tué neuf personnes à son high school? Elle remonte sa vie jusqu'à avant Kevin, alors que Franklin et elle se questionnaient s'ils devaient avoir des enfants ou pas. Eva a cinquante-quatre ans. Elle fait des retours en arrière, elle parle de ses sentiments face à sa grossesse, son accouchement, et elle en parle très bien, Lionel Shriver a une écriture stylisée.
Elle parle de ses premiers mois à la maison avec Kevin. L'isolement, un bébé qui hurle, le papa qui n'en a que pour son fils. Et elle, Eva, fait tellement d'efforts pour s'attacher à ce bébé, mais elle ne ressent rien. Et Kevin grandit...


Mes sentiments étaient ambivalents face à Eva, de la compréhension, et en même temps je la trouvais égoïste cette femme que la vie avait gâtée, pour ne pas être capable de s'attacher à son enfant, et ce dès les tous débuts. C'est un personnage plus ou moins sympathique, mais aussi très sincère ce qui donne de la réalité à ce roman. Quant au père, Franklin, il est tellement inconscient, qu'il en devient énervant. Bref deux extrêmes.

C'est une lecture très dérangeante, très dure pour le lecteur à partir de la moitié du livre. Les émotions de la mère sont très intenses, le père est un irresponsable et l'enfant est monstrueux. Finalement il vaudrait mieux en discuter dans un café, entre lecteurs et lectrices. Discuter de la culpabilité ou pas des parents, ou peut-être que Kevin est né ainsi. Ou il n'y a pas de réponses...

Un livre que j'ai aimé mais qui m'a rendu mal à l'aise bien souvent, ça fait mal et c'est probablement plus marquant si vous avez des enfants, et encore plus si vous travaillez avec des adolescents alors là ouille!... quand on enseigne au secondaire on porte davantage attention aux tueries dans les écoles, on n'y est très sensible.

Note : 4,5/5
(Mousseline)

Née en 1957 en Caroline du Nord, Lionel Shriver a fait ses études à New York. Diplômée de Columbia, elle a été professeur avant de parcourir le monde. Elle a notamment vécu en Israël, à Nairobi et à Belfast. Après six romans qui ont connu une publication confidentielle aux Etats-Unis, elle entreprend l'écriture d'un récit inspiré de la tuerie de Colombine. "Il faut qu'on parle de Kevin" a remporté l'Orange Prize en 2005. Lionel Shriver vit à Londres avec son mari, un jazzman renommé.




De : louveloba Envoyé : 13/05/2008 14:42
We need to talk about Kevin (Ed. Harper Perennial, 2003)


Eva ecrit à son mari, Franklin, une série de longues lettres, pour faire le point sur les 18 années qui se sont écoulées depuis la conception de leur fils, Kevin. Un enfant qu'elle ne désirait pas, et n'a jamais su aimer. Un enfant extrêmement intelligent, mais qui refuse à ses parents la satisfaction de lui apprendre quoi que ce soit; un enfant qui refuse d'être propre jusqu'à l'âge de 6 ans, et ne mange que derrière le dos de sa mère. Et un enfant machiavélique, prompt à repérer les faiblesses de chacun et à les exploiter.
Eva, femme independante, voyageuse et chef d'entreprise, est perdue face à cet étranger qu'est son fils. Qui plus est, Franklin percoit leur fils comme un enfant normal, uniquement perturbé par l'évidente absence d'amour d'Eva.
Eva a-t-elle raison, Kevin est-il malveillant de nature ? Ou bien imagine-t-elle toutes ces anecdotes pour justifier cette absence d'amour ? Est-ce de sa faute si Kevin fait gonfler les statistiques en exécutant neuf de ses "camarades" de lycée ?

Lauréat du "Orange Prize for Fiction" 2005, ce roman est un vrai bijou. Douloureux, certes. Au fil des lettres d'Eva a Franklin, on s'interroge sur l'objectivité de la narratrice, sur les causes de la malveillance de Kevin, sur l'aveuglement de Franklin. Ou bien est-ce ce dernier qui a raison, et le sentiment de persécution d'Eva est sans fondements ?

Entre parentheses : à ceux et celles qui veulent lire ce roman en VO, je recommande vivement la version de Harper Perennial, agrementée de commentaires de Lionel Shriver sur son oeuvre en général et "Kevin" en particulier.

