Witold GOMBROWICZ (Pologne)

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Witold GOMBROWICZ (Pologne)

Message  Lacazavent le Mer 10 Déc 2008 - 12:28

De :Melisande5505 Envoyé : 28/02/2006 19:53

BIOGRAPHIE DE WITOLD GOMBROWICZ

Ecrivain polonais
Né à Maloszyci le 24 août 1904
Décédé à Vence en 1969


Issu d'une famille assez aisée de nobliaux de province, Gombrowicz étudie d'abord le droit à l'Université de Varsovie. Diplômé en 1927, il poursuit avec la philosophie et l'économie à l'Institut des Hautes Etudes Internationales de Paris. C'est de retour à Varsovie, en 1926, qu'il se met à écrire, parallèlemment à un emploi à la Mairie. En 1933, il fait paraître un recueil de nouvelles, 'Mémoires du temps de l'immaturité' et commence à se consacrer intégralement à l'écriture. En 1935 paraît une première pièce, 'Yvonne princesse de Bourgogne', puis le livre par lequel il obtient une certaine reconnaissance, en 1937: 'Ferdydurke', suivi des 'Envoûtés' (1939). Cette même année, l'écrivain part en Argentine .

La guerre et l'annexion de la Pologne par les nazis le contraignent à s'y exiler pendant plus de 23 ans. Il repart ainsi de zéro, enchaînant les petits boulots, anonyme et interdit de publication dans son pays. Ce qui ne l'empêche pas de continuer à écrire.

En 1951 il commence à publier son Journal dans la revue Kultura, revue en langue polonaise ediée en France, par des intellectuels opposants au régime communiste, ses romans sont aussi édités de la même façon, quelques une de ses livres sont sporadiquement disponibles en Pologne entre deux interdictions.

A la fin des années 50 la reconnaissance internationale vient avec en particulier la publication de ses livres en France. En 1963, il est de retour en Europe, d'abord à Berlin et s'installe à Paris puis à Vence.

Difficile de parler de cette oeuvre qui est pour le moins complexe. Gombrowicz s'est toujours tenu à l'écart de la foule, dont il méprisait le suivisme et la grégarité, se moquant parfois méchamment des modes intellectuelles. Il est constamment en recherche d'une écriture de soi, qui traduirait un sentiment de décallage entre l'identité lisse et définie que le jeu social impose à l'individu et sa réalité intime, faite d'inachèvement et d'incertitude.

C'est donc dans le conflit permanent entre la forme et l'antiforme, entre la maturité et l'immaturité que réside la solution, l'échapatoire à la pétrification de l'individu. A l'origine de l'écriture de Gombrowicz il y a le constat d'une inadéquation essentielle entre l'authenticité du sentiment d'exister et ce que nous sommes capables d'en communiquer aux autres. Installer le moi au centre de la perception du monde apparaît ainsi comme la principale stratégie littéraire de Gombrowicz. A la réalité extérieure ressentie comme étrangère il superpose une néoralité subjective qui est celle de sont oeuvre. L'identité entre l'auteur, le personnage et la narrateur se resserre.

Tout cela s'ancre dans un univers littéraire fondé sur la réecriture, la parodie et la manipulation du lecteur. Sous les allures d'un grand seigneur réactionnaire du XIX siècle, se cache un dangereux révolutionnaire, prêt à dynamiter toutes les conventions, aussi bien celles du langage, que celles de la pensée.



Bibliographie

C'est la plus complète que j'ai pu trouver, même si je ne suis pas sûre que tout y soit. En tous les cas la plupart des livres de Gombrowicz ont été publiées en poche chez Folio et sont toujours disponibles.


