David GOODIS (Etats-Unis)

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David GOODIS (Etats-Unis)

Message  Lacazavent le Mer 10 Déc 2008 - 12:36

De : Claudeg061 Envoyé : 17/04/2006 19:29
"Vendredi 13" de David Goodis Carré noir

Hart, un homme en fuite, recherché par la police pour le meurtre de son frère il èrre seul dans les rues de Philadelphie. C'est l'hiver et il fait froid. Après avoir volé un manteau, l'homme recherché va croiser la route de vrais truands. Deux femmes et trois hommes, formant une petite équipe de voleurs. Hart, craignant que les policiers le retrouvent va tenter de rester en vie au milieu de cette petite troupe aux sentiments contradictoires et aux intérêts différents.

"Vendredi 13" est un huis-clos dans lequel le personnage central semble avoir bien du mal a garder la tête hors de l'eau. Le style de Goodis est tranché, directe, fait de phrases courtes et de dialogues ciselés...
Un roman noir comme on avait le don d'en faire au coeur des années 50.

Claude




De : Mousseliine Envoyé : 04/07/2006 06:42
Vendredi 13

(Gallimard/Folio, 2002, 216 pages)


J'avais hâte de découvrir cet auteur et je n'ai pas été déçue, au contraire.

Hart est en cavale, tous les flics lui courent après. Il vient de la Nouvelle-Orléans mais sa fuite l'entraîne à Philadelphie. Par hasard il se retrouve dans un gang de bandits, des voleurs professionnels que rien n'arrête. Hart raconte des mensonges pour s'intégrer au groupe mais ce n'est pas un bandit, il veut sauver sa peau. Un coup se prépare pour vendredi le 13...

C'est l'ambiance qui est extraordinaire, on sent les personnages, ils sont sordides, pathétiques. Pas de superflu dans ce roman, David Goodis raconte juste le nécessaire. Et ce roman est comme un film, l'un de ces vieux films américains de gangster où tout se jouait avec les personnages et le talent des acteurs qui les représentaient plutôt qu'aujourd'hui où ce sont les effets spéciaux qui ont la première place.

J'ai beaucoup, beaucoup aimé. A lire pour qui a envie de découvrir les origines du roman noir américain et qui s'intéressent avant tout aux personnages et à la construction d'un récit plutôt qu'au suspense et aux sensations fortes.

Note : 4.5/5




De : liza_lou55 Envoyé : 21/07/2007 17:24
Sans espoir de retour
(Folio policier, 210 pages)

"Ils étaient, tous les trois, assis sur le trottoir, adossés au mur de l’asile de nuit, serrés les uns contre les autres, pour se protéger du froid mordant de la nuit de novembre. Venue du fleuve, la bise humide qui balayait la rue leur lacérait la figure et les pénétrait jusqu’à la moelle, mais ils ne semblaient pas s’en soucier.
Ils débattaient un problème sans aucun rapport avec la température. C’était une question sérieuse et, dans la discussion, leurs regards se faisaient graves et calculateurs.
Ils se creusaient la cervelle pour trouver un moyen de se procurer de l’alcool (...)
"


Whithey vit à Skid Row, juste à coté du quartier de l'Enfer, balayé ces dernières semaines par de nombreuses émeutes raciales. Alors qu'il traine dans la rue avec deux copains pour trouver un moyen d'étancher sa soif, il aperçoit soudain une silhouette surgie de son passé. Whitey décide de lui embarquer le pas et s'engage alors dans l'Enfer, sans aucun espoir de retour...

Un roman d'une noirceur impressionnante que ce soit par son contexte - le racisme, les discriminations et la corruption des forces de l'ordre - que par ses descriptions de bagarres comme par exemple dans le commissariat du 37è district où Whitey est amené et menacé de correction par Kinnard. Surtout c'est avec le personnage de Whitey que Goodis accentue cette ambiance. Le personnage principal est en effet l'homme type rattrapé par son passé, sans aucune mesure de lui échapper. S'attachant à montrer ici comment on peut littéralement sombrer dans la misère et l'alcool. Sans aucun espoir de retour à sa vie passée.

Ce sont des hommes pauvres, vivant dans un état de dénuemement matériel et moral extrème que Goodis décrit ici, à l'image des Portoricains victimes des attaques raciales des "Américains pure souche". C'est Whitey victime de la plus terrible punition pour avoir oser s'approcher de la protégée de Sharkey. C'est un chef de police dépassé par les évènements et ne sachant que faire à part castagner les deux bandes rivales, sans aucun succès.

C'est donc un roman noir, très très noir même mais particulièrement bien réussi. A lire si vous aimez le genre et pour découvrir une des plus belles références de la littérature noire américaine.

Ma note : 4/5



De : Garanemsa Envoyé : 26/07/2008 15:54
DESCENTE AUX ENFERS - David Goodis

Marié à une femme traumatisée et rendue frigide mais qu’il aime, Bevan sombre dans l’alcoolisme. En Jamaïque dans les années 50, cet ancien courtier de Wall street dresse un bilan négatif de sa vie.
Tout change quand il pénètre dans un bouge fréquenté par des noirs. Suite à une rixe, il en tue un.
Ce crime qui est en fait un geste de légitime défense va développer chez lui un intense sentiment de culpabilité.