Ma note : 5/5


De :Shan_Ze Envoyé : 21/06/2008 14:40
Il faut qu’on parle de Kevin de Lionel Shriver


Kevin Khatchadourian a 16 ans quand il tue onze personnes du lycée Gladstone. Par des lettres qu’elle adresse à son compagnon dont elle est séparée, sa mère, Eva, raconte. Elle lui dit quels étaient ses sentiments réels quand ils ont décidé d’avoir un enfant. Elle lui décrit comment était réellement Kevin pendant ses 16 premières années.
C’est clairement un livre dérangeant. Après une centaine de pages, je me sentais mal à l’aise. Difficile de donner à un bébé, une telle malveillance. (Le mien a à peine 5 mois…) Lionel Shriver décrit avec beaucoup de précision ses émotions, les réactions de Kevin. Avec ce livre, elle remet en cause la responsabilité des parents des actes de leurs enfants. Le petit côté qui m’a le moins plu, c’est la malveillance manifeste de Kevin dès son âge le plus tendre. Mais, en même temps, ce côté exagéré de l’histoire, rend l’histoire plus marquante ; étant quand même inspirée de faits réels. J’aimerais bien lire ses commentaires de l’auteur sur l’œuvre et Kevin !

Note : 4.75/5
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Re: Lionel SHRIVER (Etats-Unis/Royaume-Uni)

Message  Lacazavent le Mar 16 Déc 2008 - 21:28

De : zeta-b Envoyé : 18/08/2008 09:48
"Il faut qu'on parle de Kevin" - J'ai lu - 4/5


C'est un livre extrêmement dérangeant, un livre qui ne laisse pas indifférent, un livre qui nous confronte à notre propre incompétence de parent et qui nous fait nous interroger : y avait-il un moyen d'éviter la dérive sanglante de Kevin ?


Dès le début je n'ai pas compris les sentiments de cette mère qui veut un enfant sans vraiment le vouloir et qui prête à son nourrisson des les premières heures de vie des intentions malfaisantes. Il ne me semble pas qu'un être tout juste né puisse avoir l'âme si noire.

L'écriture est particulièrement fouillée, détaillée, chaque sensation, chaque sentiments longuement décrit. L'analyse psychologique des parents et de l'enfant très poussée, bien qu'elle me laisse à certains moments sceptique (je possède un optimisme béat en ce qui concerne les très jeunes enfants). Au fur et à mesure que les années passent on s'étonne devant l'aveuglement stupide du père et l'on se dit aussi que la mère devrait emmener d'urgence son garçon voir un pédopsychiatre.....
Mais il ne faut pas oublier que ce roman est basé sur des faits réels et que de vrais enfants ont commis de tels crimes .... Alors qui est responsable ? Des parents trop permissifs ou trop sévères, la violence qui entoure nos bambins dès l'âge tendre, une société qui ne prône plus de vraies valeurs ?
Le roman ne répond pas à ces questions mais nous oblige à les poser et ce n'est certes pas inutile.



De : Mousseliine Envoyé : 18/08/2008 18:06


J'aime beaucoup un roman qui m'amène à m'interroger même si dans celui-ci on ne peut pas trouver les réponses...

Alors qui est responsable ? Des parents trop permissifs ou trop sévères, la violence qui entoure nos bambins dès l'âge tendre, une société qui ne prône plus de vraies valeurs ?

Semble-t-il, selon les enquêtes, les ados qui commettent des tueries sont des jeunes laissés pour compte par leurs pairs, mis à l'écart, harcelés, ridiculisés. Mais certains jeunes ne veulent pas non plus avoir des amis.. certains n'y arrivent pas, d'autres on a vraiment l'impression qu'ils n'en veulent pas.

Dans les écoles secondaires maintenant, c'est discuté et pas mal... des mesures de sécurité sont mises en place au cas... et je pense que tout le monde est davantage sensible à ces jeunes qui sont à l'écart des autres. Mais ce il y a en dans toutes les écoles et il y en a toujours eu... alors pourquoi depuis quelques années il y a de certains ados qui ont commis ces actes atroces...

J'ai tendance à penser qu'on naît comme ça.... sans sensibilité envers les autres, sans conscience sociale... et une certaine impossibilité à s'adapter à la vie.
Le même phénomène pour les serial-killer...

Pourquoi Kevin et pas un autre... Et pourquoi plus? (du moins on en entends plus parler) aux Etats-Unis. Là je crois que c'est pcq c'est facile de se procurer une arme aux Etats-Unis.