4 pièces de théâtre, Gallimard 2000
Bakakai, Gallimard 1998
Contre les poètes, Editions Complexe, 1988
Correspondance 1950-1969, Editions Fayard 2004
Correspondance, Gallimard 1995
Cosmos, Gallimard 1989
Cours de philosophie en six heures un quart, Rivages 1995
Les envoûtés, Seuil 1986, Gallimard 2000
Le festin chez la comtesse Fritouille, Gallimard 2003
Ferdydurke, Gallimard 1998
Histoire, Gallimard 1998
Journal, Gallimard 1995
Journal Paris Berlin Bourgois 2004
Moi et mon double, Gallimard 1996
Pérégrinations argentines, Bourgois 2004
La pornographie, Gallimard 1995
Souvenirs de Pologne, Gallimard 2003
Testament, entretiens avec Dominique de Roux, Gallimard 1996
Trans-atlantique, Gallimard 1990
Varia, Bourgois 1995
Yvonne princesse de Bourgogne, Actes Sud 1998



De : Melisande5505 Envoyé : 28/02/2006 19:56
Dziennik / Journal

(Il existe une édition de ce livre en français chez Folio en deux volumes)


Comment expliquer qu'on aime un livre au point de le relire régulièrement sans s'en lasser mais au contraire en éprouvant à chaque relecture le même émerveillement et bonheur que lors de la première fois, et en découvrant des aspects nouveaux et innatendus à un texte que l'on connaît pourtant parfaitement? Un livre qu'une vie entière de lecture ne saurait épuiser? C'est cela pour moi le Journal de Gombrowicz, un plaisir et une découverte à chaque fois renouvelés.

Ces textes commencent en 1953 et se terminent en 1969, l'année de la mort de l'auteur. Ils ont été dans un premier temps publié dans la revue Kultura, revue polonaise anti-communiste publiée en France d'un très haut niveau culturelle, avant dêtre publiés en volumes, puis traduits.

Gombrowicz y aborde de multiples sujets, littérature, musique, philosophie, politique, religion, la Pologne, l'Argentine, les milieux littéraires et intellectuels.... Tout cela de façon féroce et irrespectueuse, rien n'est sacré et tout est objet de critiques. Une intelligence aiguisée et une méchanceté jubilatoire sont ses armes favorites. En même temps il est au centre de son oeuvre, pas seulement par son regard sur les choses mais aussi par une interrogation permanente sur lui même, il se construit et se déconstruit dans une recherche permanent d'une forme impossible à fixer, il recherche son sens propre en tant qu'individu. Il est aussi conscient du regard du lecteur potentiel, et ne lui facilite pas la tâche, il essai de le pertuber, le déstabilliser, le surprendre, le choquer.
D'ailleurs de nombreux lecteurs de Kultura écrivaient régulièrement des lettres de protestations, ce qu'il savait, on sent par moment une jouissance anticipée de la protestation qu'il savait provoquer et qu'il recherchait avec délectation.



Un mélange de propos intellectuels du niveau le plus élevé avec un humour de potache, tout ce qu'il y a de plus infantile, un refus de tout engagement, de toute adhésion à un mouvement, une remise en cause permanente de tout, y compris de lui-même. Une lecture salutaire, succitant une refléxion inépuisable. Au centre un homme certainement complètement détestable dans la vie (il ne peut s'empêcher d'écrire des terribles méchancetés sur tout le monde, terribles en partie parce qu'elles touchent toujours juste) mais un immense écrivain capable de transformer n'importe quel sujet en littérature la plus authentique. Une rencontre qui change la vie de tout lecteur qui arrive à pénetrer dans cet univers.


4,75 / 5



De : Sahkti1 Envoyé : 01/03/2006 15:26
Witold GOMBROWICZ, Le Festin chez la comtesse Fritouille et autres nouvelles
Editions Folio, ISBN 2070426793

Trois nouvelles, la plume de Gombrowicz, trois récits très différents, un sentiment de malaise allant crescendo.
Le premier récit "Meurtre avec préméditation" raconte avec beaucoup d'humour et de loufoquerie l'enquête menée par un juge d'instruction qui fait irruption dans la famille d'un mort. Ses pensées ainsi que celles des membres de la famille sont décortiquées et à plus d'une reprise, le lecteur frôle l'absurde le plus complet tant le juge d'instruction H. est un homme bête et vaniteux qui pense cependant disposer de la science infuse (mais les deux comportements vont si souvent de pair!). L'histoire se termine avec ce qui pourrait être une méprise mais en est-ce une? Le lecteur devra tirer son plan et savourer ou râler en même temps. Gombrowicz a appâté sa proie.

