Julien GREEN (France/Etats-Unis)

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Julien GREEN (France/Etats-Unis)

Message  Lacazavent le Sam 13 Déc 2008 - 9:58

De : Le-réaliste-romantique Envoyé : 11/04/2006 03:51

Julien Green (1900-1998)

Écrivain américain francophone, né en France de parents américains.
Son oeuvre reflète son questionnement et errance spirituels. Il est élevé dans le protestantisme, se convertie au catholiscisme suite à la mort de sa mère en 1916, il perd la foi après la Première Guerre Mondiale. Il se reconvertira plus tard au catholiscisme, mais ceci aurait aussi été rendu difficile par des inclinaisons homosexuelles.
Ses premières oeuvres sont donc très sombres, les protagonistes sombrent victimes de leur existence. Ensuite, la religion ou la foi se fait plus présente, puis Green est souvent retourné vers ses racines pour ses dernière oeuvres, telle la trilogie sudiste des Pays lointains, les Étoiles du Sud et Dixie.
Julien Green a publié. une soixantaine de romans, nouvelles, pièces de théâtre, biographies, essais, un journal et des traductions

Bibliographie

ROMANS

"Mont-Cinère", 1926
"Adrienne Mesurat", 1927
"Léviathan", 1928
"L’Autre Sommeil", 1930
"Epaves", 1932
"Le Visionnaire", 1934
"Minuit", 1936
"Varouna", 1940
"Si j’étais vous", 1947
"Moïra", 1950
"Le Malfaiteur", 1955
"Chaque homme dans sa nuit", 1960
"L’Autre", 1971
"Les Pays lointains", 1987
"Les Etoiles du Sud", 1989
"Dixie", 1995

NOUVELLES

"Le Voyageur sur la terre", 1926
"Histoires de vertige", 1984

THEATRE

"Sud", 1953
"L’Ennemi", 1958
"L’Ombre", 1954

AUTOBIOGRAPHIE

"Jeunes Années", 1984

BIOGRAPHIES ET ESSAIS

"Pamphlet contre les catholiques de France", 1924
"Liberté chérie", 1974
"Une grande amitié", 1979
"Frère François", 1983
"Le Langage et son double", 1983
"Jeunesse immortelle", 1998

JOURNAL

17 tomes parus depuis "les Années faciles" (1919-1924)





De : Le-réaliste-romantique Envoyé : 11/04/2006 03:52
Mont-Cinère - Julien Green

1926, 246 pages

Dans le sud des États-Unis, plusieurs années après la guerre de Sécession, trois générations de femmes se retrouvent à co-habiter dans le même domaine, Mont-Cinère. Les propriétaires, Mr. et Mrs. Fletcher, y vivaient un mariage froid, chacun de son côté, sans presque se parler. La maison de 12 pièces se prêtait bien à cette isolement. Une fille naquît quand même de cette union, mais son père est indifférent et la relation avec la mère n'est pas non plus chaleureuse. L'enfant grandit tout de même, mais le père vient à mourir alors qu'elle est encore toute jeune. La mère prend alors en main les rênes du foyer, contrôlant le budget. Elle élimine progressivement les dépenses superflues, renvoie quelques domestiques, reprend la charge des petits travaux. Elle ne le cesse de le répéter à sa fille : "Nous sommes pauvres!"
Un jour, Mrs. Elliot, la grand-mère, se retrouve quelque peu dans la gêne, et propose à sa fille d'aller habiter dans sa grande maison. Cette dernière tente de l'en décourager, mais sans succès.
Cette arrivée de l'ancêtre modifie un peu la balance du pouvoir, certaines dépenses sont engagées pour la maison. Toutefois, Mrs. Fletcher n'a pas dit son dernier mot : une bataille rangée entre la dépensière et l'économe s'engage. La victoire est presque totale pour Mrs Fletcher lorsque la vieille subit une attaque. Mrs Elliot s'en remet, mais n'a plus la combativité d'antan. Mrs. Fletcher est alors la maîtresse incontestée et sabre dans les dépenses pour faire face à leur pauvreté. La main de fer est maintenue pendant quelques années, mais la jeune fille vieillie et n'en peut plus de vivre aussi misérablement. La révolte s'allume, et est alimentée par les braderies de la mère, les objets disparaissent régulièrement du domaine. L'héritière tient à son bien, surtout qu'elle soupçonne sa mère de ne pas être pauvre, mais maladivement avare!

Ce huit-clos entre femmes, le domaine est retiré du village, peu de personnages extérieurs interviennent dans l'histoire, est une bonne histoire à lire l'automne. Il fait froid, la maison n'est pas chauffée, l'atmosphère est glaciale, mais le torchon brûle! La tension est forte entre ces femmes et l'histoire subit quelques revirements, bien que parfois un peu forts, qui lui donnent de la vie. L'évolution drastique des personnages manque peut-être un peu de crédibilité, mais elle permet de raconter une bonne histoire.