De : Profgéo Envoyé : 18/08/2008 18:25

Mousseline, je trouve que tu as raison de dire que l'accessibilité aux armes fait en sorte que ce genre de drame arrive plus souvent aux États-Unis. On a eu droit à nos drames nous aussi au Québec, Dawson, Polytechnique (je pense ici surtout à ma cousine qui aurait dû être dans la salle de classe où Marc Lépine a fait le plus de victimes, mais qui avait finalement opté pour un autre cours...), mais jamais à une telle fréquence, ni en aussi grand nombre. Quand à savoir pourquoi un être humain en vient à faire ce genre de choses... Je ne crois pas à la prédestination, ni au fait que certaines personnes «naissent» comme ça, mauvaise et portée au mal. C'est sûr que d'être mis de côté à l'école joue un facteur déterminant, mais ce n'est pas un automatisme, sinon le monde serait rempli de Kevin.

Zeta, j'ai acheté le livre, il n'y a pas longtemps et j'avais quelques pages du début et le côté analyse psychologique, je l'ai perçu tout de suite. Un livre que je me permettrai de lire dès que j'aurais terminé mon challenge. Mais je comprends que tu veuilles lire quelque chose de plus gai maintenant!

@+ Prospéryne



De : Philcabzi5 Envoyé : 19/08/2008 00:22

Je ne crois pas qu'un seul facteur pourra jamais expliquer le pourquoi de ces gestes extrêmes. Il y a une part de génétique (certaines études le prouvent), une part vient des parents, du milieu psycho-social, de l'école. Mais pourquoi "Kevin" plutôt qu'un autre? Je penche en faveur d'une accumulation de petits faits qui en s'additionnant déclenche le processus chez l'enfant. Souvent quant on écoute les criminels violents de ce type parler, le dernier déclencheur, celui juste avant le carnage, est excessivement mineur mais si on gratte un peu de n'est que la pointe de l'iceberg.

Bon, il faut réellement que je lise ce bouquin maintenant!


De : zeta-b Envoyé : 19/08/2008 10:53

J'aime bien quand on discute sur "le fond" d'un livre, quand on apporte tous son point de vue différent ou complémentaire sur ce qui ressort d'un ouvrage.
Il est vrai que chaque enfant a sa personnalité et son caractère et que l'éducation ne fait pas tout. Un couple qui élève plusieurs enfants de la même façon n'arrivera pas pourtant au même résultat avec chacun. Mais je ne pense pas qu'il naisse des enfants avec un tempérament irrémédiablement mauvais. Même un tueur en série des plus redoutable a, pour moi, eu une période d'innocence, celle où il était en devenir. Plus difficile qu'un autre, plus méchant peut-être, mais pas complètement, sans aucun espoir d'amélioration.
Les brimades qu'ils subissent sont certainement un déclencheur mais n'expliquent pas tout, car souvent c'est leur particularité, leur différence déjà annoncée qui provoquent ces brimades.
Il y a aussi beaucoup d'enfants au physique disgracieux qui sont moqués et chahutés pendant une bonne partie de leur scolarité et qui ne "pètent pas les plombs".
(J'avais dans ma classe, pendant plusieurs années, une gamine qui était souvent le souffre-douleur des autres, elle est devenue une très célèbre obstétricienne, chef de service d'un grand hopital, on la voit souvent à la télé).

L'empathie est je crois, ce qui manque le plus aux personnalités criminelles ; peut-elle être développée ?
et en dernier ressort le frein, inculqué par les parents et la société ou la religion ou tout autre autorité, pour dire : ceci est strictement interdit. Et à notre époque, je le vois autour de moi, chez nombre d'enfants, les freins sont de moins en moins actionnés. L'enfance et l'adolescence sont des périodes où les sentiments, les sensations bouillonnent et fusent comme de la lave en fusion, sans être tempérés par l'expérience, la maîtrise de soi.
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Re: Lionel SHRIVER (Etats-Unis/Royaume-Uni)

Message  s-lewerentz le Lun 4 Jan 2010 - 8:23

Il faut qu'on parle de Kevin – Lionel Shriver

Résumé
A presque seize ans, Kevin Katchadourian abat sept camarades de classe et un professeur dans son collège de la banlieue de New York. Le roman se présente sous forme de lettres écrites par Eva, sa mère, à Franklin, son père. Dans celles-ci, Eva raconte son point de vue, son combat seize ans durant pour tâcher d'établir une relation harmonieuse avec son fils, sa tentative pour comprendre le pourquoi de son acte, sa vie après la tuerie.

