Eugène IONESCO (Roumanie/France)

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Eugène IONESCO (Roumanie/France)

Message  Calepin le Lun 27 Oct 2008 - 10:38

De : Sahkti1 --- Envoyé : 2006-04-18 04:43

Le Roi se meurt
Editions Folio
ISBN 2070363619

Le roi se meurt. Et avec lui, un royaume, un pays, une époque, une civilisation, toute une réalit. A moins qu'il ne s'agisse des illusions, des rêves, de l'utopie... tout cela s'effondrant en même temps que le roi pousse son dernier soupir.
Enormément d'humour, de vivacité et de surréalisme dans ce texte théâtral de Ionesco, qui se lit avec autant de plaisir que celui d'être vu.
A travers le côté drôle de cette pièce, c'est une intéressante réflexion sur nos fausses certitude qui se dessine. Un repère s'ébranle et nous perdons pied. Le pilier de l'autorité prend l'eau et c'est la noyade assurée. Nous le savons, mais préférons vivre dans de fausses garanties, aveugles que nous sommes lorsque nous devons prende nos destinée en mains et la diriger comme il se devrait. Mais quelle serait la norme à respecter? Aucune, pas d'absolu, si ce n'est la volonté de penser que nous sommes nos maîtres, alors qu'il n'en est rien. Un texte magistral, un des meilleurs de l'auteur à mes yeux.

Ma note: 4,5/5


Dernière édition par Calepin le Jeu 2 Avr 2009 - 18:20, édité 1 fois
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Re: Eugène IONESCO (Roumanie/France)

Message  gallo le Mar 11 Nov 2008 - 11:57

De: Sahkti1
Eugène Ionesco - Macbett
(Gallimard/Folio, 1975, 148 pages)

Les amateurs du texte original de Shakespeare seront peut-être un brin déboussolés, mais pas sûr. C'est que Ionesco conserve la gravité du texte tout en lui apportant modernité et fraîcheur. Nous retrouvons Duncan, Glamis, Cador et tous les autres; leur langue est académique et théâtrale. Tous les ingrédients sont réunis pour une tragédie magistrale dans laquelle vanité et fatalité se côtoient. Est-ce de la parodie? Oui et non. Plus d'une fois, l'impression est grande que Ionesco a voulu quelque peu se moquer de ce texte légendaire qu'il fait bon avoir lu. Et d'un autre côté, grâce à des assemblages curieux de mots simples, des tirades courtes en apparence insignifiantes, Ionesco crée un langage nouveau et transforme donc l'histoire. Peu à peu, la vacuité se fait essentielle et c'est là que réside la grande qualité de cette pièce. Dès que l'on s'aperçoit du tour de passe-passe de Ionesco, de ses motivations, une bonne partie du texte s'éclaire et devient encore plus étonnante. Il y a de l'Art derrière tout cela, c'est indéniable.

Reste cependant que cette révision par Ionesco ressemble tout de même trop à l'original et que cela crée de la confusion par moments et puis n'est pas Shakespeare qui veut, alors tant qu'à imiter, autant franchement innover, se saisir du texte et le tordre dans tous les sens. Ici, ça reste un peu trop confiné dans les limites d'un exercice de style cher à Ionesco mais pas forcément réussi à 100%.

Note : 2,5/5
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Eugène Ionesco (né Eugen Ionescu à Slatina, Roumanie le 26 novembre 1909 d'un père roumain et d'une mère d'origine française). Il est élevé à Paris et en Mayenne. Coopté satrape du Collège de Pataphysique en 1957, élu à l'Académie française en 1970, il est un représentant du théâtre de l'absurde. Eugène Ionesco a inventé une nouvelle sorte de théâtre avec "La Cantatrice chauve", pièce qui se joue sans interruption depuis plus de vingt ans. Il est mort à Paris le 28 mars 1994. (source : http://fr.wikipedia.org)


De: Sahkti1
Eugène Ionesco - Les chaises
(Gallimard/Folio, 1973, 192 pages)
"Peut-être parce que plus on va, plus on s'enfonce. C'est à cause de la terre qui tourne, tourne, tourne, tourne..."

C'est une farce dramatique, la déchéance lente et inéluctable de deux destins face au temps qui passe et qui fait son oeuvre, tant sur les corps que dans les têtes. Le Vieux et la Vieille peuvent inspirer une certaine forme de pitié. En même temps, ils sont très drôles. Ionesco les a dotés d'humour et d'humanité et c'est ce qui empêche cette pièce de sombrer dans un dramatisme étouffant.

Car le sujet est sérieux, la mort est au rendez-vous. Pas d'étouffement cependant, mais place à la joie, à la vivacité. Le tout habilement formulé de manière à promener le lecteur/spectateur qui finit par ressentir malgré tout une boule, même minime, à l'estomac, devant tant de misère humaine.

Faut-il rire ou pleurer? Là réside toute l'ambiguïté du récit. Nous sommes entre rêve et réalité, à la recherche d'un monde perdu et d'un univers à venir. Faut-il songer au futur ou s'accrocher à ce qui n'est plus, à l'image de ce couple qui ressasse la même histoire chaque soir, conscient de l'absurdité de la démarche mais ne pouvant s'en défaire. On dirait des enfants; leur sénilité offre un bouclement de la boucle, l'apprentissage peut être recommencé en quelque sorte.

Je trouve que ce texte est une superbe farce tragique; il y a une montée de l'absurde qui rend encore plus fort le côté dramatique de l'ensemble.

Note : 4,5/5


De: Sahkti1
Eugène Ionesco - La cantatrice chauve
(Gallimard/Folio, 1972, 150 pages)

Première pièce de théâtre écrite par Ionesco, "La Cantatrice chauve" pousse au maximum les limites de l'absurde. Ionesco s'est inspiré d'une méthode Assimil pour apprendre l'anglais et a su retirer la substantifique moelle d'un tel ouvrage pour le transposer dans un texte drôle et grinçant. Les Smith et les Martin sont des personnages étonnants, qui font hésiter le lecteur entre rires et agacement, tant ils sont caricaturaux. La bonne, Mary, n'est pas mal dans son genre non plus. Tout ce qu'ils disent est pathétiquement banal mais, sous la plume de Ionesco, cela prend un sens nouveau. L'ordinaire devient extraordinaire et ces petits riens font tout.

J'ai beaucoup aimé le chassé-croisé entre les personnages, leur apparente complicité qui peut se transformer en moins d'une seconde en amicale rivalité. Il y a derrière tout cela un regard caustique lancé sur nos habitudes, sur nos moeurs sociales et la manière d'être avec son conjoint, ses voisins, ses amis. Tout comme une approche intéressante de divers aspects du langage. Notamment son rôle de lien et de tissu social. Même lorsque les mots ne veulent plus rien dire, que leur alignement ressemble à du vide, l'échange de paroles crée un lien entre plusieurs êtres. Le langage devient vecteur de sociabilité, de courtoisie, voire d'affection et d'amour; il joue dès lors un rôle très important pour maintenir à flot un semblant de normalité. On échange, peu importe sur quoi, donc on est. Tout simplement. Et Ionesco le démontre habilement par l'absurde.
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