Oscar WILDE (Irlande/Royaume-Uni)

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Oscar WILDE (Irlande/Royaume-Uni)

Message  Calepin le Lun 27 Oct 2008 - 11:11

De : liza_lou55 --- Envoyé : 2006-09-08 04:06

Salomé
Ombres
92 pages

Oscar Wilde écrivit Salomé en 1893 en pensant à Sarah Bernhardt pour le rôle titre. La particularité de la pièce est d’être très courte (un seul acte !) et d’avoir été écrite directement en français. Salomé ne sera finalement mis en scène qu’en 1896 par le théâtre de l’Oeuvre alors que l’auteur était en prison.

Le XXème siècle a plus retenu les illustrations d’inspiration Art Déco d’Aubrey Beardsley qui accompagnèrent la première édition anglaise de Salomé que la pièce en elle-même. Pourtant, celle-ci mériterait d’être autant connue que les grands romans de Wilde. L’auteur donne ici sa représentation personnelle du mythe de Salomé, incarnation de la femme fatale et source de péchés dans la Bible. Originellement, Salomé exécute devant Hérode, tétrarque de Judée, une danse lascive et sensuelle. Subjugué, Hérode promet de lui accorder tout ce qu’elle souhaite. Sur les conseils de sa mère, Salomé exige alors la tête de saint Jean-Baptiste (ou Iokanaan en hébreu comme dans la pièce) que le tétrarque retient prisonnier. Pris à son propre piège, Hérode ne peut que s’exécuter et la tête du prophète est amenée à la belle Salomé sur un plateau d’argent.

Wilde reprend le mythe biblique dans son ensemble tout en en modifiant certains aspects. Salomé, ici, est une femme amoureuse, pleine de désirs pour Iokanaan qui se dérobe. Plus le prophète est révulsé devant la princesse qui incarne le péché de chair à ses yeux, plus Salomé est suscitée par cette passion qui la fascine et la dévore. Aussi, c’est elle qui, nonobstant les richesses et les biens terrestres, demande à voir Iokanaan après avoir été troublée par ses paroles qu’elle ne comprend pas. C’est elle, qui, l’esprit toujours envoûté par Iokanaan, exécute la danse des sept voiles devant Hérode. Enfin, elle seule prend la décision de demander la tête du prophète. Sa mère, Hérodias, la soutient mais n’en prend pas l’initiative.

Ne pouvant avoir Iokanaan sur terre, Salomé le veut et l’obtient par vengeance dans la mort. « J’ai baisé ta bouche, Iokanaan », s’exclame t-elle ainsi devant le bouclier d’argent supportant la tête du prophète.

Pièce dramatique, Salomé n’est pas seulement une des plus belles représentation de la décadence qui frappe la jeune femme. C’est aussi et surtout une œuvre sur le désir jusqu’à la passion, l’envoûtement jusqu’à la fascination, l’amour jusqu’à la mort.

Ma note : 4/5


Dernière édition par Calepin le Jeu 2 Avr 2009 - 18:33, édité 1 fois
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Re: Oscar WILDE (Irlande/Royaume-Uni)

Message  Calepin le Lun 27 Oct 2008 - 11:12

De : liza_lou55 --- Envoyé : 2007-05-06 04:40

L'éventail de Lady Windermere
Ressouvenances
116 pages

Lady Windermere est jeune. Et follement amoureuse de son mari, Lord Windermere. Aussi, quand elle entend dire que ce dernier verrait avec assiduité une certaine Mrs Erlynne, femme à la réputation plus que douteuse, le monde s'effondre t-il pour elle. Se sentant trahie, humiliée et abandonnée, notre jeune Lady ne sait plus à quel saint se vouer et est prête à tout quitter pour un jeune dandy doué de cynisme et lui jurant un amour éternel. Mais ce grand poète et homme de théâtre qu'est Oscar Wilde va entraîner ses personnages dans une tout autre direction...

C'est avec un vrai plaisir que j'ai lu ou plutôt dévoré les quatre actes de cette "comédie sur une femme de coeur". Oscar Wilde s'en donne ici à coeur joie pour se moquer et critiquer l'aristocratie londonienne avec ses travers et ses défauts. Cette Mrs Erlynne qui tente avec plus ou moins de succès de réintégrer la bonne société, c'est Wilde même si en 1892, date à laquelle fut donnée la première représentation de la pièce au St James Theater, l'auteur irlandais ne le savait pas encore.