Suit "Le festin chez la comtesse Fritouille", texte monstrueux dénonçant les moeurs dissolues de la riche société, en passant par le cannibalisme, les mondanités et la supercherie. C'est un texte affreux et cruel, Gombrowicz a placé beaucoup d'émotion et de réalisme dans la bouche de son narrateur, on en aurait presque pitié si le sentiment de dégoût qui naît progressivement au fil des pages n'était le plus fort.

Enfin "Virginité", petit récit surréaliste et un peu dingue, sur le changement profond d'une jeune fille de bonne fille, après avoir été frappée par des briques. Un texte drôle et dramatique à la fois, encore plus absurde que les deux premiers.

Absurde, c'est sans doute le mot terme qui convient le mieux aux situations décrites par Gombrowicz, des situations qui caricaturent à grands traits les défauts et les errances d'une certaine société, la haute bourgoisie, que l'auteur croque avec acidité. A mes yeux, pas le meilleur Gombrowicz, c'est par moments simpliste. Des textes de jeunesse qui laissent cependant la porte ouverte vers la plume plus caustique de l'auteur dans les années qui suivront.

Ma note: 3/5



De : Sahkti1 Envoyé : 06/06/2006 14:37
Witold GOMBROWICZ et Jerzy GIEDROYC, Correspondance 1950-1969
Editions Fayard

Sentant bon le papier neuf, ce livre est un véritable plaisir pour l’esprit. Il comprend la correspondance échangée entre Witold Gombrowicz et Jerzy Giedroyc pendant près de vingt ans.

Vivant en Amérique latine, exilé pendant la guerre, Gombrowicz cherche un éditeur, il écrit à Jerzy Giedroyc, directeur de la revue polonaise Kultura fondée en 1946. Gombrowicz et Giedroyc, deux êtres marqués par l’exil et l’écriture. Ils s’écrivent, leur correspondance s’intensifie, les échanges deviennent de plus en plus personnels et militants. Les deux auteurs parlent de leurs goûts littéraires, de leur vision de la liberté d’expression, de leurs envies de création. Deux hommes qui se découvrent et se comprennent, chacun cherchant un peu sa place au milieu de leurs terres d’accueil respectives. Giedroyc publiera Gombrowicz et lui permettra de conquérir un public polonais au départ réticent.
Une correspondance ô combien enrichissante pour comprendre les déchirements intérieurs de ces deux intellectuels en exil. Deux hommes au caractère affirmé remplis de respect mutuel et d’amour des belles lettres.

Ma note: 4/5



De : Pilou Envoyé : 02/09/2007 13:07

Je découvre GOMBROWICZ!

Ferdydurke - Witold GOMBROWICZ


Inventeur du cucul, de l’encuculement c'est à dire l'art d'infantiliser les autres.

Un extrait amusant:

« C’était une demoiselle de province élevée par sa mère, c'est-à-dire par ma tante Hurlecka, née Lin, et par les domestiques. Jusqu’alors elle s’était un peu instruite en étudiant à l’Ecole Supérieure d’Horticulture et à des cours commerciaux, elle avait à l’occasion fait des confitures ou ramassé des groseilles, elle avait cultivé son cœur et son esprit, elle était restée souvent assise, elle avait vaguement travaillé comme auxiliaire dans un bureau, elle avait un peu joué du piano, elle avait marché et parlé de temps en temps, mais surtout elle avait attendu, attendu, attendu celui qui viendrait, l’aimerait, l’enlèverait. Douce, passive, timide, elle était une grande spécialiste de l’attente et c’est pourquoi elle avait souvent mal aux dents car les salons d’attente des dentistes lui convenaient à merveille et ses dents le savaient. »
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