Commentaire
Un roman choc ! J'ai beaucoup aimé le style (épistolaire) et le langage : précis, vif, parfois cru, sans fioriture "pour romancer". J'ai aimé Eva, son caractère, ses forces et ses faiblesses. Par contre, je n'ai pas aimé du tout Kevin et je suis heureuse qu'il n'apparaisse, finalement, que comme un personnage secondaire. Pour moi, ce roman n'est pas son histoire, mais celle d'une femme, d'une mère. J'ai aimé aussi qu'on ne sache qu'à la fin ce que son devenu Franklin et Celia, leur fille.

Il n'en reste pas moins que l'histoire est quand même assez terrible et il m'a fallu quelques jours pour la digérer et tenter d'écrire ce commentaire.
Un roman que je recommanderais sans hésiter, mais peut-être pas aux parents.

4.5/5

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Re: Lionel SHRIVER (Etats-Unis/Royaume-Uni)

Message  petitemartine le Jeu 22 Déc 2011 - 16:14

Il faut qu'on parle de Kévin

Nous sommes dans l'Amérique des années 90's, les massacres réalisés par des adolescents dans des lycées américains font de plus en plus la une des journaux. Kévin, à peine 16 ans, est l'un d'eux. Un fameux jeudi, il sera l'auteur du meurtre prémédité de 9 personnes dans son lycée.
Dans ce roman, sa mère tente de comprendre Pourquoi ? Si tant est qu'il y ait une explication ! Elle retrace donc à travers des lettres adressées à son mari, les années qui se sont écoulées depuis la naissance de Kévin.
Il est en effet difficile pour elle de ne pas se sentir coupable. Au départ, avoir un enfant ne faisait pas partie de ses priorités, c'était une carriériste. L'enfant s'est-il senti rejeté avant même sa naissance ? Est-ce donc sa faute à elle ?
Au départ, j'ai eu un peu de mal à croire à cette histoire, à comprendre cette mère paranoïaque qui voit le mal partout dès le premier cri du nourrisson ! Le contraste est très grand entre cette mère suspicieuse et le père, un incorrigible optimiste, fier de son pays, fier de son fils. Mais peu à peu, les portraits de chaque membre de la famille sont peaufinés, Kévin grandit...On adhère et on comprend cette mère qui ne sait plus que penser de son fils démoniaque, elle est en plein désarroi et le père...en plein déni.
Au final, on ne connaitra pas le pourquoi de cet acte barbare. Tout n'est pas si simple ! Que se passe-t-il dans la tête de cet adolescent ? Aurait-on pu prévoir cet acte ? l'empêcher ? Quel est ce mal-être qui les envahi ? Pourquoi ce rejet, voire cette haine, de la société ? Est-ce une vengeance ?
A une époque où la violence ne cesse de progresser dans les établissements scolaires, on peut se poser la question : Que faire ? Comment les aider ? Comment repérer ce malaise ?
Lionel Shriver n'apporte pas de réponses mais dresse un constat et le débat reste ouvert.

J'ai beaucoup aimé ce roman. Les portraits de Kévin et de sa mère sont très riches, très intéressants. Dès le début j'ai été happée par l'histoire et l'écriture sous forme de lettres est très bien faite. Elle nous incite à chaque fois à aller lire la lettre suivante.
Quant au dénouement ; il fut pour moi inattendu et il vous remue les tripes... il est très très dur !

J'ai tendance à rapprocher ce livre du très bon film Elephant de Gus Van Sant qui traitait lui aussi du massacre de Columbine en restant très objectif, en filmant en restant "en dehors", sans chercher à expliquer le geste.

Un livre que je ne suis pas prête d'oublier. Merci Clochette de m'avoir fait découvrir ce livre lors de notre rencontre nantaise ! J'attends la prochaine virée nantaise avec impatience

Ma note :5/5
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Re: Lionel SHRIVER (Etats-Unis/Royaume-Uni)

Message  Réaliste-romantique le Lun 23 Avr 2012 - 22:51

Lionel Shriver
We Need to Talk About Kevin
(Il faut que l’on parle de Kevin)

2003

Récit de la mère de Kevin, responsable d’une tuerie dans une école secondaire. Sa mère le visite hebdomadairement en prison et vit solitairement dans un appartement à moitié vide. Par le biais de lettres à son ex-mari, elle revient sur le passage de couple à famille, sur la petite-enfance difficile de Kevin, sur sa froideur, sur les conflits familiaux, et finalement sur le jeudi.