Tout dans la pièce est prétexte à des dialogues et des répliques savoureux. Voir cette pièce jouée sur scène avec de vrais comédiens doit être un pur moment de bonheur. Le lecteur ne peut être que sous le charme devant les réparties de Wilde même si par moment, on ne peut s'empêcher de rire jaune :

" L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs"
" Nous sommes tous dans le ruisseau, mais quelques uns regardent les étoiles."
" Un homme qui moralise est ordinairement un hypocrite et une femme qui moralise est invariablement laide."

Une comédie douce amère se raillant de la badinerie, de l'hypocrisie et du cynisme des hommes et des femmes qui se révèlent au fur et à mesure des personnes inconstantes, immorales et incertaines car "dans tous les mondes le bien et le mal, le péché et l'innocence, vont la main dans la main."

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Re: Oscar WILDE (Irlande/Royaume-Uni)

Message  Calepin le Lun 27 Oct 2008 - 11:13

De : liza_lou55 --- Envoyé : 2007-10-27 08:04

Un mari idéal
Poche
100 pages

Je continue mon exploration du théatre d'Oscar Wilde avec cette pièce de théatre datant de 1895. A noter que cette pièce n'a pas été jouée à Londres depuis plus d'un siècle alors qu'elle a été adaptée de nombreuses fois au cinéma (la dernière adaptation date de 1999 avec Ruppert Everett et Minnie Driver). Je ne peux donc que saluer le travail du traducteur qui a entièrement remanié la pièce afin d'être plus lisible pour le lecteur qui pourrait se perdre dans la multitude de personnages décrits dans la pièce originale.

Qui est le mari idéal dont il est ici question? Sir Robert Chiltern est secrétaire d'Etat et, à ce titre, jouit d'une position sociale élevée. Qui plus est, Lord Chiltern a acquis au fil des ans une réputation plus qu'honorable parmi ses semblables ainsi qu'auprès de sa femme dont il est follement épris. Mais lorsqu'un soir Mrs Cheveley fait chanter Sir Chiltern au sujet d'informations "douteuses" sur son passé, tout ce bel équilibre s'effondre.

Avec cette pièce, Wilde a voulu traiter de "la différence qu'il y a entre la façon dont un homme aime une femme et celle dont une femme aime un homme; la passion qu'éprouvent les femmes à se fabriquer des idéaux (ce qui est leur faiblesse) et la faiblesse d'un homme qui n'ose pas montrer ses imperfections à l'être qu'il aime".

C'est encore ici une belle critique de la société victorienne que Wilde fait ici. Il démontre au fil des situations que cette société est toute entière basée sur l'argent et l'apparence. Le chantage dont use Mrs Cheveley repose d'ailleurs sur une opération financière malhonnète, opération sur laquelle Sir Chiltern a basée sa fortune. On parle même de délit d'initié...

L'idéalisation dans laquelle place Lady Chiltern son mari est là encore critiquée. Finalement, Lord Goring, traité de fainéant par son propre père, sera la personne qui résoudra tous les problèmes. Et qui, finalement, est peut-être la plus honnête de toutes...

Quel dommage que cette pièce soit moins jouée de nos jours! Avec les pièces de Wilde, le lecteur sourit souvent, rit parfois mais réfléchit toujours. Car les sujets ici montrés du doigt sont encore applicables à notre époque.

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Re: Oscar WILDE (Irlande/Royaume-Uni)

Message  Calepin le Lun 27 Oct 2008 - 11:14

De : liza_lou55 --- Envoyé : 2008-05-16 12:11

Une femme sans importance
Poche
100 pages

Avec Une femme sans importance, Wilde change de registre dans ses pièces de théatre. S'il continue ici encore et toujours à se moquer de la société victorienne de l'époque, c'est d'une manière plus sombre et plus dramatique que dans d'autres de ses oeuvres. Le lecteur sourit devant certaines piques dont l'auteur a le secret, mais le plus souvent, c'est la gravité et le malaise qui l'emportent.

Nous nous trouvons dans une maison de campagne anglaise appartenant à Lady Hunstanton ayant invité plusieurs de ses connaissances à venir y passer un séjour. Parmi ceux-ci, Lord Illingworth, homme puissant, charismatique et très en vue de la société Londonienne, qui a offert un poste de secrétaire au jeune Gérald Arbuthnot. Il y a aussi la charmeuse Lady Allonby et la belle américaine puritaine Miss Worsley dont Gérald est amoureux. Mais lorsque la mère de Gérald est invité à se joindre à eux et qu'elle se trouve nez à nez avec Lord Illingworth, le passé ressurgit brusquement et dramatiquement...