Je n’ai pas aimé l’écriture, ni la forme ni le fond
On aurait pu s’attendre à une vrai analyse, bien structurée, mais on a juste l’impression de suivre un ivrogne dans son délire.

La cote : pour ne pas mettre un zero je vais mettre 0,5
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Re: David GOODIS (Etats-Unis)

Message  Liza_lou le Lun 4 Jan 2010 - 21:38

La lune dans le caniveau
(Le livre de poche, 190 pages)




Sept mois. Voilà sept mois que Catherine s'est suicidée en pleine rue après avoir été violée par on ne sait qui. Sept mois que son frère Kerrigan hante Vernon Street la nuit et ses pas le ramène là où Catherine s'est tranchée la gorge avec la lame rouillée d'un vieux couteau. Docker sur le port, vivant misérablement avec son père, la femme de celle-ci, son frère alcoolique et Bella qui le poursuit de ses assiduités, Kerrigan traque le coupable qui a déshonoré sa sœur tout en cherchant en réalité inconsciemment à se rappeler Catherine dans ses souvenirs de plus en plus embrumés. Un soir, cependant, Kerrigan rencontre Channing, richard venu s'encanailler dans ce bouge qu'est Vernon Street. Surtout, il y a Loretta, sa sœur, cet ange blond fascinée par Kerrigan. La rédemption serait-elle là? Mais échappe t-on à Vernon Street?

Vous recherchez un roman noir, d'une noirceur extrême? Alors David Goodis est pour vous et La lune dans le caniveau est surement une de ses œuvres les plus emblématiques. Goodis nous raconte dans ce récit le quotidien morne, pauvre, sale et délabré d'une population vivant à part, dans ce quartier misérable qu'est Vernon Street. Alcooliques, fripouilles, bandits, prostituées : tout cela se mélange pour former une population cosmopolite où la saleté et le dégout submergent le lecteur propulsé en ce milieu. Goodis n'a pas peint ce quartier par hasard ni en imagination; en effet, Goodis a été, nous indique la préface, jusqu'à se déguiser en clochard et vivre pendant des semaines au milieu des dockers et de leurs familles dans la misère et l'horreur.

Kerrigan a toujours vécu à Vernon Street, ne sortant de son quartier que pour aller gagner sa croûte sur le port. Pourtant, il serait si simple de partir d'ici, de commencer une nouvelle vie, de prendre un ticket de tram à 25 cents comme il l'explique à Bella pour tirer un trait sur son passé et devenir un nouveau Kerrigan. Mais Vernon Street et son ambiance est là et l'agrippe telle une vieille femme à sa manche. Et puis, il y a Catherine, cette fleur si douce et si belle, qui elle n'avait vraiment rien à faire ici et qui, pourtant, malgré sa gentillesse et sa bonté, a été victime de Vernon Street et de sa racaille. Qui l'a tuée, même indirectement? Kerrigan veut savoir même si tout le monde autour de lui pourrait être le coupable.

Loretta et sa MG peuvent elles venir tirer Kerrigan de la boue dans laquelle il vit? Kerrigan l'espère et y croit même un temps bien que selon lui, Loretta ne vienne ici que pour s'amuser. Mais même les milieux aisés, comme celui dans lequel vit Loretta et son frère Channing ne sont pas exemptés de déchéance comme Loretta amèrement l'apprendra à Kerrigan.

Vernon Street est bien ce caniveau plein de boue d'eau sale où cependant viennent par instants se refléter la lune à l'image de Catherine ou de Loretta, songes presque irréels et qui disparaissent comme ils étaient apparus, au coin d'une rue. Ne reste alors plus qu'un quotidien morne et désespéré. Mais n'est ce pas tout ce que Kerrigan connait? Et où aller en définitive? Car tous ses pas, d'une manière ou d'une autre, le ramène ici, dans ce quartier déshérité de Philadelphie.

Un récit où l'intrigue policière et les tourments intérieurs du héros sont étroitement mêlés pour former un polar d'une noirceur terrifiante. Un grand roman, fascinant mais aussi dérangeant de par le sentiment de pauvreté et de "crasse" qu'il dégage, un roman où tout est dans l'ambiance, une ambiance désespérée...

Ma note : 4/5

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Re: David GOODIS (Etats-Unis)

Message  cecile le Mar 5 Jan 2010 - 14:28

Encore un auteur que je vais noter sur ma liste, "la lune dans le caniveau" est à la bibli ainsi que trois autres titres, merci Liza_lou !
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Re: David GOODIS (Etats-Unis)

Message  Mousseline le Lun 12 Avr 2010 - 0:12

Quelle critique Liza-Lou, décidemment j'envie ton talent de critiqueuse, à te lire on a l'impression que c'est si facile. cheers

Mais ça me dit que le temps passe drôlement vite et que la mémoire me fait défaut.

J'ouvre la discussion... tiens il me semble avoir déjà lu cet auteur... Idea je remonte un peu, ben tiens Vendredi 13, je l'avais aimé ce livre, mais de quoi ça parlait donc Question , je lis ma critique, ah ben oui j'avais beaucoup aimé et je m'étais promis de faire le tour de David Goodis, ce qui n'est pas encore arrivé. Sad

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Re: David GOODIS (Etats-Unis)

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