Livre extrêmement dérangeant, il pourrait vous convaincre de ne pas avoir d’enfant! La jeunesse de Kevin est le cauchemar que craigne tout parent : un bambin distant, fermé et inaccessible. L’enfance n’améliore pas la relation avec la mère, le garçon semble tout faire pour la déranger. Et celle-ci ne trouve aucun appuie dans son mari, celui-ci ne voit aucun problème, en partie parce que Kevin a un comportement de fils parfait avec lui. Vers la fin du livre, les mauvais comportements de Kevin prennent un ampleur qui frôlent l’exagération, mais pas au point de faire diminuer ma note. Je ne crois pas avoir réussi à rendre la force de ce livre, mais il est dur, percutant et porte à réflexion. Je l’ai lu en anglais et le style est soutenu, parfois même complexe.

À lire…lorsque vous vous en sentirez la force (mais surtout pas pendant les premières années de votre bébé, vous n’en dormirez plus).

5/5

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Re: Lionel SHRIVER (Etats-Unis/Royaume-Uni)

Message  cookie610 le Mer 27 Juin 2012 - 14:05

Il faut qu’on parle de Kevin

Note : 4/5

Résumé :
Le résumé a déjà été fait ci-dessus.

Critique
: un livre très intéressant sur un sujet compliqué et casse-gueule. J’ai eu du mal à rentrer dans l’histoire, avec ces très longues lettres qu’écrit Eva à son mari (on comprend pourquoi à la toute fin). J’avais du mal à saisir les personnages, Kevin et sa malveillance (le coup de l’œil de Celia est affreux), le fait qu’Eva ne l’aime pas, l’illusion du père sur son fils… Mais j’ai persévéré et j’en suis contente car le final est incroyable. Ma note est passée de 2.5 à 4 en quelques lignes. Je serais immanquablement passé à coté de quelque chose si je ne l’avais pas fait. C’est un livre très dérangeant et une lecture difficile mais qui fait beaucoup réfléchir.
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Re: Lionel SHRIVER (Etats-Unis/Royaume-Uni)

Message  Shan_Ze le Ven 5 Oct 2012 - 13:50

Double faute de Lionel Shriver

Willy Novinsky, jeune tenniswoman prometteuse de 23 ans rencontre Eric Oderdorf, un jeune homme qui joue au tennis en amateur. C'est le coup de foudre entre les deux sportifs, ils se marient. Mais leur vie de couple ne se passe exactement comme ils l'espéraient...
Encore un roman psychologique pour Lionel Shriver. Sous les feux de projection cette fois-ci, deux compétiteurs d'un sport individuel réunis dans un couple pour le meilleur et le pire. Une ascension brisée pour Willy qui commence à développer des sentiments complexes envers son mari. Alors que celui-ci reste aimant et compréhensible, elle voit en chacun de ses actes, une nouvelle humiliation. L'auteur décide de se placer du côté de Willy mais même si je comprenais ses ressentiments, j'ai eu du mal à sa rancoeur, ses actes. Comment vivre toujours en compétition avec son compagnon ? La fin m'a atterrée même si c'est une fin assez logique. Une réflexion profonde sur le mariage même si certains points m'ont moins convaincu... j'aime bien le tennis mais juste à titre de loisir mais c'est mieux pour comprendre ce roman et l'apprécier. En tout cas, j'ai aimé l'approche de Lionel Shriver, son humour noir par moments.
Note : 4/5
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Re: Lionel SHRIVER (Etats-Unis/Royaume-Uni)

Message  Mousseline le Jeu 13 Déc 2012 - 23:33


Je suis très très tentée par ce livre de Lionel Shriver, les commentaires sont tellement positifs. Dans ma LAL prioritaire!!!

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Re: Lionel SHRIVER (Etats-Unis/Royaume-Uni)

Message  Mousseline le Lun 18 Mar 2013 - 1:08


C'est génial de voir le film plusieurs années après avoir lu le livre. Ça permet de se replonger dans l'histoire mais sans comparer sans cesse avec le livre comme c'est le cas quand on vient juste de lire le livre et alors on est souvent déçu.