3,5/5

le réaliste-romantique



N.B. Je crois que la bibliographie ci-haut n'est que partielle



De : Le-réaliste-romantique Envoyé : 06/05/2006 02:31
Adrienne Mesurat - Julien Green

1927

Adrienne Mesurat, 18 ans, vit à La Tour-L'Évêque, une petite ville en Seine-et-Oise, entourée de sa grande soeur de 35 ans, Germaine, malade chronique, et de leur père retraité, qui ne tient à rien autant qu'à sa tranquillité.

"Puis, sans attendre la réponse, elle monta jusqu'à la chambre de la vieille fille et entra. Une odeur d'eucalyptus lui fit faire la grimace, la fenêtre était fermée; dans une soucoupe placée au chevet du lit, une cigarette médicale achevait de se consumer." (oui, vous avez bien lu!)

La vie du trio est réglée comme une horloge, faite d'habitudes qu'il ne faut pas déranger, codes qu'aucun des trois n'oserait enfreindre.

"Il y a quelque chose de terrible dans ces existences de provinces où rien ne paraît changer, où tout conserve le même aspect, quelles que soient les profondes modifications de l'âme. rien ne s'aperçoit au dehors de l'angoisse, de l'espoir et de l'amour, et le coeur bat mystérieusement jusqu'à la mort sans qu'on ait osé une fois cueillir les géraniums le vendredi au lieu du samedi ou faire le tour de la ville à onze heures du matin plutôt qu'à cinq heures du soir."

Mais cet été ne sera pas comme les autres. Adrienne questionne à quelques reprises au sujet des locataires qui occuperont la villa d'en face. Un jour, elle croise le mystérieux docteur Maurecourt, et en tombe amoureuse aussitôt. Adrienne cherche à vivre sa passion, mais sa soeur et son père la surveille de près. Elle tente d'abord de les affronter, mais sans grand succès. Sur le point de s'avouer vaincu, sa vie est chamboulée du dramatiquement : sa soeur fuit inopinément la maison et ensuite son père meurt d'une chute dans l'escalier!

Adrienne se retrouve seule, et la seule personne qu'elle fréquente est madame Legras, la nouvelle locataire d'en face. Sa vie pourrait s'être simplifiée, mais ce n'est pas le cas. Jeune et innocente, elle ne sait comment vivre son amour; elle ignore même réellement la nature de cette émotion. De plus, il y a quelque chose de pas net dans le décès de son père. La population de la petite ville commence à chuchoter, car, en plus du comportement un peu étrange d'Adrienne, Mme Legras n'est peut-être pas une fréquentation très recommandable pour elle...

Ce livre présente beaucoup d'affinités avec l'ouvrage précédant de Julien Green, Mont-Cinère. On retrouve dans ce livre aussi une atmosphère d'oppression dans l'intimité, d'un huis-clos entre personnes pas faites pour vivre ensemble. La protagoniste est une jeune fille qui a été tenue à l'écart du vrai monde toute sa vie et qui entre dans le monde adulte sans y être guidée. Les figures d'autorité sont des contraintes et non des appuis, ils ne recherchent que leur satisfaction personnelle. Encore une fois, certains revirements, comportements et raccourcis sont un peu fort, mais on pardonne, car c'est tout de même pour raconter une bonne histoire. Et la fin comprend aussi un dénouement dramatique qui fait table rase du passé.

3,5/5

le réaliste-romantique



De :Le-réaliste-romantique Envoyé : 16/02/2007 01:11
Le malfaiteur - Julien Green
1955, Plon, 260 pages

Entre les deux guerres, des membres d'une famille bourgeoise habitent le même hôtel particulier. Il y a d'abord monsieur, que madame préfèrerait ne pas avoir épousé. Sa fille Ulrique prends d’ailleurs un malin plaisir à lui rappeler souvent, mais Ulrique persécute aussi sa cousine Hedwige, une jeune orpheline de province recueillie par charité, tout comme la macabre soeur de madame, une personne que tous les domestiques préfèreraient voir morte. Le mari d'Ulrique aime bien se donner des airs de supériorité face à sa belle-famille, mais madame voudrait bien réussir à lui prouver leur dose de sang noble italien. La maison est aussi habitée par Jean, un cousin pauvre, qui ne fréquente personne et travaille stérilement depuis des années à un vague projet de livre, ainsi que la couturière Félicie, souffre-douleur qui habite sous les combles. Tous les séparent, à par la convention des liens de sang à respecter. L'ennui poussent parfois les gens à se provoquer par besoin de divertissement, Ulrique aiguillonne l'innocente Hedwige vers M. Dolange, dont elle s'éprend éperdument. L'amour s'embrase dans ce coeur innocent, mais c'est un amour impossible...pour une raison qu'on ne peut décemment mentionner! Comme Hedwige se décourage de ce rêve brisé, une grande honte s'étend sur Jean qui doit fuir la maison sous l'opprobre de la famille.

Julien Green a commencé ce roman en 1938, mais ne l'a complété qu'en 1955. Les personnages frôlent parfois la caricature, mais l’histoire est intéressante (bien qu’elle date) et j'adore ces histoires de famille tordue où la concorde n'est qu'un masque qui cache des antagonismes profonds.