Un premier acte qui m'a semblé particulièrement long. Wilde a en effet bien pris le temps de mettre en place l'intrigue et de présenter tous ses personnages. La pièce n'est réellement devenue intéressante qu'à la fin du deuxième lorsque Mrs Arbuthnot est entrée en scène. Le dernier rebondissement est par contre une pure réussite, avec un grand moment de mélodrame Wildien comme seul l'auteur en est capable.

Des répliques singlantes, des critiques acerbes sur la haute noblesse, le pouvoir, les rapports hommes/femmes mais aussi sur l'image des Etats-Unis sur l'Angleterre et vice-versa. En mettant en scène le personnage de l'Américaine, Wilde souhaite montrer aux habitants de la perfide Albion comment ils sont vus, eux et leur moralité, de l'autre coté de l'Atlantique. Et ce n'est pas très brillant...

Une pièce plus sombre que les autres qu'il m'a été donné de lire. Une pièce que j'ai par conséquent peut-être aussi un peu moins appréciée que les comédies que Wilde m'avait habituée. A noter qu'une adaptation au cinéma devrait sortir en cours d'année.

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Re: Oscar WILDE (Irlande/Royaume-Uni)

Message  RaincoatRai le Mer 28 Avr 2010 - 20:11

A woman of no importance [ Une femme sans importance ], Penguin Popular Classics, 94 pages


L'action se déroule dans la maison de campagne de Lady Hunstanton, dont l'un des invités est Gerald Arthbutnot, un jeune homme travaillant comme clerc dans une petite ville de la campagne anglaise, autant dire qu'il n'a pas énormément de perspectives.Mais c'était sans compter sur la bonté de Lord Illingworth, dandy de son état, qui veut l'employer comme secrétaire personnel; autant dire que cela ouvre des portes dans la petite société mondaine de l'Angleterre Victorienne. Le théâtre me passione, et j'avoue que j'ai beaucoup apprécié cette pièce. Je ne connaissais Wilde seulement comme auteur du célèbre Portrait de Dorian Gray. Cette pièce nous montre en premier lieu les travers de la société mondaine de cette époque : une société qui attache plus d'importance à la beauté, à l'esthétisme, à la superficialité, et à l'apparence, et surtout à la convenance, plutôt qu'aux individus et leurs sentiments en eux-même. Wilde critique aussi les préjugés sur les deux sexes : les personnages en deviennent fats et ridicules lorqu'on lit certaines de leurs assertions, comme par exemple comment garder un homme. L'auteur critique aussi la condition de la femme victorienne : condamnée au mariage pour sauver les convenances, elle a le malheur de se faire embobiner, et toute la honte retombe sur elle. Même le fils, pour sauver l'honneur, demande à sa mère d'épouser un homme pour les convenances, parce que c'est son devoir, son devoir non seulement pour elle mais pour les autres femmes, qui seront elles aussi souillées par les péchés d'une seule d'entre elle. Wilde utilise la satire pour faire ressortir cette profonde critique des petits salons anglais, et cela donne encore plus de crédit à sa pièce.
Je trouve qu'il y a néanmoins un petit point négatif : la révélation est révélée trop vite et trop abruptement, et dans une certaine manière, m'a un peu fait penser à Star Wars. Rien à voir me direz-vous, mais ce moment précis m'y a fait penser pourtant je ne suis pas fan.

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Re: Oscar WILDE (Irlande/Royaume-Uni)

Message  s-lewerentz le Jeu 29 Avr 2010 - 6:14

Jolie critique qui donne envie ! ...et depuis le temps que je veux le lire ;-)
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Re: Oscar WILDE (Irlande/Royaume-Uni)

Message  RaincoatRai le Mer 23 Juin 2010 - 17:03

L'importance d'être Constant [ The Importance of Being Earnest ] Penguin Classics, 67 pages

Résumé
Constant ( Ernest en anglais) et Jack Worthing sont une seule et même personne : le premier nom est utilisé à la campagne, le deuxième pour les salons londoniens. Or, il se trouve que Jack tombe amoureux de Gwendolen : cela va entraîner quelques complications...

Avis

Je ne peux vous faire de résumé sans vous dévoiler toute l'intrigue , désolée. Sinon, cette pièce, comme Une femme sans importance, a été un véritable : la cadre reste le même, c'est-à-dire la bonne et riche société londonienne, où hypocrisie et opportunisms sont au rendez-vous; néanmoins, à la différence de la première, cette pièce jongle avec tout un attirail de quiproquos, de malentendus qui rendent encore plus comiques les situations... Un gros coup de coeur pour moi

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