J'ai apprécié autant le film que le livre. Et j'ai ressenti les mêmes effets... une sorte de répulsion brrrrr... Et c'est obsédant, on n'arrête pas de se demander pourquoi.

Tilda Swinton joue le rôle de la mère, Eva, à la perfection.

Bref, une excellente adaptation.


Note : 4,75/5

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Re: Lionel SHRIVER (Etats-Unis/Royaume-Uni)

Message  Réaliste-romantique le Dim 6 Avr 2014 - 14:04

Big Brother
2013

Le frère de Pandora, pianiste de jazz de New York qu’elle n’a pas vu depuis quatre ans, est dans la dèche. Elle l’invite à venir passer deux mois chez elle en Iowa, mais elle ne reconnaît pas lorsqu’il descend de l’avion : il a doublé de taille et pèse près de 400 livres (175 kg). Cet invité aurait perturbé la vie familiale, mais son surpoids ajoute un malaise et de nombreux désagréments supplémentaires, au point de mettre en péril le couple de Pandora. Elle veut toutefois « sauver » son frère et l’aider à retrouver un poids acceptable, mais ça semble une mission impossible.
 
J’avais adoré Il faut parler de Kevin, mais j’ai abandonné la lecture d’un autre de ses romans. J’ai lu celui-ci au complet, à cause du défi des É-U, mais au final c’est un « bof ». Shriver a de bonnes réflexions et pose un regard intéressant sur la société américaine, mais près de 400 pages sur des problèmes de poids et de régime est un peu trop pour moi. Dans ce livre, tout comme dans Kevin, Shriver fait des apartés pour décrire d’autres milieux ou d’autres personnages. Mais alors que dans Kevin ces écarts m’intéressaient, ici les sujets n’étaient pas dans mes intérêts : la scène Jazz de New York, les séries télé des années 70 et 80, le monde de la télé de Los Angeles. La fin est surprenante, mais elle m’a déçue. Le livre n’était disponible qu’en anglais à ma bibliothèque et l’anglais de Shriver est d’un niveau élevé, ce qui est intéressant mais ne facilite pas la lecture. Lisez plutôt Kevin.

3/5

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Re: Lionel SHRIVER (Etats-Unis/Royaume-Uni)

Message  Shan_Ze le Dim 14 Déc 2014 - 23:02

Big brother de Lionel Shriver

Quand Pandora, la quarantaine, apprend que son grand frère, Edison, a besoin d’un toit pendant quelques temps, elle n’hésite pas même si elle sait que son mari n’est pas enchanté par cette nouvelle. Mais c’est une surprise de taille à l’aéroport : Edison a pris beaucoup de poids, il est devenu obèse.
J’attendais beaucoup de Lionel Shriver, après Il faut qu’on parle de Kevin et Double faute dans lesquels elle décrit à la perfection la psychologie des personnages. Avec Big brother, elle est encore au rendez-vous. Le personnage de Pandora se dessine petit à petit, une femme avec une sacrée personnalité, déterminée, très attachée à son frère et avec un passé familial qui lui colle à la peau. L’ambiance devient de plus en plus sombre et même s’il y a beaucoup d’humanité dans les personnages, on ressent une inimitié latente entre les principaux intervenants. 
Lionel Shriver a du sacrément se documenter sur la nutrition, le rapport à la nourriture et les divers régimes existants. Surtout au début, les descriptions des repas très… caloriques calent aussi bien qu’un bon déjeuner de famille. Ce roman est aussi intéressant sur l’aspect culinaire, que sur celui de la santé. Je ne peux pas dire que j’ai plus aimé Pandora que Edison ou Fletcher, ils ont autant des côtés estimables que détestables.
La fin est assez surprenante mais elle ne remet pas tout en question. Ce livre est en partie autobiographique, une sorte d’hommage à son frère, qui est mort d’obésité. Où mettre ses priorités quand on a un frère qui a des problèmes ? Pour sa part, l’auteur a répondu avec beaucoup d’à-propos. Un roman remarquable, Madame Shriver.
Note : 4.75/5


RR,
Spoiler:
ah la fin, elle m'a bien étonnée aussi, j'étais un peu perdue pendant un moment. 
Le jazz, la télé de l'époque et le reste au contraire m'ont aidé à rentrer dans cette histoire de famille. 
La reliras-tu ?
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Shan_Ze
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Double faute