4/5


le réaliste-romantique



De : Garanemsa Envoyé : 05/09/2008 14:55
LE VOYAGEUR SUR LA TERRE - Julien Green

Ma cote sera de 1/5

Chacun peut ou pas aimer, pas moi.
Encore une fois un livre avec des nouvelles, j’aime déjà pas, alors cela fait déjà diminuer la côte.
De plus des histoires un peu fantastiques, des histoires fantomatiques, non j’aime pas non plus.
D’ailleurs il suffit de lire le 4ème de couverture « j’ai regardé ce Magritte et Magritte est entré dans mon livre »

Le peintre je l’apprécie, mais les livres et histoires abstraites de ce genre non
A vous de voir



De : Garanemsa Envoyé : 08/09/2008 20:30
L’AUTRE SOMMEIL - Julien GREEN

Cela commence par un petit garçon qui a peur, mais sur un pont, en plein Paris car son cousin le tient par les chevilles et sous lui la Seine coule.

Ce sera la toile de fond des souvenirs du jeune homme, cette eau grise de son enfance va puiser de la tristesse, entre son père quasi absent et une mère à la limite de la bigotterie.
Triste aussi l’appartement, les désirs et les songes. Puis l’amitié pour ce cousin plus agé que lui.
Puis le père décède, oh libération.

Et après la mort de la mère, c’est en triant de vieilles photos qu’il comprend tout ce que la vie lui a offert, lui a retiré, avec l’ironie d’une grande personne qui parle à un enfant, avec des mots abstraits : l’amour, la solitude, la mort, la famille… Mais les souvenirs sont déjà sur l’autre versant du sommeil, cette vie idéale où ne subsistent que les élans cachés comme les monuments abandonnés par le rêve.

(ce paragraphe n’est pas de moi)

J’ai beaucoup aimé ce petit livre vite lu, mais si bien écrit et qui nous fait traverser la vie de ce jeune garçon, avec son monde à lui, ses personnages à lui.
Et l’on découvre doucement, avec tellement de délicatesse, qui il est et quel est vraiment son rêve qu’il voudrait tant qu’il soit réalité.
Mais ce rêve est à vous de le découvrir

Ce livre a été écrit en 1930 mais l’histoire se passe avant et pendant la première guerre mondiale.

Cote 4.5/5



De : lacazavent
Envoyé : 13/10/2008 17:49

"Le Grand Large du soir : Journal 1997-1998"

Journal d'une vie, ou plutôt le dernier journal de sa vie. Il faut prendre son temps pour apprécier la beauté intrinsèque au texte logé dans l'écriture et les mots simples. Tout simplement beau, D'ailleurs peut-être son plus émouvant journal.

Ma note : 4,5/5

Remarque : j'ai lu les années précédentes de son journal régulièrement depuis quelques années et je ne peut que conseiller à la fois à ceux qui apprécie les journaux intimes des écrivains et à ceux qui souhaite les découvrir la lecture du journal de Julien Green.
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Julien Green

Message  Garanemsa le Jeu 1 Oct 2009 - 17:17

DIXIE
Julien Green
Je n’ai vraiment pas aimé
Il semblerait que l’auteur voulait faire une fresque sur la guerre de sécession. Bien entendu, il en parle, mais l’héroïne principale est Elisabeth, anglaise et veuve d’un soldat du sud. Elle apparaît bien plus que le reste.
Et elle se meurt de ne pas avoir un homme dans son lit. Elle est prête à prendre le premier homme qui passe. Elle se fait un tas de fantasmes et pense voir en fantôme son mari disparu.
Alors pour ma part, je croyais vu l’auteur que cela aurait pu me plaire car c’est une période américaine que j’aime, mais non, pas du tout.
Alors pour moi un petit, petit 1/5
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Re: Julien GREEN (France/Etats-Unis)

Message  Mousseline le Mer 9 Déc 2009 - 20:53

J'aimerais bien moi tenter l'expérience avec ses romans du Sud et La guerre de Sécession. C'est à ajouter à ma LAL.

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Re: Julien GREEN (France/Etats-Unis)

Message  Réaliste-romantique le Sam 1 Mar 2014 - 18:17

La fin d’un monde

Récit de l’expérience de Julien Green de la défaite française et de son départ pour les États-Unis. Au printemps 1940, il se trouvait déjà à la campagne, près de Bordeaux. Il se trouve en ville lors de la capitulation de la France et tente d’obtenir un visa de sortie pour un de ses amis. Lui possède un passeport américain, donc il ne craint pas pour lui-même.
 
L’auteur ne raconte pas que ses aventures, mais aussi ses impressions et ses réflexions. Le tout est bien ramassé et raconte bien cet épisode historique. Mon seul bémol est la quantité de noms de « célébrités » de l’époque qui croisent son chemin. La célébrité s’teint rapidement : j’ignore qui sont les trois quarts de ces personnages.
 

4/5

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Re: Julien GREEN (France/Etats-Unis)

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