Message  petitemartine le Mer 23 Nov 2016 - 16:40

Double faute


Résumé : ( babélio )
Après Il faut qu'on parle de Kevin et La Double Vie d'Irma, Lionel Shriver passe à nouveau le couple au vitriol de sa plume impitoyable.
Un roman magistral sur le pouvoir, l'ambition et le mariage, une brillante déconstruction du sentiment amoureux, pour une réinterprétation virtuose de la guerre des sexes.
Un soir, à New York, lors d'un match de tennis improvisé, Willy rencontre Eric. Elle est joueuse professionnelle, battante et accrocheuse, il est tennisman dilettante mais étonnamment doué. Entre eux, c'est le coup de foudre. Ils se marient.
Et les difficultés commencent. Car la douceur des débuts dans Ripper West Side fait bientôt place à la compétition.
Une rivalité professionnelle et amoureuse acharnée, jusqu'à l'ultime balle de match, ce moment décisif où aucune faute n'est plus permise et où Willy aura à faire un choix crucial.

Mon avis : un roman que j'ai beaucoup apprécié pour de multiples raisons :

- J'ai aimé retrouver le monde du tennis, ses tournois et les allusions à ses "stars " des années 90 : Agassi, Mc Enroe, Chris Evert etc...
- J'ai aimé que l'action se passe à New York , ses parcs etc...
- J'ai aimé en savoir plus sur ces joueurs professionnels inconnus, leurs galères et leur vie centrée sur le tennis, les entrainements et les tournois qui les obligent à être tout le temps en déplacement.
- J'ai aimé cette histoire d'amour où deux fortes personnalités s'opposent sur le terrain mais aussi dans la vie privée.
- J'ai aimé l'écriture simple, le style fluide mais efficace de l'auteur. Elle sait "raconter des histoires".

Willy et Eric se rencontre donc sur un court de tennis, ils tombent amoureux, se marient etc... Jusque là une histoire banale mais l'auteur nous dresse un portrait de chacun très très intéressant. Deux fortes personnalités bien différentes.
Les deux personnages voient le tennis d'un œil différent : Eric s'amuse, il est doué, ambitieux et progresse vite, mais le tennis est pour lui surtout un moyen de gagner sa vie. Willy, elle,  baigne dans le tennis depuis toute petite, c'est toute sa vie, c'est vital mais malheureusement malgré des entrainements plus qu'intensifs  elle ne progresse pas comme elle le voudrait.
Et petit à petit une rivalité s'instaure entre eux... La jeune femme est une vraie tigresse, quel caractère ! amoureuse mais jalouse, ambitieuse, battante, passionnée... elle est prête à tout pour gagner... Son mari est plutôt charmeur, à l'écoute, amoureux , prêt à beaucoup pour sa femme...
L'analyse du couple est intéressante, comment gérer les conflits, comment faire les bons choix entre vie privée et vie professionnelle ? Comment réagir lorsque son conjoint réussi mieux que vous ? comment ravaler sa fierté ? comment faire des concessions etc...
Bien que l'histoire se passe dans le milieu du tennis, on peut transposer les situations dans d'autres milieux et parfois on se surprend à s'interroger : " et moi, comment je réagirais à sa place ? " . Willy certes est excessive, complexe, égoïste  et ses actes parfois répréhensibles  mais l'auteur réussi par son analyse à nous faire comprendre ses choix même s'ils sont parfois extrêmes.

Les scènes finales sont psychologiquement assez explosives, un vrai "feu d'artifice".

J'ai retrouvé le style d'il faut qu'on parle de Kevin mais aussi une construction un peu similaire avec une fin en apothéose.

Bref, j'ai beaucoup aimé et je suis assez d'accord avec l'auteur lorsqu'elle écrit " ce livre est moins un livre sur le tennis que sur le mariage" mais je dirais plutôt que c'est un livre sur le tennis et sur le mariage.

Conclusion : je devrais lire cette auteure beaucoup plus souvent !

ma note : 4,5/ 5
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petitemartine

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Re: Lionel SHRIVER (Etats-Unis/Royaume-Uni)

Message  dodie le Mer 23 Nov 2016 - 18:25

Je le note !!!!
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Re: Lionel SHRIVER (Etats-Unis/Royaume-Uni)

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